Le conflit entre Henri III d’Angleterre (III. Henry) et les barons a transformé le Parlement. Avec les provisions d’Oxford, en 1258, des réunions régulières sont devenues un moyen de demander des comptes au gouvernement royal. Le Parlement réuni par Simon de Montfort en 1265 a ensuite rassemblé des chevaliers des comtés et des représentants des villes pour débattre de questions nationales allant au-delà de la fiscalité. Leur participation s’est poursuivie sous Édouard Ier, même si les contraintes imposées à Henri ont été levées après la défaite de Montfort.
Comment un roi monté sur le trône à neuf ans a-t-il fini prisonnier de ses propres adversaires ? Pour le comprendre, il faut suivre les demandes d’argent, la mise en place d’un conseil chargé de surveiller le gouvernement et les débats d’un Parlement sur le sort d’un prince captif. En reliant ces éléments, vous comprendrez mieux la portée de 1265. La reconstruction de l’abbaye de Westminster révèle aussi les ambitions religieuses du roi au cœur de cette lutte.
Comment Henri III est-il devenu roi alors qu’il était enfant ?
Henri est né au château de Winchester le 1er octobre 1207. Ses parents étaient le roi Jean sans Terre et Isabelle d’Angoulême. Membre de la dynastie des Plantagenêts, il a régné sur l’Angleterre de 1216 à 1272, soit environ 56 ans.
À la mort de Jean, en 1216, Henri avait neuf ans. La première guerre des Barons était déjà en cours. Les barons rebelles soutenaient le prince Louis de France. Hériter de la couronne ne garantissait donc pas à Henri une position solide. Son règne a commencé au milieu d’une lutte pour le pouvoir en Angleterre.
L’incertitude politique a conduit à organiser un couronnement précipité à Gloucester le 28 octobre 1216. Les royalistes, menés par Guillaume le Maréchal, ont ensuite remporté les victoires de Lincoln et de Sandwich en 1217. Ces succès ont protégé le trône de l’enfant roi. Henri a reçu un second couronnement à l’abbaye de Westminster le 17 mai 1220.
Henri a pris les rênes du gouvernement en 1227, mettant fin à la régence. Un ordre fondé sur l’acceptation de la Magna Carta avait alors été rétabli. Dès son enfance, la survie de son pouvoir royal était donc liée à des accords qui reconnaissaient des limites à la royauté. Plus tard, ses propres demandes de soutien financier allaient rouvrir le débat sur l’autorité et l’obligation de rendre des comptes.
Pourquoi les demandes d’argent ont-elles provoqué une crise politique ?
Henri avait besoin d’impôts supplémentaires, ce qui l’a conduit à réunir plus souvent le Parlement. Les barons profitaient de ces occasions pour exiger des réformes en échange de leur soutien financier. L’argent et la conduite du gouvernement sont ainsi devenus indissociables. Pour obtenir des ressources, Henri devait entendre les plaintes sur l’exercice du pouvoir royal.
Une comparaison avec la vie quotidienne peut vous aider à suivre cette négociation. Imaginez une personne qui demande davantage d’argent à un budget commun, tandis que les autres contributeurs réclament leur mot à dire sur les dépenses. De la même manière, les barons d’Henri liaient leur soutien financier à des changements dans le gouvernement. Le conflit portait à la fois sur les ressources et sur le pouvoir de décider de leur utilisation.
Plusieurs difficultés ont nourri la crise des réformes de 1258. À la cour, des factions se disputaient l’influence. Une famine généralisée et des échecs militaires au pays de Galles aggravaient la situation. Henri avait aussi accepté un lourd engagement financier envers la papauté dans le cadre d’une tentative pour acquérir la Sicile. Ensemble, ces problèmes ont donné aux réformateurs des motifs pour exiger des changements structurels.
Comment les provisions d’Oxford ont-elles limité le pouvoir royal ?
Les provisions d’Oxford de 1258 imposaient à Henri d’accepter l’autorité d’un conseil de quinze membres. Vingt-quatre personnes participaient à sa désignation : douze nommées par le roi et douze par les réformateurs. Ces vingt-quatre personnes devaient choisir le conseil chargé de surveiller le gouvernement.
Cet accord modifiait aussi le contrôle des principales nominations. Les grands officiers, dont le justicier et le chancelier, devaient être choisis par le conseil et lui rendre des comptes. Une instance s’interposait ainsi entre le roi et d’importants responsables. Les nominations comme le contrôle de leur action relevaient désormais de l’accord de réforme.
Le Parlement devait se réunir régulièrement, trois fois par an, pour demander des comptes au gouvernement. Vous pouvez mesurer l’importance de cette disposition en la rapprochant des pouvoirs du conseil. Les provisions déterminaient qui surveillait le gouvernement, qui choisissait ses principaux officiers et à quelle fréquence son action serait examinée par le Parlement.
