Le plan de partage de la Palestine (Filistin) a été adopté par l’Assemblée générale des Nations unies le 29 novembre 1947, sous la forme de la résolution 181 (II). Il proposait des États arabe et juif indépendants, liés par une union économique, avec une administration internationale pour Jérusalem (Kudüs). La plupart des organisations juives l’ont accepté. Les Arabes palestiniens et les États arabes l’ont rejeté. Une guerre civile, puis une guerre entre États, ont empêché son application comme prévu.
Pourquoi un plan prévoyant deux États comprenait-il aussi un dispositif monétaire commun, une enclave arabe et un statut distinct pour Jérusalem ? Ces dispositions montrent que la proposition de l’ONU dépassait le découpage territorial. En suivant les travaux du comité, la carte et les événements jusqu’en 1949, vous pouvez distinguer le règlement prévu par la résolution des lignes de contrôle issues de la guerre.
Pourquoi l’ONU a-t-elle proposé le partage de la Palestine en 1947 ?
Le Royaume-Uni (Birleşik Krallık) a demandé à l’ONU de recommander une solution pour l’avenir de la Palestine. Le 15 mai 1947, l’ONU a créé le Comité spécial des Nations unies sur la Palestine, connu sous le sigle UNSCOP. Il réunissait des représentants de 11 pays. Sa mission soumettait l’avenir de la Palestine à une instance internationale, alors que le territoire restait sous mandat britannique.
L’UNSCOP n’est pas parvenu à une position unanime. Son rapport, daté du 3 septembre 1947, indiquait que sept membres soutenaient un partage assorti d’une union économique. L’Inde (Hindistan), l’Iran et la Yougoslavie (Yugoslavya) privilégiaient une solution fédérale. L’Australie (Avustralya) s’est abstenue. Le partage constituait donc la proposition majoritaire du comité, mais une autre organisation constitutionnelle avait aussi ses partisans.
Les organisations juives ont coopéré avec l’UNSCOP. Le Haut Comité arabe a refusé d’y participer. Il reprochait à l’enquête de ne pas traiter la question de l’indépendance et de ne pas dissocier celle des réfugiés juifs en Europe (Avrupa) de l’avenir de la Palestine. Ces objections portaient sur le cadre même de l’enquête, avant le vote de l’Assemblée générale sur le partage.
Quel était l’objectif principal du plan de partage de l’ONU ?
Le principal objectif du plan était de remplacer le mandat britannique par des États arabe et juif indépendants. Une union économique devait les relier. Jérusalem devait relever d’une administration internationale spéciale, sans appartenir à l’un ou l’autre État. La proposition associait donc séparation politique, dispositifs économiques communs et régime distinct pour la ville.
Le calendrier était précis. Les forces armées britanniques devaient se retirer au plus tard le 1er août 1948. Les États arabe et juif, ainsi que le régime spécial de Jérusalem, devaient voir le jour deux mois après l’évacuation. Leur établissement devait intervenir au plus tard le 1er octobre 1948.
Les États proposés devaient également respecter des garanties pour leurs populations. Le plan interdisait toute discrimination fondée sur la race, la religion, la langue ou le sexe. Il garantissait aux minorités un enseignement dans leurs propres langues. Ces dispositions faisaient partie du règlement proposé, au même titre que les frontières, l’indépendance et la coopération économique.
Que décidait exactement la résolution 181 de l’ONU ?
L’Assemblée générale a adopté la résolution 181 (II) le 29 novembre 1947. Le résultat était de 33 voix pour, 13 contre et 10 abstentions. Un membre n’a pas participé au vote. Le texte recommandait au Royaume-Uni et aux autres membres de l’ONU l’adoption et l’application du plan de partage.
La portée juridique de la résolution était contestée. Selon Oxford Bibliographies, le Secrétariat de l’ONU, l’Union soviétique (Sovyetler Birliği) et l’Agence juive la considéraient comme contraignante. Les États arabes s’y opposaient. Ils la jugeaient contraire au droit des Arabes palestiniens à l’autodétermination par la création d’un État unique. Il s’agissait de positions juridiques concurrentes sur une même résolution.
L’accueil du plan variait aussi parmi les communautés concernées. Selon les Archives nationales des États-Unis (Amerika Birleşik Devletleri), la plupart des organisations juives l’ont accepté. Les Arabes palestiniens ont rejeté le partage. Ils le considéraient comme favorable aux Juifs et injuste envers la population arabe qui resterait dans l’État juif proposé. Le vote de l’Assemblée générale n’a pas réglé ce désaccord.
