Racines des villes

Histoire de Gümüşhane et origine du nom de la ville

Gümüşhane doit son nom à l’argent, une ressource qui a façonné le peuplement autour de Canca et l’essor de Süleymaniye à l’époque ottomane. Son histoire se poursuit avec le déplacement du centre vers la rivière Harşit, l’occupation pendant la guerre et la préservation de mosquées, de demeures et de localités minières.

10 min de lecture13 sourcesPublié le: 2 novembre 2026Dernière vérification: 4 novembre 2026
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Histoire de Gümüşhane et origine du nom de la ville
Gümüşhane Ottoman houses (Photo by Scott Dexter, June 20, 2012) (7884335224).jpg

L’argent, le peuplement et l’histoire de Gümüşhane

L’histoire de Gümüşhane et l’origine de son nom commencent avec l’argent. Les mines proches de Canca ont contribué à façonner la localité devenue Gümüşhane à l’époque ottomane. Plus tard, le déclin de l’activité minière et la route de Trébizonde (Trabzon) à Erzurum ont favorisé le déplacement du centre vers la rivière Harşit. Le nom est resté, alors que le centre de la ville changeait d’emplacement.

Si vous visitez Gümüşhane aujourd’hui, son ancien centre se trouve à l’écart du centre actuel. Le quartier de Süleymaniye (Süleymaniye Mahallesi), connu comme le vieux Gümüşhane (Eski Gümüşhane), se situe à environ quatre kilomètres au sud-ouest. Cette distance compte : l’histoire de la ville concerne à la fois l’ancienne localité minière et le centre plus récent, au bord de la rivière.

Que signifie le nom Gümüşhane ?

Gümüşhane associe deux mots de langues différentes : le turc gümüş, qui signifie « argent », et le persan hane, qui signifie « maison ». Le nom relie directement la localité aux gisements d’argent voisins. L’argent appartient donc à la fois à l’histoire économique de la ville et à l’explication de son nom.

Canca est indispensable pour comprendre ce lien. Dans le recensement ottoman de 1486, le noyau historique de l’actuelle Gümüşhane apparaît dans le territoire de Torul comme un village appelé « karye-yi Palu Canca ». Ce document place Canca au cœur de l’histoire du peuplement attestée par les archives.

Les documents ottomans du XVIe siècle distinguent Eski Canca de « Karye-i Nefs-i Canca-yı Ma‘den », une localité qui se développe près des mines. Ces lieux sont enregistrés séparément. Si vous rencontrez à la fois Canca et Gümüşhane dans vos lectures sur l’histoire locale, gardez cette distinction à l’esprit : l’évolution du peuplement ne se résume pas au changement de nom d’un seul village.

Argyropolis était-il un ancien nom de Gümüşhane ?

La direction provinciale de la culture et du tourisme affirme que la ville s’appelait Argyropolis à l’époque de l’Empire romain d’Orient (Byzance). Elle explique ce nom par « ville de l’argent ». Selon cette présentation, le lien entre le lieu et l’argent remonte donc à son nom byzantin.

Wikipédia en anglais propose un autre récit. L’encyclopédie indique que les habitants de langue grecque utilisaient aussi le nom Gümüşhane et qu’Argyropolis est entré dans l’usage durant les premières décennies du XIXe siècle. Ces récits divergent sur la date à laquelle Argyropolis est devenu un nom de la ville. La datation byzantine doit donc être présentée en précisant qui l’avance, plutôt que comme une chronologie établie.

Quand la domination ottomane a-t-elle commencé ?

La date de l’intégration à l’Empire ottoman varie elle aussi selon les récits. Kültür Portalı rattache le passage de Süleymaniye sous domination ottomane à la conquête de Trébizonde en 1461. L’étude d’Abdürrahim Pamuk publiée dans Belleten date, quant à elle, l’intégration de Gümüşhane sous Rakkas Sinan Bey de 1479.

Le recensement de 1486 fournit un repère documentaire postérieur. À cette date, « karye-yi Palu Canca » figure dans le territoire de Torul. Distinguer les dates contestées de la prise de contrôle de cette mention dans le recensement permet de mieux comprendre la succession des événements : les sources divergent sur la transition, tandis que le village apparaît explicitement dans le document ottoman ultérieur.

Comment Süleymaniye s’est développée autour des mines

Le sultan Soliman ordonna la construction d’une mosquée et d’environ cinquante maisons près de nouveaux gisements d’argent. Cette initiative favorisa le développement de l’actuel quartier de Süleymaniye. Logement, culte et extraction se trouvaient ainsi réunis autour de la nouvelle localité minière.

Le recensement de 1554 donne une image plus précise de sa population. Il enregistre 31 foyers musulmans et 13 hommes musulmans célibataires. Il mentionne aussi 113 foyers non musulmans et 27 hommes non musulmans célibataires. Le registre distingue ces catégories : les nombres de foyers ne doivent donc pas être lus comme un décompte complet des habitants.

