Histoire mondiale

Qui a découvert le café ? Éthiopie, Kaldi et origines

Aucune personne n’est reconnue avec certitude comme ayant découvert le café, et l’histoire de Kaldi relève de la légende. L’arabica est originaire d’Afrique de l’Est, tandis que les premiers témoignages fiables sur la consommation de café torréfié nous conduisent au Yémen du XVe siècle.

11 min de lecture12 sourcesPublié le: 6 novembre 2026Dernière vérification: 6 novembre 2026
La rédaction de Köküne Kadar TVNotre politique en matière de sources
Qui a découvert le café ? Éthiopie, Kaldi et origines
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Personne n’a été identifié avec certitude comme ayant découvert le café : Kaldi, le chevrier éthiopien, appartient à la légende. L’aire naturelle de l’arabica comprend le sud-ouest de l’Éthiopie (Etiyopya) et des régions africaines voisines. Les premiers témoignages fiables sur la consommation de café torréfié nous conduisent, eux, aux communautés soufies du Yémen (Yemen) au XVe siècle.

Comment une histoire de chèvres éthiopiennes s’est-elle retrouvée associée à une boisson attestée au Yémen ? Le parcours relie l’arabica sauvage, des récits concurrents sur les buveurs de café soufis, les cafés ottomans et des graines transportées outre-mer. Si vous visitez la Turquie (Türkiye), vous retrouverez aussi un lien entre les premiers cafés d’Istanbul (İstanbul) et un établissement londonien dont les fondateurs connaissaient la culture du café à Smyrne (İzmir).

Où le café a-t-il été découvert ? L’Éthiopie et les origines de la plante

La réponse botanique commence par une région, plutôt que par le nom d’un découvreur. Selon Kew, l’aire naturelle de Coffea arabica couvre l’est du Soudan du Sud, le sud-ouest de l’Éthiopie et le mont Marsabit, dans le nord du Kenya. L’Éthiopie occupe donc une place centrale dans la réponse. Mais l’aire d’origine de l’arabica dépasse les frontières actuelles de ce pays.

Kew situe les habitats naturels de l’arabica dans des forêts de montagne, à environ 950–1 950 mètres d’altitude. Ces habitats indiquent où la plante pousse naturellement. Ils ne permettent pas de savoir qui a goûté son fruit en premier ou préparé une boisson à partir de café torréfié.

Pour vous repérer, Bonga est le centre de la région de Keffa, dans le sud-ouest de l’Éthiopie. La ville se trouve à environ 7,267° de latitude nord et 36,233° de longitude est. Vous pouvez ainsi placer un lieu éthiopien bien réel sur la carte du café, sans considérer la légende de Kaldi comme un événement documenté.

Kaldi et les chèvres : que raconte la légende ?

Dans la légende la plus connue, Kaldi est un chevrier éthiopien. Il remarque que ses chèvres deviennent pleines d’énergie après avoir mangé des fruits du caféier. Il goûte lui-même les fruits et constate leurs effets stimulants. Ce récit donne au café un découvreur facile à retenir. Il ne prouve toutefois pas l’existence historique de ce personnage.

La plus ancienne version écrite connue de l’histoire du berger figure dans un traité sur le café publié par Antoine Faustus Nairon à Rome en 1671. Ce texte n’est pas un témoignage contemporain confirmant la vie de Kaldi. Sa publication est également postérieure à l’usage documenté du café dans les communautés soufies du Yémen.

Dans sa synthèse universitaire de 2024, Michel Tuchscherer présente Kaldi comme un mythe. Il souligne aussi la rareté des sources écrites éthiopiennes antérieures au XVIIIe siècle. La distinction compte : une légende de découverte et une histoire écrite de la consommation du café constituent deux types de preuves différents.

Le Yémen et les débuts de la consommation du café

Les premiers témoignages fiables sur la boisson préparée à partir de café torréfié nous conduisent au Yémen du XVe siècle. Les communautés soufies utilisaient le café pour rester éveillées pendant les pratiques religieuses nocturnes. La boisson s’inscrit ainsi dans un cadre et un usage précis : maintenir l’éveil pendant la pratique religieuse.

Abd al-Qadir al-Jaziri (Abdülkadir el-Cezîrî) a compilé Umdat al-Safwa fi Hill al-Qahwa en 1587. Son ouvrage traitait de l’histoire du café et des débats religieux qui l’entouraient. Il conservait aussi plusieurs récits concurrents sur l’arrivée du café dans les milieux soufis yéménites.

L’un de ces récits attribue cette introduction à Jamal al-Din al-Dhabhani (Cemâleddin ez-Zebhânî), d’Aden, mort en 1470. Un autre attribue à Ali ibn Umar (Ali bin Ömer), un cheikh de la confrérie chadhilie ayant vécu en Éthiopie, la diffusion du café à Moka. Il s’agit d’attributions rapportées par les sources, et non de la preuve d’un découvreur unique.

