À l’école, vous avez probablement découvert le Mayflower (Mayflower en turc) à travers une histoire toute simple. Des pèlerins traversent l’océan, débarquent, partagent un repas et se lient d’amitié avec leurs voisins. Les archives racontent une histoire plus complexe. Et plus intéressante. Voici ce que les sources permettent réellement d’affirmer.
Le Mayflower : qui embarque, et pourquoi ?
Le Mayflower est un navire anglais. En 1620, il quitte le port de Plymouth, en Angleterre, avec des colons en route pour l’Amérique. Nous les appelons aujourd’hui les Pères pèlerins.
Avant cette traversée, le navire servait au commerce du vin. Christopher Jones le commande. Il transporte 102 passagers.
Tous ne sont pas des séparatistes religieux. Certains cherchent de nouvelles perspectives économiques. Les séparatistes appellent ces voyageurs les « étrangers ». Deux groupes embarquent donc avec des raisons différentes de partir.
Le Mayflower ne prend pas la mer seul. Le Speedwell l’accompagne d’abord. Mais le Speedwell prend l’eau. Les deux navires retournent en Angleterre. Finalement, seul le Mayflower traverse l’Atlantique.
Le Mayflower quitte Plymouth le 6 septembre 1620 selon le calendrier julien. Cela correspond au 16 septembre 1620 dans le calendrier grégorien que nous utilisons aujourd’hui. La traversée dure 66 jours.
Chronologie
- 1614 : Thomas Hunt enlève des hommes de Patuxet, dont Tisquantum.
- 1616–1620 : Les épidémies de la « Grande Mortalité » ravagent les communautés wampanoags.
- 1619 : Tisquantum rentre chez lui et apprend que sa famille est morte pendant l’épidémie.
- 16 septembre 1620 (calendrier grégorien) : Le Mayflower quitte Plymouth, en Angleterre, sans le Speedwell.
- 21 novembre 1620 (calendrier grégorien) : Le navire jette l’ancre près de Provincetown et le pacte du Mayflower est signé.
- Décembre 1620 : Les colons fondent Plymouth sur le site de Patuxet.
- Hiver 1620–1621 : Environ la moitié des colons meurent.
- Printemps 1621 : Le gouverneur John Carver et Ousamequin concluent un traité d’assistance mutuelle.
- Automne 1621 : Anglais et Wampanoags partagent un festin de trois jours.
- 1622 : La lettre de Winslow sur le festin paraît dans la Relation de Mourt.
- 1624 : Une estimation de la valeur du Mayflower constitue la dernière trace connue du navire d’origine.
- 1841 : Alexander Young qualifie le rassemblement de 1621 de « premier Thanksgiving ».
- 13 juin 1957 : Le Mayflower II arrive dans le port de Plymouth.
- 1970 : La Journée nationale de deuil voit le jour à Plymouth.
La traversée : tempêtes, poutre fissurée et naissance d’Oceanus
Soixante-six jours sur l’Atlantique, c’est long à bord d’un navire destiné au commerce du vin. La traversée est mouvementée.
Une des poutres principales du navire se fissure pendant le voyage. L’équipage la répare à l’aide d’un gros dispositif à vis en fer. Ce détail est peu connu. Il explique pourtant comment le navire a pu tenir.
Une violente tempête frappe dans l’Atlantique. Le passager John Howland tombe à la mer. Il est secouru et survit.
Une naissance a également lieu à bord. Trois femmes embarquées sont enceintes. Elizabeth Hopkins accouche pendant la traversée et appelle son fils Oceanus. Son prénom vous indique exactement où il est né.
Où le Mayflower a-t-il débarqué ?
Le Mayflower ne rejoint pas directement Plymouth, dans le Massachusetts. Il jette d’abord l’ancre près de l’actuelle Provincetown, à la pointe du cap Cod (Cape Cod en turc). Nous sommes le 11 novembre 1620 dans le calendrier julien, soit le 21 novembre dans le calendrier grégorien.
Les colons ont l’autorisation de s’établir dans la région de Virginie (Virginia en turc). Le cap Cod se trouve en dehors de cette zone. Certains passagers commencent à contester l’autorité de leurs dirigeants. Ce problème conduit directement au pacte du Mayflower.
Alors que le navire est au mouillage dans le port de Provincetown, des Anglais explorent le cap Cod en novembre 1620. Ils prennent des réserves de maïs que des Autochtones ont enfouies dans le sol. Bradford et Winslow relatent tous deux cet épisode. Ils précisent aussi leur intention de payer les propriétaires plus tard.
En décembre 1620, les colons fondent Plymouth. Ils s’installent à l’emplacement de l’ancien village wampanoag de Patuxet. Les épidémies en ont déjà décimé la population.
Le pacte du Mayflower : de quoi s’agit-il ?
