Le Panthéon (en turc : Pantheon), à Rome (Roma), possède une coupole en béton soutenue par un épais mur circulaire. Un coffrage en bois a permis de donner forme à son vaste volume intérieur. Le béton plus mince vers le sommet, les matériaux volcaniques légers, les caissons en creux et l’ouverture sommitale réduisent son poids. Cette ouverture, appelée oculus, laisse aussi entrer la lumière du jour et l’air. La pluie qui y pénètre s’évacue par 22 trous dans le sol.
Lorsque vous levez les yeux vers la coupole, son centre ouvert ne révèle qu’une partie des solutions techniques employées. La structure repose aussi sur des variations d’épaisseur, des matériaux soigneusement choisis et des supports intégrés au mur périphérique. Son histoire pose une autre énigme : la façade porte le nom d’Agrippa, mais l’édifice à coupole appartient à une reconstruction ultérieure.
Quel lien entre le bâtiment d’Agrippa et le Panthéon actuel ?
Le Panthéon se trouve dans le quartier de Pigna, au cœur du centre historique de Rome. Marcus Vipsanius Agrippa, gendre d’Auguste, a commandé le premier bâtiment en 27–25 av. J.-C. Le monument que vous voyez occupe l’emplacement de ce premier Panthéon. Sa forme actuelle résulte toutefois d’une importante reconstruction.
Des incendies séparent le bâtiment d’Agrippa de ceux qui lui ont succédé. Son Panthéon a été détruit en 80 apr. J.-C., puis reconstruit sous Domitien. Ce deuxième bâtiment a de nouveau brûlé en 110 apr. J.-C. La coupole actuelle s’inscrit donc dans une succession de destructions et de reconstructions. Elle ne remonte pas à la commande initiale d’Agrippa.
La grande inscription latine de la façade peut brouiller cette chronologie. Elle indique que Marcus Agrippa, fils de Lucius, a construit le monument lors de son troisième consulat. Elle conserve cette attribution, mais ne prouve pas que la coupole en béton encore debout date de son vivant.
La date précise du début de la reconstruction reste discutée. Le ministère italien de la Culture la situe sous le règne d’Hadrien, entre 118 et 125 apr. J.-C. Le projet archéologique de l’université de Cologne retient plutôt un début sous Trajan, en 110 apr. J.-C., suivi d’un achèvement sous Hadrien. Les deux interprétations placent l’édifice conservé au IIe siècle.
Sa fonction d’origine appelle elle aussi des précautions. Selon l’explication courante, le Panthéon était un temple dédié à tous les dieux. Cette interprétation est contestée. Godfrey et Hemsoll soulignent que les textes antiques ne désignent pas le bâtiment d’Hadrien par le terme habituellement employé pour un temple, aedes.
Comment a été construite la grande coupole en béton ?
L’espace intérieur circulaire mesure 43,30 mètres de diamètre. Sa hauteur, du sol au sommet de la coupole, atteint également 43,30 mètres. Le Panthéon possède la plus grande coupole au monde en béton non armé par sa portée. Avec de telles dimensions, la maîtrise du poids de la coupole est essentielle pour comprendre le bâtiment.
Un coffrage en bois a permis de façonner le béton pour former cette large coupole au-dessus d’un espace intérieur continu. Le mortier de ce béton romain associait de la chaux, de l’eau et de la pouzzolane, une fine cendre volcanique. La réalisation de la structure dépendait donc à la fois d’un dispositif de soutien pendant la construction et du matériau qui y était mis en place.
Sous la coupole se dresse un épais cylindre en béton revêtu de briques. Ce mur circulaire résiste aux forces que la coupole exerce vers le bas et vers l’extérieur. Il joue un rôle porteur : le vaste espace dégagé à l’intérieur dépend de la masse considérable qui l’entoure et le soutient.
La charge de la coupole se répartit sur huit grands piliers intégrés au mur circulaire porteur. Pour comprendre la structure, vous pouvez observer le lien entre la couverture au-dessus de vous et les supports qui entourent la salle. Sa grande portée ne signifie pas que la coupole se soutient indépendamment des murs situés en dessous.
Comment a-t-on allégé la coupole en béton ?
