Priam (Priamos) était le fils de Laomédon et le dernier roi de Troie (Troya) pendant la guerre de Troie, dans la mythologie grecque. L’Iliade le présente comme un souverain âgé et comme le père d’Hector accablé par le deuil. Les vestiges archéologiques établissent que Troie a existé à Hisarlık. Ils ne prouvent pas que Priam lui-même ait vécu.
Pourquoi cette distinction compte-t-elle lorsque vous lisez un récit sur Troie ou visitez ses vestiges ? La rencontre de Priam avec Achille, les récits de sa mort et les objets appelés « trésor de Priam » relèvent de sources de nature différente. Suivre ces pistes permet de comprendre ce que racontent les textes anciens et ce que le site archéologique permet d’établir.
Qui était Priam dans la mythologie grecque ?
Priam appartient à une famille royale dont les malheurs traversent les récits troyens. Son père était Laomédon. Parmi ses enfants figuraient Hector, Pâris, Cassandre, Hélénos et Polyxène. L’Oxford Classical Dictionary présente Hécube comme son épouse principale et mentionne aussi d’autres épouses et concubines.
Ces liens familiaux comptent pour comprendre l’Iliade. Hector est à la fois le fils de Priam et l’homme dont le roi doit récupérer le corps auprès d’Achille. Cette relation réunit le destin de la famille royale et les souffrances causées par la guerre. La rencontre la plus intime de Priam avec un ennemi naît du besoin d’un père d’enterrer son enfant.
Comment l’Iliade présente-t-elle Priam comme roi et comme père ?
Au chant III, Priam siège aux portes Scées parmi les anciens de Troie. Ils sont trop âgés pour combattre, mais se distinguent encore par leur éloquence. La scène inscrit le roi dans une forme d’autorité fondée sur la parole et le jugement. Son âge l’a pourtant éloigné du combat.
Ménélas exprime plus directement la considération dont jouit Priam. Il demande que le roi assiste en personne au serment qui doit sceller l’accord, car il juge ses fils peu fiables. Il estime que le vieux souverain peut tenir compte des intérêts des deux camps. Un ennemi reconnaît donc à Priam la capacité de voir au-delà des intérêts immédiats de sa famille.
L’attitude de Priam envers Hélène ajoute une autre dimension à ce portrait. Il l’invite à s’asseoir près de lui et lui dit qu’il tient les dieux pour responsables de la guerre, plutôt qu’elle. Dans cet échange, le roi n’accuse pas la femme assise à ses côtés sur les remparts de Troie.
Le chant XXIV met au premier plan son rôle de père. Achille a tué Hector. Priam se rend au camp achéen pour récupérer son corps. Le roi qui pouvait inspirer le respect lors des discussions sur un accord doit maintenant adresser une demande personnelle à l’homme qui a tué son fils.
Pourquoi Priam va-t-il demander le corps d’Hector à Achille ?
Priam a un objectif précis : il apporte une rançon pour permettre les funérailles d’Hector. Son voyage le conduit dans le camp achéen, puis auprès d’Achille. Leur rencontre porte sur la restitution d’un corps et sur le temps nécessaire pour pleurer Hector et l’enterrer.
Priam embrasse les genoux d’Achille et baise les mains qui ont tué ses fils. Il lui demande de se souvenir de son propre père, Pélée. Cet appel relie la souffrance qu’Achille a sous les yeux à un père qu’il peut se représenter. Priam fonde sa demande sur ce lien familial qu’ils partagent.
Les deux hommes pleurent alors des êtres différents. Priam pleure Hector. Achille pleure Pélée et Patrocle. Leur chagrin n’a pas le même objet, mais le poème les réunit dans une même scène. La supplication de Priam inscrit cette rencontre dans les deuils des deux hommes.
Si vous avez déjà participé à l’organisation d’obsèques, la demande suivante de Priam vous sera familière : le deuil exige du temps et des préparatifs concrets. Il demande neuf jours de deuil, des funérailles le dixième jour et la construction d’un tombeau le onzième. Achille accepte que les combats restent suspendus jusqu’au douzième jour.
L’Iliade s’achève sur les funérailles d’Hector et le banquet funèbre dans la demeure de Priam. Elle ne raconte ni la mort de Priam ni la chute de Troie. Si vous cherchez à situer ses derniers instants dans le récit, cette limite compte : le récit de son meurtre appartient à d’autres œuvres antiques.
Quels récits antiques racontent la mort de Priam ?
