Histoire mondiale

L’expédition du Kon-Tiki : la traversée de Thor Heyerdahl

En 1947, Thor Heyerdahl et cinq compagnons parcourent environ 6 900 kilomètres du Pérou à la Polynésie à bord du Kon-Tiki, un radeau en balsa. Leur traversée de 101 jours démontre qu’un tel voyage est possible, mais ne prouve pas la théorie de Heyerdahl sur le peuplement préhistorique.

10 min de lecture9 sourcesPublié le: 2 novembre 2026Dernière vérification: 2 novembre 2026
La rédaction de Köküne Kadar TVNotre politique en matière de sources
L’expédition du Kon-Tiki : la traversée de Thor Heyerdahl
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Qu’est-ce que l’expédition du Kon-Tiki ?

Le 28 avril 1947, Thor Heyerdahl et cinq compagnons quittent Callao, au Pérou (Peru), à bord du Kon-Tiki. L’expédition du Kon-Tiki (Kon-Tiki seferi) a pour destination la Polynésie (Polinezya). Leur embarcation est un radeau constitué de neuf grands troncs de balsa attachés avec des cordes. En 101 jours, ils parcourent environ 4 300 miles, soit 6 900 kilomètres, à travers le Pacifique (Pasifik Okyanusu).

La traversée s’achève le 7 août 1947, lorsque le Kon-Tiki heurte le récif corallien de Raroia, dans les îles Tuamotu. Le radeau a transporté son équipage de l’Amérique du Sud à la Polynésie. Mais atteindre la Polynésie et expliquer son peuplement préhistorique sont deux choses distinctes. L’expédition a démontré qu’un voyage était possible. Elle n’a pas prouvé qui l’avait effectué dans le passé.

Si vous suivez le voyage de Callao à Raroia, gardez cette distinction à l’esprit. Heyerdahl comptait sur les vents et les courants pour faire traverser l’océan à un radeau en balsa. Sa théorie portait plus largement sur une éventuelle contribution des populations autochtones d’Amérique du Sud au peuplement de la Polynésie.

Pourquoi Thor Heyerdahl a-t-il pris la mer vers la Polynésie ?

Heyerdahl commence à élaborer sa théorie à Fatu Hiva en 1937. Selon lui, des populations autochtones d’Amérique du Sud auraient pu participer au peuplement de la Polynésie. L’expédition de 1947 devait vérifier si un radeau pouvait effectuer la traversée qu’impliquait cette théorie.

Le nom du radeau exprimait ce lien. Kon-Tiki venait du personnage légendaire Kon-Tiki Viracocha, que Heyerdahl associait à sa théorie. Dans le récit lié à ce personnage, Kon-Tiki Viracocha avait quitté le Pérou vers l’ouest sur un radeau en balsa. L’expédition portait donc un nom directement lié à l’itinéraire que Heyerdahl voulait tester.

Heyerdahl s’attendait à ce que les vents d’est et le courant de Humboldt aident à porter le Kon-Tiki vers la Polynésie. Cette attente a déterminé le déroulement du voyage. L’équipage allait traverser sur un radeau dont le déplacement dépendait fortement de l’océan et de l’atmosphère, plutôt que de sa capacité à choisir un cap précis.

Comment le radeau Kon-Tiki était-il construit et manœuvré ?

Neuf grands troncs de balsa formaient la structure principale du Kon-Tiki. Les principaux troncs pouvaient atteindre environ 14 mètres de long et 60 centimètres de diamètre. Des cordes les maintenaient ensemble. Sur cette plateforme en bois se dressaient un mât en forme de A, haut d’environ 8,8 mètres, et un abri en bambou.

Le radeau possédait aussi des planches de dérive appelées guaras, qui servaient à le diriger. Pendant l’expédition, elles sont restées en grande partie fixes. Les vents et les courants ont donc déterminé une bonne part de l’itinéraire. Lorsque vous imaginez le Kon-Tiki traversant le Pacifique, le lien entre sa construction et son déplacement compte : l’équipage voyageait sur une plateforme qui suivait largement les forces la portant vers l’ouest.

La marine péruvienne a aidé au départ. Son remorqueur Guardian Rios a tracté le Kon-Tiki sur environ 80 kilomètres pour l’éloigner du trafic maritime côtier. La traversée océanique a donc commencé par un remorquage. Le radeau a ensuite poursuivi sa route sous l’effet des vents et des courants.

L’équipage comptait six hommes : Thor Heyerdahl, Herman Watzinger, Erik Hesselberg, Knut Haugland, Torstein Raaby et Bengt Danielsson. Hesselberg était le navigateur de l’expédition. Il avait également une formation artistique, dont la voile du radeau portait une trace bien visible.

Comment le voyage s’est-il achevé à Raroia ?

L’équipage aperçoit la terre pour la première fois le 30 juillet 1947, à l’atoll de Puka-Puka. Cette observation précède l’arrivée finale de l’expédition à Raroia. Voir une île ne signifiait pas que le radeau pouvait en atteindre le rivage sans danger. L’étape suivante allait rendre cette difficulté encore plus concrète.

