Racines des villes

Göynük : la ville d’Akşemseddin et son patrimoine

Göynük réunit l’héritage d’Akşemseddin, une mosquée et un hammam datés de 1331–1335, ainsi que des maisons traditionnelles dans un ensemble urbain protégé. Son tombeau, son architecture domestique et la tour de la Victoire (Zafer Kulesi) témoignent de plusieurs périodes distinctes de l’histoire de la ville.

10 min de lecture9 sourcesPublié le: 2 novembre 2026Dernière vérification: 2 novembre 2026
La rédaction de Köküne Kadar TVNotre politique en matière de sources
Göynük : la ville d’Akşemseddin et son patrimoine
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L’histoire de Göynük se lit autour d’une cour de mosquée, d’un hammam, de maisons traditionnelles et d’une tour qui domine la ville. Située dans le sud-ouest de la province de Bolu, la ville possède un tissu urbain cohérent classé comme zone de conservation urbaine. Le tombeau d’Akşemseddin se trouve dans la cour de la mosquée Gazi Süleyman Paşa. Les maisons témoignent d’une autre époque : les exemples présentés par la direction provinciale de la Culture et du Tourisme de Bolu datent du début du XXe siècle.

Si vous découvrez Göynük par le nom d’Akşemseddin, son tombeau constitue un premier repère. La mosquée et le hammam ont toutefois été commandés en 1331–1335, bien avant sa mort ici en février 1459. En les observant avec les maisons et la tour de la Victoire (Zafer Kulesi), datée de 1922, vous découvrez une histoire faite de dates, de fonctions et de formes architecturales distinctes.

Où se trouve Göynük dans la province de Bolu ?

Göynük est un district du sud-ouest de la province de Bolu. La direction provinciale de la Culture et du Tourisme de Bolu indique une distance de 98 kilomètres depuis le centre de Bolu. Le chef-lieu du district se situe à environ 40,39972° de latitude nord et 30,78528° de longitude est. Ces coordonnées permettent de situer la ville liée à Akşemseddin et les bâtiments historiques présentés ici.

Ses voisins comprennent Mudurnu, Nallıhan, Sarıcakaya, Yenipazar, Taraklı et Akyazı. À Göynük même, le patrimoine protégé dépasse les monuments pris individuellement. Le Conseil de conservation du patrimoine culturel d’Ankara a classé son tissu urbain cohérent comme zone de conservation urbaine. Les liens entre les maisons et les bâtiments publics font donc eux aussi partie de son histoire.

Comment Göynük est devenue la ville d’Akşemseddin

Après son installation à Göynük, Akşemseddin a fait construire une petite mosquée et un moulin. Il s’est également consacré à l’éducation de ses enfants et de ses derviches. Son lien avec la ville tient ainsi à son enseignement et à ses constructions, autant qu’au tombeau qui marque aujourd’hui son lieu de sépulture. Le moulin a sa place dans ce récit aux côtés de l’édifice religieux.

Après la conquête d’Istanbul en 1453, Akşemseddin a gagné l’Anatolie en passant par Gallipoli (Gelibolu), puis est revenu à Göynük. Ce retour est un élément important de son lien avec la ville. Göynük est le lieu où il est revenu après la conquête et où il a passé les dernières années de sa vie.

Akşemseddin est mort à Göynük en février 1459. L’Encyclopédie de l’islam de la TDV fonde cette date sur les indications concordantes de son menâkıbnâme, un récit hagiographique, et de l’inscription de son tombeau. Après lui, son fils Fazlullah a poursuivi à Göynük la branche Şemsiyye de la confrérie Bayramiyye. Le lien religieux de la famille avec la ville s’est donc maintenu après la mort d’Akşemseddin.

Le tombeau d’Akşemseddin : dates, pierre et fenêtres

Le tombeau d’Akşemseddin se dresse dans la cour de la mosquée Gazi Süleyman Paşa, au centre de Göynük. Son inscription de construction, en arabe, donne l’année 868 de l’hégire, soit 1463–1464. Le ministère de la Culture et du Tourisme indique que l’édifice a été commandé par Mehmet II (Fatih Sultan Mehmet) en 1464. Ces dates situent sa construction plusieurs années après la mort d’Akşemseddin.

Le tombeau présente un plan hexagonal et mesure environ 4,80 mètres de largeur. Construit en pierre de taille, il est couvert d’une coupole revêtue de plomb. Chaque face comporte deux fenêtres superposées. Si vous observez l’extérieur, le plan à six côtés et ces paires de fenêtres vous donnent des repères concrets pour comprendre sa conception.

Le tombeau conserve aussi un autre savoir-faire avec le cénotaphe en noyer d’Akşemseddin. Des inscriptions en relief ornent ses côtés. Un décor rûmî apparaît sur la face située à sa tête. L’enveloppe de pierre et le cénotaphe en bois sculpté réunissent deux matériaux dans un même lieu de mémoire. Chacun porte ses propres détails architecturaux ou décoratifs.

