Rome et Rome d’Orient (Byzance) · MÖ 753 – 1453

Qui était Ovide, l’auteur des Métamorphoses exilé de Rome ?

Ovide est un poète romain dont les Métamorphoses réunissent les mythes grecs et romains autour du thème de la transformation. Selon la datation admise, Auguste l’a exilé à Tomis en 8 apr. J.-C. pour L’Art d’aimer et une erreur dont la nature reste inconnue.

10 min de lecture12 sourcesPublié le: 7 novembre 2026Dernière vérification: 8 novembre 2026
La rédaction de Köküne Kadar TVNotre politique en matière de sources
Qui était Ovide, l’auteur des Métamorphoses exilé de Rome ?
Ovid by an anonymous sculptor.jpg

Ovide (Ovidius) est un poète romain qui a vécu de 43 av. J.-C. à 17 ou 18 apr. J.-C. Il est l’auteur des quinze livres des Métamorphoses. Selon la datation généralement admise, Auguste (Augustus) l’a exilé en 8 apr. J.-C. à Tomis, sur la côte de la mer Noire (Karadeniz). Ovide évoque pour motifs « un poème et une erreur ». Le poème est L’Art d’aimer, ou Ars Amatoria. L’erreur reste inconnue.

Pourquoi une œuvre consacrée à l’amour a-t-elle contribué à la condamnation d’un poète ? Le cas d’Ovide relie les lois d’Auguste sur le mariage, un poème mythologique qui va de la création du monde à Jules César (Jül Sezar), et des appels rédigés depuis Tomis. En suivant ces liens, vous pourrez distinguer les motifs connus de son exil des hypothèses sur cette mystérieuse erreur.

Quand Ovide a-t-il vécu et quelle place occupe-t-il dans la littérature romaine ?

Publius Ovidius Naso est né le 20 mars 43 av. J.-C. à Sulmo, aujourd’hui Sulmone (Sulmona), en Italie (İtalya). Sa famille appartenait à l’ordre équestre. À Rome (Roma), il a étudié la rhétorique auprès d’Arellius Fuscus et de Porcius Latro. Sa formation comprenait donc l’apprentissage de l’art de persuader par la parole.

Ovide a vécu à l’époque d’Auguste. Avec Virgile (Vergilius) et Horace (Horatius), ses contemporains plus âgés, il compte parmi les trois poètes canoniques de la littérature latine. Sa renommée repose sur plusieurs genres : la poésie amoureuse, le récit mythologique et les poèmes composés plus tard en exil.

Ses premières œuvres comprennent les Amours, ou Amores, un recueil de poèmes amoureux, et les Héroïdes, ou Heroides, des lettres imaginaires de femmes de la mythologie. L’Art d’aimer appartient aussi à cette première production consacrée à l’amour. Ces textes comptent dans sa biographie : le poème associé à sa condamnation ultérieure est précisément L’Art d’aimer.

Ovide a également écrit les Fastes, ou Fasti. Cette œuvre décrit les cérémonies religieuses et les fêtes du calendrier romain. Vous disposez ainsi d’une autre porte d’entrée dans son œuvre : à côté des amants et des métamorphoses, il s’intéresse aux célébrations qui rythmaient la pratique religieuse romaine.

Comment les Métamorphoses relient-elles les différents mythes ?

Les Métamorphoses forment un récit mythologique en quinze livres, écrit en hexamètres dactyliques. Leur cadre s’étend de la création du monde à la divinisation de Jules César. Cette ampleur permet d’inscrire les mythes grecs et romains dans un récit continu, au lieu de les juxtaposer dans un recueil sans liens.

La transformation constitue leur thème commun. Ovide relie les légendes par les changements de forme et par le déroulement du récit. Si vous cherchez un personnage central unique, la structure peut vous surprendre. Le fil conducteur est la métamorphose, présente dans de multiples histoires inscrites dans un cadre chronologique plus vaste.

Le deuxième livre comprend l’histoire de Callisto (Kallisto) et d’Arcas (Arkas). Le troisième contient celle du chasseur Actéon (Aktaion). Leur répartition montre comment des figures mythologiques distinctes prennent place dans une même œuvre de grande ampleur. La structure en quinze livres intègre ces récits individuels dans une narration qui va de la création du monde au passé de Rome.

Ovide a écrit les Métamorphoses dans les années précédant son exil. Le texte nous est parvenu dans son intégralité. Certains passages laissent toutefois penser qu’il n’a pas reçu toutes ses dernières corrections. Il faut donc distinguer l’intégralité du texte de son degré d’achèvement : les quinze livres sont conservés, mais ils présentent encore de possibles traces d’une révision inachevée.