Le livre II de l’Énéide de Virgile désigne le fils d’Achille, Néoptolème, également appelé Pyrrhus, comme le meurtrier de Priam. Avant de tuer le roi, Pyrrhus tue Politès sous les yeux de son père. La mort de Priam suit ainsi une nouvelle scène où il assiste à la destruction de sa famille.
Priam lance une javeline, mais elle frappe sans effet le bouclier de Pyrrhus. Celui-ci le traîne ensuite jusqu’à un autel et le tue avec une épée. Le vieux roi accomplit donc un geste de résistance. Le récit montre toutefois clairement que son arme ne peut arrêter son agresseur.
L’Épitomé du Pseudo-Apollodore, à la section 5.21, attribue aussi ce meurtre à Néoptolème. Dans ce récit, Priam s’est réfugié auprès de l’autel de Zeus, protecteur de la cour. L’autel occupe donc une place centrale dans cette version comme dans celle de l’Énéide.
Les traditions ne s’accordent pas sur tous les détails. Une note comparative de Frazer rapporte une version associée à Leschès : Néoptolème éloigne Priam de l’autel et le tue sur le seuil de sa demeure. L’Épitomé situe sa mort à l’autel. Ce sont des variantes de la tradition narrative antique, et non des preuves indépendantes d’un meurtre historique.
L’existence archéologique de Troie prouve-t-elle que Priam a vécu ?
Non. Les vestiges de Troie et l’existence historique de Priam sont deux questions distinctes. Le site archéologique se trouve à Hisarlık, à Çanakkale, à environ 4,8 kilomètres de l’entrée sud des Dardanelles. Ces vestiges établissent l’existence d’un lieu occupé par des établissements humains. Ils ne permettent pas d’identifier un roi nommé Priam.
Le projet Troie de l’université de Tübingen situe la succession des établissements fortifiés de l’âge du bronze sur la butte centrale entre environ 3000 et 950 av. J.-C. Cette longue période correspond à des occupations successives. Elle ne représente ni la durée de vie de Priam ni une datation vérifiée des événements racontés dans les poèmes.
Une interprétation historique développée par Korfmann, Starke et Latacz rapproche Troie de Wilusa, mentionnée dans les textes hittites. Elle propose que l’épopée puisse conserver un souvenir lointain de conflits impliquant des Mycéniens. Elle offre ainsi un lien possible entre la tradition littéraire et des événements historiques.
L’université de Tübingen précise aussi que cette interprétation n’est pas acceptée par tous les spécialistes. Elle ne peut être prouvée, car les sources sont incomplètes. Même ce rapprochement général reste donc débattu. Il ne permet pas d’affirmer davantage que le roi précis dépeint dans l’Iliade a été identifié historiquement.
Lorsque vous visitez Troie, distinguez la succession des occupations archéologiques de la biographie royale. L’UNESCO a inscrit le site archéologique de Troie sur sa Liste du patrimoine mondial en 1998. Cette reconnaissance concerne le site. Elle ne transforme pas les liens familiaux de Priam ou sa rencontre avec Achille en événements vérifiés.
Les détails que vous ne trouverez pas dans les guides
Dans la tradition mythologique, Priam ne s’est pas toujours appelé Priam. Son premier nom était Podarcès. Selon cette tradition, Héraclès l’a épargné après avoir tué Laomédon et l’a fait roi de Troie. Son accession au trône appartient donc à un récit qui implique la mort de son père.
Le voyage auprès d’Achille bénéficie aussi d’une aide divine. Au chant XXIV, Zeus envoie Hermès guider Priam et le héraut Idée vers le camp. Hermès prend l’apparence d’un jeune homme. Ce détail inscrit pleinement le voyage dans l’univers du poème, où se mêlent actions humaines et interventions divines.
Durant sa supplication, Priam donne des chiffres frappants sur sa famille. Il affirme qu’il avait 50 fils à l’arrivée des Achéens et que 19 étaient nés de la même mère. Ces chiffres sont prononcés par Priam dans l’épopée. Ils donnent la mesure des pertes familiales qui motivent sa demande.
La rançon comporte des éléments tout aussi concrets. Elle comprend dix talents d’or, deux trépieds, quatre chaudrons et une coupe précieuse offerte à Priam par des Thraces. La demande de restitution d’Hector engage donc des biens précisément désignés, en plus des paroles et des gestes du roi.
