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Forteresse de Diyarbakır et jardins de Hevsel : UNESCO

La forteresse de Diyarbakır et les jardins de Hevsel ont été inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO en 2015 comme paysage culturel associant les défenses de la ville à son approvisionnement en nourriture et en eau. Les remparts, les inscriptions, les jardins et le complexe muséal d’İçkale montrent comment cette relation a évolué au fil des périodes historiques.

9 min de lecture8 sourcesPublié le: 2 novembre 2026Dernière vérification: 2 novembre 2026
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Forteresse de Diyarbakır et jardins de Hevsel : UNESCO
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La forteresse de Diyarbakır (Diyarbakır Kalesi) et les jardins de Hevsel (Hevsel Bahçeleri) sont inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2015. Cette inscription commune réunit les remparts du centre historique et les jardins situés entre ces murs et le Tigre (Dicle). Leur lien est aussi pratique qu’historique. La forteresse défendait la ville. Les jardins contribuaient à son approvisionnement en nourriture et en eau.

Lorsque vous explorez ce paysage culturel, les remparts ne racontent qu’une partie de son histoire. İçkale, Amida Höyük, les fortifications extérieures, les jardins de Hevsel, le Tigre et sa vallée, ainsi que le pont aux Dix Arches (On Gözlü Köprü) font tous partie du bien inscrit à l’UNESCO. Ensemble, ils relient la défense, les cultures et les changements d’usage des bâtiments de la ville.

La forteresse de Diyarbakır

La forteresse de Diyarbakır entoure le centre historique du district de Sur, à Diyarbakır, en Turquie. Elle comprend deux grandes parties. İçkale constitue la citadelle intérieure. Dışkale forme l’enceinte défensive extérieure. Ces deux noms vous permettent de distinguer la citadelle des longs remparts qui entourent le centre historique.

L’enceinte extérieure possède quatre entrées principales : Dağ Kapı, Urfa Kapı, Mardin Kapı et Yeni Kapı. Ces portes constituent des repères précis dans les fortifications. Mardin Kapı et Yeni Kapı permettent aussi de situer les jardins de Hevsel au-delà des remparts.

L’ICOMOS mesure les remparts extérieurs à 5 200 mètres. Avec les murs d’İçkale, l’ensemble du système défensif atteint 5 800 mètres. Ces chiffres correspondent à des parties différentes du même ensemble. La mesure la plus élevée comprend les murs de la citadelle intérieure et l’enceinte extérieure.

Dışkale compte 82 tours et bastions. Leurs plans sont carrés, circulaires ou polygonaux. Plusieurs formes architecturales coexistent donc au sein d’une même enceinte. Les remparts assuraient la défense de la ville. Ils ont conservé cette fonction durant la période ottomane.

De quand datent les remparts ?

Le ministère de la Culture et du Tourisme mentionne un agrandissement majeur en 349 apr. J.-C. Sous le règne de l’empereur romain Constance II (II. Constantius), les remparts ont été étendus et la forteresse renforcée. L’évaluation de l’ICOMOS situe l’étendue actuelle de l’enceinte extérieure à l’époque romaine, au IVe siècle apr. J.-C.

Cette structure romaine a fait l’objet de réparations répétées. Des travaux ont été menés sous les Artukides (Artuklu), les Aq Qoyunlu (Akkoyunlu), les Seldjoukides, les Ottomans et durant la période républicaine. La forteresse conserve ainsi les traces de plusieurs phases d’entretien. Son histoire est aussi celle des réparations successives d’un système défensif existant.

Deux portes en gardent un témoignage particulièrement précis. Les inscriptions de Dağ Kapı et de Mardin Kapı attestent leur reconstruction en 909. Ces travaux ont été réalisés sur l’ordre du calife abbasside al-Muqtadir. Les textes gravés relient ici un souverain nommé, une date et une intervention précise sur les bâtiments.

Les bastions Yedi Kardeş et Ulu Beden appartiennent à une autre phase datée. Les Artukides les ont construits en 1208–1209. Leur décor comprend des inscriptions, des animaux et des créatures mythologiques. Ces bastions réunissent ainsi construction architecturale et représentations sculptées dans un même témoignage historique.

La forteresse de Diyarbakır et les jardins de Hevsel

Les jardins de Hevsel occupent les terres situées entre les remparts et le Tigre. Ils formaient historiquement une liaison verdoyante qui approvisionnait Diyarbakır en nourriture et en eau. Ce rapport avec la forteresse explique pourquoi l’inscription à l’UNESCO associe architecture défensive et terres cultivées.

Les jardins s’étendent depuis les environs de Mardin Kapı vers le pont aux Dix Arches au sud et Yeni Kapı à l’est. Ces lieux permettent de comprendre l’organisation du paysage. Vous pouvez situer les jardins en observant leurs liens avec les portes, le pont et le fleuve.

