République de Turquie · 1923 –

Circulaire d’Amasya : déclaration de la guerre d’indépendance

La circulaire d’Amasya est un document de deux pages, finalisé dans la nuit du 21 au 22 juin 1919 et diffusé le 22 juin. Elle déclarait que l’indépendance de la nation était en danger et appelait à former un comité national et à réunir un congrès à Sivas.

7 min de lecture6 sourcesPublié le: 2 novembre 2026Dernière vérification: 2 novembre 2026
La rédaction de Köküne Kadar TVNotre politique en matière de sources
Circulaire d’Amasya : déclaration de la guerre d’indépendance
Amasya Saraydüzü Barracks 7557.jpg

Dans la nuit du 21 au 22 juin 1919, quelques officiers réunis dans une caserne d’Amasya achèvent un texte de deux pages. Il est diffusé le 22 juin par télégramme chiffré. La circulaire d’Amasya (Amasya Genelgesi ou Amasya Tamimi en turc) est le document qui organise la lutte nationale en Anatolie.

Si vous visitez la Turquie, vous pouvez découvrir la ville où elle a été rédigée. Si vous étudiez cette période, ce texte fait le lien entre les premières résistances et les congrès qui suivent. Voici ce qu’il disait, qui le soutenait et comment il a été diffusé dans le pays.

Qu’est-ce que la circulaire d’Amasya ?

La circulaire d’Amasya est un document daté du 22 juin 1919. Elle fixe les objectifs d’organisation de la Lutte nationale. Elle est publiée à Amasya, une ville du nord de l’Anatolie.

L’Encyclopédie Atatürk la présente comme le premier document de stratégie nationale. Selon cette encyclopédie, elle expose à la fois les objectifs et les moyens légitimes d’une organisation œuvrant à la fondation d’un nouvel État. Ce point compte. Le texte ne se contente pas de protester. Il définit aussi une méthode.

Sa formulation est arrêtée dans la nuit du 21 au 22 juin. Selon le gouvernorat d’Amasya, la circulaire est annoncée depuis la caserne de Saraydüzü les 21–22 juin 1919.

Qui l’a rédigée et signée ?

Mustafa Kemal pacha séjourne dans la caserne de Saraydüzü en juin 1919. C’est là que la circulaire est rédigée. Il en dicte les principaux points à son aide de camp, Cevat Abbas Bey.

Quatre noms figurent parmi les principaux signataires présents à Amasya :

  • Mustafa Kemal pacha
  • Rauf Orbay
  • Ali Fuat Cebesoy
  • Refet Bele

Ali Fuat Cebesoy participe aux discussions en tant que commandant du 20e corps d’armée à Ankara.

Deux autres commandants ne sont pas sur place. Kâzım Karabekir commande le 15e corps d’armée à Erzurum. Mersinli Cemal pacha est inspecteur de la 2e armée à Konya. Tous deux sont consultés par télégramme pendant la préparation du texte. Leur accord est obtenu avant la publication de la circulaire.

Imaginez une conversation de groupe dans laquelle une personne doit obtenir l’accord de tous avant de publier un message. Ici, les échanges passent par les lignes télégraphiques entre trois villes. Rien n’est diffusé tant que les commandants absents n’ont pas donné leur accord.

Ce que disait la circulaire

Le texte est court. L’Encyclopédie Atatürk le décrit comme un document de deux pages comprenant six articles principaux. Son message se résume facilement.

Elle désigne le danger. La circulaire déclare que l’intégrité territoriale du pays et l’indépendance de la nation sont menacées.

Elle constate un manquement. Elle affirme que le gouvernement d’Istanbul n’assume pas la responsabilité qu’il a prise.

Elle apporte une réponse. Sa phrase la plus connue est la suivante. Dans sa version couramment citée, elle dit : « Milletin istiklalini, yine milletin azim ve kararı kurtaracaktır. » En français : l’indépendance de la nation sera sauvée par la détermination et la décision de la nation elle-même.

Cette phrase déplace le centre de l’action. Elle n’attend pas une décision de la capitale. Elle remet la décision entre les mains du peuple.

Le plan : un comité et un congrès

La circulaire ne s’arrête pas aux avertissements. Elle donne des consignes pour mettre en place une organisation.

Un comité national. La circulaire affirme la nécessité d’un comité national (millî heyet). Sa mission est de faire connaître les droits de la nation au monde entier. Il doit aussi agir indépendamment de toute influence extérieure.

Un congrès à Sivas. La circulaire décide qu’un congrès national doit se réunir rapidement à Sivas. La ville est présentée comme un centre sûr en Anatolie. Si vous regardez une carte, vous en comprenez la logique : elle se situe loin à l’intérieur des terres.

Trois délégués par sandjak. Chaque sandjak, une circonscription administrative ottomane, est invité à envoyer trois représentants. Ceux-ci doivent avoir gagné la confiance de la population.

Pas de querelles partisanes. Le choix des délégués ne doit pas tenir compte des divisions entre partis. L’objectif est un large rassemblement, pas une faction.