L’accord s’est révélé fragile face aux divisions de ses partisans. Henri a exploité les désaccords entre les barons réformateurs et a repris le contrôle en 1261. Il a aussi obtenu du pape la condamnation des provisions d’Oxford. L’obligation d’accepter l’autorité du conseil n’avait donc pas permis de garantir un accord durable.
Pourquoi le conflit avec Simon de Montfort et le Parlement de 1265 ont-ils été importants ?
En janvier 1264, Louis IX de France a rendu un arbitrage déclarant les provisions d’Oxford entièrement invalides. Simon de Montfort et ses alliés ont rejeté cette décision. Le désaccord sur les réformes restait entier. En mai, Montfort a vaincu Henri à la bataille de Lewes. Il a capturé le roi et pris le contrôle du gouvernement.
Montfort gouvernait au nom du roi. Il a établi un conseil de neuf membres, choisis par lui-même et deux proches alliés. La plupart de ses membres étaient ses partisans. Ce détail compte pour apprécier sa réputation de réformateur : le gouvernement issu de la défaite d’Henri concentrait l’influence entre les mains des propres alliés politiques de Montfort.
Le 14 décembre 1264, Montfort a lancé les convocations pour un Parlement qui s’est réuni à Westminster le 20 janvier 1265. Deux chevaliers étaient appelés pour chaque comté, deux représentants pour les villes et quatre personnes pour chacun des Cinq-Ports. Cette convocation réunissait les représentants des comtés et des villes dans une même assemblée parlementaire.
L’importance de cette réunion tenait aux affaires qu’ils étaient appelés à discuter ensemble. Pour la première fois, des chevaliers des comtés et des représentants des villes étaient convoqués au même Parlement pour examiner des questions nationales allant au-delà de l’approbation des impôts. Leur participation commune dépassait ainsi les négociations financières qui avaient contribué à susciter les précédentes réunions parlementaires.
Les intentions de Montfort restent sujettes à des interprétations opposées. Il a été présenté comme un réformateur fidèle à ses principes, mais aussi comme un opportuniste qui a enrichi sa famille. Le Parlement du Royaume-Uni souligne qu’il n’a pas créé délibérément la Chambre des communes en 1265. Son assemblée a marqué une étape importante dans le développement de la représentation. Il ne faut toutefois pas confondre ses conséquences ultérieures avec ses intentions.
Qu’est-il resté après la défaite de Montfort ?
La domination de Montfort a pris fin à la bataille d’Evesham, le 4 août 1265. Une armée royaliste commandée par Édouard, le fils d’Henri, l’a vaincu et tué. Les restrictions imposées à Henri ont ensuite été levées. Les dispositifs fondés sur les conseils n’avaient pas instauré de surveillance permanente du roi.
La pratique consistant à convoquer des représentants a eu un avenir plus durable. Édouard Ier a continué d’appeler au Parlement des représentants des comtés et des villes. Au cours des premières décennies du XIVe siècle, ces représentants ont formé un groupe distinct des lords. Si vous cherchez le lien avec la Chambre des communes, la poursuite de cette participation est au cœur de l’histoire.
Le statut de Marlborough, en 1267, associait lui aussi le rétablissement de l’autorité royale au maintien d’engagements de réforme. Henri s’est engagé à préserver la Magna Carta et certaines dispositions des provisions de Westminster. Son retour au pouvoir allait donc de pair avec l’acceptation d’une partie du programme de réforme.
Pourquoi Henri III a-t-il fait reconstruire l’abbaye de Westminster ?
Henri a fait reconstruire l’abbaye de Westminster pour rivaliser avec les grandes églises de France, offrir une nouvelle châsse à saint Édouard et préparer sa propre sépulture auprès du saint. La démolition de l’église du XIe siècle et la construction de l’édifice gothique destiné à la remplacer ont commencé en 1245.
La reconstruction et la nouvelle châsse ont coûté environ 45 000 livres sterling. Ce chantier considérable s’est déroulé sous le même règne que la lutte parlementaire. L’engagement financier d’Henri concernant la Sicile a contribué à nourrir la crise de 1258. Ses projets pour Westminster exprimaient sa dévotion à saint Édouard et ses ambitions pour l’abbaye.
L’abbaye reconstruite a été consacrée le 13 octobre 1269. Les restes de saint Édouard ont été transférés dans la nouvelle châsse cette année-là. Westminster relie ainsi plusieurs aspects de l’histoire d’Henri : son second couronnement, son mécénat religieux et sa sépulture.
Chronologie
- 1er octobre 1207 : Henri naît au château de Winchester.
- 1216 : Il hérite du trône à neuf ans et est couronné à Gloucester le 28 octobre.
- 1217 : Les victoires royalistes de Lincoln et de Sandwich protègent son trône.
- 17 mai 1220 : Henri est de nouveau couronné à l’abbaye de Westminster.
- 1227 : Il prend les rênes du gouvernement, mettant fin à la régence.
- 1245 : La reconstruction gothique de l’abbaye de Westminster commence.
- 1258 : Les provisions d’Oxford soumettent Henri à un conseil de quinze membres.
- 1261 : Henri reprend le contrôle du gouvernement.