Pour saisir leur rôle dans la vie quotidienne, pensez aux fruits et légumes que vous achetez pour cuisiner. Jusqu’aux années 1960, les jardins de Hevsel fournissaient ces aliments à la population de la ville. Leur histoire rejoint ainsi les gestes ordinaires de la préparation des repas. Les cultures soutenaient la vie urbaine au quotidien, au pied des remparts.

L’eau reliait plusieurs activités dans ce paysage. La source d’Anzele irriguait les jardins de Hevsel et faisait tourner des moulins à l’extérieur de Mardin Kapı. Elle associait ainsi les cultures à la mouture. Une même source d’eau contribuait à plusieurs étapes de l’approvisionnement alimentaire de la ville.

Pourquoi l’UNESCO a-t-elle reconnu ce paysage culturel ?

Le Comité du patrimoine mondial a inscrit le paysage culturel de la forteresse de Diyarbakır et des jardins de Hevsel en 2015. La décision 39 COM 8B.32 consigne cette inscription au titre du critère iv. Le bien porte le numéro de référence 1488. Son inscription antérieure sur la Liste indicative remonte au 25 février 2000.

Le bien inscrit couvre 521,23 hectares. La zone tampon qui l’entoure s’étend sur 1 660,57 hectares. La description de l’UNESCO comprend İçkale et Amida Höyük, ainsi que les remparts extérieurs, les jardins, le fleuve et sa vallée, et le pont aux Dix Arches. Le paysage protégé dépasse donc les seules maçonneries de la forteresse.

L’évaluation de l’intégrité du site par l’UNESCO mentionne aussi la démolition d’une partie des remparts en 1930. Cette perte fait partie de l’histoire documentée du site, au même titre que sa construction et ses réparations. Le système défensif actuel conserve une part importante de ses structures historiques, tout en portant les traces de cette démolition.

Comprendre la forteresse à travers ses matériaux

Les remparts ont été construits en basalte local. La brique apparaît dans les coupoles et les voûtes des bastions. Certaines inscriptions sont réalisées sur du calcaire. Ces différences de matériaux révèlent des choix de construction propres à certains éléments de la forteresse.

L’UNESCO recense 63 inscriptions de différentes périodes historiques sur les remparts. Ces textes complètent les témoignages architecturaux. Avec les formes des tours et les reconstructions datées des portes, ils conservent des traces écrites de la longue utilisation de la forteresse.

Des détails que vous ne trouverez pas dans les guides

Les inscriptions des remparts comprennent des textes grecs et latins. Dağ Kapı porte également des inscriptions syriaques. Les témoignages écrits couvrent donc plusieurs langues. À cette porte, l’histoire des fortifications se lit dans leur construction comme dans les langues qui y sont conservées.

À l’intérieur d’İçkale, un bâtiment construit en 1203 comme caravansérail artukide a ensuite connu des usages très différents. Il est devenu une prison en 1890. En 2014, il a été transformé en réserve des collections du musée. Ces dates retracent les fonctions successives d’un même bâtiment de la citadelle.

Une découverte à Amida Höyük ajoute un lien avec une période historique plus récente dans la zone de fouilles. Le 21 novembre 2024, l’université de Dicle a annoncé la découverte d’un insigne associé à la bataille des Dardanelles. L’annonce concernait les fouilles du palais artukide. Cette découverte fait entrer un objet lié à cette bataille dans les vestiges archéologiques du site.

İçkale, le musée et Amida Höyük

Le premier musée de Diyarbakır a ouvert en 1934 à Zinciriye Medresesi, près de la Grande Mosquée (Ulu Cami). Le complexe d’İçkale du musée archéologique de Diyarbakır occupe un espace comprenant 14 bâtiments protégés au titre du patrimoine. Ces faits relient l’histoire des musées de la ville à la réutilisation ultérieure des bâtiments de la citadelle.

Pour préparer votre visite du musée, l’adresse du complexe d’İçkale est Cevat Paşa Mahallesi, Hz. Süleyman Caddesi No:43, à Sur. Le complexe se trouve dans la citadelle intérieure, l’une des composantes de ce vaste paysage. Le musée s’inscrit donc dans le cadre fortifié qui traverse toute l’histoire du site.

Les fouilles d’Amida Höyük se poursuivent depuis 2018 sous la direction du professeur İrfan Yıldız, de l’université de Dicle. Amida Höyük fait également partie du bien inscrit à l’UNESCO. Les recherches archéologiques et le complexe muséal réunissent ainsi l’étude des vestiges et la conservation des collections au sein de la citadelle.