Le « trésor de Priam » entretient un lien d’une autre nature avec le roi. Selon les musées d’État de Berlin, cet ensemble d’objets a été découvert le 31 mai 1873. Heinrich Schliemann lui a donné ce nom parce qu’il croyait que les objets avaient appartenu au souverain légendaire. Cette appellation témoigne de sa conviction. Elle n’établit pas à qui les objets appartenaient.
Chronologie
- Environ 3000–950 av. J.-C. : Des établissements fortifiés successifs de l’âge du bronze occupent la butte centrale d’Hisarlık. Cette période ne date pas la vie de Priam.
- Dans la succession des événements de l’épopée, après la mort d’Hector : Priam rend visite à Achille, récupère le corps d’Hector contre une rançon et obtient une suspension des combats pour les funérailles.
- Dans la succession des événements du récit, lors de la chute de Troie : L’Énéide et l’Épitomé racontent que Néoptolème tue Priam. Aucune date calendaire de cet événement n’est vérifiée.
- Vers 1760 : Le tableau La Mort de Priam, attribué à Johann Andreas Herrlein, représente un sujet que le Städel Museum rattache à l’Énéide, II, 506–566.
- Vers 1815–1825 : Giuseppe Girometti réalise un camée en onyx et en or représentant la supplication de Priam auprès d’Achille. Il est aujourd’hui conservé au Metropolitan Museum of Art.
- 31 mai 1873 : Découverte des objets que Schliemann nomme « trésor de Priam ».
- 1998 : Troie entre sur la Liste du patrimoine mondial de l’UNESCO.
FAQ
Priam était-il le père d’Hector ?
Oui, dans la mythologie grecque. Parmi ses enfants figuraient aussi Pâris, Cassandre, Hélénos et Polyxène. Hécube était son épouse principale.
Priam meurt-il dans l’Iliade ?
Non. L’Iliade s’achève sur les funérailles d’Hector et le banquet dans la demeure de Priam. La mort de Priam apparaît dans l’Énéide et dans d’autres récits antiques.
Qui tue Priam ?
L’Énéide et l’Épitomé du Pseudo-Apollodore désignent Néoptolème, également appelé Pyrrhus. Les traditions divergent sur le lieu précis du meurtre.
L’existence historique du roi Priam est-elle prouvée ?
Non. Les vestiges d’Hisarlık établissent l’existence de Troie. Ils ne prouvent ni qu’un roi nommé Priam ait vécu ni que le récit de l’Iliade à son sujet rapporte des événements historiques.
Sources
- Oxford Classical Dictionary — Priam academic.oup.com
- MIT Internet Classics Archive — Iliade, chant III classics.mit.edu
- MIT Internet Classics Archive — Iliade, chant XXIV classics.mit.edu
- MIT Internet Classics Archive — Énéide, livre II classics.mit.edu
- Université Tufts, Perseus — Apollodore, Épitomé 5, avec la note 23 de Frazer beta.perseus.tufts.edu
- Städel Museum — La Mort de Priam sammlung.staedelmuseum.de
- The Metropolitan Museum of Art — Priam suppliant Achille de lui rendre le corps d’Hector metmuseum.org
- Centre du patrimoine mondial de l’UNESCO — Site archéologique de Troie whc.unesco.org
- Université de Tübingen — Troie uni-tuebingen.de
- Staatliche Museen zu Berlin — Trésor de Priam smb.museum
FAQ
Qui était Priam ?
Dans la mythologie grecque, Priam était le fils de Laomédon et le dernier roi de Troie pendant la guerre de Troie. Parmi ses enfants figuraient Hector, Pâris, Cassandre, Hélénos et Polyxène.
Pourquoi Priam est-il allé voir Achille ?
Priam est venu récupérer le corps d’Hector contre une rançon pour permettre ses funérailles. Achille a aussi accepté de suspendre les combats pendant les préparatifs funéraires.
Qui a tué Priam ?
L’Énéide et l’Épitomé du Pseudo-Apollodore désignent Néoptolème, également appelé Pyrrhus, comme le meurtrier de Priam. Ces récits appartiennent à la tradition littéraire.
L’archéologie de Troie prouve-t-elle que Priam a existé ?
Non. Les vestiges d’Hisarlık établissent l’existence de Troie, mais pas l’existence historique d’un roi nommé Priam.
Image: Baby tufted gray langur (Semnopithecus priam).jpg — Senthiaathavan, CC BY-SA 4.0






