Racines des villes

Histoire de Siirt et origine de son nom : le guide

Plusieurs hypothèses expliquent l’origine du nom de Siirt, dont les graphies historiques conservent différentes formes de l’identité de la ville. Başur Höyük, la Grande Mosquée, les maisons traditionnelles en cas et le tombeau de Tillo témoignent de différentes périodes de l’histoire de la ville et de ses environs.

10 min de lecture9 sourcesPublié le: 2 novembre 2026Dernière vérification: 2 novembre 2026
La rédaction de Köküne Kadar TVNotre politique en matière de sources
Histoire de Siirt et origine de son nom : le guide
Siirt Ulu Camii 1543.jpg

Que signifie le nom de Siirt ?

L’histoire de Siirt et l’origine de son nom font intervenir plusieurs explications. L’une rattache ce nom au mot chaldéen Keert ou Kaa’rat, qui signifie « ville ». La Direction provinciale de la culture et du tourisme de Siirt présente ce rapprochement comme une hypothèse étymologique. Elle mentionne aussi des explications faisant référence à « trois lieux » et au mot turc sırt.

Si vous rencontrez plusieurs explications du nom de Siirt, ces différentes pistes vous aident à comprendre pourquoi. Le rapprochement avec le chaldéen figure parmi plusieurs propositions recensées par la même institution. Chaque explication doit être présentée comme une hypothèse, sans devenir une traduction établie du nom actuel.

Les graphies historiques apportent des éléments plus tangibles à cette discussion. La Direction provinciale relève la forme syriaque Se’erd. Elle cite aussi Sert, Seerd, Sört et Sairt parmi les formes employées au XIXe siècle. Les registres fiscaux ottomans contiennent Siird et İs‘ird. Ces formes attestées du nom de la ville se distinguent des explications de sa signification.

Pour vous, cette distinction compte. Une graphie comme Siird, dans un registre ottoman, montre comment le nom apparaît dans une source précise. Le rapprochement proposé avec Keert ou Kaa’rat répond à une autre question : d’où vient ce nom ? Il faut donc examiner séparément les graphies attestées et les hypothèses sur son origine.

À quand remonte le peuplement des environs de Siirt ?

Başur Höyük témoigne d’un passé bien plus ancien dans les environs. Le site se trouve à l’ouest de Siirt, dans le hameau de Bakır, rattaché au village d’Aktaş. Selon l’évaluation du responsable des fouilles, les traces d’occupation y remontent au VIIe millénaire avant notre ère. Cette datation concerne le tell situé près de Siirt.

La zone d’habitat mesure environ 250 sur 150 mètres. Les dépôts archéologiques accumulés atteignent environ 15 mètres de hauteur. Ces mesures décrivent à la fois l’étendue du site et l’épaisseur des matériaux laissés par son occupation. Elles vous donnent une idée concrète du contexte archéologique auquel se rapportent ces dates anciennes.

La nécropole fournit un autre repère chronologique. Le Muséum d’histoire naturelle date les sépultures étudiées à Başur Höyük de 3100–2800 avant notre ère. Ces tombes appartiennent à une période postérieure aux plus anciennes traces d’occupation signalées sur le tell. Distinguer ces dates permet de respecter la succession des occupations et des inhumations.

La recherche moderne a aussi sa propre histoire. L’article de Wikipédia en turc rattache les prospections menées à Siirt en 1963 au Projet conjoint de recherches préhistoriques en Anatolie du Sud-Est, conduit par Halet Çambel et R. J. Braidwood. Ces prospections font partie de l’histoire de l’étude des vestiges préhistoriques de la région.

Comment Siirt est-elle passée des pouvoirs médiévaux aux Ottomans ?

Siirt est entrée dans le territoire islamique en 639, lors des conquêtes d’İyâz b. Ganm. Un autre changement est intervenu en 1085. Fahrüddevle İbn Cehîr a pris la ville aux Marwanides et fait prononcer le prêche du vendredi au nom des Grands Seldjoukides. Le récit rapporte ainsi la prise de pouvoir et sa proclamation publique.

En 1231, les forces mongoles ont dévasté Siirt alors qu’elles poursuivaient Celâleddin Hârizmşah. Cette destruction se situe entre la prise de la ville pour les Seldjoukides en 1085 et l’agrandissement attesté de la Grande Mosquée en 1260. Ces dates inscrivent les violences politiques et les travaux de construction dans une même chronologie médiévale.

Siirt a intégré le territoire ottoman au cours du processus qui a suivi la victoire de Sélim Ier (Yavuz Sultan Selim) à Tchaldiran en 1514. Des documents ottomans ultérieurs conservent le nom de la ville sous les formes Siird ou İs‘ird. La chronologie politique et les graphies du nom se rejoignent ainsi dans l’histoire documentaire de Siirt à l’époque ottomane.