Le Yémen est devenu l’un des principaux centres de production et d’exportation du café aux XVIe et XVIIe siècles. Moka était le principal port de ce commerce. L’histoire du café relie donc les origines botaniques africaines de la plante aux pratiques de consommation et au commerce yéménites.

Les grandes dates de l’histoire du café

  • Il y a environ 610 000 à 1 million d’années : la modélisation génomique situe la formation de l’arabica par hybridation naturelle dans cette période estimée.
  • XVe siècle : les premiers témoignages fiables décrivent l’usage du café par les soufis yéménites pendant les pratiques religieuses nocturnes.
  • 1511 : les cafés de La Mecque ferment temporairement à la suite d’objections religieuses.
  • 1554–1555 : les sources donnent des dates différentes pour le premier café d’Istanbul.
  • 1587 : al-Jaziri compile son ouvrage sur l’histoire du café et les débats religieux.
  • Vers 1652 : Pasqua Rosée ouvre un café à Londres.
  • 1671 : le traité de Nairon publié à Rome contient la plus ancienne version écrite connue de l’histoire du berger.
  • 1727 : des graines rapportées de Guyane française par Francisco de Melo Palheta marquent le début documenté de la culture du café au Brésil.
  • 1938 : Hira Giri plante des graines de café venues de Birmanie à Aapchaur, au Népal.
  • 2013 : l’UNESCO inscrit la culture et la tradition du café turc sur sa Liste représentative.
  • 2024 : Nature Genetics publie une étude génomique consacrée aux origines préhistoriques de l’arabica.

L’histoire des cafés : La Mecque, Istanbul et Londres

Les cafés étaient largement répandus à La Mecque (Mekke) au début du XVIe siècle. On y buvait du café, on écoutait de la musique et on jouait aux échecs. Ces activités inscrivent le café dans la vie collective des villes, au-delà de son usage pendant les pratiques religieuses soufies.

Des objections religieuses ont entraîné la fermeture des cafés de La Mecque en 1511. L’interdiction a été de courte durée. Dès ses débuts, l’histoire sociale du café comprend donc à la fois des lieux de rencontre et des controverses sur les activités qui s’y déroulent.

Les sources divergent légèrement sur le premier café d’Istanbul. Wikipédia en turc situe en 1554 l’ouverture d’un établissement à Tahtakale par deux Arabes syriens. L’Encyclopaedia Iranica donne l’année 962 du calendrier de l’Hégire, soit 1555, et présente les fondateurs comme deux hommes originaires de Damas.

Le café occupait aussi une place définie au palais ottoman. Le kahvecibaşı, chargé de préparer le café, était choisi parmi les serviteurs de confiance du sultan ou du dignitaire servi. Préparer le café pouvait donc constituer une fonction officielle dans une maison de l’élite.

Vers 1652, Pasqua Rosée a ouvert un café dans St Michael’s Alley, dans le quartier de Cornhill à Londres. Daniel Edwards, marchand de la Levant Company, soutenait l’entreprise. Les deux hommes avaient découvert la culture du café dans le port ottoman de Smyrne.

Si vous retrouvez quelqu’un autour d’un café aujourd’hui, le lien avec ces usages anciens est facile à saisir : les premiers cafés de La Mecque associaient eux aussi une boisson à des activités partagées. La musique et les échecs donnent à cette scène historique des détails concrets. Ils permettent de se représenter la vie de ces établissements.

L’histoire du café en Inde, au Népal et en Amérique

Le Bureau d’information de presse de l’Inde présente l’histoire de Baba Budan comme un récit folklorique. Selon ce récit, il aurait transporté sept graines de café sous ses vêtements avant de les planter dans les collines de Chandragiri, au Karnataka. Cette attribution doit rester rattachée au récit chaque fois qu’il est raconté.

Pour le Népal, l’Office national de développement du thé et du café donne le nom d’un planteur, un lieu et une année. Hira Giri a rapporté des graines de café de Birmanie et les a plantées à Aapchaur, dans le district de Gulmi, en 1938. Ce témoignage concerne l’introduction de la culture du café dans un lieu précis.

Dans les Amériques, le début documenté de la culture du café au Brésil est associé à Francisco de Melo Palheta. Il a rapporté des graines de Guyane française en 1727. Cet épisode relève de la diffusion du café vers de nouvelles régions de culture, bien après ses premiers usages au Yémen.

Les détails que vous ne trouverez pas dans les guides

L’histoire du berger publiée par Nairon en 1671 diffère de la version familière de Kaldi sur plusieurs points importants. Le berger n’a pas de nom. Le récit se déroule à Ayaman, en Arabie heureuse, et non en Éthiopie. Il ne faut donc pas considérer le plus ancien récit écrit du berger comme une version identique à la légende populaire.

Les traditions yéménites du café comprennent aussi le qishr, préparé avec les enveloppes du fruit du caféier plutôt qu’avec les grains. Les premières mentions peuvent confondre cette boisson avec le café en grains. Lorsque vous lisez un témoignage sur les débuts de la consommation du café, la partie du fruit utilisée peut changer ce que le texte décrit.