La coupole s’amincit fortement à mesure qu’elle s’élève. Près de sa base, son épaisseur atteint environ 6,4 mètres. Autour de l’oculus, elle n’est plus que d’environ 1,2 mètre. Cette diminution retire une quantité considérable de matière dans la partie haute de la structure.
La composition du béton varie également sur six couches de matériaux. Près du sommet, des scories volcaniques de faible densité réduisent le poids. La construction de la coupole joue donc à la fois sur l’épaisseur et sur la composition : son sommet contient moins de matière, et celle qui y est employée est plus légère.
Sur la face intérieure, 140 panneaux en creux forment cinq rangées de caissons. Ces renfoncements réduisent la quantité de matière dans la coupole, et donc son poids. Le décor géométrique que vous voyez au-dessus de vous participe à la solution structurelle, tout en marquant l’aspect de la salle.
L’oculus allège encore le sommet. Laisser cette ouverture circulaire supprime la masse qui occuperait autrement le haut de la coupole. Son rôle structurel s’ajoute à celui de l’épaisseur décroissante, des matériaux volcaniques plus légers et des caissons. L’allègement résulte de l’action combinée de ces mesures.
À quoi sert l’oculus et comment l’eau de pluie est-elle évacuée ?
L’oculus est une ouverture circulaire d’environ 9 mètres de diamètre. Ouvert sur le ciel, il apporte la lumière du jour à l’intérieur. Cette même ouverture contribue à la circulation de l’air et au rafraîchissement. Le sommet de la coupole remplit donc d’autres fonctions que son seul allègement.
La pluie entre bien par l’oculus. L’ouverture reste exposée aux intempéries : l’évacuation de l’eau fait donc partie de la conception du bâtiment. L’eau s’écoule par 22 trous d’évacuation situés dans la partie centrale du sol.
Le sol en marbre présente une légère pente convexe qui dirige l’eau de pluie vers les points d’évacuation. Vous pouvez faire le rapprochement avec un aménagement quotidien : comme le sol d’une douche, la surface sous vos pieds guide l’eau vers une sortie. Au Panthéon, la pente du sol et les trous d’évacuation prennent en charge la pluie qui tombe par le toit.
Lors de votre visite, l’oculus et le sol se comprennent ensemble. En levant les yeux, vous voyez par où entrent la lumière, l’air et la pluie. En regardant vers le bas, vous découvrez comment le bâtiment évacue l’eau. Un aménagement pratique au niveau du sol complète ainsi l’ouverture.
Comment la conversion en église a-t-elle contribué à préserver le bâtiment ?
L’empereur byzantin Phocas a donné le Panthéon au pape Boniface IV. En 609, le bâtiment a été consacré comme église sous le nom de Santa Maria ad Martyres. Ce changement a donné au monument antique une fonction religieuse chrétienne.
Cette conversion a contribué à sa préservation au Moyen Âge. De nombreux monuments antiques ont subi des prélèvements de matériaux destinés au réemploi. L’utilisation du Panthéon comme église a contribué à le protéger de ce processus. Elle a ainsi favorisé la conservation de sa structure et de sa grande coupole.
Cette préservation ne signifie pas que tous ses éléments sont restés intacts. Trois colonnes du portique ont été remplacées au XVIIe siècle. Deux clochers ont aussi été ajoutés à la façade à cette époque. Le monument conservé associe sa structure antique aux traces d’interventions ultérieures.
Chronologie
- 27–25 av. J.-C. : Agrippa commande le premier Panthéon.
- 80 apr. J.-C. : Un incendie détruit le bâtiment d’Agrippa. Il est reconstruit sous Domitien.
- 110 apr. J.-C. : Le bâtiment du règne de Domitien brûle à son tour.
- Premier quart du IIe siècle apr. J.-C. : Construction du Panthéon à coupole conservé aujourd’hui. Le début du chantier, sous Trajan ou sous Hadrien, reste discuté.
- 202 apr. J.-C. : Septime Sévère et Caracalla font réparer le bâtiment.
- 609 : Le Panthéon est consacré sous le nom de Santa Maria ad Martyres.
- XVIIe siècle : Trois colonnes du portique sont remplacées et deux clochers sont ajoutés à la façade.
Les détails que vous ne trouverez pas dans les guides
La hauteur et le diamètre intérieurs étant égaux, une sphère imaginaire de 43,3 mètres de diamètre pourrait tenir dans le Panthéon. Si vous imaginez cette sphère sous la coupole, le rapport entre le sol, la salle circulaire et la couverture devient plus facile à saisir. Ces dimensions décrivent l’ensemble du volume intérieur.