Un changement administratif est survenu en 1884 : Siirt est passée de la province de Diyarbekir à celle de Bitlis. Le recensement de 1927 a dénombré 14 830 habitants dans le centre urbain. Ce chiffre concerne précisément la ville, une distinction utile lorsque vous la comparez à l’ensemble de la province.

Que vous apprennent les dates de la Grande Mosquée de Siirt ?

Les dates de la Grande Mosquée (Ulu Cami) demandent une lecture attentive. La notice architecturale détaillée de la Direction provinciale présente 1129 comme la date d’une réparation réalisée par Mugīsüddin Mahmûd. Il s’agit donc d’une date de réparation attestée. La présenter comme la date de construction de la mosquée modifierait le contenu de cette notice.

En 1260, Mücâhid İshak a réparé et agrandi la mosquée. Une madrasa a été ajoutée à côté, transformant le site en ensemble religieux. L’histoire de la mosquée comprend donc plusieurs campagnes de travaux. La réparation de 1129 et l’agrandissement de 1260 correspondent à deux interventions distinctes.

L’édifice présente aussi un rapport saisissant avec le terrain environnant. Il se trouve en moyenne à 3,5 mètres sous le niveau du sol voisin. Un large escalier au nord descend dans sa cour. Si vous visitez les lieux, cette descente vous permet de relier une expérience physique directe à l’histoire architecturale de la mosquée.

Le minaret a connu une autre intervention majeure en 1974–1975. Il penchait vers l’est et a été démonté, puis reconstruit. Son histoire comprend ainsi une reconstruction moderne, en plus des réparations médiévales attestées pour la mosquée.

Pourquoi le tombeau de Tillo et son dispositif lumineux sont-ils remarquables ?

À Tillo, İbrahim Hakkı a fait construire au XVIIIe siècle le tombeau de son maître İsmail Fakirullah, après la mort de celui-ci. Le monument inscrit une relation personnelle dans le patrimoine des environs de Siirt : celle d’un élève faisant édifier un tombeau pour son maître.

Le tombeau et son dispositif lumineux ont été proposés pour inscription sur la Liste indicative du patrimoine mondial de l’UNESCO le 13 avril 2015. C’est le statut précis associé à cette proposition. Le texte de l’UNESCO indique aussi qu’une restauration incorrecte, en 1963, a fait perdre au tombeau une partie de son authenticité.

Le dossier décrit un effet lumineux qui se produit à des moments précis dans le monument. Les matins du 21 mars et du 23 septembre, le dispositif dirige la lumière du soleil vers la tête du cénotaphe d’İsmail Fakirullah pendant environ six minutes. Les dates du calendrier et cette brève durée font toutes deux partie du fonctionnement décrit.

Quelle place le paysage environnant occupe-t-il dans l’histoire de Siirt ?

Le parc national de la vallée du Botan (Botan Vadisi Milli Parkı) s’étend sur le district central de Siirt, Tillo et Eruh. Il a obtenu le statut de parc national en 2019. Le Portail de la culture recense des vestiges historiques dans ce paysage, dont des églises dans les villages de Yerlibahçe, Kayaboğaz, Kalender et Koçlu. Il mentionne aussi le monastère Mor Yakup dans le secteur de Deyr.

La grotte de Taşbaşı témoigne également de l’usage de ce paysage comme lieu d’habitation. Située à environ quatre kilomètres au sud-est de Siirt, elle domine le cours d’eau du Botan d’environ 350 mètres. La grotte a servi d’habitat. Sa position et son usage attesté relient la vallée au besoin concret de se loger.

Chronologie

  • VIIe millénaire avant notre ère : les traces d’occupation de Başur Höyük remontent à cette période.
  • 3100–2800 avant notre ère : les sépultures étudiées dans la nécropole de Başur Höyük datent de cet intervalle.
  • 639 : Siirt entre dans le territoire islamique.
  • 1085 : Fahrüddevle İbn Cehîr prend Siirt pour les Grands Seldjoukides.
  • 1129 : la Grande Mosquée fait l’objet d’une réparation attestée.
  • 1231 : les forces mongoles dévastent Siirt.
  • 1260 : la Grande Mosquée est réparée et agrandie ; une madrasa est ajoutée.
  • Après 1514 : Siirt intègre le territoire ottoman.
  • XVIIIe siècle : İbrahim Hakkı fait construire le tombeau d’İsmail Fakirullah à Tillo.
  • 1884 : Siirt est rattachée à la province de Bitlis.
  • 1927 : la population du centre urbain est recensée à 14 830 habitants.
  • 1963 : des prospections préhistoriques sont menées à Siirt.
  • 1974–1975 : le minaret incliné de la Grande Mosquée est démonté et reconstruit.
  • 2015 : le tombeau de Tillo et son dispositif lumineux sont proposés pour inscription sur la Liste indicative de l’UNESCO.
  • 2019 : la vallée du Botan devient un parc national.

