D’où vient le nom de Çankırı ?
L’histoire de Çankırı et l’origine de son nom commencent avec Gangres (Gangra), l’ancien château situé sur la colline de Karatekin. Ce site fortifié a constitué le premier noyau de la ville actuelle. Le nom moderne conserve donc un lien avec le centre antique de la cité. Si vous commencez par le château, vous comprendrez plus facilement le rapport entre le nom de la ville et son emplacement.
Le nom apparaît sous plusieurs formes au fil de l’histoire. Les sources arabes appellent la ville Hancere. Aux époques seldjoukide et ottomane, elle porte les noms de Kengırı ou de Kângırı. Toutes ces appellations désignent la même ville. Elles relient l’antique Gangra au nom de Çankırı employé aujourd’hui.
La direction provinciale de la Culture et du Tourisme présente Ératosthène comme la plus ancienne source écrite mentionnant Gangra. Il vivait au IIIe siècle av. J.-C. Cette mention atteste donc le nom antique bien avant les formes seldjoukides et ottomanes. Elle fournit aussi un repère écrit précis dans l’histoire du nom.
L’explication qui rattache Çankırı aux mots çan et kırık relève, selon cette direction, de l’étymologie populaire. L’explication historique fait remonter le nom à Gangra. Wikipédia en turc associe le passage de Kângırı à Çankırı à une motion des beys Talât, Rifat et Yusuf Ziya. Celle-ci a été lue en séance plénière du Parlement le 11 avril 1925.
Quels liens unissent Çankırı au monde antique ?
Le vase d’İnandık témoigne de la période hittite ancienne dans les environs de Çankırı. Il a été découvert lors de fouilles menées en 1966–1967 près du village d’İnandık. Il est exposé au musée des Civilisations anatoliennes, à Ankara. Son lieu de découverte et son lieu de conservation sont donc distincts : le vase a été trouvé dans la région de Çankırı, mais il est présenté à Ankara.
Gangra a ensuite appartenu à la Paphlagonie (Paflagonya). Après la mort de son dernier roi, Déiotaros Philadelphe (Deiotaros Philadelphos), en 6 ou 5 av. J.-C., la Paphlagonie a été intégrée à l’Empire romain. Gangra est passée sous domination romaine dans le cadre de ce changement régional. Les deux dates proposées concernent la mort du roi et la transition qui a suivi.
Au nord de la ville, le château conserve des vestiges matériels de l’occupation antique. On y trouve notamment une tombe rupestre romaine et des vestiges d’habitat. Le tombeau de l’émir Karatekin Bey s’y trouve également. En considérant ces éléments ensemble, vous découvrirez un château qui dépasse son rôle dans l’origine du nom de la ville. Il conserve des traces de plusieurs périodes du passé de Çankırı.
Quel rôle le château et Taş Mescit ont-ils joué dans le Çankırı médiéval ?
En juillet 1101, des forces croisées commandées par Raymond ont attaqué Çankırı. Elles n’ont pas réussi à prendre le château et ont pillé ses environs. La distinction est essentielle. L’attaque a touché les abords de la place forte, mais la forteresse elle-même a résisté.
L’histoire médiévale de Çankırı comprend aussi des établissements de soins et des édifices religieux. L’atabey Cemaleddin Ferruh a commandé un hôpital en 1235, sous le règne d’Alâeddin Keykubat I. La partie hospitalière n’a pas été conservée. Sa construction reste néanmoins un chantier précisément daté de la période seldjoukide de la ville.
En 1242–1243, Cemaleddin Ferruh a ajouté un darülhadis devant l’hôpital. Cette partie abrite un espace de prière et son tombeau. Elle est connue localement sous le nom de Taş Mescit. L’édifice conservé et l’hôpital antérieur relèvent de projets liés, mais leurs dates de construction diffèrent.
La mosquée İmaret fournit un autre repère médiéval. Son inscription indique que Candaroğlu Kasım Bey en a commandé la construction en 1397. Kasım Bey et son épouse, Sultan Hatun, sont enterrés dans son cimetière. L’inscription et les sépultures relient ainsi un commanditaire nommé à l’édifice et à ses abords immédiats.
Que reste-t-il du Çankırı ottoman ?
Les services du gouverneur situent la construction de la Grande Mosquée (Büyük Cami), également appelée mosquée du sultan Soliman, entre 1522–1558. Sadık Kalfa l’a bâtie sur ordre du sultan Soliman. Sa salle principale carrée est couverte d’une coupole centrale complète et de quatre demi-coupoles. Trois autres coupoles reposent sur quatre colonnes dans le portique d’entrée.