La mosquée Gazi Süleyman Paşa et son hammam

Les documents de fondation situent la commande de la mosquée Gazi Süleyman Paşa et du hammam associé en 1331–1335. Ils désignent Gazi Süleyman Paşa comme leur commanditaire. Cet ensemble formé par la mosquée et le hammam fournit un repère chronologique antérieur au tombeau d’Akşemseddin. Le monument funéraire ajouté dans la cour jouxte ainsi un édifice religieux dont la fondation remonte au XIVe siècle.

Le hammam Gazi Süleyman Paşa (Gazi Süleyman Paşa Hamamı) est un bain double construit en pierre de taille. Il comprend des sections séparées pour les femmes et les hommes. Chacune possède un soğukluk, un ılıklık et un sıcaklık, c’est-à-dire des espaces froid, tiède et chaud. Cette succession répétée vous aide à comprendre comment le bâtiment organisait le bain dans ses deux parties distinctes.

La maçonnerie actuelle du hammam porte aussi les traces d’une restauration. La plupart des pierres de façade et les moulures horizontales marquant ses niveaux ont été remplacées lors d’importants travaux après 1950. La date de fondation et celle de cette intervention répondent à deux questions différentes. La première concerne la création du hammam. La seconde concerne une grande partie des éléments extérieurs visibles après les travaux.

Les maisons de Göynük et l’organisation de la vie quotidienne

Les maisons traditionnelles présentées par la direction provinciale de la Culture et du Tourisme de Bolu datent du début du XXe siècle. Elles comportent généralement un rez-de-chaussée surmonté d’un ou deux étages. Des escaliers intérieurs relient les niveaux. Leurs toits sont habituellement à quatre pans et couverts de tuiles locales. Ces caractéristiques récurrentes expliquent la cohérence du tissu résidentiel de Göynük.

Le lien avec la vie quotidienne apparaît dans l’agencement de la maison : un escalier intérieur relie les niveaux, tandis qu’une cour occupe l’espace devant le bâtiment. À Göynük, cette cour porte le nom de hayat. En imaginant vos déplacements entre la cour et les pièces à l’étage, vous comprenez mieux la maison comme un lieu de vie composé d’espaces reliés entre eux.

Certains salons possèdent des plafonds ornés de motifs variés. Ce détail révèle les intérieurs d’une ville souvent abordée par l’aspect extérieur de ses bâtiments. La forme du toit, le nombre d’étages, les escaliers, les cours et les décors de plafond appartiennent à une même histoire architecturale. Le tissu urbain protégé comprend des maisons dont l’intérêt s’étend de la couverture du toit aux pièces intérieures.

Les détails que vous ne trouverez pas dans les guides

La réponse d’Akşemseddin à une offre de Mehmet II apporte un détail modeste mais révélateur sur les constructions. Selon l’Encyclopédie de l’islam de la TDV, il a refusé la proposition du sultan de lui faire bâtir une mosquée et un tekke à Göynük. Il a seulement accepté une fontaine. Cet épisode s’ajoute à sa propre commande d’une petite mosquée et d’un moulin.

Le mot local hayat donne un nom précis aux cours situées devant les maisons de Göynük. Ce terme mérite de figurer aux côtés des éléments plus visibles, comme les toits de tuiles et les plafonds décorés. La cour fait partie de l’agencement de la maison, plutôt que de constituer un simple espace extérieur accessoire.

La restauration a modifié la disposition intérieure du tombeau d’Akşemseddin. Semavi Eyice rapporte que les travaux commencés en 1952 ont notamment changé la position des cénotaphes. Il indique également qu’un cénotaphe a été retiré et détruit. L’aménagement intérieur possède donc sa propre histoire d’interventions, en plus de l’inscription de construction du XVe siècle.

Le hammam donne une autre raison d’examiner de près les éléments restaurés. Les importants travaux effectués après 1950 ont remplacé la plupart des pierres de façade et les moulures entre les niveaux. Ensemble, le hammam et le tombeau montrent pourquoi il faut distinguer la fondation d’un bâtiment, les matériaux conservés et ses aménagements ultérieurs pour comprendre l’histoire architecturale de Göynük.

La tour de la Victoire, une autre époque de commémoration

La tour de la Victoire se dresse sur une colline dominant le district. La direction provinciale de la Culture et du Tourisme de Bolu la date de 1922. Elle attribue au gouverneur du district, Hurşit Bey, la conduite de sa construction en mémoire de la victoire de Sakarya. La tour apporte une fonction commémorative et une date distinctes de celles de la mosquée, du hammam et du tombeau.