Comment lire la carte du plan de partage de la Palestine ?
Commencez par les trois ensembles territoriaux proposés : l’État juif, l’État arabe et la zone internationale de Jérusalem. Le calcul des superficies présenté par Wikipédia en anglais attribue 15 264 kilomètres carrés à l’État juif, 11 592 à l’État arabe et 176 à la zone de Jérusalem. Ces chiffres décrivent la proposition, et non le résultat territorial de la guerre.
L’État juif proposé comprenait la Galilée orientale (Celile), la plaine côtière s’étendant depuis la région de Haïfa (Hayfa) et la majeure partie du désert du Néguev (Necef Çölü). L’État arabe proposé comprenait des parties de la Galilée centrale et occidentale, les régions de collines de Samarie (Samiriye) et de Judée (Yahudiye), ainsi que le littoral sud comprenant Gaza (Gazze).
Lorsque vous examinez la partie côtière, prêtez une attention particulière à Jaffa (Yafa). La ville devait former une enclave appartenant à l’État arabe, à l’intérieur du territoire côtier de l’État juif. Sa position montre pourquoi la lecture de la carte ne se limite pas à repérer deux grands blocs de couleur.
Jérusalem et le secteur environnant de Bethléem (Beytüllahim) devaient constituer un corpus separatum, c’est-à-dire un territoire international distinct. Le Conseil de tutelle de l’ONU devait l’administrer. Selon le plan, cette zone ne serait attribuée à aucun des deux États proposés. Son statut constituait un élément à part entière du règlement, aux côtés des deux États et de leur union économique.
Des détails que vous ne trouverez pas dans les guides
Si vous visitez la Turquie (Türkiye), le relevé du vote offre un lien direct avec ce pays : la Turquie a voté contre la résolution 181. Les États-Unis et l’Union soviétique ont voté pour. Le Royaume-Uni, puissance mandataire, s’est abstenu. Ces positions permettent de distinguer le vote de la puissance administrante de ceux des autres États ayant pris part à la décision.
Les dispositions économiques touchaient à la vie quotidienne. Si vous achetez un billet de train, postez une lettre ou changez de l’argent, vous utilisez des services couverts par l’union proposée. Le plan prévoyait une union douanière et un système monétaire commun fondé sur un taux de change unique. Les chemins de fer, les services postaux, les ports et les aéroports devaient fonctionner dans l’intérêt commun.
Le dispositif international prévu pour Jérusalem comprenait un réexamen après les dix premières années. Les habitants devaient exprimer leur avis sur d’éventuelles modifications par référendum. La proposition prévoyait donc une procédure pour réexaminer le régime de la ville, en plus des dispositions destinées à le mettre en place.
La résolution 181 a conservé un rôle après que la guerre a empêché son application comme prévu. Dans le protocole de Lausanne (Lozan) du 12 mai 1949, Israël (İsrail), l’Égypte (Mısır), la Jordanie (Ürdün), le Liban (Lübnan) et la Syrie (Suriye) l’ont acceptée comme base de discussion des questions territoriales. Cet usage ultérieur concernait les négociations sur les territoires. Il ne signifiait pas que le plan initial avait été appliqué.
Quel a été le résultat du plan de partage de l’ONU ?
La décision de novembre a été suivie de la guerre civile de 1947–1948 entre communautés arabes et juives en Palestine mandataire. La transition prévue vers deux États et une Jérusalem internationale n’a pas respecté le calendrier de la résolution. La guerre a empêché l’application du règlement comme prévu.
Le 14 mai 1948, David Ben Gourion (David Ben-Gurion) a proclamé la création de l’État d’Israël. Le président américain Harry Truman a reconnu le nouvel État le jour même. Le 15 mai, l’intervention militaire des États arabes a fait entrer le conflit dans une phase interétatique. Ces événements distinguent les combats à l’intérieur de la Palestine mandataire de la guerre entre États qui a suivi.
Les armistices de 1949 ont établi des lignes de contrôle différentes de celles de la carte du partage. Israël contrôlait certaines zones attribuées à l’État arabe proposé. Gaza restait sous contrôle égyptien, tandis que la Cisjordanie (Batı Şeria) restait sous contrôle jordanien. Lire la carte de 1947 comme une représentation du règlement d’après-guerre revient donc à confondre une proposition avec un résultat ultérieur.
Les conséquences humaines ont été considérables. Le bilan historique du HCR indique qu’environ 750 000 Palestiniens ont été expulsés ou contraints de fuir les zones contrôlées par les forces juives, pendant les combats ayant précédé et suivi la création d’Israël. Les déplacements de population doivent être pris en compte avec les décisions diplomatiques et les changements territoriaux pour expliquer cette étape du conflit israélo-arabe.