Le Kon-Tiki atteint Angatau le 4 août. L’équipage entre en contact avec les habitants, mais ne peut pas débarquer en sécurité. Angatau marque donc une rencontre, sans débarquement réussi. Pour un radeau principalement guidé par le vent et les courants, approcher d’une terre et gagner le rivage posaient des problèmes pratiques différents.

Le 7 août, le Kon-Tiki heurte le récif corallien de Raroia. Le choc met fin à la traversée de 101 jours. Des villageois de Raroia viennent ensuite chercher l’équipage en pirogues. La goélette française Tamara transporte alors les hommes à Tahiti, en remorquant le radeau derrière elle.

L’ordre des étapes compte lorsque vous retracez l’itinéraire : Puka-Puka est la première terre aperçue, Angatau permet un contact sans débarquement sûr, et Raroia marque la fin de la traversée. Tahiti est ensuite atteinte à bord du Tamara, avec le Kon-Tiki en remorque.

Les détails que les guides ne vous racontent pas

Le Kon-Tiki emportait 1 040 litres d’eau potable répartis dans 56 récipients. Des tiges de bambou fermées servaient aussi à stocker de l’eau. Vous connaissez sans doute le geste de préparer de l’eau pour une journée de sortie. Sur ce radeau, assurer l’approvisionnement en eau potable exigeait de la répartir dans des dizaines de récipients pour une traversée océanique.

Un perroquet accompagnait les six hommes lorsqu’ils ont quitté Callao. Ce petit détail a sa place aux côtés des grandes mesures de l’expédition. Au départ, le même radeau réunissait neuf troncs principaux, six membres d’équipage, des récipients d’eau potable et un oiseau.

Erik Hesselberg a peint le grand masque sur la voile du Kon-Tiki. Cette contribution associait sa formation artistique à son rôle de navigateur. L’image sur la voile était donc l’œuvre d’un homme qui aidait aussi l’équipage à suivre sa position pendant la traversée.

Le 5 août 1947, Knut Haugland établit une liaison radio avec Oslo depuis le radeau. La liaison couvre environ 16 000 kilomètres. Elle intervient après l’arrivée du Kon-Tiki à Angatau et avant la fin de la traversée à Raroia.

Déplacer le radeau à Oslo a posé un autre problème pratique. L’eau de mer l’avait alourdi, portant son poids à 20 tonnes. Une grue flottante nommée Goliath a été louée pour le décharger du navire. La vie du radeau au musée a ainsi commencé par un défi matériel : soulever du bois gorgé d’eau.

Le Kon-Tiki a-t-il prouvé des contacts préhistoriques ?

Le musée du Kon-Tiki distingue la réussite de la traversée de la théorie de Heyerdahl sur le peuplement. Selon son analyse, le voyage a montré qu’il était possible de se déplacer sur un radeau en balsa. Il n’a pas prouvé l’explication proposée par Heyerdahl pour le peuplement préhistorique. Parcourir un itinéraire pouvait en établir la faisabilité sans démontrer qu’une migration l’avait emprunté autrefois.

Une étude génétique menée par Ioannidis et ses collègues, publiée dans Nature en 2020, a porté sur 807 personnes. Elle a conclu que des contacts entre Polynésiens et Amérindiens avaient eu lieu vers 1200. Ce résultat étayait l’existence de contacts préhistoriques. Il ne transformait toutefois pas le voyage du radeau en 1947 en preuve de l’itinéraire de peuplement proposé par Heyerdahl.

Des chercheurs de Stanford ont avancé une autre explication des résultats génétiques. Ils jugeaient plus probable que des Polynésiens aient atteint la côte de l’actuelle Colombie (Kolombiya) plutôt que des Amérindiens aient dérivé jusqu’en Polynésie. Le sens du voyage restait donc au cœur de l’interprétation des données.

Pour vous, la distinction utile porte sur trois affirmations : un radeau pouvait traverser le Pacifique ; des populations préhistoriques avaient eu des contacts ; des personnes avaient voyagé dans un sens précis. Le Kon-Tiki a démontré la première. L’étude de 2020 a étayé la deuxième. L’interprétation de Stanford privilégiait l’arrivée de Polynésiens sur le continent américain.

Le livre sur le Kon-Tiki : qu’a publié Heyerdahl ?

Le récit de Heyerdahl, L’Expédition du Kon-Tiki, est paru pour la première fois en 1948. Il a été traduit dans plus de 70 langues. Publié après la traversée, ce livre a fait connaître son récit du voyage en radeau à un public dépassant le cercle de l’expédition.

Le documentaire en noir et blanc Kon-Tiki, sorti en 1950, a remporté l’Oscar du meilleur film documentaire en 1951.

Musée du Kon-Tiki : où est le radeau et que reste-t-il de l’expédition ?

