Racines des villes

Histoire d’Ağrı : origine du nom et lieux historiques

Ağrı tire son nom actuel du mont Ararat, mais les explications sur les racines linguistiques de ce nom et la date de son adoption officielle divergent. Son histoire relie des constructions d’Urartu, des monuments ottomans, des habitats creusés dans la roche et des ascensions documentées.

10 min de lecture14 sourcesPublié le: 2 novembre 2026Dernière vérification: 2 novembre 2026
La rédaction de Köküne Kadar TVNotre politique en matière de sources
Histoire d’Ağrı : origine du nom et lieux historiques
Ağrı Dağı (Güney-Batı Yüzü).jpg

Ağrı tire son nom actuel du mont Ararat (Ağrı Dağı). La ville a aussi porté les noms de Karakilise et de Karaköse. Elle se situe en Anatolie orientale, au nord de la plaine d’Ağrı, à environ 1 640 mètres d’altitude. Pour explorer son histoire, vous devez d’abord distinguer la ville, la province qui l’entoure et la montagne dont elle porte aujourd’hui le nom.

Les sites historiques de la province dépassent les limites de la ville. À Patnos, Anzavurtepe conserve des vestiges de constructions d’Urartu. Près de Doğubayazıt se dresse le palais d’Ishak Pacha (İshak Paşa Sarayı). À Günbuldu, le site de Meya comprend des espaces creusés dans la roche. Ces lieux vous offrent plusieurs points de départ pour comprendre le passé d’Ağrı.

Histoire d’Ağrı : par où commencer ?

Le plateau d’Ağrı était sous le contrôle d’Urartu avant de passer sous celui du royaume antique d’Arménie. Cette histoire régionale remonte bien avant les changements administratifs qui ont fait de Karaköse le chef-lieu de province en 1927. Le passé antique du plateau et l’histoire de la ville moderne s’inscrivent dans un même récit, à des échelles différentes.

Anzavurtepe offre un lien précis avec la domination d’Urartu. À environ deux kilomètres au nord-est de Patnos, le roi Menua a fait construire une forteresse et un temple. Ces édifices rattachent un souverain identifié à un site précis. Ils donnent aussi un cadre matériel à l’histoire ancienne de la région, au-delà des vastes limites du plateau.

Le canal de Ferhat témoigne lui aussi de l’ingénierie d’Urartu. Il irriguait les terres agricoles au nord de la plaine de Doğubayazıt. Dans les secteurs rocheux, son tracé était taillé dans la roche en place. Dans les dépressions du terrain, il reposait sur des murs de soutènement. La construction s’adaptait au relief avec un même objectif : acheminer l’eau vers les terres cultivées.

Histoire et fondation d’Ağrı : comment la ville est-elle devenue chef-lieu ?

Une étape décisive de l’histoire administrative de la ville date du 24 novembre 1926. La décision numéro 4395 a approuvé le transfert du chef-lieu de province de Bayezid à Karaköse. Le transfert a eu lieu en 1927. La décision et sa mise en œuvre correspondent donc à deux années distinctes.

Ce déplacement aide à comprendre la place de la ville moderne dans l’histoire d’Ağrı. Karaköse est devenue le siège de l’administration provinciale à la suite du transfert depuis Bayezid. Si vous cherchez un jalon dans la fondation de la ville, 1927 marque ce changement de statut administratif. Il faut le replacer dans l’histoire plus ancienne de la région environnante.

Les noms de la ville ont eux aussi changé au cours de cette période. Karakilise et Karaköse apparaissent dans son histoire avant Ağrı. La proposition acceptée de remplacer Karakilise par Karaköse date de 1919. La date de l’adoption ultérieure du nom Ağrı reste discutée : les travaux historiques cités indiquent soit 1935, soit 1938.

Quelle est l’origine du nom Ağrı ?

La ville a reçu son nom actuel de celui du mont Ararat. La montagne se compose de deux cônes volcaniques, le Grand Ararat (Büyük Ağrı) et le Petit Ararat (Küçük Ağrı). La TDV İslâm Ansiklopedisi leur attribue respectivement des altitudes de 5 137 mètres et de 3 896 mètres. Le nom relie donc le chef-lieu de province à une montagne formée de deux sommets distincts.

L’origine linguistique du mot fait l’objet de plusieurs explications. Martti Räsänen a rapproché Ağrı du vieux turc ağrı ou ağrū, au sens de « haut ». La notice de Yusuf Halaçoğlu dans la TDV mentionne aussi une autre hypothèse : un lien avec l’arabe ağra, donné au sens de « magnifique ». Il s’agit de propositions étymologiques, sans origine unique définitivement établie.

La date du changement officiel demande elle aussi de la précision. L’étude de Figen Atabey publiée par la TÜBA situe le passage de Karaköse à Ağrı en 1935. La notice de Halaçoğlu dans la TDV donne 1938. Le désaccord porte sur la date du changement de nom. Ces deux versions ont leur place dans l’explication de l’entrée du nom actuel dans l’histoire administrative de la ville.