Chronologie

  • 349 apr. J.-C. : Les remparts sont agrandis et la forteresse renforcée sous Constance II.
  • 909 : Dağ Kapı et Mardin Kapı sont reconstruites sur l’ordre du calife abbasside al-Muqtadir.
  • 1203 : Un caravansérail artukide est construit à İçkale.
  • 1208–1209 : Les Artukides construisent les bastions Yedi Kardeş et Ulu Beden.
  • 1890 : Le caravansérail d’İçkale devient une prison.
  • 1930 : Une partie des remparts de la ville est démolie.
  • 1934 : Le premier musée de Diyarbakır ouvre à Zinciriye Medresesi.
  • 25 février 2000 : Le site entre sur la Liste indicative de l’UNESCO.
  • 2014 : L’ancien caravansérail, devenu prison, est transformé en réserve des collections du musée.
  • 2015 : Le paysage culturel de la forteresse de Diyarbakır et des jardins de Hevsel est inscrit sur la Liste du patrimoine mondial.
  • Depuis 2018 : Les fouilles d’Amida Höyük se poursuivent sous la direction d’İrfan Yıldız.
  • 21 novembre 2024 : L’université de Dicle annonce la découverte d’un insigne lié à la bataille des Dardanelles lors des fouilles du palais artukide.

FAQ

Où se trouve la forteresse de Diyarbakır ?

La forteresse entoure le centre historique de la ville à Sur, un district de Diyarbakır, en Turquie. Elle comprend İçkale, la citadelle intérieure, et Dışkale, l’enceinte défensive extérieure.

Quand le site a-t-il été inscrit à l’UNESCO ?

Le paysage culturel de la forteresse de Diyarbakır et des jardins de Hevsel a été inscrit sur la Liste du patrimoine mondial en 2015. L’inscription relève du critère iv, sous le numéro de référence 1488.

Quelle est la longueur des remparts ?

L’ICOMOS indique 5 200 mètres pour les remparts extérieurs. L’ensemble du système mesure 5 800 mètres avec les murs d’İçkale. L’enceinte extérieure compte 82 tours et bastions.

Pourquoi la forteresse et les jardins sont-ils inscrits ensemble ?

Les remparts défendaient la ville, tandis que les jardins de Hevsel l’approvisionnaient historiquement en nourriture et en eau. Leur inscription commune préserve cette relation entre la ville et le paysage cultivé au bord du Tigre.

Sources

  1. Centre du patrimoine mondial de l’UNESCO — Paysage culturel de la forteresse de Diyarbakır et des jardins de Hevsel whc.unesco.org
  2. Comité du patrimoine mondial de l’UNESCO — Décision 39 COM 8B.32 whc.unesco.org
  3. ICOMOS — Évaluation de la proposition d’inscription 1488 whc.unesco.org
  4. Ministère de la Culture et du Tourisme — Château et forteresse de Diyarbakır ktb.gov.tr
  5. Kültür Portalı — Remparts de Diyarbakır kulturportali.gov.tr
  6. Direction générale du patrimoine culturel et des musées — Direction du musée de Diyarbakır kvmgm.ktb.gov.tr
  7. Wikipédia — Forteresse de Diyarbakır tr.wikipedia.org
  8. Wikipédia — Fortifications de Diyarbakır en.wikipedia.org

FAQ

Où se trouve la forteresse de Diyarbakır ?

La forteresse de Diyarbakır entoure le centre historique de la ville, dans le district de Sur, à Diyarbakır, en Turquie. Elle comprend İçkale, la citadelle intérieure, et Dışkale, l’enceinte extérieure.

Quand la forteresse de Diyarbakır et les jardins de Hevsel ont-ils été inscrits à l’UNESCO ?

Ce paysage culturel a été inscrit sur la Liste du patrimoine mondial de l’UNESCO en 2015, au titre du critère iv, sous le numéro de référence 1488. Il figurait sur la Liste indicative depuis le 25 février 2000.

Quelle est la longueur des remparts de Diyarbakır ?

L’ICOMOS indique une longueur de 5 200 mètres pour les remparts extérieurs. Avec les murs d’İçkale, l’ensemble du système défensif mesure 5 800 mètres. L’enceinte extérieure compte 82 tours et bastions.

Pourquoi les jardins de Hevsel font-ils partie du même site UNESCO ?

Les jardins de Hevsel se trouvent entre les remparts et le Tigre. Ils approvisionnaient historiquement la ville en nourriture et en eau. Leur inscription préserve le lien entre la ville fortifiée et le paysage cultivé qui la nourrissait.

Image: Diyarbakır İçkale Inner Fortress walls 7825 in 2010.jpg — Dosseman, CC BY-SA 4.0

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