Dans le centre-ville, la mosquée Ali Bey offre un repère plus tardif. Son inscription porte la date de 1609. Son minaret associe un fût en brique à une base en pierre de taille. Vous pouvez observer ces deux matériaux pour découvrir le bâtiment au-delà de sa date et de son nom.
Mustafa Hazım Efendi a commandé la médersa Buğday Pazarı Hazımiye à la fin du XVIIIe siècle. Le bâtiment a ensuite servi d’entrepôt pour la laine et les matériaux de construction. Son histoire comprend donc sa fonction institutionnelle d’origine et ses usages pratiques ultérieurs.
Les maisons traditionnelles de Çankırı font entrer cette histoire dans la vie quotidienne. Elles comptent généralement deux niveaux. Le niveau inférieur, où se déroulaient les activités quotidiennes, était aménagé pour l’hiver. Le niveau supérieur, qui offrait des vues sur les environs, était davantage utilisé en été. Si vous changez de pièce selon la saison chez vous, cette répartition vous permettra de comprendre leur organisation.
Le lavoir historique offre un autre aperçu du quotidien. Selon le récit du ministère de l’Éducation nationale, Abdülhamid II en a commandé la construction en 1885 sous le nom de lavoir Tatlı Su. La municipalité de Çankırı l’a restauré en 2006. Il est devenu un musée en 2016, donnant ainsi une nouvelle fonction au bâtiment après sa restauration.
Des détails que vous ne trouverez pas dans les guides
Dans le récit de la période romaine donné par la direction provinciale du tourisme, Gangra et Germanicopolis ne désignent pas exactement le même espace. Gangra correspond au château. Germanicopolis désigne la nouvelle ville qui se développe en contrebas. Cette distinction vous aide à différencier la colline fortifiée de l’agglomération située à ses pieds.
Les registres ottomans de 1521 décrivent le château à travers son personnel. Ils mentionnent un dizdar, un kethüda et 50 gardes. Ces mentions donnent une dimension humaine à la forteresse. À côté du récit de l’attaque repoussée en 1101, elles révèlent une autre facette de son histoire : un groupe de personnes dont l’affectation au château est consignée dans les archives.
Deux œuvres sculptées dans la pierre et associées à Taş Mescit se trouvent aujourd’hui dans des lieux différents. La représentation de deux serpents entrelacés demeure sur le bâtiment. Celle d’un serpent enroulé autour d’une coupe se trouve au musée de Çankırı. Il faut donc distinguer leur lien commun avec Taş Mescit de leur emplacement actuel.
La façade sur rue de la médersa Buğday Pazarı mérite elle aussi votre attention. Quatre colonnes en bois soutiennent une avancée de l’étage de 80 centimètres. Cette façade comportait autrefois des boutiques. Ce détail relie la structure supérieure du bâtiment à l’usage commercial de l’espace donnant sur la rue.
Quel lien Çankırı entretient-elle avec la guerre d’indépendance ?
Pendant la guerre d’indépendance, Çankırı a été un centre important pour l’acheminement des personnes et du ravitaillement d’Istanbul à Ankara en passant par İnebolu. Son rôle était lié aux déplacements le long d’un itinéraire de ravitaillement. L’histoire de la ville pendant la guerre dépasse ainsi les seuls bâtiments : elle concerne aussi les liaisons entre plusieurs lieux.
Le parc national historique d’İstiklal Yolu couvre 235.70 hectares sur les territoires de Çankırı et de Kastamonu. Il a été créé par la décision présidentielle n° 302, datée du 1 novembre 2018. Cette décision a été publiée le 2 novembre 2018. Le parc associe l’importance historique de l’itinéraire à une aire protégée officiellement désignée.
La tour de l’Horloge historique, appelée localement Çan Saati, est un autre monument restauré. Haute de 15 mètres, elle porte des cadrans sur les quatre faces de sa partie supérieure. Selon la municipalité de Çankırı, la restauration a remis l’horloge en état de marche en 2021.
Chronologie
- Période hittite ancienne : période à laquelle appartient le vase d’İnandık.
- IIIe siècle av. J.-C. : Ératosthène mentionne Gangra.
- 6 ou 5 av. J.-C. : la Paphlagonie passe sous domination romaine après la mort de Déiotaros Philadelphe.
- Juillet 1101 : les forces croisées échouent à prendre le château de Çankırı.
