Hermès (Hermes) était le dieu des messagers, des voyageurs et du commerce parce que ses fonctions reliaient la communication, les déplacements et le franchissement des limites. Dans la religion grecque antique, il était le messager des dieux et protégeait les messagers humains, les voyageurs et les marchands. Les hermès placés le long des routes et aux entrées rendaient sa protection visible. Son rôle de guide des âmes l’étendait au passage entre la vie et la mort.
Un pilier rectangulaire devant une porte peut sembler bien éloigné d’un dieu chaussé de sandales ailées. Tous deux appartenaient pourtant à l’univers religieux d’Hermès. Si vous suivez ses bornes, son bâton de messager et son identité romaine sous le nom de Mercure (Merkür), vous comprendrez comment ses fonctions, apparemment distinctes, s’articulaient. Un hermès en marbre provenant de Pergame (Bergama) relie aussi directement cette histoire aux musées archéologiques d’Istanbul (İstanbul).
Pourquoi Hermès était-il associé aux voyages, au commerce et aux limites ?
Les fonctions d’Hermès réunissaient ceux qui portaient des messages, ceux qui voyageaient et ceux qui transportaient des marchandises. Toutes ces activités avaient en commun le passage. L’Oxford Classical Dictionary décrit les fonctions du dieu romain comparable, Mercurius, à travers la circulation des biens, des personnes et des paroles. Cette approche aide à comprendre les liens entre les rôles familiers d’Hermès.
Pensez à une livraison ordinaire : des marchandises circulent, une personne les transporte et un message vous annonce leur arrivée. Cette comparaison moderne illustre les activités liées entre elles que protégeait Hermès. La religion grecque antique plaçait les messagers humains, les voyageurs et les marchands sous la protection du même dieu.
Les limites donnaient à ces liens une réalité matérielle. Selon l’Oxford Classical Dictionary, les hermès se sont développés à partir de tas de pierres qui servaient de repères sur les routes et aux limites des territoires. Plus tard, des piliers portant la tête d’Hermès se dressaient aux carrefours et aux portes. Sa protection concernait donc le trajet, mais aussi les endroits où l’on entrait, sortait ou franchissait une limite.
Son rôle de guide dépassait aussi les voyages ordinaires. En tant que psychopompe, Hermès conduisait les âmes des morts dans l’au-delà. Cette fonction étendait son association avec les passages à la frontière entre la vie et la mort. Le protecteur des voyageurs et le guide des âmes étaient une seule et même divinité.
Hermès protégeait aussi les voleurs. Cette fonction s’ajoute à son patronage des marchands et des messagers, même si elle rend le personnage moins rassurant. Dans la mythologie, il vola les bovins d’Apollon (Apollon) et fabriqua une lyre avec une carapace de tortue. Ses récits mêlaient ainsi le rôle de guide, le vol et l’invention.
Gregory Nagy souligne un lien particulier entre le récit du vol des bovins et la fonction de guide d’Hermès. Aux vers 303 et 392 de l’Hymne homérique à Hermès, il s’agit de montrer le chemin vers les bovins cachés d’Apollon. Le dieu qui aidait à trouver son chemin était ici également responsable de la disparition des animaux.
Où dressait-on les hermès et à quoi servaient-ils ?
À partir du VIe siècle av. J.-C., les Grecs dressèrent des hermès portant la tête d’Hermès aux carrefours et aux seuils. Leur emplacement plaçait le dieu dans les lieux de passage. Un croisement de routes et l’entrée d’une maison constituaient des cadres différents. Tous deux étaient cependant des endroits où l’on passait d’un espace à un autre.
Les hermès avaient une forme caractéristique : un pilier rectangulaire portant une tête et des organes génitaux masculins. Aux entrées, aux points de passage et aux limites, ils servaient à écarter le danger. Leur anatomie faisait partie d’un objet protecteur. Elle doit être comprise dans le cadre de cette fonction religieuse.
Ces piliers étaient aussi des objets de rites et de culte. On croyait que les hermès des carrefours et des seuils assuraient une protection magique. La notice de l’université d’Édimbourg ajoute que ceux placés aux coins des rues et devant les maisons étaient censés apporter chance et prospérité à la cité et à ses habitants.
La destruction des hermès d’Athènes (Atina) en 415 av. J.-C. montre l’importance accordée à leur caractère sacré. Des dégradations de grande ampleur eurent lieu alors qu’Athènes préparait l’expédition de Sicile (Sicilya). L’attaque fut considérée comme un grave sacrilège. Il s’agissait d’objets religieux dont la mutilation avait des conséquences qui dépassaient les dégâts causés au mobilier des rues.
