Histoire d’Isparta : la ville et sa région
Isparta se trouve dans la région des Lacs, dans le sud-ouest de la Turquie. Sa province est limitrophe d’Afyonkarahisar au nord-ouest, de Burdur au sud-ouest, d’Antalya au sud et de Konya à l’est. Pour découvrir l’histoire d’Isparta, vous devez tenir compte de cette échelle géographique. Le centre-ville, Eğirdir et Yalvaç apportent chacun leurs bâtiments et leurs sites archéologiques à l’histoire de la province.
Les plus anciens vestiges évoqués ici se situent à l’écart des rues historiques de la ville. Des recherches menées en 1944 dans la grotte de Kapıini, sur la plaine de Bozanönü, ont révélé des vestiges du Paléolithique supérieur. Près de Gümüşgün, à Keçiborlu, des chercheurs ont aussi découvert de petits outils en silex du Mésolithique, appelés microlithes. Ces découvertes attestent une activité préhistorique dans les environs.
Dans le centre-ville, les témoignages historiques comprennent des mosquées, un marché couvert et des maisons traditionnelles. Un registre daté de 1522 recensait 17 quartiers et 437 foyers. Ces chiffres donnent un aperçu précis d’Isparta à l’époque ottomane. Ils complètent ce que nous apprennent les bâtiments conservés ou reconstruits par la suite.
Quelle est l’origine du nom Isparta ?
L’origine du nom Isparta reste controversée. Une explication présentée par le gouvernorat de la province le rattache à Barida. Selon cette interprétation, le mot grec eis aurait été ajouté à Barida pour former Eis Barida. Cette expression aurait ensuite évolué progressivement vers Isparta.
La direction provinciale de la Culture et du Tourisme présente une autre analyse. Elle cite l’identification, proposée par Louis Robert en 1948, de l’antique Baris avec Fari, près de Keçiborlu-Kılıç. Le même texte fait intervenir les formes Sporda et Saparta dans l’explication du nom Isparta. Le rapprochement avec Barida constitue donc une hypothèse parmi plusieurs interprétations concurrentes.
Les graphies historiques apportent des preuves plus solides sur la manière dont les auteurs nommaient la ville. Selon la TDV İslâm Ansiklopedisi, Ibn Battûta utilisait Seberte ou Sabarta. L’historien ottoman Neşrî écrivait İsparda. Si vous rencontrez ces formes dans vos lectures sur Isparta, elles appartiennent à l’histoire documentée de son nom. À elles seules, elles ne permettent pas d’en établir l’étymologie.
Isparta en Turquie : des dates médiévales controversées
Un récit de conquête daté de 1204 chez Ibn Bîbî est largement associé à Isparta. Son interprétation fait débat. Certains chercheurs estiment que le passage concerne Patara. Osman Turan y voyait le récit de la reconquête d’Isparta. Cette date ne peut donc figurer dans la chronologie de la ville qu’en précisant ce désaccord.
Le passage sous domination ottomane donne lui aussi lieu à plusieurs explications. Un récit compte Isparta parmi les villes achetées aux Hamidoğulları. Feridun Emecen conteste cette version. Selon lui, Isparta serait probablement passée sous administration ottomane après la mort de Hüseyin Bey en 1391. Il s’agit d’une proposition de datation, sans date exacte de transfert.
Un document de 1429 mentionne une mosquée à l’emplacement de la mosquée Kutlubey. L’édifice qui y fut construit ultérieurement a été détruit par le séisme de 1914. La mosquée actuelle a été bâtie en 1922. Son histoire associe donc un lieu de culte attesté par un document, un bâtiment postérieur et un édifice de remplacement dont la date de construction est connue.
Isparta à l’époque ottomane : mosquées, marchés et vie quotidienne
La mosquée Firdevs Bey se dresse près d’Üzüm Pazarı, le marché aux raisins. Firdevs Pacha, gouverneur d’Isparta, en a commandé la construction en 1561. Elle présente un plan carré et une seule coupole. Son bedesten, ou marché couvert, a également été construit en 1561. Bâti en pierre locale kövke, il devait procurer des revenus à la mosquée.
Le lien entre commerce et financement religieux apparaît particulièrement bien dans l’ancien marché aux raisins. Entre la mosquée et le bedesten se trouvaient 16 boutiques à deux niveaux, construites en pierre kövke. Elles avaient elles aussi été créées pour rapporter des revenus à la mosquée. Imaginez une rue commerçante du quotidien : vous comprendrez concrètement comment des locaux commerciaux pouvaient financer un édifice religieux.