- 1235 : Cemaleddin Ferruh commande la construction de l’hôpital.
- 1242–1243 : ajout du darülhadis connu sous le nom de Taş Mescit.
- 1397 : date de construction indiquée par l’inscription de la mosquée İmaret.
- 1521 : les registres du château mentionnent deux responsables et 50 gardes.
- 1522–1558 : construction de la mosquée du sultan Soliman.
- 1609 : date figurant sur l’inscription de la mosquée Ali Bey.
- Fin du XVIIIe siècle : commande de la médersa Buğday Pazarı Hazımiye.
- 1885 : commande du lavoir Tatlı Su.
- Guerre d’indépendance : Çankırı participe au ravitaillement sur l’itinéraire İnebolu–Ankara.
- 11 avril 1925 : lecture au Parlement de la motion concernant le nom de Çankırı.
- 1966–1967 : découverte du vase d’İnandık lors de fouilles.
- 2006 : restauration du lavoir historique.
- 2016 : le lavoir devient un musée.
- 2 novembre 2018 : publication de la décision concernant le parc national.
- 2021 : la restauration remet Çan Saati en état de marche.
FAQ
D’où vient le nom de Çankırı ?
Il vient de l’antique Gangra, associée au château de la colline de Karatekin. Les formes ultérieures comprennent Hancere, Kengırı et Kângırı.
Çankırı signifie-t-il « cloche brisée » ?
La direction provinciale du tourisme considère l’explication fondée sur çan et kırık comme une étymologie populaire. Son explication historique fait remonter le nom à Gangra.
Qu’est-ce que Taş Mescit ?
C’est le darülhadis conservé, ajouté par Cemaleddin Ferruh en 1242–1243. Il abrite un espace de prière et son tombeau.
Quel a été le rôle de Çankırı pendant la guerre ?
Pendant la guerre d’indépendance, la ville a contribué à l’acheminement des personnes et du ravitaillement d’Istanbul à Ankara en passant par İnebolu.
Sources
- Encyclopédie de l’islam de la TDV — Çankırı islamansiklopedisi.org.tr
- Direction provinciale de la Culture et du Tourisme de Çankırı — Histoire cankiri.ktb.gov.tr
- Wikipédia en turc — Çankırı tr.wikipedia.org
- Municipalité de Çankırı — Brochure d’information sur Çankırı cankiri.bel.tr
- Ministère de la Culture et du Tourisme, DÖSİMM — Çankırı dosim.ktb.gov.tr
- Municipalité de Çankırı — Taş Mescit cankiri.bel.tr
- Services du gouverneur de Çankırı — Taş Mescit cankiri.gov.tr
- Services du gouverneur de Çankırı — Mosquées historiques cankiri.gov.tr
- Municipalité de Çankırı — Architecture traditionnelle cankiri.bel.tr
- Municipalité de Çankırı — Médersa Buğday Pazarı Hazımiye cankiri.bel.tr
- Portail de la culture — Médersa Buğday Pazarı kulturportali.gov.tr
- Ministère de l’Éducation nationale — Lavoir historique okuldisiogrenme.eba.gov.tr
- Municipalité de Çankırı — Tour de l’Horloge historique cankiri.bel.tr
- Direction générale de la protection de la nature et des parcs nationaux — Parc national historique d’İstiklal Yolu ekotaban.tarimorman.gov.tr
FAQ
D’où vient le nom de Çankırı ?
Çankırı vient de Gangra, le nom associé à l’ancien château de la colline de Karatekin. Parmi les formes historiques figurent Hancere dans les sources arabes, puis Kengırı ou Kângırı aux époques seldjoukide et ottomane.
Çankırı signifie-t-il « cloche brisée » ?
La direction provinciale de la Culture et du Tourisme classe l’explication fondée sur çan et kırık parmi les étymologies populaires. L’explication historique fait remonter le nom à l’antique Gangra.
Qu’est-ce que Taş Mescit ?
Taş Mescit est la partie conservée du darülhadis que Cemaleddin Ferruh a ajouté en 1242–1243 devant son hôpital antérieur. Elle abrite un espace de prière et son tombeau.
Quel rôle Çankırı a-t-elle joué pendant la guerre d’indépendance ?
Çankırı a été un centre important pour l’acheminement des personnes et du ravitaillement d’Istanbul à Ankara en passant par İnebolu.
Image: Esentepe, 18100 Çankırı Merkez-Çankırı, Turkey – panoramio.jpg — esentepeli emirhan, CC BY 3.0