Une seconde réunion à Erzurum. Un congrès représentant les provinces orientales est prévu à Erzurum. La date annoncée est le 10 juillet 1919. Les membres du congrès d’Erzurum doivent ensuite rejoindre le congrès général de Sivas.

Le plan comporte donc deux étapes. D’abord, des rassemblements régionaux. Puis une réunion nationale.

Comment la circulaire a été diffusée dans le pays

Le document est envoyé par télégramme chiffré, sous la signature de Mustafa Kemal. Il est adressé aux commandements militaires, aux administrateurs civils et aux conseils d’administration des associations civiles.

Ce choix est délibéré. En 1919, les ordres et les nouvelles circulent par les lignes télégraphiques. Un télégramme chiffré peut parvenir à de nombreux services en même temps.

Chronologie

  • Nuit du 21 au 22 juin 1919 : La circulaire prend sa forme définitive.
  • 22 juin 1919 : Elle est envoyée par télégramme chiffré aux autorités militaires et civiles ainsi qu’aux conseils d’administration des associations civiles.
  • 10 juillet 1919 : Date prévue pour le congrès d’Erzurum, telle qu’elle est annoncée dans la circulaire.
  • 1944 : L’ancienne caserne de Saraydüzü, où la circulaire a été préparée, est démolie.
  • 2007 : La reconstruction de la caserne sur un autre site est achevée.

Les détails que vous ne trouverez pas dans les guides

Le numéro du télégramme chiffré. Dans le texte reproduit par l’Encyclopédie Atatürk, la circulaire commence par la mention « Şifre 194 » (« Chiffre 194 »). Elle se lit comme un télégramme, puisqu’elle en était un.

Six articles sur deux pages. Le document est court. Sa force tient à des points clairs que tout officier ou fonctionnaire peut lire et appliquer.

Le secret. La circulaire demande de garder secrets les préparatifs du congrès. Les délégués sont informés qu’ils peuvent voyager sans révéler leur identité si nécessaire. Ce congrès destiné à représenter la nation commence donc dans la discrétion.

Une caserne reconstruite ailleurs. La caserne où le texte a été préparé n’existe plus. Elle a été démolie en 1944. En raison du risque de glissement de terrain, elle a été reconstruite à un autre endroit. Le nouveau bâtiment a été achevé en 2007.

Visiter les lieux aujourd’hui

Si vous allez à Amasya, cherchez le bâtiment de la caserne de Saraydüzü. La direction de la Culture et du Tourisme d’Amasya le répertorie comme musée de la Lutte nationale et centre des congrès.

Pendant votre visite, gardez un point à l’esprit. Vous parcourez une reconstruction achevée en 2007. La caserne d’origine se trouvait ailleurs et a été démolie en 1944. Le musée entretient la mémoire du lieu. Vous n’êtes pas dans la pièce d’origine.

Pourquoi la circulaire est importante

Avant Amasya, la résistance est dispersée. Après la circulaire, il existe un plan écrit avec une date, un lieu et une méthode. Des délégués doivent venir de chaque sandjak. Les étiquettes partisanes doivent être mises de côté. La réunion d’Erzurum doit déboucher sur celle de Sivas.

La circulaire montre aussi comment les décisions sont prises. Quatre officiers signent à Amasya. Deux autres, loin de là, à Erzurum et à Konya, donnent leur accord par télégramme. Le texte est diffusé seulement après.

FAQ

Quand la circulaire d’Amasya a-t-elle été publiée ?

Le 22 juin 1919. Son texte définitif a été arrêté dans la nuit du 21 au 22 juin.

Qui a signé la circulaire d’Amasya ?

Les principaux signataires présents à Amasya étaient Mustafa Kemal pacha, Rauf Orbay, Ali Fuat Cebesoy et Refet Bele. Kâzım Karabekir et Mersinli Cemal pacha étaient absents, mais leur accord a été obtenu au préalable.

Que demandait la circulaire d’Amasya ?

Elle appelait à former un comité national chargé de faire entendre les droits de la nation à l’étranger, sans influence étrangère. Elle demandait aussi un congrès national à Sivas, avec trois délégués de confiance par sandjak.

Où la circulaire d’Amasya a-t-elle été rédigée ?

Dans la caserne de Saraydüzü à Amasya, où séjournait Mustafa Kemal pacha. L’ancien bâtiment a été démoli en 1944. Sa reconstruction sur un autre site a été achevée en 2007.

Sources

  1. Encyclopédie Atatürk — Circulaire d’Amasya ataturkansiklopedisi.gov.tr
  2. Wikipédia — Circulaire d’Amasya en.wikipedia.org
  3. Vikipedi — Circulaire d’Amasya tr.wikipedia.org
  4. Direction provinciale de la Culture et du Tourisme d’Amasya — Bâtiment de la caserne de Saraydüzü amasya.ktb.gov.tr
  5. Gouvernorat d’Amasya — Bâtiment de la caserne de Saraydüzü et musée de la Lutte nationale amasya.gov.tr
  6. Union des barreaux de Turquie — Le premier appel à la libération barobirlik.org.tr

Image: Amasya Saraydüzü Barracks 7557.jpg — Dosseman, CC BY-SA 4.0

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