D’autres mosquées ajoutent leurs propres dates à l’histoire architecturale de la ville. Abdi Ağa d’Isparta a commandé la construction de la mosquée İplikçi, également appelée mosquée Hacı Abdi, en 1569. La mosquée Kavaklı, aussi connue sous le nom de mosquée Peygamber, a été bâtie dans le centre-ville en 1782–1783. Ces autres noms vous aideront à suivre les descriptions des monuments d’Isparta.
Les bains font également partie de la ville historique. Dalboyunoğlu Hacı Mehmet Ağa a commandé la construction du hammam Dalboyunoğlu entre 1689 et 1693. Le centre-ville abrite aussi des édifices religieux orthodoxes. Aya Baniya est datée d’environ 1750. Aya Ishotya, également appelée Yorgi, a été construite entre 1857 et 1860.
Isparta est restée un chef-lieu de province après la proclamation de la République en 1923. Son histoire architecturale comprend aussi des interventions de conservation plus récentes. La direction régionale des fondations a restauré le bedesten Firdevs Bey en 2009. Cette restauration ajoute une date moderne à l’histoire d’un bâtiment dont la construction avait été commandée en 1561.
Une demeure historique dans la province d’Isparta : Eskiciler Konağı
Eskiciler Konağı est une demeure historique située à Eğirdir, dans la province d’Isparta. C’est un bâtiment classé au deuxième degré. Après quatre ans de restauration, elle a rouvert en 2020. Si vous recherchez une demeure historique à Isparta, sa localisation à Eğirdir est le point géographique essentiel à retenir.
L’architecture domestique traditionnelle est aussi représentée dans le centre d’Isparta. Des exemples de ces maisons, généralement à deux niveaux, se trouvent dans les quartiers de Kepeci, Çelebiler, Doğancı, Dere, Karaağaç et Yayla. Vous pouvez ainsi distinguer la demeure d’Eskiciler Konağı, à Eğirdir, de l’ensemble plus vaste des maisons traditionnelles du chef-lieu provincial.
Au-delà du centre : Yalvaç, Eğirdir et Kapıkaya
Près de Yalvaç, les sources écrites attribuent la fondation d’Antioche de Pisidie (Pisidia Antiokheia) à la dynastie séleucide, au début du IIIe siècle av. J.-C. Les fouilles sont dirigées par Mehmet Özhanlı depuis 2008. Ce site archéologique prolonge l’histoire de la province vers une époque bien antérieure aux quartiers ottomans documentés de la ville d’Isparta.
À Eğirdir, l’inscription de l’iwan principal de la médersa Dündar Bey date sa construction de 1301–1302. Elle indique que l’édifice a été élevé sur l’ordre de Hamidoğlu Dündar Bey. Cette inscription fournit une date précise de construction pour ce monument de l’histoire médiévale de la province.
Kapıkaya offre un autre type de site historique. À cinq kilomètres du village de Güneyce, il comprend un espace de rassemblement en forme de fer à cheval, doté de cinq rangées de gradins. Cet aménagement constitue un élément architectural concret à observer lorsque vous comparez les vestiges archéologiques de la province avec ses mosquées, ses marchés et ses maisons.
Chronologie
- Paléolithique supérieur : période représentée par les découvertes de la grotte de Kapıini.
- Début du IIIe siècle av. J.-C. : les sources écrites attribuent la fondation d’Antioche de Pisidie à la dynastie séleucide.
- 1204 : le récit de conquête controversé d’Ibn Bîbî est associé à Isparta.
- 1301–1302 : date de construction inscrite dans l’iwan principal de la médersa Dündar Bey.
- Après 1391 : période proposée par Feridun Emecen pour le passage probable d’Isparta sous domination ottomane.
- 1429 : un acte de fondation pieuse mentionne une mosquée sur le site de Kutlubey.
- 1522 : un registre recense 17 quartiers et 437 foyers à Isparta.
- 1561 : la construction de la mosquée Firdevs Bey et de son bedesten destiné à lui procurer des revenus est commandée.
- 1569 : la construction de la mosquée İplikçi est commandée.
- 1689–1693 : la construction du hammam Dalboyunoğlu est commandée.
- 1782–1783 : la mosquée Kavaklı est construite.
- 1814 : un grand incendie ravage le bazar d’Isparta ; le bedesten survit.
- 1914 et 1922 : le séisme détruit la mosquée Kutlubey construite ultérieurement sur le site ; l’édifice actuel lui succède en 1922.
- 1923 : Isparta conserve son statut de chef-lieu de province sous la République.
- 2020 : Eskiciler Konağı rouvre après sa restauration.