Chronologie
- 15 mai 1947 : L’ONU crée l’UNSCOP pour étudier l’avenir de la Palestine.
- 3 septembre 1947 : Le rapport de l’UNSCOP présente une majorité favorable au partage et une minorité favorable à une solution fédérale.
- 29 novembre 1947 : L’Assemblée générale adopte la résolution 181 (II).
- 1947–1948 : Les affrontements entre communautés arabes et juives se transforment en guerre civile.
- 14 mai 1948 : David Ben Gourion proclame la création d’Israël.
- 15 mai 1948 : Les États arabes interviennent militairement, faisant entrer le conflit dans une phase interétatique.
- 1949 : Les accords d’armistice établissent des lignes de contrôle différentes de celles de la carte du partage.
- 12 mai 1949 : Le protocole de Lausanne accepte la résolution 181 comme base des négociations territoriales.
Où trouver le PDF du plan de partage et vérifier les affirmations sur Reddit ?
La page documentaire de l’ONU consacrée à la résolution 181 (II) propose un lien de téléchargement nommé ARES181.pdf. Le texte vous permet d’examiner ensemble le calendrier proposé, l’union économique et les dispositions internationales pour Jérusalem.
Si vous tombez sur une discussion Reddit demandant si l’ONU a partagé la Palestine, comparez sa formulation avec la recommandation de la résolution d’adopter et d’appliquer le plan. Comparez ensuite la carte proposée avec la situation de 1949. La recommandation, son interprétation juridique contestée et son application incomplète sont des questions distinctes, étayées par différentes parties de cette histoire.
FAQ
Quel était l’objectif principal du plan de partage de l’ONU ?
Il visait à établir des États arabe et juif indépendants après le mandat britannique. Ils seraient liés par une union économique, tandis que Jérusalem relèverait d’une administration internationale spéciale.
Quel a été le résultat du vote sur le partage à l’ONU ?
La résolution 181 (II) a été adoptée le 29 novembre 1947. Elle a recueilli 33 voix pour, 13 contre et 10 abstentions. Un membre n’a pas participé au vote.
La carte du partage est-elle devenue le règlement territorial définitif ?
Non. La guerre a empêché l’application du plan comme prévu. Au moment des armistices de 1949, Israël contrôlait certains territoires attribués à l’État arabe proposé, tandis que l’Égypte contrôlait Gaza et la Jordanie la Cisjordanie.
Où trouver le PDF du plan de partage de l’ONU ?
La page documentaire de l’ONU consacrée à la résolution 181 (II) renvoie vers ARES181.pdf. Ce fichier donne accès à la résolution proposant le partage avec une union économique et un régime international pour Jérusalem.
Sources
- Nations unies — Résolution 181 (II) de l’Assemblée générale un.org
- Wikipédia — Comité spécial des Nations unies sur la Palestine en.wikipedia.org
- Wikipédia — Plan de partage de la Palestine des Nations unies en.wikipedia.org
- Oxford Bibliographies — Le plan de partage de la Palestine de l’ONU et le droit international academic.oup.com
- Archives nationales des États-Unis — 50e anniversaire de l’État d’Israël archives.gov
- Département d’État des États-Unis, Bureau de l’historien — La guerre israélo-arabe de 1948 history.state.gov
- Département d’État des États-Unis, Bureau de l’historien — Création d’Israël, 1948 history.state.gov
- HCR — Les Réfugiés dans le monde 2000, chapitre 1 unhcr.org
FAQ
Quel était l’objectif principal du plan de partage de l’ONU ?
Il visait à établir des États arabe et juif indépendants après le mandat britannique, liés par une union économique, avec une administration internationale spéciale pour Jérusalem.
Quel a été le résultat du vote sur le partage à l’ONU ?
La résolution 181 (II) a été adoptée le 29 novembre 1947 par 33 voix pour, 13 contre et 10 abstentions. Un membre n’a pas participé au vote.
La carte du partage de 1947 est-elle devenue le règlement territorial définitif ?
Non. La guerre a empêché l’application du plan comme prévu. Les armistices de 1949 ont laissé des lignes de contrôle différentes des frontières proposées.
Où trouver le PDF du plan de partage de l’ONU ?
La page documentaire de l’ONU consacrée à la résolution 181 (II) propose un lien de téléchargement vers un PDF nommé ARES181.pdf.
Image: UN Palestine Partition Versions 1947.jpg — Zero0000A/RES/181(II), Public domain






