La tour de Galata (Galata Kulesi) est une tour de pierre qui a servi de poste de guet fortifié, de prison, de vigie contre les incendies, de café et de musée. Elle est aussi le cadre de l’une des légendes les plus connues d’Istanbul. Ce guide distingue ce que les documents attestent de ce que les récits y ajoutent.
Où se trouve la tour de Galata à Istanbul ?
La tour se dresse sur la rive européenne d’Istanbul. Selon le ministère de la Culture et du Tourisme, elle se trouve dans le quartier de Bereketzade, à Galata, dans l’arrondissement de Beyoğlu.
Le Portail de la culture indique deux itinéraires pour la rejoindre. Vous pouvez monter à pied depuis Karaköy en suivant Bankalar Caddesi. Vous pouvez aussi prendre le Tünel.
Si vous cherchez « légende de la tour de Galata, où se trouve-t-elle ? », la réponse reste donc la même. La légende et la tour ont la même adresse.
Histoire de la tour de Galata : la colonie génoise
L’histoire commence par une alliance. Les Génois étaient alliés à l’Empire byzantin. C’est dans ce cadre qu’ils fondent en 1267 la colonie de Péra (Pera), à Galata, au nord de la Corne d’Or.
Cette colonie installée sur le rivage avait besoin de protection. Des assaillants pouvaient arriver par la terre. Les Génois entourent donc leur établissement de remparts. La tour de Galata constitue la tour principale de ce dispositif défensif.
La tour que vous voyez aujourd’hui date de 1348. La brochure du musée publiée par le ministère la présente comme une tour de guet des remparts de Galata. Ce poste d’observation avait une fonction concrète. Depuis le sommet, les gardes pouvaient repérer les menaces à l’approche.
Les Génois lui avaient donné un nom : Turris Sancte Crucis. Il signifie « tour de la Sainte-Croix ». Ce nom renvoyait à la croix placée à son sommet. La plupart des guides passent ce détail sous silence.
Sous les Ottomans : réparations, prisonniers et surveillance des incendies
Le 29 mai 1453, Istanbul est conquise. Les Génois de Péra remettent leur colonie aux Ottomans sans combattre. La tour passe elle aussi sous leur contrôle.
Le séisme de 1509 endommage la tour. L’architecte Hayreddin dirige les réparations, achevées au milieu de l’année 1510.
Au XVIe siècle, la tour prend une fonction plus sombre. Avec les autres tours des remparts de Galata, elle sert à loger et à emprisonner des prisonniers de guerre chrétiens. Ces hommes travaillent dans les chantiers navals de Kasımpaşa.
À partir du XVIIIe siècle, sa fonction change encore. Le Mehterhâne Ocağı, le corps de musique militaire ottoman, et des guetteurs professionnels y surveillent les départs de feu. Pensez au détecteur de fumée de votre cuisine. La tour remplissait le même rôle pour une ville entière, avec des yeux humains.
Incendies, tempête et café
La tour surveillait les incendies. Mais le feu a aussi transformé la tour.
Après l’incendie de 1794, les travaux transforment sa partie supérieure en café. Un poste de surveillance des incendies devient ainsi un lieu où boire du café.
L’incendie des 2–3 août 1831 entraîne une nouvelle transformation. Lors des réparations, les bâtisseurs ajoutent au sommet une salle percée de 14 fenêtres. Ils aménagent aussi un balcon à garde-corps en fer qui fait le tour de l’étage supérieur.
L’entrée sud porte une inscription consacrée aux réparations de 1831–1832. Elle comprend un poème du poète Pertev. Quand vous êtes devant la porte, levez les yeux pour la repérer.
Puis les intempéries s’en mêlent. En 1875, une tempête emporte le toit. Deux étages en bois sont ensuite ajoutés au sommet pour permettre de poursuivre la surveillance des incendies.
De la restauration au musée
Au XXe siècle, la tour s’ouvre aux visiteurs. La restauration de 1965–1967 l’aménage pour un usage touristique. Le toit est reconstruit pour retrouver sa silhouette conique du XIXe siècle.
La restauration de 2020 va plus loin. Les éléments en béton armé ajoutés au fil du temps sont retirés, tout comme la cafétéria. La tour rouvre en tant que musée.
En 2013, la tour est inscrite sur la liste indicative du patrimoine mondial de l’UNESCO. Elle y figure au sein d’un ensemble de sites liés aux routes commerciales génoises en Méditerranée et en mer Noire. Cette liste indicative constitue une première étape. Elle ne vaut pas inscription au patrimoine mondial.
Le vol de Hezarfen : une légende sans preuve historique
C’est le récit qui attire la plupart des visiteurs.
Selon cette histoire, Hezarfen Ahmed Çelebi se serait élancé de la tour de Galata au XVIIe siècle. Il aurait atterri sur la place Doğancılar, à Üsküdar. La source est Evliya Çelebi, qui raconte cet épisode dans son récit de voyage.
Mais il y a un problème. Selon l’encyclopédie de l’islam de la TDV, tout ce que nous savons de Hezarfen repose sur le seul Seyahatnâme d’Evliya Çelebi. Aucun document historique indépendant ne confirme ce vol. Considérez donc ce récit comme une histoire transmise, et non comme un événement prouvé.
L’auteur de cette notice, Mustafa Kaçar, examine aussi les chiffres. Environ 3 200 mètres séparent Galata de Doğancılar. Selon lui, une personne ne pourrait pas parcourir cette distance en battant des ailes. Un simple planeur reste seulement une hypothèse à envisager.
Le récit a tout de même laissé une trace. En 1950, la PTT émet un timbre commémoratif de 20 kuruş pour le Congrès international de l’aviation civile à Istanbul. Il représente le vol de Hezarfen depuis la tour de Galata.