Leur apparence et leurs usages se diversifièrent ensuite. À l’époque hellénistique, les hermès commencèrent à porter les têtes d’autres dieux et de personnages célèbres. Ils remplissaient aussi une fonction décorative, en plus de leur fonction religieuse. Si vous rencontrez un pilier de ce type, sa forme seule ne permet donc pas d’affirmer que sa tête représente Hermès.
Quelle différence entre le caducée d’Hermès et le bâton d’Asclépios ?
Le bâton de messager d’Hermès porte le nom de kérykéion. On le connaît aussi sous le nom de caducée. Il porte deux serpents entrelacés. Les représentations antiques lui ajoutent souvent des ailes. Le Metropolitan Museum of Art présente le bâton de messager et les sandales ailées comme des attributs distinctifs d’Hermès.
Asclépios (Asklepios), le dieu guérisseur, porte un autre bâton. Un seul serpent s’enroule autour de son bâton épais. La différence la plus nette tient donc au nombre de serpents : deux pour Hermès, un pour Asclépios. Des ailes accompagnent fréquemment la version d’Hermès, mais les deux serpents constituent le critère de comparaison direct.
Lorsque vous examinez une image antique, comptez les serpents avant de prendre le bâton pour un emblème de la guérison. Le caducée à deux serpents appartient à l’identité d’Hermès comme messager. Le bâton à un seul serpent appartient à Asclépios. Leur ressemblance peut masquer une différence entre les dieux représentés.
Quel lien unissait Hermès au dieu romain Mercure ?
Dans la religion romaine, Hermès était assimilé à Mercurius, couramment appelé Mercure, le dieu du commerce. Une bourse s’est ajoutée à ses attributs. Cette assimilation romaine rendait son lien avec le commerce particulièrement visible, grâce à un objet associé à l’argent.
Selon la tradition antique, le temple officiel de Mercure à Rome (Roma) fut fondé en 495 av. J.-C., sur le versant sud-ouest de l’Aventin (Aventinus). L’anniversaire de sa fondation était célébré le 15 mai. Ces précisions inscrivent son culte dans un cadre romain et un calendrier religieux bien définis.
Le culte de Mercure entretenait des liens étroits avec les boutiquiers et les transporteurs, surtout ceux qui acheminaient des céréales. Sa fonction commerciale concernait donc à la fois la vente et le transport des marchandises. La description de l’Oxford Classical Dictionary, fondée sur la circulation des biens, des personnes et des paroles, aide à relier ces éléments romains aux fonctions plus larges d’Hermès.
La bourse et le bâton de messager soulignent différents aspects de cette divinité assimilée. La bourse renvoie au commerce ; le bâton désigne le messager. Avec la protection des voyageurs, ces attributs réunissent le commerce, la communication et le déplacement dans une même figure religieuse.
Chronologie
- VIe siècle av. J.-C. : des hermès portant la tête d’Hermès sont placés aux carrefours et aux seuils.
- 495 av. J.-C. : selon la tradition antique, le temple officiel de Mercure est fondé à Rome.
- 415 av. J.-C. : les hermès d’Athènes subissent des dégradations de grande ampleur pendant les préparatifs de l’expédition de Sicile.
- Époque hellénistique : les hermès commencent aussi à porter les têtes d’autres dieux et de personnages célèbres.
- 27 av. J.-C.–68 apr. J.-C. : réalisation du relief romain en marbre représentant Hermès, aujourd’hui conservé au Metropolitan Museum of Art.
Des détails que vous ne trouverez pas dans les guides
Le nom d’Hermès Propylaios rend explicite son lien avec les entrées. Propylaios signifie « devant la porte ». Ce titre situe précisément un dieu dont les fonctions pourraient autrement sembler abstraites : Hermès se tenait devant une entrée, où sa protection concernait un véritable point de passage.
Une copie romaine d’Hermès Propylaios provenant de Pergame est conservée aux musées archéologiques d’Istanbul. L’université d’Édimbourg la décrit comme un hermès en marbre de 1,19 mètre de haut. Si vous voyagez en Turquie (Türkiye), cet objet offre un lien concret entre la protection des entrées par Hermès et une collection de musée à Istanbul.
Le relief en marbre d’Hermès du Metropolitan Museum, numéro d’inventaire 1991.11.8, mesure 67,9 sur 59,7 centimètres. Le dieu y porte un court manteau de voyage. Ce vêtement ajoute un signe de déplacement aux sandales ailées et au bâton de messager qui permettent de l’identifier.
Bien que ce relief date de 27 av. J.-C.–68 apr. J.-C., ses boucles de cheveux en spirale et les plis rigides de son vêtement imitent délibérément l’art grec du VIe siècle av. J.-C. C’est un style archaïsant. Vous regardez donc une œuvre romaine qui reprend volontairement l’apparence de sculptures grecques bien antérieures.
