République de Turquie · 1923 –

Kara Fatma : commandante de la guerre d’indépendance

Kara Fatma, également connue sous le nom de Fatma Seher Erden, commanda des unités de milice sur le front occidental pendant la guerre d’indépendance turque. Elle termina son service avec le grade de lieutenant, reçut la médaille de l’Indépendance et mourut à Istanbul en 1955.

9 min de lecture9 sourcesPublié le: 2 novembre 2026Dernière vérification: 2 novembre 2026
La rédaction de Köküne Kadar TVNotre politique en matière de sources
Kara Fatma : commandante de la guerre d’indépendance
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Kara Fatma commanda des miliciens pendant la guerre d’indépendance turque. Elle est également connue sous le nom de Fatma Seher Erden. Elle termina son service avec le grade de lieutenant et reçut la médaille de l’Indépendance. Pourtant, elle passa les dernières années de sa vie à demander l’aide de l’État. Cet article vous présente les faits documentés, les points contestés et les lieux où vous pouvez aujourd’hui découvrir ses monuments.

Qui était Kara Fatma ?

Kara Fatma était une militaire qui commanda des milices pendant la guerre d’indépendance turque. Wikipédia en anglais la présente sous le nom de Fatma Seher Erden. Son parcours militaire est mieux documenté que sa vie privée.

Elle commandait un détachement de milice. D’abord nommée caporal, elle servit sur le front occidental. À la fin de son service, elle avait le grade de lieutenant. Elle reçut aussi la médaille de l’Indépendance.

Une histoire accompagne son surnom, « Kara Fatma ». Mustafa Kemal le lui aurait donné, admiratif de son courage.

D’où venait Kara Fatma ?

La réponse habituelle est Erzurum, avec une naissance en 1888. Mais Wikipédia en turc précise que les documents ne confirment pas ce lieu de naissance. Vous devez donc y voir le récit traditionnel, et non un fait établi.

Ses origines familiales sont également contestées. Selon une version, son père s’appelait Yusuf Ağa. L’Encyclopédie de Kocaeli renvoie à un texte de 1941 qui lui est attribué. Elle s’y présente comme la fille de Yahya, de la famille Mısırlıoğulları, originaire du village d’Egemansur, à Erzurum.

Son mariage reste une autre question ouverte. Certains récits affirment qu’elle épousa Derviş Erden ou un homme appelé Ezdeşin Bey. L’Encyclopédie de Kocaeli rapporte que, d’après les renseignements transmis par sa famille, elle ne se serait jamais mariée.

Le parcours de Kara Fatma : de Sivas au front occidental

L’histoire commence en 1919. Kara Fatma rencontra Mustafa Kemal Pacha à Sivas et lui demanda de participer à la lutte armée.

Son trajet jusqu’à Sivas est relaté dans les mémoires de Necip Günaydın. Elle quitta Istanbul pour Samsun à bord du vapeur Gülcemal. De Samsun, elle poursuivit jusqu’à Sivas en voiture à cheval.

Après avoir reçu un mandat de Mustafa Kemal, elle retourna à Istanbul. Elle y constitua un groupe de 15 personnes avec Topkapılı Pire Mehmet et Laz Tahsin. Ce groupe fut le noyau de la force qu’elle commanda ensuite.

Elle servit alors comme commandante d’un détachement de milice sur le front occidental. Elle resta dans la région d’İzmit jusqu’à la libération de la ville, le 28 juin 1921.

Elle combattit sur les fronts d’İzmit–Bursa et d’Izmir. Wikipédia en turc indique aussi qu’elle participa aux première et deuxième batailles d’İnönü, ainsi qu’aux batailles de la Sakarya et de Dumlupınar. Les sources divergent sur les détails. Il convient donc de présenter cet ensemble comme le récit traditionnel de son parcours militaire.

Wikipédia en anglais, qui cite un entretien paru dans le journal Tanin, rapporte qu’elle fut capturée une deuxième fois. Elle fut conduite au quartier général du général Nikolaos Trikoupis, puis s’évada.

Après la victoire de la Grande Offensive, elle rejoignit Bursa avec son détachement. Elle participa à la libération de la ville, alors sous occupation grecque.

Combien de personnes comptait son unité ?

Sur ce point, les sources divergent. Wikipédia en anglais affirme qu’elle avait 700 hommes et 43 femmes sous ses ordres. Le Croissant-Rouge turc décrit une unité de 300 personnes.

