Le sceau de Puduhepa figurait à côté de celui de son mari, Hattusili III, sur la version hittite du traité de Qadesh. Conclu avec Ramsès II, cet accord inscrit directement la grande reine hittite dans les témoignages conservés de la diplomatie royale. Son rôle apparaît aussi dans des lettres consacrées à un mariage, à des cadeaux et à la dot d’une princesse.
Si vous découvrez Puduhepa en préparant un voyage en Turquie, suivez trois types de témoignages : les textes, les sceaux et un relief rupestre. Ils relient une prêtresse du sud de l’Anatolie à la capitale hittite, Hattousa, à la cour égyptienne et à une décision de justice conservée à Ougarit (Ugarit).
Qui était Puduhepa, la reine hittite ?
Puduhepa vécut au XIIIe siècle av. J.-C. Elle était originaire de Lawazantiya, dans le pays de Kizzuwatna, au sud de l’Anatolie. Son père, Pentipsharri, y exerçait comme prêtre. Avant de devenir reine, elle était prêtresse de la déesse hourrite Shaushka, assimilée à Ishtar.
Elle épousa Hattusili avant qu’il ne s’empare du trône hittite au détriment de son neveu, Mursili III. Cet ordre des événements compte. Puduhepa entra dans la maison de Hattusili avant qu’il ne devienne roi. Elle accéda au rang de grande reine après son avènement. Dans la capitale royale, Hattousa, elle prit part aux affaires religieuses et diplomatiques.
Le récit de Hattusili lui-même donne au mariage une explication sacrée. Son texte de justification royale, connu sous le nom d’Apologie, attribue cette union à la volonté de la déesse. Lisez cette affirmation comme un élément du récit que le roi fait de sa propre vie : le texte présente son mariage comme le résultat d’une intervention divine.
Que signifie le nom de Puduhepa ?
L’hittitologue Ada Taggar Cohen interprète le nom hourrite de Puduhepa comme « Hebat lui a donné naissance ». Cette lecture rattache le nom de la reine à une déesse. Elle correspond aussi à un parcours dont les débuts documentés se situent dans une famille de prêtres et dont les activités ultérieures comprennent des prières et des textes religieux.
La traduction complète reste une interprétation. Une étude publiée dans la revue de sciences sociales de l’université Kafkas relie l’élément hepa du nom à Hepat, mais considère comme inconnu le sens de la racine verbale pudu. Ces lectures étayent donc toutes deux la présence d’un élément divin dans le nom. La traduction proposée par Cohen doit toutefois rester attribuée à cette chercheuse.
Le sceau de Puduhepa et le traité de Qadesh
Le traité de Qadesh lia Hattusili III et Ramsès II par un accord diplomatique. Sur sa version hittite, le sceau de Puduhepa figurait avec celui du roi. Lorsque vous lisez qu’elle a « scellé le traité », voici le fondement concret de cette formule : son sceau faisait partie du document royal.
Le texte diplomatique était rédigé en akkadien cunéiforme sur des tablettes d’argent. Ces originaux en argent sont perdus. Des copies sur tablettes d’argile, découvertes à Hattousa, en ont conservé le texte. L’accord nous est ainsi parvenu sur un autre matériau. Le texte du traité et son support d’origine en argent ont donc connu des destins différents en matière de conservation.
Une description du sceau de Puduhepa apposé au traité subsiste dans la traduction égyptienne antique de la version hittite. Elle offre un autre témoignage de la présence de la reine sur le document. Les copies d’argile conservent l’accord, tandis que le texte égyptien conserve des informations sur le sceau associé à sa version hittite.
Ces distinctions vous aident à comprendre les témoignages conservés. Une copie du traité sur argile, une description écrite de ses sceaux et une autre empreinte appartenant à Puduhepa répondent chacune à une question différente. Ensemble, elles attestent sa participation sans que les tablettes d’argent originales aient besoin d’avoir survécu.
Les lettres à Ramsès II et à Néfertari
Puduhepa correspondit directement avec Ramsès II au sujet du mariage d’une princesse hittite et de la dot qui devait l’accompagner en Égypte. Ces échanges placent la reine au cœur des aspects pratiques des relations entre les cours. Ils portent à la fois sur l’organisation du mariage et sur les biens envoyés avec la mariée.