Le portique compte 16 colonnes corinthiennes. Ses colonnes monolithes sont en granit égyptien. Trois colonnes du côté gauche ont été remplacées par des colonnes de réemploi au XVIIe siècle, sous Urbain VIII et Alexandre VII.
Sous la grande inscription d’Agrippa se trouve une seconde inscription, plus petite. Elle rappelle les réparations effectuées sous Septime Sévère et Caracalla en 202 apr. J.-C. La façade conserve ainsi à la fois l’attribution au commanditaire d’origine et la trace de travaux ultérieurs.
Les deux clochers ajoutés au XVIIe siècle ont reçu des Romains un surnom moqueur : les oreilles d’âne. Ce détail appartient à l’histoire architecturale plus tardive du Panthéon, au même titre que les colonnes remplacées et son identité durable d’église.
FAQ
Le Panthéon actuel a-t-il été construit par Agrippa ?
Agrippa a commandé le premier Panthéon en 27–25 av. J.-C. La structure à coupole conservée aujourd’hui est issue d’une reconstruction au IIe siècle apr. J.-C. La grande inscription conserve le nom d’Agrippa, même si le bâtiment qui s’élève au-dessus et derrière elle appartient à une phase ultérieure.
Comment a-t-on réduit le poids de la coupole du Panthéon ?
Le béton s’amincit vers le sommet, où des matériaux volcaniques plus légers ont été utilisés. Cinq rangées de caissons retirent de la matière sur la face intérieure. L’oculus supprime aussi de la masse au sommet et participe au même allègement d’ensemble.
Pourquoi y a-t-il un trou au sommet du Panthéon ?
L’oculus allège la coupole et laisse entrer la lumière du jour. D’environ 9 mètres de diamètre, il contribue aussi à la circulation de l’air et au rafraîchissement. Sa forme ouverte relie ces fonctions de régulation de l’ambiance intérieure à la conception structurelle de la coupole.
Est-ce que la pluie entre dans le Panthéon ?
Oui. La pluie entre par l’oculus et atteint le sol en marbre. Sa légère pente convexe dirige l’eau vers les points d’évacuation. Dans la partie centrale du sol, 22 trous permettent de l’évacuer.
Sources
- Ministère italien de la Culture — Repères historiques direzionemuseiroma.cultura.gov.it
- Turismo Roma — Le Panthéon turismoroma.it
- Smarthistory — Le Panthéon de Rome smarthistory.org
- Université de Cologne, Institut d’archéologie — Le projet numérique bernois sur le Panthéon archaeologie.phil-fak.uni-koeln.de
- David Moore, Constructor, septembre 2002 — Le Panthéon : le joyau du béton romain ballarini.cive.uh.edu
- PBS/WGBH — Building Big : le Panthéon pbs.org
- Wikipedia — Panthéon de Rome en.wikipedia.org
- Vikipedi — Panthéon (Rome)) tr.wikipedia.org
FAQ
Le Panthéon actuel a-t-il été construit par Agrippa ?
Agrippa a commandé le premier Panthéon en 27–25 av. J.-C. L’édifice à coupole conservé aujourd’hui est issu d’une importante reconstruction au IIe siècle apr. J.-C., même si sa façade porte toujours son nom.
Comment a-t-on réduit le poids de la coupole du Panthéon ?
La coupole s’amincit vers le sommet, où des matériaux volcaniques de faible densité ont été employés. Ses 140 caissons en creux et son oculus ouvert réduisent aussi la quantité de matière et son poids.
Pourquoi y a-t-il un trou au sommet du Panthéon ?
L’oculus allège la coupole et laisse entrer la lumière du jour. Cette ouverture d’environ 9 mètres de diamètre contribue aussi à la circulation de l’air et au rafraîchissement.
Est-ce que la pluie entre dans le Panthéon ?
Oui. La pluie tombe par l’oculus ouvert. Le sol en marbre, légèrement convexe, dirige l’eau vers les points d’évacuation. Dans sa partie centrale, 22 trous permettent de l’évacuer.
Image: Pantheon Rom 1 cropped.jpg — Rabax63, CC BY-SA 4.0






