Qui était Anne Bonny ?
Anne Bonny était une pirate qui naviguait dans les Caraïbes (Karayipler) avec John « Calico Jack » Rackham en 1720. Elle fait partie des femmes dont la participation à la piraterie est attestée par des archives historiques. Son histoire comprend le vol d’un navire, des attaques armées, une capture au large de la Jamaïque (Jamaika) et un procès aux côtés de Mary Read.
Pour comprendre Anne Bonny, commencez par cet épisode documenté. Les récits les plus connus évoquent aussi une enfance irlandaise, des conflits familiaux, un mariage et un retour final en Caroline du Sud (Güney Karolina). Mais ces éléments ne reposent pas tous sur des preuves aussi solides que les poursuites engagées contre elle en Jamaïque.
Cette distinction compte, car le récit de sa vie avant la piraterie provient en grande partie de A General History of the Pyrates. Publié en 1724 sous le nom de Captain Charles Johnson, cet ouvrage est devenu une source majeure sur cette période de sa vie.
Histoire d’Anne Bonny : où s’arrêtent les faits, où commence la légende ?
On situe souvent la naissance de Bonny vers 1698, dans la région de Cork, en Irlande (İrlanda). Considérez cette origine comme une information rapportée, et non comme un fait établi par un acte de naissance. Le récit familier de son enfance irlandaise appartient à une tradition biographique dont les détails appellent à la prudence.
Un récit présente son père comme un avocat nommé William Cormac. Un autre affirme qu’il aurait acquis une grande plantation en Caroline du Sud. Le Dictionary of Irish Biography remet en question ces deux récits. Il ne relève aucun document étayant l’identité proposée pour son père et précise que les registres fonciers n’ont pas permis de confirmer l’histoire de la plantation.
Le récit de Johnson évoque aussi un mariage avec un marin nommé James Bonny. Ce mariage fait partie de la version communément transmise de sa jeunesse. Il ne doit pas être présenté avec le même degré de certitude que les procédures judiciaires datées de 1720.
Le problème dépasse les anecdotes isolées. Dans une étude universitaire de 2026, Helen Audrey Rodriguez soutient que les biographies familières de Bonny et de Read n’entretiennent qu’un lien assez lâche avec les éléments vérifiables. Les nombreuses œuvres de fiction ont contribué à étoffer ces biographies.
Pour vous, la distinction utile se situe entre un événement consigné dans les archives et une histoire souvent répétée. La condamnation de Bonny possède une date et un lieu précis. Les récits sur son père et son enfance dans une plantation exigent des réserves explicites.
Comment Anne Bonny est-elle devenue pirate ?
Nassau, sur l’île de New Providence, aux Bahamas (Bahamalar), est présentée comme le lieu où Bonny a rencontré Rackham. C’est aussi le point de départ du navire volé à bord duquel leur équipage a mené ses activités de piraterie documentées en 1720.
Le 22 août 1720, un groupe comprenant Bonny, Read et Rackham s’est emparé du William à Nassau. Le navire appartenait à John Ham. Ce vol donne un point de départ concret à leur expédition commune, là où certaines versions de la légende suggèrent une carrière aux contours indéfinis.
Le voyage a conduit l’équipage de Harbour Island, aux Bahamas, vers les côtes de Cuba (Küba) et de la Jamaïque. Ces lieux dessinent le cadre géographique des activités documentées de Bonny à bord du William. Vous pouvez donc suivre son histoire en mer à travers des lieux nommés aussi bien qu’à travers les procédures judiciaires.
L’expédition s’est achevée en octobre 1720. Jonathan Barnet a capturé l’équipage de Rackham au large de Negril, dans l’ouest de la Jamaïque. Le vol d’août et la capture d’octobre délimitent l’épisode qui a conduit Bonny devant le tribunal.
Anne Bonny et Mary Read : quels liens les unissaient ?
Anne Bonny et Mary Read ont navigué avec Rackham et ont été jugées ensemble. Lors de leur procès, des témoins ont déclaré que les deux femmes participaient volontairement à la piraterie. Ces témoignages contredisent les récits qui les présentent comme de simples passagères retenues à bord contre leur gré.
Dorothy Thomas a livré un témoignage particulièrement direct. Elle a déclaré au tribunal que Bonny et Read portaient chacune un pistolet et un sabre d’abordage. Elle a aussi affirmé qu’elles voulaient la faire tuer. Sa déposition situe les deux femmes au cœur de la violence des activités de l’équipage.
Leurs vêtements ont suscité un autre type d’intérêt. Robert Blyth, historien de musée, suggère que porter des habits masculins pouvait être un choix pratique pour travailler en mer. Vous pouvez rapprocher cette explication d’un geste quotidien : choisir des vêtements adaptés à une tâche peut expliquer une tenue sans faire de la dissimulation son seul objectif.
L’idée selon laquelle Bonny et Read étaient amantes dépasse ce que leur procès permet d’établir. La transcription de 1720 ne contient aucune déclaration confirmant cette relation. Leur participation commune à la piraterie et leur procès peuvent être décrits directement. Une relation amoureuse doit rester une interprétation.
Johnson raconte aussi une scène de capture spectaculaire dans laquelle Bonny et Read résistent tandis que les hommes se cachent. La transcription du procès ne corrobore pas cette scène. Elle appartient au récit littéraire de leur résistance, et non aux circonstances établies de leur capture.
Comment s’est déroulé le procès d’Anne Bonny ?
Bonny et Read ont été jugées le 28 novembre 1720 à St Jago de la Vega, ville jamaïcaine aujourd’hui appelée Spanish Town. Elles étaient poursuivies pour des attaques contre d’autres navires et pour le vol de biens appartenant à leurs équipages.