La fille qui épousa Ramsès II apparaît dans les sources égyptiennes sous le nom de Maâthornéferourê. La correspondance de Puduhepa sur ce mariage relie ses responsabilités diplomatiques à sa famille. Ce mariage royal était aussi une affaire discutée directement entre la reine hittite et le roi égyptien.
Néfertari, l’épouse de Ramsès II, écrivit elle aussi à Puduhepa. Sa lettre d’amitié, rédigée en akkadien, est conservée parmi les tablettes de Boğazköy. Elle ajoute une seconde personne de la famille royale égyptienne aux correspondants connus de Puduhepa et témoigne d’un échange entre les deux reines.
Les cadeaux de Néfertari offrent un lien avec la vie quotidienne : des vêtements et des parures en or. Choisir un vêtement ou une parure à offrir est un geste familier, même si cet échange se déroulait entre des cours royales. La lettre inscrit ces objets dans la relation documentée entre Néfertari et Puduhepa.
Puduhepa et sa « sœur » : que signifie la lettre royale ?
Néfertari s’adressait à Puduhepa en l’appelant « ma sœur ». Dans cette correspondance, la fraternité était une manière de s’adresser à une autre reine. La lettre témoigne d’une amitié et de cadeaux. Sa formulation ne prouve pas que les deux femmes appartenaient à la même famille biologique.
Si vous cherchez des informations sur « Puduhepa et ses sœurs », cet échange royal fournit un lien historique. Les deux femmes concernées sont Puduhepa et Néfertari. Le témoignage conservé est une lettre en akkadien. Garder ce contexte à l’esprit évite de transformer une formule diplomatique en lien de parenté inventé.
Des fonctions religieuses et une charge à vie
L’activité religieuse de Puduhepa se poursuivit après ses années comme prêtresse. Dans une prière, elle présenta la déesse solaire d’Arinna et Hepat comme une seule déesse, connue sous des noms différents selon les pays. La prière rapprochait explicitement ces identités divines.
Sa fonction se poursuivit aussi après la mort de Hattusili III. Puduhepa resta tawananna sous le règne de son fils, Tudhaliya IV. Cette charge hittite étant exercée à vie, la mort de son mari n’y mit pas fin. Sa carrière s’étendit donc sur les règnes de son époux et de son fils.
Les détails que vous ne trouverez pas dans les guides
La description égyptienne du sceau du traité mentionne une déesse qui enlace Puduhepa. Ce petit détail associe au sceau une scène religieuse et une identité royale. Il nous est parvenu par une description textuelle de la version hittite du traité.
Une autre empreinte de sceau appartenant à Puduhepa fut découverte à Tarsus Gözlükule en 1936. Elle fait partie de la collection du musée d’Adana. Cette découverte fournit une trace matérielle de l’usage de son sceau, distincte de la description associée au traité de Qadesh.
Son sceau figure aussi sur le document RS 17.133 d’Ougarit. Cette décision imposait à un marin hittite nommé Shukku de verser une indemnité pour les dommages causés à un autre navire. Le document atteste ainsi la présence de Puduhepa dans un litige précis, au-delà des mariages royaux et des accords entre souverains.
Puduhepa chargea également le chef des scribes Walwaziti de retrouver à Hattousa des tablettes du Kizzuwatna. Ce travail comprenait des textes destinés à la fête de Hišuwa. Cette mission relie ses origines dans le sud de l’Anatolie à la collecte et à l’utilisation d’écrits religieux dans la capitale hittite.
Où suivre les traces de Puduhepa en Turquie ?
Les ruines de Hattousa se trouvent près de Boğazkale, dans la province de Çorum. Puduhepa y vécut comme grande reine. Des copies du traité de Qadesh sur argile y furent découvertes. Si vous visitez le site, le lien est à la fois personnel et documentaire : c’était sa résidence royale et un lieu où le texte du traité a été conservé.
Le relief rupestre de Fıraktin offre un autre cadre. Situé près de Gümüşören, dans le district de Develi, à Kayseri, il représente Puduhepa et Hattusili III faisant des libations à des divinités. Le relief conserve l’image de la reine dans un acte de culte. Il complète les responsabilités religieuses attestées par ses prières et son travail sur les textes.