Les deux chiffres circulent. Aucun ne peut être vérifié à partir d’un document unique faisant consensus. On peut donc affirmer avec prudence qu’elle dirigeait une importante force de milice.

Chronologie

  • 1888 : Année de naissance donnée par les sources. Erzurum est traditionnellement présentée comme son lieu de naissance.
  • 1919 : Elle rencontre Mustafa Kemal Pacha à Sivas et demande à participer à la lutte.
  • 28 juin 1921 : İzmit, où elle était active, est libérée de l’occupation.
  • Après la Grande Offensive : Elle participe à la libération de Bursa.
  • 1933 : Son entretien avec Mekki Sait Esen paraît dans le magazine Yedigün.
  • 26 juin 1944 : Elle dépose une demande d’aide dans laquelle elle décrit ses difficultés.
  • 1944 : Elle publie ses mémoires.
  • 1954 : Une pension mensuelle de 170 livres turques lui est accordée pour services rendus à la nation.
  • 21 juin 1955 : Elle est conduite à l’hôpital.
  • 2 juillet 1955 : Elle meurt à Istanbul et est enterrée au cimetière de Kulaksız.
  • 2014 : Le Croissant-Rouge turc fait construire une tombe commémorative à son nom au cimetière de Kulaksız.

Kara Fatma et l’argent : une histoire du quotidien

Vous connaissez peut-être cette attente d’une pension qui n’arrive pas. Kara Fatma en vécut une version plus dure.

Le Croissant-Rouge turc confirme qu’elle lui fit don de sa solde de lieutenant. Plus tard, ce fut elle qui eut besoin d’aide.

En 1933, son entretien avec Mekki Sait Esen dans Yedigün fit connaître ses difficultés financières au public. Le 26 juin 1944, elle rédigea une demande d’aide. Elle y expliquait qu’elle peinait à vivre avec six petits-enfants orphelins à sa charge.

La même année, en 1944, elle publia ses mémoires. Le motif avancé était de gagner de quoi vivre.

L’aide arriva en 1954. Deux parlementaires, Tezer Taşkıran, de Kars, et İzzet Akçal, de Rize, entreprirent des démarches pour obtenir un versement. Une pension de 170 livres turques par mois lui fut accordée au titre des services rendus à la nation. Elle mourut l’année suivante.

Des détails absents des guides touristiques

  • Son prénom à l’état civil était Mahi. La chercheuse İlknur Bektaş a indiqué à l’Agence Anadolu que le prénom figurant dans ses registres d’état civil est Mahi.
  • Un séjour de 11 jours à l’hôpital. S’appuyant sur les archives de Darülaceze, Bektaş indique que Kara Fatma fut conduite à l’hôpital le 21 juin 1955. Elle y reçut des soins pendant 11 jours avant de mourir.
  • Le vapeur et la voiture à cheval. Son voyage pour rencontrer Mustafa Kemal est décrit comme une traversée d’Istanbul à Samsun à bord du Gülcemal. Elle poursuivit ensuite en voiture à cheval jusqu’à Sivas.
  • Un entretien dans un magazine en 1933. L’article de Mekki Sait Esen dans Yedigün fit connaître au public ses difficultés financières d’après-guerre.
  • Un groupe de 15 personnes. Son premier groupe à Istanbul était réduit. Ce n’est que plus tard qu’elle commanda un détachement de milice sur le front.

Kara Fatma à Bursa

Si vous visitez Bursa, cherchez la statue de Kara Fatma dans le quartier de Konak, dans le district de Nilüfer. L’espace qui l’entoure porte le nom de Kara Fatma Meydanı, ou place Kara Fatma.

Ce lien avec la ville a un fondement historique. Après la Grande Offensive, elle participa avec son détachement à la libération de Bursa, alors sous occupation grecque.

Lorsque vous vous trouvez sur cette place, vous êtes donc dans une ville où elle a servi. La statue prend ainsi un sens qui dépasse celui d’un simple point de repère.

Où en apprendre davantage à Kocaeli et à Istanbul ?

À Kocaeli, les présentations du musée Atatürk, Redif et d’ethnographie évoquent ses activités pendant la lutte nationale. C’est une étape utile si vous souhaitez relier son histoire à celle d’İzmit, où elle servit jusqu’au 28 juin 1921.

À Istanbul, sa tombe se trouve au cimetière de Kulaksız, à Kasımpaşa. Le Croissant-Rouge turc y fit construire une tombe commémorative en 2014.

Elle mourut le 2 juillet 1955 à Darülaceze, à Istanbul, et fut enterrée dans ce cimetière.