La mosquée du sultan Soliman Han (Sultan Süleyman Han Camii) conserve une autre part de cette histoire. Les informations présentées sur place datent sa construction de 1520–1566. Elle a été rénovée en 1899 et restaurée en 2004. Lorsque vous visitez Süleymaniye, cette mosquée relie le développement ottoman du quartier aux efforts ultérieurs pour entretenir ses bâtiments.

Pourquoi le centre-ville s’est-il déplacé ?

Le déclin minier et l’influence de la route de Trébizonde à Erzurum ont favorisé l’éloignement du centre par rapport à l’ancienne localité. Le déplacement s’est fait vers Bahçeler, au bord de la rivière Harşit. La géographie de Gümüşhane a ainsi changé avec la perte d’importance des mines et l’influence de la route sur le développement urbain.

Ce déplacement fait écho à la vie quotidienne. L’endroit où vous habitez dépend souvent de l’accès au travail et aux transports. Le déplacement de Gümüşhane vers Bahçeler donne une dimension historique à ce lien familier : l’ancienne localité s’était développée près des gisements d’argent, tandis que le centre plus récent a grandi sous l’influence d’une grande route.

Chronologie

  • 1461 / 1479 : Les sources donnent des dates différentes pour l’intégration à l’Empire ottoman. Kültür Portalı indique 1461 ; l’étude de Belleten donne 1479.
  • 1486 : Un recensement ottoman mentionne « karye-yi Palu Canca » dans le territoire de Torul.
  • 1520–1566 : Les informations présentées à la mosquée du sultan Soliman Han datent sa construction de cette période.
  • 1554 : Le recensement enregistre des foyers musulmans et non musulmans, ainsi que des hommes célibataires.
  • 1647 : Evliya Çelebi visite les lieux et décrit environ soixante-dix exploitations d’argent, dont certaines sont fermées.
  • 1718 : Gümüşhane apparaît comme lieu de frappe sur des monnaies locales.
  • 1757–1774 : Sous le règne de Mustafa III, les tentatives d’exploitation des mines inondées échouent.
  • 1914 : Des artisans grecs construisent la demeure historique de Yeşildere.
  • 19 juillet 1916 : Les forces russes prennent Gümüşhane pendant la Première Guerre mondiale.
  • 14 février 1918 : Les forces ottomanes commandées par Kâzım Karabekir entrent dans la ville et rétablissent l’administration ottomane.
  • 1998 : Deux demeures historiques sont expropriées pour accueillir le futur musée.
  • 2004–2006 : Les demeures du musée sont restaurées.
  • 2018 : Les fouilles commencent au château de Canca.

Des détails que vous ne trouverez pas dans les guides

Le récit d’Evliya Çelebi nuance toute image d’une prospérité minière ininterrompue. Lors de sa visite en 1647, il décrit environ soixante-dix exploitations d’argent, dont certaines sont déjà fermées. Il rapporte aussi que l’atelier monétaire ne fonctionne pas. Il faut donc distinguer les mines de l’atelier monétaire lorsqu’on lit sa description.

Les monnaies locales conservent un détail modeste, mais utile, sur le nom de la ville. Des pièces datées de 1718 et de 1730–1731 indiquent Gümüşhane comme lieu de frappe, plutôt que Canca. Ces objets fournissent des exemples datés de l’emploi de Gümüşhane dans un contexte monétaire officiel.

L’eau devient un obstacle majeur sous le règne de Mustafa III, entre 1757 et 1774. Du matériel venu de France ne permet pas de rendre les mines inondées exploitables. Après ces tentatives infructueuses, Gümüşhane commence à perdre sa vitalité économique.

Au château de Canca (Canca Kalesi), les fouilles ont changé l’interprétation d’un bâtiment. Les travaux commencés en 2018 ont permis d’identifier comme une tour de guet une construction décrite dans les sources écrites comme une chapelle. Cette distinction modifie la compréhension de la fonction de ce bâtiment précis.

Sarıçiçek offre un autre type de détail. Ses deux salles villageoises, connues sous les noms d’Usta et de Çırak, présentent des boiseries en pin sylvestre composées dans les styles baroque et rococo. Ces intérieurs ajoutent le savoir-faire artisanal à une histoire régionale souvent abordée par les mines, les monnaies et les documents sur le peuplement.

Santa, Satala et la région au-delà de la ville

Santa, dans le village de Dumanlı, s’est développée économiquement entre le XVIe et le XVIIIe siècle grâce à l’activité minière. Ses ressources comprenaient le fer, le plomb et l’argent extrait avec le plomb. Cette localité montre que l’histoire minière de Gümüşhane dépassait les exploitations associées à Canca et à Süleymaniye.

Les ruines de Santa bénéficient d’un statut de protection archéologique et naturelle. Elles comprennent sept quartiers et plus de trois cents maisons. Ces vestiges d’habitation vous permettent d’aborder l’histoire minière à travers l’étendue d’une localité, ainsi qu’à travers les métaux qu’elle produisait.