Chronologie
- XIIIe siècle av. J.-C. : Puduhepa vécut durant ce siècle ; elle était originaire de Lawazantiya, au Kizzuwatna.
- Avant que Hattusili ne s’empare du trône : Hattusili épousa Puduhepa.
- XIIIe siècle av. J.-C. : elle devint grande reine après que Hattusili eut écarté Mursili III du trône.
- Traité de Qadesh : la version hittite portait son sceau aux côtés de celui de Hattusili III.
- Après la mort de Hattusili III : elle conserva la charge de tawananna sous Tudhaliya IV.
- 1936 : les fouilles de Tarsus Gözlükule mirent au jour une empreinte de sceau lui appartenant.
FAQ
Qui était Puduhepa ?
C’était une prêtresse originaire de Lawazantiya qui épousa Hattusili III et devint la grande reine hittite. Elle vécut au XIIIe siècle av. J.-C.
Puduhepa a-t-elle scellé le traité de Qadesh ?
Oui. Son sceau accompagnait celui de Hattusili III sur la version hittite de l’accord conclu avec Ramsès II.
Où retrouver les traces de Puduhepa en Turquie ?
Ses traces historiques relient Hattousa, près de Boğazkale, le relief de Fıraktin, près de Gümüşören, et la collection du musée d’Adana. Cette dernière conserve l’empreinte découverte à Tarsus Gözlükule.
Néfertari était-elle la sœur de Puduhepa ?
Néfertari appelait Puduhepa sa sœur dans une lettre diplomatique. Cette formule royale ne prouve aucun lien de parenté biologique.
Sources
- Vikipedi — Puduhepa tr.wikipedia.org
- Université du Texas à Austin — L’Apologie de Hattusili III lrc.la.utexas.edu
- Wikipedia — Puduḫepa en.wikipedia.org
- Ada Taggar Cohen, The New Historia — La reine Puduḫepa thenewhistoria.org
- Wikipedia — Hattousa en.wikipedia.org
- Direction générale du patrimoine culturel et des musées — Le traité de Qadesh artsandculture.google.com
- Dalia Mohamed Elsayed Mohamed — Le sceau manquant de la reine Puduḫepa journals.ekb.eg
- Fatma İslam — Brève évaluation des relations entre les deux États après le traité de paix hittito-égyptien dergipark.org.tr
- UNESCO, Mémoire du monde — Lettre d’amitié de Naptera (Néfertari) à Puduhepa en akkadien artsandculture.google.com
- Kurtuluş Kıymet — Recherche sur les objets à inscriptions cunéiformes et hiéroglyphiques produits en Anatolie au IIe millénaire av. J.-C dergipark.org.tr
- Portail culturel de la Turquie — Relief rupestre de Fraktin beta.kulturportali.gov.tr
- Revue de sciences sociales de l’université Kafkas — Étude sur les déesses hittites dergipark.org.tr
FAQ
Qui était Puduhepa ?
Puduhepa était une prêtresse originaire de Lawazantiya, au Kizzuwatna. Elle épousa Hattusili III et devint la grande reine hittite au XIIIe siècle av. J.-C.
Puduhepa a-t-elle scellé le traité de Qadesh ?
Oui. Son sceau figurait aux côtés de celui de Hattusili III sur la version hittite du traité conclu avec Ramsès II, vers 1259 av. J.-C.
Où retrouver les traces de Puduhepa en Turquie ?
Plusieurs lieux lui sont liés : Hattousa, près de Boğazkale, dans la province de Çorum ; le relief rupestre de Fıraktin, près de Gümüşören, dans le district de Develi, à Kayseri ; et la collection du musée d’Adana, qui conserve une empreinte de sceau découverte à Tarsus Gözlükule.
Néfertari était-elle la sœur de Puduhepa ?
Néfertari s’adressait à Puduhepa en l’appelant sa sœur dans leur correspondance diplomatique. Cette formule appartient aux échanges entre les deux reines et ne prouve aucun lien de parenté biologique.
Image: Ancient Luwian Cultural Center, Seal of Puduhepa.jpg — Gökhan Can Wikipedia, CC BY-SA 2.0