Que révèlent les monuments d’Ağrı sur son passé ?

Le palais d’Ishak Pacha se trouve à environ sept kilomètres au sud-est de Doğubayazıt. Sa construction a commencé en 1685, à l’époque de Çolak Abdi Paşa, et s’est achevée en 1784. Le début et la fin des travaux appartiennent donc à deux siècles différents. L’histoire de sa construction s’étend sur une période plus longue que ne le laisse entendre une date unique.

L’inscription de l’entrée monumentale du harem indique un achèvement en 1199 de l’hégire et en 1784 de notre ère. Ce détail rattache la date d’achèvement à une partie du bâtiment lui-même. Pour comprendre la chronologie du palais, vous disposez ainsi d’un repère plus précis que la seule période générale des travaux.

Le palais forme un ensemble organisé autour de deux cours. Il comprend un harem, un selamlık, une mosquée et un tombeau. Dans la seconde cour, le tombeau est un kümbet octogonal à deux niveaux. Les cours et les bâtiments distincts permettent de mieux comprendre cet ensemble que si on le considère comme une résidence d’un seul tenant.

Le palais d’Ishak Pacha a été inscrit sur la liste indicative du patrimoine mondial de l’UNESCO à la suite d’une candidature datée du 25 février 2000. Un autre édifice ottoman, la mosquée du Vieux Beyazıt (Eski Beyazıt Camii), se trouve à côté du château de Doğubayazıt. Construite en pierre de taille, cette mosquée présente un plan rectangulaire, une coupole et un minaret.

Meya offre un autre type d’habitat. Dans le village de Günbuldu, à 12 kilomètres du centre de Diyadin, ses espaces creusés dans la roche comprennent des abris, des pièces et des lieux de culte. Les vestiges conservés incluent un mihrab, des pierres portant des croix et des tombes. Ces éléments donnent aux vestiges religieux du site un intérêt historique qui s’ajoute à celui des espaces de vie taillés dans la roche.

Comment le mont Ararat est-il entré dans l’histoire de l’alpinisme ?

La première ascension réussie et documentée du sommet a eu lieu le 9 octobre 1829. Le groupe de six personnes comprenait Friedrich Parrot, Khatchatour Abovian, deux soldats russes et deux villageois arméniens. Cette même ascension est datée du 27 septembre dans le calendrier julien. Les deux dates renvoient à une seule expédition.

Abovian a rapporté un morceau de glace du sommet. Il souhaitait en obtenir une eau qu’il considérait comme sacrée. Ce geste ajoute une intention religieuse personnelle à l’ascension documentée. Bien plus tard, selon l’administration du district de Doğubayazıt, le Dr Bozkurt Ergör a réalisé la première ascension hivernale du sommet le 21 février 1970.

Le nom Ararat demande lui aussi un éclairage historique. L’Encyclopaedia Iranica rattache son usage dans les langues occidentales à l’ancien royaume d’Urartu. Elle explique que le passage de la Genèse 8:4 désigne les montagnes d’une région. Elle précise aussi que la tradition arménienne ancienne, jusqu’au Xe siècle, ainsi que la tradition islamique situaient les récits de l’arche de Noé au mont Djoudi (Cudi Dağı). L’association avec l’actuel mont Ararat relève de l’histoire des croyances et des interprétations.

Chronologie

  • Période d’Urartu : Menua fait construire une forteresse et un temple à Anzavurtepe, près de Patnos.
  • 1685 : début de la construction du palais d’Ishak Pacha.
  • 1784 : achèvement du palais d’Ishak Pacha.
  • 9 octobre 1829 : Parrot, Abovian et quatre compagnons réalisent la première ascension réussie et documentée du sommet du mont Ararat.
  • 9 novembre 1919 : Kâzım Karabekir propose de remplacer le nom Karakilise par Karaköse.
  • 24 novembre 1926 : le transfert du chef-lieu de province de Bayezid à Karaköse est approuvé.
  • 1927 : le chef-lieu de province est transféré à Karaköse.
  • 1935 / 1938 : l’étude de la TÜBA et la notice de la TDV donnent des dates différentes pour l’adoption du nom Ağrı.
  • 1960 : Kemal Balkan mène des fouilles à Anzavurtepe pour l’université d’Ankara.
  • 21 février 1970 : Bozkurt Ergör réalise la première ascension hivernale du sommet.
  • 25 février 2000 : le palais d’Ishak Pacha entre sur la liste indicative du patrimoine mondial de l’UNESCO.
  • 7 février 2024 : une dépêche fait état de la saisie de 500 pièces d’or dans le centre d’Ağrı.

Des détails que vous ne trouverez pas dans les guides

La proposition de changement de nom de Kâzım Karabekir figurait dans un rapport en sept points daté du 9 novembre 1919. Le sixième point proposait de remplacer Karakilise par Karaköse. Cette proposition a été acceptée. Sa place dans le rapport apporte un détail documentaire précis à ce changement de nom.