Écrites en latin, les Métamorphoses ont été traduites et ont suscité de l’intérêt au Moyen Âge. Elles ont ensuite fourni des sujets à des peintres, dont les frères Pollaiuolo, Titien (Titian) et Poussin. Leurs récits appartiennent donc autant à l’histoire de la peinture qu’à celle de la poésie latine.

Pourquoi Auguste a-t-il exilé Ovide à Tomis et que reste-t-il d’incertain ?

Auguste a envoyé Ovide à Tomis, aujourd’hui Constanța (Köstence), en Roumanie (Romanya), sur la côte de la mer Noire. La date généralement admise est 8 apr. J.-C. Dans les Tristes, ou Tristia, 2.207, Ovide donne deux motifs à sa condamnation : carmen et error, « un poème et une erreur ».

Le poème est L’Art d’aimer, publié approximativement entre 1 av. J.-C. et 2 apr. J.-C. Son enseignement amoureux entrait en conflit avec l’orientation officielle des réformes morales d’Auguste. Vers 18 av. J.-C., Auguste avait instauré des lois encourageant le mariage et restreignant l’adultère. Cette opposition constitue le contexte du volet littéraire de l’accusation.

Les dates de publication comptent aussi. L’Art d’aimer est paru plusieurs années avant la date admise pour l’exil. Gardez donc à l’esprit les deux éléments de l’explication d’Ovide : le poème amoureux est identifié, mais son propre récit mentionne aussi une erreur dont il ne révèle pas la teneur.

Une hypothèse relie cette erreur à un événement politique. Une autre rapproche l’éloignement d’Ovide du bannissement de Julie (Julia), petite-fille d’Auguste, la même année. Aucune ne permet d’établir ce qu’Ovide a fait. Gareth Williams souligne que le mystère demeure. Oxford Bibliographies indique également que la nature de l’erreur est inconnue.

Les conséquences ont aussi touché le lectorat d’Ovide. Selon Oxford Bibliographies, L’Art d’aimer a été retiré des bibliothèques publiques après son exil. Ses autres œuvres seraient restées accessibles. La restriction rapportée visait donc le poème amoureux cité en lien avec sa condamnation.

Ovide n’a jamais obtenu son retour. Il n’a pas convaincu Auguste de le rappeler, puis a connu le même échec sous Tibère (Tiberius). Il est mort à Tomis en 17 ou 18 apr. J.-C. Ses appels et ses plaidoyers littéraires se sont poursuivis, sans lui permettre de revenir à Rome.

Comment utiliser les poèmes d’exil d’Ovide comme sources historiques ?

La vie d’Ovide est reconstituée en grande partie à partir de sa propre poésie, notamment du récit autobiographique des Tristes 4.10. Ses recueils d’exil sont importants : les Tristes comptent cinq livres et les Pontiques, ou Epistulae ex Ponto, en comptent quatre. Ils conservent sa présentation de la condamnation et ses efforts pour obtenir un allègement de sa peine.

Le deuxième livre des Tristes se compose d’un seul long poème. Ovide y défend sa poésie et demande le pardon d’Auguste. Cet objectif compte lorsque vous lisez le texte comme une source. Le récit émane de celui qui sollicite le pardon, et son explication fait partie de sa requête.

Les descriptions de Tomis demandent aussi de tenir compte de leur fonction littéraire. Andrew D. Walker estime que les poèmes d’exil construisent Tomis comme l’opposé de Rome. Il inscrit dans ce cadre la maladie et le froid décrits dans les Tristes 3.3 et les Pontiques 1.7. Ces passages expriment une expérience à travers un contraste littéraire délibéré.

Les autres auteurs antiques ne fournissent que de rares mentions. Dans son étude de 2013, Anne-Marie Lewis relève que Pline (Plinius) et Stace (Statius) évoquent brièvement l’exil à Tomis. Tacite (Tacitus) et Suétone (Suetonius) n’en parlent pas. Ces différences font partie des éléments que les historiens doivent évaluer, parallèlement au récit personnel bien plus développé d’Ovide.

Les sources ont aussi suscité des désaccords. En 1985, A. D. Fitton Brown a soutenu que l’exil à Tomis était fictif. L’étude de Lewis, publiée en 2013, en admet la réalité. À partir des descriptions du ciel dans les Tristes 1.3, elle propose un départ de Rome en décembre 7 apr. J.-C. Elle reconnaît toutefois que la plupart des spécialistes retiennent 8 apr. J.-C.