Satala, dans le district de Kelkit, appartient à un autre contexte historique. Des fragments de briques découverts sur place portent la marque de la légion XV Apollinaris. Les remparts de la ville ont été réparés sous le règne de l’empereur Justinien (Justinianus). Ces vestiges relient l’ensemble de la région à l’histoire militaire romaine et à des réparations défensives ultérieures.

Demeures, salles de classe et musée

L’inventaire des demeures établi par le gouvernorat recense 59 demeures enregistrées. Parmi les exemples restaurés figurent Balyemez, Özdenoğlu, Hasan Fehmi Ataç et Zeki Kadirbeyoğlu. Ces maisons constituent une autre composante importante du patrimoine historique conservé de Gümüşhane, aux côtés de la mosquée de Süleymaniye et des localités minières de la région.

Dans le village de Yeşildere, des artisans grecs ont construit une demeure historique en 1914. Après l’échange de populations, le bâtiment a servi d’école aux enfants du village pendant environ cinquante ans. Son histoire relie l’architecture domestique à l’enseignement au quotidien, à travers un changement d’usage documenté.

Le musée de Gümüşhane (Gümüşhane Müzesi) occupe deux demeures voisines datant de 1920. Elles ont été expropriées en 1998 et restaurées entre 2004 et 2006. Le musée comprend des sections d’archéologie, de numismatique et d’ethnographie. Son jardin expose des objets en pierre provenant de Satala et de Süleymaniye. Il rassemble ainsi en un même lieu des pièces issues de différents sites historiques.

FAQ

Que signifie Gümüşhane ?

Le nom associe le turc gümüş, qui signifie « argent », et le persan hane, qui signifie « maison ». Il renvoie aux mines d’argent voisines qui ont façonné le développement de la localité.

Où se trouve le vieux Gümüşhane ?

Le vieux Gümüşhane correspond au quartier de Süleymaniye, à environ quatre kilomètres au sud-ouest du centre-ville actuel. Le centre plus récent s’est développé vers Bahçeler, au bord de la rivière Harşit.

Quand Gümüşhane est-elle devenue ottomane ?

La datation est contestée. Kültür Portalı indique 1461, tandis que l’étude d’Abdürrahim Pamuk publiée dans Belleten date l’intégration sous Rakkas Sinan Bey de 1479.

Argyropolis était-il son nom byzantin ?

La direction provinciale de la culture le présente ainsi. Wikipédia en anglais situe plutôt l’adoption d’Argyropolis au début du XIXe siècle et précise que les habitants de langue grecque utilisaient aussi Gümüşhane.

Sources

  1. Wikipédia — Gümüşhane tr.wikipedia.org
  2. Belleten — Le district de Gümüşhane (Torul) au milieu du XVIIe siècle belleten.gov.tr
  3. Portail de la culture — Quartier de Süleymaniye / Vieux Gümüşhane kulturportali.gov.tr
  4. Direction provinciale de la culture et du tourisme de Gümüşhane — Histoire gumushane.ktb.gov.tr
  5. Wikipédia — Gümüşhane en.wikipedia.org
  6. Inventaire culturel de la mer Noire orientale — Mosquée du sultan Soliman Han karadeniz.gov.tr
  7. Inventaire culturel de la mer Noire orientale — Château de Canca karadeniz.gov.tr
  8. Portail de la culture — Salles villageoises de Sarıçiçek kulturportali.gov.tr
  9. Portail de la culture — Ruines de Santa kulturportali.gov.tr
  10. GoTürkiye — Découvrir Gümüşhane goturkiye.com
  11. Gouvernorat de Gümüşhane — Demeures de Gümüşhane gumushane.gov.tr
  12. Agence Anadolu — Une demeure historique inutilisée reprend vie grâce au tourisme aa.com.tr
  13. Ministère de la Culture et du Tourisme — Musée de Gümüşhane muze.gov.tr

FAQ

Que signifie Gümüşhane ?

Gümüşhane associe le mot turc gümüş, qui signifie « argent », au mot persan hane, qui signifie « maison ». Ce nom renvoie aux mines d’argent voisines.

Quand Gümüşhane est-elle passée sous domination ottomane ?

Les sources donnent des dates différentes. Kültür Portalı rattache ce passage à 1461, tandis que l’étude d’Abdürrahim Pamuk publiée dans Belleten date son intégration sous Rakkas Sinan Bey de 1479.

Où se trouve le vieux Gümüşhane ?

Le vieux Gümüşhane correspond au quartier de Süleymaniye, à environ quatre kilomètres au sud-ouest du centre-ville actuel.

Gümüşhane s’appelait-elle Argyropolis à l’époque byzantine ?

La direction provinciale de la culture situe le nom Argyropolis à l’époque byzantine. Wikipédia en anglais date plutôt son adoption du début du XIXe siècle et indique que les habitants de langue grecque utilisaient aussi Gümüşhane.

Image: Gümüşhane Ottoman houses (Photo by Scott Dexter, June 20, 2012) (7884335224).jpg — Scott Dexter, CC BY-SA 2.0

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