Le pacte est signé à bord du navire, dans le port de Provincetown, le 11 novembre 1620 selon le calendrier julien, soit le 21 novembre dans le calendrier grégorien. Son objectif est d’unir la colonie sous un gouvernement commun.
Quarante et un passagers adultes de sexe masculin le signent. Les signataires élisent ensuite John Carver gouverneur de la colonie.
Vous imaginez peut-être le parchemin original exposé dans un musée. Il n’en est rien. L’original signé est perdu. La plus ancienne publication conservée du texte figure dans la Relation de Mourt, imprimée en 1622.
Le pacte répond à un problème concret. Un groupe de passagers met en doute l’autorité de ses dirigeants. Un accord écrit vient répondre à cette contestation.
La terre n’était pas vide
Les colons n’arrivent pas dans un espace inhabité. Ils arrivent dans un lieu déjà bouleversé par une catastrophe.
La chronologie du Smithsonian situe les épidémies de la « Grande Mortalité » entre 1616 et 1620. Environ les trois quarts des Wampanoags meurent. Patuxet fait partie des communautés touchées. C’est sur son emplacement que les pèlerins bâtissent Plymouth.
L’homme qui les aidera ensuite a lui-même vécu cette histoire. Tisquantum est l’un des 20 hommes enlevés à Patuxet en 1614 par le capitaine anglais Thomas Hunt. Il revient en 1619. Sa famille est morte pendant l’épidémie.
Ce contexte compte pour la suite. Le monde wampanoag que les colons découvrent en 1620 est un monde en deuil.
Le premier hiver
Le premier hiver est terrible. William Bradford écrit qu’environ la moitié de la communauté meurt, surtout en janvier et février 1621. Il cite le scorbut, d’autres maladies et des abris insuffisants parmi les causes.
Au pire de la crise, seules six ou sept personnes restent en bonne santé pour soigner les malades. William Brewster et Myles Standish sont de celles-là. Prenez la mesure de ce chiffre : quelques personnes soignent toutes les autres.
Beaucoup restent aussi sur le navire pendant une partie de cette période. Le temps passé à bord du Mayflower varie de sept à neuf mois, selon la date d’embarquement de chacun et celle de son installation dans un abri à terre.
Le traité et ceux qui viennent en aide aux colons
Au printemps 1621, le gouverneur John Carver conclut un accord avec le chef wampanoag Ousamequin. Si l’une des deux parties est attaquée, l’autre lui portera assistance.
Vous connaissez peut-être Ousamequin sous le nom de Massasoit. C’est ainsi que les Anglais le désignent. Mais Ousamequin est son nom personnel. Massasoit est son titre.
En 1621, Ousamequin envoie Tisquantum et Hobbamock auprès des Anglais. Ils viennent aider les colons. Ils viennent aussi les observer. Ces deux missions sont bien réelles.
Le festin des récoltes de 1621
Le meilleur récit ancien du rassemblement des récoltes de 1621 est une lettre. Edward Winslow l’écrit le 11 décembre 1621. Elle est publiée en 1622 dans la Relation de Mourt.
Selon Winslow, Ousamequin vient avec environ 90 hommes. Les deux groupes festoient ensemble pendant trois jours. Les Wampanoags apportent cinq cerfs.
La date exacte du festin est inconnue. Et aucun récit du XVIIe siècle ne le qualifie de « Thanksgiving ».
Le témoignage direct ne cite que de la viande de cerf et des oiseaux sauvages. Il peut y avoir eu de la dinde. Winslow ne précise pas quels oiseaux sont servis. Bradford écrit que les dindons sauvages sont abondants cet automne-là. Cela ne constitue pas un menu.
Une autre question reste ouverte. Certains affirment que les Anglais ont invité les Wampanoags. Selon le Pilgrim Hall Museum, aucun document ne permet de trancher entre une invitation et une arrivée à l’improviste.
D’où vient alors ce nom ? Alexander Young publie le récit de Winslow en 1841. Dans une note de bas de page, il qualifie ce rassemblement de « premier Thanksgiving ». L’appellation apparaît plus de deux siècles après les faits.
Le lien avec aujourd’hui est simple. Si vous vous attablez pour Thanksgiving en novembre, rappelez-vous que votre menu vient de la tradition. Le récit de 1621 ne cite que de la viande de cerf et des oiseaux sauvages.
Des détails que les guides ne racontent pas
- Une poutre fissurée : Une des poutres principales du Mayflower se fissure pendant la traversée. Un gros dispositif à vis en fer permet de la réparer.
- Un homme à la mer : John Howland tombe dans l’Atlantique pendant une tempête. Il est repêché et ramené à bord sain et sauf.
- Un bébé nommé d’après l’océan : Elizabeth Hopkins appelle son nouveau-né Oceanus.
- Six ou sept personnes pour soigner les autres : Au pire de l’hiver, seules six ou sept personnes en bonne santé peuvent s’occuper des malades. Brewster et Standish en font partie.