Le radeau original utilisé en 1947 est exposé au musée du Kon-Tiki, à Oslo. Si vous souhaitez rapprocher les dimensions du voyage de l’embarcation qui nous est parvenue, vous pouvez y voir le radeau lui-même. Son premier bâtiment d’exposition temporaire a ouvert au public le 15 mai 1950.

Les archives de Thor Heyerdahl conservent aussi des photographies et des documents de l’expédition. Elles ont été inscrites au registre Mémoire du monde de l’UNESCO en 2011. Si vous recherchez des photographies authentiques du Kon-Tiki, ces archives relient la traversée aux images et aux documents qui en subsistent.

Le radeau et les archives préservent différentes facettes de la même expédition. Le musée conserve l’embarcation qui a relié le Pérou à la Polynésie. Les archives comprennent des photographies et des documents liés aux travaux de Heyerdahl, dont les traces documentaires de l’expédition.

Chronologie

  • 1937 : Heyerdahl commence à élaborer à Fatu Hiva sa théorie sur les liens préhistoriques entre l’Amérique du Sud et la Polynésie.
  • 28 avril 1947 : Le Kon-Tiki quitte Callao avec six membres d’équipage.
  • 30 juillet 1947 : L’équipage aperçoit l’atoll de Puka-Puka.
  • 4 août 1947 : Le radeau atteint Angatau, mais un débarquement en sécurité est impossible.
  • 5 août 1947 : Knut Haugland établit une liaison radio avec Oslo.
  • 7 août 1947 : La traversée de 101 jours s’achève sur le récif de Raroia.
  • 1948 : Le livre de Heyerdahl sur l’expédition est publié.
  • 15 mai 1950 : Le premier bâtiment d’exposition temporaire du radeau ouvre ses portes.
  • 2011 : Les archives de Thor Heyerdahl sont inscrites au registre Mémoire du monde de l’UNESCO.
  • 2020 : Nature publie l’étude génétique étayant l’existence de contacts préhistoriques entre Polynésiens et Amérindiens.

FAQ

Combien de temps a duré l’expédition du Kon-Tiki ?

La traversée a duré 101 jours. Le Kon-Tiki a parcouru environ 4 300 miles, soit 6 900 kilomètres, entre le Pérou et la Polynésie.

Où se trouve le radeau original du Kon-Tiki ?

Le radeau original de 1947 est exposé au musée du Kon-Tiki, à Oslo. Son premier bâtiment d’exposition temporaire a ouvert le 15 mai 1950.

Le Kon-Tiki a-t-il prouvé la théorie de Heyerdahl sur le peuplement ?

Non. Il a montré qu’un radeau en balsa pouvait effectuer la traversée. Il n’a pas établi que des populations préhistoriques avaient suivi cet itinéraire pour s’installer en Polynésie.

Où trouver des informations sur les photographies authentiques du Kon-Tiki ?

Les archives de Thor Heyerdahl comprennent des photographies et des documents de l’expédition. Elles ont été inscrites au registre Mémoire du monde de l’UNESCO en 2011.

Sources

  1. Musée du Kon-Tiki — Kon-Tiki, 1947 kon-tiki.no
  2. Musée du Kon-Tiki — Comment le Kon-Tiki a ouvert une ère mondiale de navigation expérimentale kon-tiki.no
  3. Wikipedia — Expédition du Kon-Tiki en.wikipedia.org
  4. Vikipedi — Kon-Tiki tr.wikipedia.org
  5. Nature — Un flux génétique amérindien vers la Polynésie antérieur au peuplement de l’île de Pâques doi.org
  6. Stanford Medicine — Polynésiens et Amérindiens ont eu des contacts avant l’arrivée des Européens, selon une étude génétique med.stanford.edu
  7. Musée du Kon-Tiki — Visiter le musée du Kon-Tiki kon-tiki.no
  8. Musée du Kon-Tiki — Les 75 ans du musée du Kon-Tiki kon-tiki.no
  9. Musée du Kon-Tiki — Les archives de Thor Heyerdahl kon-tiki.no

FAQ

Combien de temps a duré l’expédition du Kon-Tiki ?

La traversée a duré 101 jours et couvert environ 4 300 miles, soit 6 900 kilomètres, du Pérou à la Polynésie.

Où se trouve le radeau original du Kon-Tiki ?

Le radeau original de l’expédition de 1947 est exposé au musée du Kon-Tiki, à Oslo.

Le Kon-Tiki a-t-il prouvé la théorie de Heyerdahl sur le peuplement ?

Non. Il a démontré qu’un radeau en balsa pouvait relier l’Amérique du Sud à la Polynésie, mais n’a pas établi que des populations préhistoriques avaient effectué ce voyage pour s’y installer.

Où trouver des informations sur les photographies authentiques du Kon-Tiki ?

Les archives de Thor Heyerdahl comprennent des photographies et des documents de l’expédition. Elles ont été inscrites au registre Mémoire du monde de l’UNESCO en 2011.

Image: Kon-Tiki raft, side view.jpg — Wikipek, CC0

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