- Mai 1264 : Montfort bat Henri et le capture à Lewes.
- 20 janvier 1265 : Le Parlement de Montfort se réunit à Westminster.
- 4 août 1265 : Montfort est vaincu et tué à Evesham.
- 1267 : Le statut de Marlborough renforce l’autorité royale tout en conservant certaines réformes.
- 13 octobre 1269 : L’abbaye de Westminster reconstruite est consacrée.
- 16 novembre 1272 : Henri meurt.
Des détails que vous ne trouverez pas dans les guides
Lors du premier couronnement d’Henri, la couronne royale manquait. Un simple cercle d’or appartenant à sa mère, Isabelle, a été utilisé à sa place. Ce petit objet donne une idée concrète des préparatifs précipités pour le couronnement de l’enfant roi en 1216.
Le Parlement de 1265 avait aussi une préoccupation pratique immédiate : discuter des conditions de libération du prince Édouard, alors captif. Au-delà de son importance pour la représentation, l’assemblée traitait donc des conséquences de la victoire de Montfort et de la détention de membres de la famille royale.
Une effigie de cire représentait le corps d’Henri dans son cortège funèbre après sa mort, le 16 novembre 1272. Il a été inhumé à l’abbaye de Westminster le 20 novembre. Son corps a été transféré dans son monument funéraire à l’abbaye en 1291. Son cœur a été remis à l’abbesse de Fontevraud, en France, conformément à son testament.
FAQ
Le conflit entre Henri III et les barons a-t-il transformé durablement le Parlement ?
Certains changements ont survécu à la défaite des réformateurs. Les contraintes imposées à Henri ont été levées, mais Édouard Ier a continué de convoquer des représentants des comtés et des villes. Leur séparation ultérieure d’avec les lords a prolongé le développement de la pratique de représentation associée à 1265.
Le Parlement de 1265 a-t-il été délibérément conçu comme la Chambre des communes ?
Montfort n’a pas créé délibérément la Chambre des communes. L’importance de cette réunion tenait au rassemblement de chevaliers des comtés et de représentants des villes pour débattre de questions nationales allant au-delà de la fiscalité.
Pourquoi Henri a-t-il été couronné deux fois ?
L’incertitude politique a conduit à organiser un couronnement précipité à Gloucester le 28 octobre 1216. Son second couronnement a eu lieu à l’abbaye de Westminster le 17 mai 1220.
Qu’imposaient les provisions d’Oxford ?
Elles imposaient à Henri d’accepter un conseil de quinze membres. Le conseil devait choisir les principaux officiers et leur demander des comptes. Le Parlement devait se réunir trois fois par an pour examiner l’action du gouvernement.
Sources
- Abbaye de Westminster — Henri III westminster-abbey.org
- Wikipédia en anglais — Henri III d’Angleterre en.wikipedia.org
- Wikipédia en turc — Henri III tr.wikipedia.org
- La famille royale — Henri III royal.uk
- Parlement du Royaume-Uni — Les réformes de 1258 parliament.uk
- Parlement du Royaume-Uni — Les provisions d’Oxford parliament.uk
- Parlement du Royaume-Uni — Les réactions aux provisions d’Oxford parliament.uk
- Parlement du Royaume-Uni — Le Parlement de Simon de Montfort de 1265 parliament.uk
- Parlement du Royaume-Uni — Le Parlement de Simon de Montfort parliament.uk
- Parlement du Royaume-Uni — Le Parlement de Simon de Montfort parliament.uk
- Parlement du Royaume-Uni — L’héritage de Simon de Montfort parliament.uk
- Parlement du Royaume-Uni — La chute de Montfort parliament.uk
FAQ
Comment le conflit entre Henri III et les barons a-t-il transformé le Parlement ?
Les provisions d’Oxford imposaient au Parlement de se réunir trois fois par an pour demander des comptes au gouvernement. En 1265, Simon de Montfort a convoqué ensemble des chevaliers des comtés et des représentants des villes pour débattre de questions nationales allant au-delà de la fiscalité.
Simon de Montfort a-t-il créé la Chambre des communes en 1265 ?
Montfort n’a pas créé délibérément la Chambre des communes. Son Parlement a contribué au développement d’une pratique de représentation qui s’est poursuivie sous Édouard Ier. Les représentants des comtés et des villes se sont séparés des lords au cours des premières décennies du XIVe siècle.
Pourquoi Henri III a-t-il été couronné deux fois ?
L’incertitude politique a conduit à organiser un couronnement précipité à Gloucester le 28 octobre 1216. Henri a reçu un second couronnement à l’abbaye de Westminster le 17 mai 1220.
Pourquoi Henri III a-t-il fait reconstruire l’abbaye de Westminster ?
Henri voulait rivaliser avec les grandes églises de France, offrir une nouvelle châsse à saint Édouard et assurer sa propre sépulture auprès du saint.
Image: Henry III funeral head.jpg — Valerie McGlinchey, CC BY-SA 2.0