- Un nom et un titre : Les Anglais l’appellent Massasoit. Son nom personnel est Ousamequin.
Le rocher de Plymouth : une tradition sans preuve dans les archives
Selon la tradition, les pèlerins auraient posé le pied sur le rocher de Plymouth. Cette histoire repose sur une tradition orale. Le récit de Bradford ne mentionne aucun rocher. La Relation de Mourt de 1622 non plus. Le rocher est un symbole. Les premiers documents n’attestent pas ce débarquement sur le rocher.
Où se trouve le Mayflower aujourd’hui ?
Le navire d’origine a disparu. Sa dernière trace connue est une estimation de sa valeur réalisée en 1624.
Certains affirment que des pièces du navire subsistent en Angleterre. Les Plimoth Patuxet Museums précisent qu’aucune preuve historique ne confirme ces affirmations.
Vous pouvez pourtant encore monter à bord d’un Mayflower. Le Mayflower II est une reconstitution grandeur nature du navire de 1620. Il a effectué la traversée depuis l’Angleterre et atteint le port de Plymouth le 13 juin 1957.
Se souvenir de l’autre versant de cette histoire
Pour de nombreux Autochtones, cette histoire n’a rien d’une célébration. La Journée nationale de deuil voit le jour à Plymouth en 1970. Elle commence le jour de Thanksgiving, à Cole’s Hill. Frank James, un Wampanoag d’Aquinnah, a préparé un discours dénonçant la colonisation. Les responsables de la célébration officielle le refusent. La commémoration naît à la suite de ce refus.
L’histoire du Mayflower comporte donc deux volets qu’il faut regarder en face. D’un côté, une traversée risquée et un hiver éprouvant. De l’autre, une terre et un peuple déjà meurtris par les maladies et les enlèvements avant l’arrivée du navire.
FAQ
Les pèlerins ont-ils mangé de la dinde au premier Thanksgiving ?
Peut-être. Le témoignage direct ne cite que de la viande de cerf et des oiseaux sauvages. Winslow ne précise pas de quels oiseaux il s’agit. Bradford écrit que les dindons sauvages étaient abondants cet automne-là, mais cela ne confirme pas le menu.
Qui a signé le pacte du Mayflower ?
Quarante et un passagers adultes de sexe masculin le signent le 11 novembre 1620 selon le calendrier julien, soit le 21 novembre dans le calendrier grégorien. Ils élisent ensuite John Carver gouverneur.
Où se trouve le Mayflower aujourd’hui ?
Le navire d’origine n’a pas survécu. Sa dernière trace est une estimation de sa valeur datant de 1624. La réplique grandeur nature Mayflower II se trouve dans le port de Plymouth.
Appelait-on déjà le festin de 1621 « Thanksgiving » ?
Non. Les récits du XVIIe siècle n’emploient pas ce nom. Alexander Young utilise l’expression « premier Thanksgiving » dans une note de bas de page en 1841.
Les pèlerins ont-ils débarqué sur le rocher de Plymouth ?
Cette histoire vient de la tradition orale. Le récit de Bradford et la Relation de Mourt ne mentionnent aucun rocher lors du débarquement.
Sources
- Wikipédia en turc — Mayflower tr.wikipedia.org
- Wikipédia en anglais — Mayflower en.wikipedia.org
- Bibliothèque de la Chambre des lords — 400e anniversaire du Mayflower lordslibrary.parliament.uk
- Pilgrim Hall Museum — Le Mayflower pilgrimhall.org
- Pilgrim Hall Museum — Le pacte du Mayflower pilgrimhall.org
- Pilgrim Hall Museum — Le débarquement des pèlerins en Amérique pilgrimhall.org
- Pilgrim Hall Museum — Traité avec Massasoit pilgrimhall.org
- Pilgrim Hall Museum — L’hiver de 1621 pilgrimhall.org
- Pilgrim Hall Museum — Le « premier Thanksgiving » pilgrimhall.org
- Pilgrim Hall Museum — Histoire du rocher de Plymouth pilgrimhall.org
- Pilgrim Hall Museum — Journée nationale de deuil pilgrimhall.org
- Encyclopædia Britannica LaunchPacks — Documents ayant influencé la Constitution des États-Unis packs.eb.com
- Musée national des Indiens d’Amérique du Smithsonian — Chronologie americanindian.si.edu
- Plimoth Patuxet Museums — Mayflower II plimoth.org
- Plimoth Patuxet Museums — Qu’a-t-on mangé lors de la fête des récoltes de 1621 ? plimoth.org
- Plimoth Patuxet Museums — Des dindons sauvages en abondance plimoth.org
- Bibliothèques de l’université de Binghamton — Origines des pèlerins de Plimoth Plantation libnews.binghamton.edu
Image: Mayflower in Plymouth Harbor, by William Halsall.jpg — William Halsall, Public domain