Ce qui est certain et ce qui ne l’est pas

Certains points sont établis. Elle rencontra Mustafa Kemal à Sivas en 1919. Elle commanda des miliciens sur le front occidental. Elle termina son service avec le grade de lieutenant, reçut la médaille de l’Indépendance et mourut à Istanbul le 2 juillet 1955.

D’autres points restent contestés. Ils concernent son lieu de naissance, le nom de son père, son éventuel mariage et les effectifs de son unité. Lorsque vous consultez d’autres pages à son sujet, vérifiez lesquelles de ces affirmations sont reprises sans source.

FAQ

Qui était Kara Fatma ?

Kara Fatma, connue sous le nom de Fatma Seher Erden, commanda des milices pendant la guerre d’indépendance turque. Elle termina son service avec le grade de lieutenant et reçut la médaille de l’Indépendance.

D’où venait Kara Fatma ?

Erzurum est la réponse habituelle, avec 1888 comme année de naissance. Wikipédia en turc indique que les documents ne confirment pas ce lieu de naissance. L’Encyclopédie de Kocaeli cite un texte de 1941 qui lui est attribué et qui mentionne le village d’Egemansur, à Erzurum.

Où voir un monument à Kara Fatma ?

À Bursa, sa statue se trouve dans le quartier de Konak, à Nilüfer, sur la place Kara Fatma. À Istanbul, la tombe commémorative du Croissant-Rouge se trouve au cimetière de Kulaksız, à Kasımpaşa.

Combien de soldats commandait-elle ?

Les sources divergent. Wikipédia en anglais indique 700 hommes et 43 femmes. Le Croissant-Rouge turc parle de 300 personnes.

A-t-elle touché une pension ?

Oui. En 1954, elle obtint une pension mensuelle de 170 livres turques au titre des services rendus à la nation. Elle mourut en 1955.

Sources

  1. Wikipédia en anglais — Fatma Seher Erden (Kara Fatma) en.wikipedia.org
  2. Wikipédia en turc — Fatma Seher Erden tr.wikipedia.org
  3. Encyclopédie de Kocaeli — Madame Fatma Seher (Savaşır) kocaeliansiklopedisi.com
  4. Agence Anadolu — Une héroïne de la lutte nationale : la lieutenante Kara Fatma aa.com.tr
  5. TRT Haber — Kara Fatma, l’une des héroïnes de la lutte nationale trthaber.com
  6. Akın Aktaş — Analyse de Nene Hatun–Kara Fatma dans le contexte des aides sociales dergipark.org.tr
  7. Croissant-Rouge turc — Le Croissant-Rouge rend hommage à Kara Fatma, symbole de la lutte nationale kizilay.org.tr
  8. Croissant-Rouge turc — Le Croissant-Rouge turc a apporté son soutien à Kara Fatma, héroïne de la lutte nationale kizilay.org.tr
  9. Croissant-Rouge turc — Hommage à la lieutenante Kara Fatma sur sa tombe kizilay.org.tr

FAQ

Qui était Kara Fatma ?

Kara Fatma, connue sous le nom de Fatma Seher Erden, commanda des milices pendant la guerre d’indépendance turque. Elle termina son service avec le grade de lieutenant et reçut la médaille de l’Indépendance.

D’où venait Kara Fatma ?

Les sources donnent généralement Erzurum comme lieu de naissance et 1888 comme année de naissance. Wikipédia en turc précise que les documents ne confirment pas ce lieu. L’Encyclopédie de Kocaeli cite un texte de 1941 qui lui est attribué et qui mentionne un village d’Erzurum.

Où voir un monument à Kara Fatma ?

À Bursa, une statue se trouve dans le quartier de Konak, dans le district de Nilüfer, sur une place appelée Kara Fatma Meydanı. À Istanbul, une tombe commémorative construite par le Croissant-Rouge turc en 2014 se trouve au cimetière de Kulaksız, à Kasımpaşa.

Combien de soldats Kara Fatma commandait-elle ?

Les sources divergent. Wikipédia en anglais avance 700 hommes et 43 femmes. Le Croissant-Rouge turc décrit une unité de 300 personnes.

Kara Fatma a-t-elle touché une pension ?

Oui, mais tardivement. En 1954, grâce aux démarches de deux parlementaires, elle obtint une pension mensuelle de 170 livres turques pour services rendus à la nation. Elle mourut en 1955.

Image: Kara Fatma.jpg — Unknown authorUnknown author, Public domain

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