L’histoire des fouilles d’Anzavurtepe comprend un épisode de fouilles clandestines. Des découvertes ont été observées lors de fouilles illégales en 1959–1960. Kemal Balkan a ensuite mené une fouille scientifique en 1960 pour le compte de l’université d’Ankara. L’histoire archéologique moderne du site comprend donc à la fois des perturbations illicites et une recherche organisée.

Le canal de Ferhat vous rapproche de la vie quotidienne à l’époque d’Urartu : l’eau servait à produire de la nourriture. Ses canaux taillés dans la roche et ses murs de soutènement desservaient les terres agricoles au nord de la plaine de Doğubayazıt. Aux côtés de la forteresse et du temple d’Anzavurtepe, il attire l’attention sur le travail concret nécessaire à l’approvisionnement en eau des terres cultivées.

La dépêche du 7 février 2024 ajoute un épisode récent à l’histoire du patrimoine. Anadolu Ajansı a rapporté qu’une opération dans le centre d’Ağrı avait permis de saisir 500 pièces d’or décrites comme des objets historiques. Deux suspects ont été interpellés. La dépêche porte sur cette saisie et ces interpellations ; la qualification des pièces doit rester attribuée à cette source.

FAQ

D’où vient le nom Ağrı ?

La ville tire son nom du mont Ararat. Les racines linguistiques proposées pour le nom turc de la montagne comprennent un mot de vieux turc signifiant « haut » et une autre hypothèse arabe, donnée au sens de « magnifique ».

Comment s’appelait Ağrı auparavant ?

Elle a aussi porté les noms de Karakilise et de Karaköse. Karabekir a proposé le passage à Karaköse le 9 novembre 1919. Cette proposition a été acceptée.

Quand Ağrı est-elle devenue chef-lieu de province ?

Le transfert de Bayezid à Karaköse a été approuvé le 24 novembre 1926. Il a été réalisé en 1927.

Quand Karaköse est-elle devenue Ağrı ?

Les sources divergent. L’étude d’Atabey publiée par la TÜBA indique 1935, tandis que la notice de Halaçoğlu dans la TDV donne 1938.

Sources

  1. Wikipédia — Ağrı tr.wikipedia.org
  2. Yusuf Halaçoğlu, TDV Encyclopédie de l’islam — Ağrı islamansiklopedisi.org.tr
  3. Figen Atabey, TÜBA — Bayezid (Ağrı) pendant la guerre d’indépendance tuba.gov.tr
  4. Wikipédia — Province d’Ağrı en.wikipedia.org
  5. Portail de la culture — Tertre d’Anzavurtepe kulturportali.gov.tr
  6. Portail de la culture — Forteresse de Balıkgölü et canal de Ferhat kulturportali.gov.tr
  7. Gouvernorat d’Ağrı — Palais d’Ishak Pacha agri.gov.tr
  8. Centre du patrimoine mondial de l’UNESCO — Palais d’Ishak Pacha whc.unesco.org
  9. Portail de la culture — Mosquée du Vieux Beyazıt kulturportali.gov.tr
  10. Portail de la culture — Grottes de Meya kulturportali.gov.tr
  11. Hikmet Tanyu, TDV Encyclopédie de l’islam — Mont Ararat islamansiklopedisi.org.tr
  12. Klaus Geus, Edizioni Ca’ Foscari — Le voyage de Parrot au mont Ararat : quelques observations edizionicafoscari.unive.it
  13. Administration du district de Doğubayazıt — Mont Ararat dogubayazit.gov.tr
  14. Xavier de Planhol, Encyclopaedia Iranica — Ararat iranicaonline.org

FAQ

D’où vient le nom Ağrı ?

La ville tire son nom actuel du mont Ararat. Parmi les explications du nom turc de la montagne figurent un rapprochement avec le vieux turc, au sens de « haut », et une autre hypothèse fondée sur l’arabe, au sens de « magnifique ».

Comment s’appelait Ağrı auparavant ?

La ville a aussi porté les noms de Karakilise et de Karaköse. Kâzım Karabekir a proposé de remplacer Karakilise par Karaköse le 9 novembre 1919. Cette proposition a été acceptée.

Quand Ağrı est-elle devenue chef-lieu de province ?

Le transfert du chef-lieu de Bayezid à Karaköse a été approuvé le 24 novembre 1926. Il a eu lieu en 1927.

Quand le nom de Karaköse a-t-il été remplacé par Ağrı ?

Les sources divergent. L’étude de Figen Atabey publiée par la TÜBA indique 1935, tandis que la notice de Yusuf Halaçoğlu dans la TDV İslâm Ansiklopedisi donne 1938.

Image: Ağrı Dağı (Güney-Batı Yüzü).jpg — Bya~trwiki, CC BY-SA 4.0

Partager

Une erreur dans cet article ? Signalez-la →

Cet article a été préparé avec l'aide de l'intelligence artificielle. Chaque information a été comparée aux sources et aucune phrase sans source n'a été publiée. Si vous voyez une erreur, écrivez-nous. Notre politique en matière de sources · Écrivez-nous →

Articles connexes