Des détails que vous ne trouverez pas dans les guides
Lors de l’incendie du bazar en 1814, le bedesten a été le seul bâtiment du marché incendié à survivre. Ce détail lui donne une autre place dans l’histoire d’Isparta, au-delà de sa fonction initiale de financement de la mosquée. Il rattache cet ensemble commercial à un épisode précis de destruction.
La mosquée Firdevs Bey ne possède pas d’inscription de construction, mais elle dispose d’un acte de fondation pieuse daté de 1565. Son attribution à Sinan repose sur sa présence dans des textes d’architecture tels que Tezkiretü’l-Bünyan. La date de construction, l’acte de fondation et l’attribution architecturale constituent des éléments distincts de son histoire documentée.
La médersa Dündar Bey contient des chapiteaux byzantins remployés. Trois portent, à leurs angles, des aigles aux ailes déployées. Ces détails sculptés intègrent des éléments architecturaux byzantins dans un bâtiment dont l’inscription de l’iwan principal situe la construction sous Dündar Bey en 1301–1302.
FAQ
D’où vient le nom Isparta ?
Son origine est incertaine. Parmi les explications proposées figure une évolution à partir d’Eis Barida. Une autre analyse examine Sporda et Saparta. Les formes Seberte ou Sabarta chez Ibn Battûta, ainsi qu’İsparda chez Neşrî, attestent des graphies historiques du nom.
Quand Isparta est-elle devenue ottomane ?
La datation est controversée. Feridun Emecen estime que l’administration ottomane a probablement commencé après la mort de Hüseyin Bey en 1391. Il conteste le récit qui compte Isparta parmi les villes achetées aux Hamidoğulları.
Eskiciler Konağı se trouve-t-elle dans le centre d’Isparta ?
Eskiciler Konağı se trouve à Eğirdir, dans la province d’Isparta. Cette demeure historique classée au deuxième degré a rouvert en 2020 après quatre ans de restauration.
Quels bâtiments illustrent l’histoire du centre d’Isparta ?
La mosquée et le bedesten Firdevs Bey, les mosquées Kutlubey, İplikçi et Kavaklı, ainsi que le hammam Dalboyunoğlu, en offrent des exemples. Des maisons traditionnelles subsistent également dans des quartiers comme Kepeci, Çelebiler et Yayla.
Sources
- Wikipédia — Province d’Isparta en.wikipedia.org
- Wikipédia — Isparta tr.wikipedia.org
- Gouvernorat d’Isparta — Histoire et caractéristiques géographiques d’Isparta isparta.gov.tr
- Direction provinciale de la Culture et du Tourisme d’Isparta — Sites archéologiques isparta.ktb.gov.tr
- TDV İslâm Ansiklopedisi — Isparta islamansiklopedisi.org.tr
- Portail culturel de la Turquie — Mosquée Firdevs Bey (Mimar Sinan) kulturportali.gov.tr
- Portail culturel de la Turquie — Bedesten Firdevs Bey kulturportali.gov.tr
- Gouvernorat d’Isparta — District central isparta.gov.tr
- Direction provinciale de la Culture et du Tourisme d’Isparta — Mosquées isparta.ktb.gov.tr
- Université Süleyman Demirel — Fouilles d’Antioche de Pisidie insantoplum.sdu.edu.tr
- TDV İslâm Ansiklopedisi — Médersa Dündar Bey islamansiklopedisi.org.tr
- Anadolu Ajansı — Une demeure d’environ 115 ans restaurée à Isparta aa.com.tr
FAQ
D’où vient le nom Isparta ?
Son origine reste incertaine. Une explication le rattache à Eis Barida, tandis qu’une autre examine les formes Sporda et Saparta. Les documents historiques mentionnent aussi Seberte, Sabarta et İsparda.
Quand Isparta est-elle passée sous domination ottomane ?
La date est controversée. Feridun Emecen estime que la ville est probablement passée sous domination ottomane après la mort de Hüseyin Bey en 1391. Il conteste ainsi le récit qui la compte parmi les villes achetées aux Hamidoğulları.
Où se trouve Eskiciler Konağı ?
Eskiciler Konağı se trouve à Eğirdir, dans la province d’Isparta. Cette demeure historique est un bâtiment classé au deuxième degré. Elle a rouvert en 2020 après quatre ans de restauration.
Quels bâtiments historiques trouve-t-on dans le centre d’Isparta ?
Vous y trouvez notamment la mosquée Firdevs Bey et son marché couvert, les mosquées Kutlubey, İplikçi et Kavaklı, le hammam Dalboyunoğlu et des maisons traditionnelles dans plusieurs quartiers.
Image: Isparta, Isparta Merkez-Isparta Province, Turkey – panoramio.jpg — Ramazan B., CC BY 3.0