L’adhésion de Göynük au réseau Cittaslow a été annoncée lors de la réunion de Turquie tenue à Şavşat du 3 au 5 février 2017. Eğirdir et Gerze ont été annoncées à ses côtés. Cet événement constitue un jalon récent et daté dans l’histoire de la ville. Le classement en zone de conservation urbaine concerne, quant à lui, la cohérence de son tissu urbain historique.

Chronologie

  • 1331–1335 : Selon les documents de fondation, Gazi Süleyman Paşa commande la mosquée et le hammam de Göynük.
  • Après 1453 : Akşemseddin revient à Göynük après la conquête d’Istanbul, en gagnant l’Anatolie par Gallipoli.
  • Février 1459 : Akşemseddin meurt à Göynük.
  • 1463–1464 : Son tombeau est construit en l’an 868 de l’hégire, année indiquée par son inscription de construction.
  • Début du XXe siècle : Les maisons traditionnelles présentées par la direction provinciale de la Culture et du Tourisme de Bolu datent de cette période.
  • 1922 : La tour de la Victoire est construite, selon la datation de la direction provinciale de la Culture et du Tourisme.
  • Après 1950 : Le hammam Gazi Süleyman Paşa fait l’objet d’une importante restauration.
  • À partir de 1952 : Les travaux du tombeau d’Akşemseddin comprennent des changements dans la position de ses cénotaphes.
  • Février 2017 : L’adhésion de Göynük au réseau Cittaslow est annoncée lors de la réunion de Şavşat.

FAQ

Où se trouve Göynük ?

Göynük se trouve dans le sud-ouest de la province de Bolu. La direction provinciale de la Culture et du Tourisme le situe à 98 kilomètres du centre de Bolu.

Quel lien unit Akşemseddin à Göynük ?

Il s’y est installé, a fait construire une petite mosquée et un moulin, et s’est consacré à l’éducation de ses enfants et de ses derviches. Il est revenu après la conquête d’Istanbul en 1453 et est mort à Göynük en février 1459.

Quand le tombeau d’Akşemseddin a-t-il été construit ?

Son inscription date sa construction de l’an 868 de l’hégire, soit 1463–1464. Le ministère de la Culture et du Tourisme désigne Mehmet II comme commanditaire et donne 1464 comme année de construction.

De quand datent les maisons traditionnelles ?

Les maisons décrites par la direction provinciale de la Culture et du Tourisme datent du début du XXe siècle. Leurs caractéristiques habituelles comprennent des escaliers intérieurs, des toits à quatre pans couverts de tuiles et des cours à l’avant appelées hayat.

Sources

  1. Wikipédia — Göynük tr.wikipedia.org
  2. Wikipédia — Göynük en.wikipedia.org
  3. Direction provinciale de la Culture et du Tourisme de Bolu — Göynük bolu.ktb.gov.tr
  4. Direction provinciale de la Culture et du Tourisme de Bolu — Maisons de Göynük bolu.ktb.gov.tr
  5. Encyclopédie de l’islam de la TDV — Akşemseddin islamansiklopedisi.org.tr
  6. Encyclopédie de l’islam de la TDV — Tombeau d’Akşemseddin islamansiklopedisi.org.tr
  7. Ministère de la Culture et du Tourisme — Tombeau d’Akşemsettin muze.gov.tr
  8. Portail de la culture — Hammam Gazi Süleyman Paşa kulturportali.gov.tr
  9. Municipalité de Seferihisar — Nouvelles villes lentes de Turquie : Egirdir, Goynuk et Gerze seferihisar.bel.tr

FAQ

Où se trouve Göynük ?

Göynük est un district du sud-ouest de la province de Bolu. La direction provinciale de la Culture et du Tourisme de Bolu le situe à 98 kilomètres du centre de Bolu.

Quel lien unit Akşemseddin à Göynük ?

Akşemseddin s’est installé à Göynük, où il a fait construire une petite mosquée et un moulin. Il y a enseigné à ses enfants et à ses derviches. Il est revenu après la conquête d’Istanbul en 1453 et est mort à Göynük en février 1459.

Quand le tombeau d’Akşemseddin a-t-il été construit ?

Son inscription de construction, en arabe, le date de l’an 868 de l’hégire, soit 1463–1464. Le ministère de la Culture et du Tourisme indique qu’il a été commandé par Mehmet II (Fatih Sultan Mehmet) en 1464.

De quand datent les maisons traditionnelles de Göynük ?

Les maisons traditionnelles décrites par la direction provinciale de la Culture et du Tourisme de Bolu datent du début du XXe siècle. Elles possèdent notamment des toits à quatre pans couverts de tuiles, des escaliers intérieurs et des cours appelées localement hayat.

Image: Göynük – panoramio – fatihset.jpg — fatihset, CC BY 3.0

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