Que voir dans le musée ?
La brochure du ministère signale plusieurs éléments à découvrir.
- Au 4e étage, vous pouvez voir la chaîne historique qui fermait autrefois l’entrée de la Corne d’Or.
- Au 7e étage se trouve une maquette d’Istanbul à l’échelle 1/2500. Six tablettes la soutiennent.
- L’ascenseur monte jusqu’au 6e étage. Le balcon panoramique du 8e étage est accessible par les escaliers.
La hauteur de la tour jusqu’à la ligne de toiture est de 62,59 mètres. Son diamètre extérieur est de 16,45 mètres et son diamètre intérieur de 8,95 mètres.
Billets et prix d’entrée de la tour de Galata
Le barème officiel du DÖSİMM du ministère, consulté le 24 octobre 2026, fixe le prix d’entrée des visiteurs étrangers à 30 euros.
Ce même barème indique que les titulaires d’une carte d’identité turque peuvent entrer avec la Müzekart. La page du musée annonce un billet de visite nocturne pour les titulaires d’une Müzekart disposant d’un numéro d’identité turc. Il coûte 200 TL en supplément de leurs droits d’entrée existants.
Les tarifs changent. Consultez les pages du ministère citées dans les Sources avant d’organiser votre journée.
Photos de la tour de Galata : où les trouver ?
La page du Portail de la culture consacrée à la tour de Galata propose des photos du monument. Elles sont créditées à Gülcan Acar et à la Direction générale de la promotion. Si vous avez besoin d’images pour un projet, vérifiez d’abord les crédits et les règles indiquées sur cette page.
Pour vos propres photos, rappelez-vous la fonction de la tour : c’est un poste d’observation. Le balcon du 8e étage offre le point de vue.
Les détails que les guides ne vous donnent pas
- Le nom génois Turris Sancte Crucis signifie « tour de la Sainte-Croix ». Il faisait référence à la croix placée au sommet.
- Après l’incendie de 1794, le sommet de la tour est devenu un café.
- La tempête de 1875 a emporté le toit. Deux étages en bois ont été ajoutés pour poursuivre la surveillance des incendies.
- L’inscription de l’entrée sud consacrée aux réparations de 1831–1832 contient un poème de Pertev.
- Un timbre-poste turc de 20 kuruş émis en 1950 représente le vol de Hezarfen, alors que ce vol reste sans preuve.
- La maquette d’Istanbul du 7e étage est à l’échelle 1/2500 et repose sur six tablettes.
Chronologie
- 1267 : Les Génois fondent la colonie de Péra à Galata.
- 1348 : La tour de Galata actuelle est construite dans le cadre des fortifications génoises.
- 1453 : Après la conquête d’Istanbul, Péra et la tour passent sous domination ottomane.
- 1509–1510 : La tour endommagée par le séisme est réparée.
- XVIe siècle : La tour accueille des prisonniers de guerre.
- XVIIe siècle : Evliya Çelebi consigne le récit du vol de Hezarfen.
- XVIIIe siècle : La tour sert à surveiller les incendies.
- 1794 : Après un incendie, le sommet est transformé en café.
- 1831–1832 : Après un autre incendie, une salle de 14 fenêtres et un balcon à garde-corps en fer sont ajoutés au sommet.
- 1875 : Une tempête emporte le toit.
- 1950 : Un timbre de la PTT représente le vol de Hezarfen.
- 1965–1967 : Une restauration aménage la tour pour les touristes.
- 2013 : Inscription sur la liste indicative de l’UNESCO.
- 2020 : La tour rouvre en tant que musée.
FAQ
Où se trouve la tour de Galata ?
Elle se trouve dans le quartier de Bereketzade, à Galata, dans l’arrondissement de Beyoğlu, sur la rive européenne d’Istanbul. Depuis Karaköy, vous pouvez monter à pied par Bankalar Caddesi ou prendre le Tünel.
Quel est le prix d’entrée de la tour de Galata pour les visiteurs étrangers ?
Le barème du DÖSİMM consulté le 24 octobre 2026 indique 30 euros. Consultez la page officielle pour vérifier les éventuels changements.
Qui a construit la tour de Galata ?
Les Génois ont construit la tour actuelle en 1348. Elle servait de tour de guet aux remparts qui entouraient Péra.
Hezarfen Ahmed Çelebi a-t-il vraiment volé depuis la tour de Galata ?
Ce vol n’est pas confirmé. Le récit repose uniquement sur le Seyahatnâme d’Evliya Çelebi. Aucun document indépendant ne permet de le vérifier.
Peut-on monter jusqu’en haut en ascenseur ?
L’ascenseur monte jusqu’au 6e étage. Vous rejoignez le balcon du 8e étage par les escaliers.
Sources
- Ministère de la Culture et du Tourisme — İstanbul Galata Kulesi muze.gov.tr
- Direction générale du patrimoine culturel et des musées — Brochure du musée de la tour de Galata muze.gov.tr
- Wikipedia — Tour de Galata en.wikipedia.org
- Vikipedi — Galata Kulesi tr.wikipedia.org
- TDV İslâm Ansiklopedisi — Mustafa Kaçar, Hezarfen Ahmed Çelebi islamansiklopedisi.org.tr
- İstanbul Ansiklopedisi — Ahmed Çelebi (Hezarfen), Université Kadir Has et SALT istanbulansiklopedisi.org
- Direction générale du patrimoine culturel et des musées — Google Arts & Culture artsandculture.google.com
- Portail de la culture — Galata Kulesi kulturportali.gov.tr
Image: Istanbul Galata Tower IMG 8211 1920.jpg — Alexxx1979, CC BY-SA 4.0