Les accusations concernaient sept bateaux de pêche, trois sloops et une goélette. Ces détails donnent un contenu concret au mot « piraterie ». La procédure portait sur des attaques précises et des biens volés, avec des témoignages sur la conduite des deux femmes.
Le tribunal a proposé aux deux accusées d’interroger les témoins et de présenter une défense. Aucune n’a saisi ces possibilités. Le tribunal les a ensuite reconnues coupables de piraterie à l’unanimité et les a condamnées à la pendaison.
Après l’annonce des peines, les deux femmes ont déclaré être enceintes et ont demandé un report. Elles ont obtenu, pour cette raison, un sursis temporaire à leur exécution. Ce report a modifié l’issue immédiate du procès, mais n’a pas annulé leurs condamnations.
Mort d’Anne Bonny : comment lire les différents récits ?
Le report de l’exécution de Bonny est un événement établi. L’inscription funéraire ultérieure qui lui est souvent associée constitue une preuve d’une autre nature. Le 29 décembre 1733, l’inhumation d’une personne nommée « Ann Bonny » a été consignée à Saint Catherine, en Jamaïque.
Cette inscription peut concerner la pirate, mais un nom commun ne suffit pas à établir une identité. Vous devez donc considérer 1733 comme un rapprochement possible, et non comme une date de décès confirmée pour Anne Bonny.
Un autre récit fait revenir Bonny en Caroline du Sud et situe sa mort en 1782. Les Royal Museums Greenwich présentent cette version comme une affirmation rapportée. Elle doit rester assortie de réserves lorsqu’elle figure dans sa biographie.
L’inhumation de Mary Read fournit un point final plus solide à sa propre histoire. Elle est morte en prison et a été enterrée à Saint Catherine le 28 avril 1721. Son inhumation documentée ne doit pas être confondue avec l’inscription ultérieure au nom d’Ann Bonny.
Chronologie
- Vers 1698 : Bonny serait née dans la région de Cork, en Irlande. Ni la date ni le lieu n’ont été confirmés par des documents de l’époque.
- 22 août 1720 : Le groupe comprenant Bonny, Read et Rackham s’empare à Nassau du navire de John Ham, le William.
- 5 septembre 1720 : Le gouverneur Woodes Rogers nomme « Ann Fulford, alias Bonny » dans une proclamation contre la piraterie.
- Octobre 1720 : Jonathan Barnet capture l’équipage de Rackham au large de Negril, en Jamaïque.
- 28 novembre 1720 : Bonny et Read sont jugées, reconnues coupables et condamnées à mort. Toutes deux obtiennent un sursis temporaire en raison de leur grossesse.
- 28 avril 1721 : Mary Read est enterrée à Saint Catherine.
- 1724 : A General History of the Pyrates paraît sous le nom de Captain Charles Johnson.
- 29 décembre 1733 : Un registre d’inhumation de Saint Catherine mentionne une Ann Bonny. Son identification à la pirate reste incertaine.
Les détails que vous ne trouverez pas dans les guides
Le nom figurant dans la proclamation de Woodes Rogers était « Ann Fulford, alias Bonny ». Daté du 5 septembre 1720, ce document conserve une forme de son nom différente de l’habituel Anne Bonny. Cette formulation constitue un détail modeste, mais concret, de son identité documentée.
La même proclamation décrit le navire armé volé comme un sloop d’environ 12 tonnes. Elle documente ainsi le type du William et donne un ordre de grandeur de son tonnage. Elle ajoute aussi un détail pratique à son parcours entre les Bahamas, Cuba et la Jamaïque.
Le film de 1951 La Flibustière des Antilles (Anne of the Indies) s’est également inspiré librement de Bonny pour son personnage principal.
FAQ
Anne Bonny était-elle une vraie pirate ?
Oui. La participation de Bonny à la piraterie est attestée par des documents historiques. Elle a navigué avec Rackham en 1720 et a été condamnée en Jamaïque le 28 novembre de cette même année.
Anne Bonny et Mary Read étaient-elles amantes ?
C’est une interprétation de leur relation. La transcription du procès établit leur participation au même équipage pirate, mais ne contient aucune déclaration confirmant qu’elles étaient amantes.
Anne Bonny a-t-elle été exécutée après son procès ?
Le tribunal l’a condamnée à la pendaison, puis lui a accordé un sursis temporaire après qu’elle a déclaré être enceinte. La condamnation et le report de l’exécution sont les événements établis.
L’inscription funéraire de 1733 identifie-t-elle Anne Bonny ?
Elle consigne l’inhumation d’une Ann Bonny à Saint Catherine. Le nom rend un rapprochement possible, mais ne permet pas d’identifier avec certitude la défunte comme étant la pirate.
Sources
- Royal Museums Greenwich — Anne Bonny et Mary Read rmg.co.uk
- Royal Irish Academy, Dictionnaire de biographie irlandaise — Bonney (Bonny), Anne dib.ie
- Helen Audrey Rodriguez, World History Connected — À ces souvenirs que je ne peux plus rappeler journals.gmu.edu
- Wikipédia — Anne Bonny en.wikipedia.org
FAQ
Qui était Anne Bonny ?
Anne Bonny était une femme pirate dont l’existence et les activités sont attestées par des documents historiques. Elle a navigué avec John « Calico Jack » Rackham dans les Caraïbes en 1720.
Image: General History of the Pyrates – Ann Bonny and Mary Read.jpg — Engraved by Benjamin Cole[2] (1695–1766), Public domain