L’arabica lui-même possède une histoire bien plus ancienne que la consommation humaine du café. C’est un hybride naturel de Coffea canephora et de Coffea eugenioides. Il a hérité de deux jeux de chromosomes de chacun de ses parents. La modélisation présentée dans l’étude génomique de 2024 suggère que cette hybridation s’est produite il y a environ 610 000 à 1 million d’années.

Cette étude a examiné 39 variétés d’arabica. Elle a aussi séquencé un spécimen végétal du XVIIIe siècle utilisé par Carl von Linné pour nommer l’espèce. La recherche relie ainsi un spécimen botanique historique à des données sur la formation préhistorique de la plante.

Livres et lectures universitaires sur l’histoire du café

Parmi les textes historiques, Umdat al-Safwa fi Hill al-Qahwa, compilé par al-Jaziri en 1587, réunit l’histoire du café et les débats religieux. Le traité de Nairon de 1671 compte pour une autre raison : il conserve la plus ancienne version écrite connue de l’histoire du berger. Leurs dates et leurs sujets vous aident à distinguer les récits de consommation des récits de découverte.

Pour une vue d’ensemble universitaire, la synthèse de Tuchscherer publiée en 2024 présente Kaldi comme un mythe. Elle relève aussi la rareté des sources écrites éthiopiennes antérieures au XVIIIe siècle. Cette lecture de Kaldi comme personnage mythique fournit un cadre utile pour confronter la légende aux premiers témoignages yéménites.

FAQ

Qui a découvert le café ?

Aucun découvreur unique n’a été identifié avec certitude. Kaldi est le chevrier éthiopien légendaire associé à cette découverte. Les premiers témoignages fiables situent la consommation de café torréfié chez les soufis yéménites du XVe siècle.

Où le café a-t-il été découvert ?

L’aire naturelle de l’arabica comprend le sud-ouest de l’Éthiopie, l’est du Soudan du Sud et le mont Marsabit, dans le nord du Kenya. L’histoire de la boisson torréfiée nous conduit au Yémen. L’origine de la plante et les débuts de la boisson appellent donc des réponses distinctes.

Quand les premiers cafés ont-ils ouvert à Istanbul ?

Les sources donnent 1554 ou 1555 pour le premier café d’Istanbul. Wikipédia en turc le situe à Tahtakale en 1554, tandis que l’Encyclopaedia Iranica le date de 1555.

Quelle place le café turc occupe-t-il dans cette histoire ?

Les premiers cafés d’Istanbul et le kahvecibaşı du palais ottoman inscrivent le café dans la vie sociale et la vie de cour ottomanes. En 2013, l’UNESCO a inscrit la culture et la tradition du café turc sur sa Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité.

Sources

  1. Kew Science — Coffea arabica powo.science.kew.org
  2. Vikipedi — Café tr.wikipedia.org
  3. Wikipedia — Histoire du café en.wikipedia.org
  4. Oxford Academic — Les racines éthiopiennes et yéménites du café academic.oup.com
  5. Encyclopaedia Iranica — Café iranicaonline.org
  6. Encyclopaedia Iranica — Maison de café iranicaonline.org
  7. The Courtauld — De l’Orient à l’Occident sites.courtauld.ac.uk
  8. Bureau d’information de presse de l’Inde — Chandragiri : la montagne de la Lune de l’or brun pib.gov.in
  9. Office national de développement du thé et du café du Népal — Histoire du café old.teacoffee.gov.np
  10. Université de Buffalo — Les origines préhistoriques du café buffalo.edu
  11. UNESCO — La culture et la tradition du café turc ich.unesco.org
  12. Wikipedia — Bonga en.wikipedia.org

FAQ

Qui a découvert le café ?

Aucun découvreur unique n’a été identifié avec certitude. Kaldi, le chevrier éthiopien associé à cette découverte, est un personnage légendaire dont le rôle n’est pas historiquement attesté.

Où le café a-t-il été découvert ?

L’arabica pousse naturellement dans le sud-ouest de l’Éthiopie, dans l’est du Soudan du Sud et sur le mont Marsabit, dans le nord du Kenya. Les premiers témoignages fiables sur la boisson préparée à partir de café torréfié renvoient aux communautés soufies du Yémen au XVe siècle.

Quand les premiers cafés ont-ils ouvert à Istanbul ?

Les sources situent l’ouverture du premier café d’Istanbul en 1554 ou en 1555. Wikipédia en turc le place à Tahtakale en 1554, tandis que l’Encyclopaedia Iranica donne la date de 1555.

Qui a introduit le café en Inde et au Népal ?

Le folklore indien attribue à Baba Budan la plantation de sept graines de café dans les collines de Chandragiri, au Karnataka. Au Népal, l’Office national de développement du thé et du café indique que Hira Giri a planté des graines venues de Birmanie à Aapchaur en 1938.

Image: Coffee ceremony of Ethiopia and Eritrea 4.jpg — ProtoplasmaKid, CC BY-SA 4.0

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