Des détails que vous ne trouverez pas dans les guides

Les maisons traditionnelles de Siirt offrent un lien quotidien avec le passé. Construites dans un matériau à base de gypse appelé cas, elles présentent un toit plat à l’extérieur et des voûtes en coupole à l’intérieur. Imaginez que vous regardiez votre propre maison depuis la rue, puis que vous leviez les yeux vers son plafond. Dans ces maisons, l’extérieur et l’intérieur révèlent des formes de couverture différentes.

Le minbar en noyer de la Grande Mosquée conserve des renseignements particulièrement précis. Exposé au musée ethnographique d’Ankara, il porte la date de 1214–1215. Il porte aussi les noms de huit artistes et de l’administrateur. L’objet associe ainsi une date aux noms de ceux qui ont contribué à sa réalisation.

À Başur Höyük, les restes étudiés dans trois tombes comprenaient au moins onze individus. Leurs âges allaient de onze ans au début de l’âge adulte. Ce détail donne une dimension humaine à la chronologie de la nécropole, tout en rattachant les observations aux tombes précises qui ont été étudiées.

À Taşbaşı, une petite fenêtre entre deux grottes permet de passer de l’une à l’autre par l’intérieur. Avec l’usage attesté des grottes comme habitat, cette ouverture montre concrètement comment les espaces communiquent.

FAQ

Que signifie le nom de Siirt ?

Une hypothèse le rattache au chaldéen Keert ou Kaa’rat, qui signifie « ville ». La Direction provinciale mentionne aussi des explications faisant référence à « trois lieux » et au mot turc sırt.

À quand remontent les vestiges archéologiques autour de Siirt ?

Selon l’évaluation du responsable des fouilles, les traces d’occupation de Başur Höyük remontent au VIIe millénaire avant notre ère. Les sépultures étudiées dans la nécropole datent de 3100–2800 avant notre ère.

La Grande Mosquée a-t-elle été construite en 1129 ?

La notice détaillée de la Direction provinciale présente 1129 comme la date d’une réparation réalisée par Mugīsüddin Mahmûd. Elle mentionne une autre réparation et un agrandissement en 1260.

Que se passe-t-il au tombeau d’İsmail Fakirullah ?

Le dossier soumis à l’UNESCO décrit la lumière du soleil atteignant la tête du cénotaphe pendant environ six minutes, les matins du 21 mars et du 23 septembre.

Sources

  1. Direction provinciale de la culture et du tourisme de Siirt — Historique siirt.ktb.gov.tr
  2. Encyclopédie de l’islam de la TDV — Siirt islamansiklopedisi.org.tr
  3. Wikipédia en turc — Siirt tr.wikipedia.org
  4. Université de l’Égée — Sur les traces du passé grâce aux fouilles de l’université de l’Égée egekitap.ege.edu.tr
  5. Muséum d’histoire naturelle — De nouvelles preuves de sacrifices d’enfants dans l’Antiquité découvertes en Turquie nhm.ac.uk
  6. Direction provinciale de la culture et du tourisme de Siirt — La Grande Mosquée historique siirt.ktb.gov.tr
  7. Centre du patrimoine mondial de l’UNESCO — Tombeau d’Ismail Fakirullah et son mécanisme de réfraction de la lumière whc.unesco.org
  8. Portail de la culture — Parc national de la vallée du Botan kulturportali.gov.tr
  9. Direction provinciale de la culture et du tourisme de Siirt — TaşBaşı DelikliTaş siirt.ktb.gov.tr

FAQ

Que signifie le nom de Siirt ?

Une hypothèse rattache Siirt au chaldéen Keert ou Kaa’rat, qui signifie « ville ». La Direction provinciale de la culture et du tourisme mentionne aussi des explications faisant référence à « trois lieux » et au mot turc sırt.

À quand remontent les vestiges archéologiques autour de Siirt ?

Selon l’évaluation du responsable des fouilles, Başur Höyük, à l’ouest de Siirt, présente des traces d’occupation remontant au VIIe millénaire avant notre ère. Les sépultures étudiées dans sa nécropole datent de 3100–2800 avant notre ère.

La Grande Mosquée de Siirt a-t-elle été construite en 1129 ?

La notice détaillée de la Direction provinciale de la culture et du tourisme présente 1129 comme la date d’une réparation réalisée par Mugīsüddin Mahmûd. Elle mentionne une nouvelle réparation et un agrandissement par Mücâhid İshak en 1260.

Que se passe-t-il au tombeau d’İsmail Fakirullah à Tillo ?

Selon le dossier soumis à l’UNESCO, un dispositif dirige la lumière du soleil vers la tête du cénotaphe d’İsmail Fakirullah pendant environ six minutes, les matins du 21 mars et du 23 septembre.

Image: Siirt Ulu Camii 1543.jpg — Dosseman, CC BY-SA 4.0

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