Même le lien entre le nom d’Hermès et les tas de pierres fait débat. Une explication fait dériver son nom de herma, qui signifie un tas de pierres. Le linguiste R. S. P. Beekes a rejeté cette étymologie et défendu une origine prégrecque. Il faut donc distinguer le lien attesté entre les hermès et les repères routiers de l’origine contestée du nom du dieu.
Les origines mythologiques d’Hermès étaient plus personnelles. Fils de Zeus (Zeus) et de Maïa (Maia), il naquit dans une grotte sacrée du mont Cyllène (Killini Dağı), dans le Péloponnèse (Mora). Son épithète Kyllenios le rattachait à cette montagne. Le dieu des routes et des passages avait donc aussi, dans le mythe, un lieu de naissance nommé.
FAQ
Hermès était-il seulement un messager ?
Non. Hermès était le messager des dieux et protégeait les messagers humains, les voyageurs, les marchands et les voleurs. En tant que psychopompe, il guidait aussi les âmes des morts dans l’au-delà.
Les hermès étaient-ils de simples bornes routières ?
Les hermès se sont développés à partir de tas de pierres servant de repères sur les routes et aux limites des territoires. Ils avaient aussi des fonctions sacrées. Ils faisaient l’objet de rites et étaient censés protéger les passages, les entrées et les communautés.
Hermès porte-t-il le bâton à un seul serpent ?
Non. Le caducée d’Hermès porte deux serpents entrelacés et est souvent ailé. Le bâton épais à un seul serpent appartient à Asclépios, le dieu guérisseur.
Qu’est-ce qui reliait Mercure au commerce ?
Mercure était le dieu romain du commerce, assimilé à Hermès. Ses attributs comprenaient une bourse. Son culte était étroitement associé aux boutiquiers et aux transporteurs, en particulier à ceux qui acheminaient des céréales.
Sources
- Wikipédia — Hermès en.wikipedia.org
- Vikipedi — Hermès tr.wikipedia.org
- Wikipédia — Mont Cyllène en.wikipedia.org
- The Metropolitan Museum of Art — Dieux grecs et pratiques religieuses metmuseum.org
- Oxford Classical Dictionary — Mercurius academic.oup.com
- Oxford Classical Dictionary — Hermès, les piliers academic.oup.com
- J. Paul Getty Museum — Hermès de Dionysos artsandculture.google.com
- Getty — Pourquoi les phallus grecs antiques sont-ils drôles ? getty.edu
- Université d’Édimbourg — Hermès Propylaios collections.shca.ed.ac.uk
- Bibliothèque nationale de médecine des États-Unis — Asclépios, Hermès et le caducée nlm.nih.gov
- Froman et Skandalakis — Un serpent ou deux : les symboles de la médecine pubmed.ncbi.nlm.nih.gov
- Encyclopaedia Iranica — HERMÈS iranicaonline.org
- Centre d’études helléniques de Harvard — Quelques commentaires sur le chant 17 de l’Odyssée classical-inquiries.chs.harvard.edu
- The Metropolitan Museum of Art — Relief en marbre représentant Hermès metmuseum.org
FAQ
Pourquoi Hermès était-il associé aux voyages, au commerce et aux limites ?
Hermès protégeait les messagers, les voyageurs et les marchands. Les hermès jalonnaient les routes, les entrées et les limites. Son rôle de psychopompe étendait cette fonction de guide aux âmes qui passaient dans l’au-delà.
Où dressait-on les hermès ?
Les hermès se trouvaient aux carrefours, aux portes, aux coins des rues, devant les maisons et aux limites des territoires. On les considérait comme des objets sacrés capables d’écarter le danger et d’apporter chance et prospérité.
Quelle différence entre le caducée d’Hermès et le bâton d’Asclépios ?
Le caducée d’Hermès porte deux serpents entrelacés et est souvent représenté avec des ailes. Asclépios, le dieu guérisseur, porte un bâton épais autour duquel s’enroule un seul serpent.
Quel lien unissait Hermès et Mercure ?
Dans la religion romaine, Hermès était assimilé à Mercurius, ou Mercure, le dieu du commerce. Une bourse s’est ajoutée à ses attributs. Le culte de Mercure entretenait des liens étroits avec les boutiquiers et les transporteurs, surtout ceux qui acheminaient des céréales.
Image: Exterior view of the illuminated facade of Maison Hermès, Ginza, Tokyo, Japan.jpg — Basile Morin, CC BY-SA 4.0