Chronologie

  • 20 mars 43 av. J.-C. : naissance de Publius Ovidius Naso à Sulmo.
  • Vers 18 av. J.-C. : Auguste instaure des lois morales sur le mariage et l’adultère.
  • Vers 1 av. J.-C.–2 apr. J.-C. : publication de L’Art d’aimer.
  • Avant 8 apr. J.-C. : Ovide écrit les quinze livres des Métamorphoses.
  • 8 apr. J.-C. : Auguste envoie Ovide à Tomis, selon la datation généralement admise.
  • Après 8 apr. J.-C. : Ovide explore l’expérience de l’exil et demande son pardon dans les Tristes et les Pontiques.
  • 17 ou 18 apr. J.-C. : Ovide meurt à Tomis sans être revenu à Rome.
  • 1477 : les volumes d’Ovide aujourd’hui conservés à Leeds sont imprimés à Parme (Parma).
  • Février 1540–février 1541 : Oswald von Eck ajoute des notes et des dessins dans ces volumes.

Des détails que vous ne trouverez pas dans les guides

Sur le plan juridique, la peine d’Ovide était une relegatio. Elle n’impliquait la perte ni de sa citoyenneté romaine ni de ses biens. Cette distinction précise le sens du mot courant « exil » dans son cas : son éloignement à Tomis ne le privait ni de ses biens ni de ses droits de citoyen.

Ses démarches faisaient aussi intervenir son épouse. Ovide lui a demandé de solliciter en son nom l’impératrice Livie (Livia), afin de contribuer à mettre fin à son exil. Cette demande ajoute une intervention personnelle précise à la défense littéraire publique conservée dans les Tristes.

Une peinture murale de la Naissance d’Adonis, conservée à l’Ashmolean, représente une histoire racontée dans les Métamorphoses. Elle provient de la Maison dorée de Néron (Nero). Cet objet conservé offre un lien concret entre le récit mythologique d’Ovide et une représentation peinte de l’un de ses sujets.

La collection Brotherton de l’université de Leeds conserve un exemplaire en trois volumes des œuvres d’Ovide, imprimé par Stephanus Corallus à Parme en 1477. Oswald von Eck, alors étudiant à Ingolstadt, en a rempli les marges de notes et de dessins entre février 1540 et février 1541. Si vous annotez vos livres en étudiant, ces pages vous offrent un lien familier avec le travail d’un lecteur d’autrefois.

FAQ

Qui était Ovide ?

Ovide, de son nom complet Publius Ovidius Naso, est un poète romain né à Sulmo le 20 mars 43 av. J.-C. Ses œuvres comprennent les Métamorphoses, les Amours, les Héroïdes, L’Art d’aimer et les Fastes.

Ovide a-t-il été exilé à cause des Métamorphoses ?

Le poème associé à sa condamnation est L’Art d’aimer. Dans les Tristes, Ovide donne pour motifs un poème et une erreur. L’erreur reste inconnue.

Où Ovide a-t-il été envoyé en exil ?

Auguste l’a envoyé à Tomis, sur la côte de la mer Noire, aujourd’hui Constanța en Roumanie. La plupart des spécialistes retiennent la date de 8 apr. J.-C.

Ovide est-il revenu à Rome ?

Ni Auguste ni Tibère n’ont accepté de le rappeler. Ovide est mort à Tomis en 17 ou 18 apr. J.-C.

Sources

  1. Vikipedi — Ovide tr.wikipedia.org
  2. Wikipedia — Ovide en.wikipedia.org
  3. Oxford Bibliographies — Les Métamorphoses d’Ovide academic.oup.com
  4. National Gallery — Ovide nationalgallery.org.uk
  5. National Gallery — Qui était Ovide ? nationalgallery.org.uk
  6. Gareth Williams — La poésie d’exil d’Ovide, The Cambridge Companion to Ovid cambridge.org
  7. Oxford Bibliographies — Ovide academic.oup.com
  8. Ashmolean Museum — PARCOURS OVIDE 2000 ashmolean.web.ox.ac.uk
  9. Andrew D. Walker — Introduction, Ramus cambridge.org
  10. Anne-Marie Lewis — Les données astronomiques dans les Tristes I, 3, L’Antiquité Classique persee.fr
  11. Bibliothèque de l’université de Leeds — Les œuvres d’Ovide library.leeds.ac.uk
  12. Bibliothèque de l’université de Leeds — Oswald von Eck library.leeds.ac.uk

FAQ

Qui était Ovide ?

Ovide, de son nom complet Publius Ovidius Naso, est un poète romain né à Sulmo le 20 mars 43 av. J.-C. Auteur des Métamorphoses, il est mort à Tomis en 17 ou 18 apr. J.-C.

Ovide a-t-il été exilé à cause des Métamorphoses ?

Le poème associé à sa condamnation est L’Art d’aimer, ou Ars Amatoria. Ovide résume les motifs de son exil par la formule carmen et error : un poème et une erreur.

Où Ovide a-t-il été envoyé en exil ?

Auguste a envoyé Ovide à Tomis, sur la côte de la mer Noire, aujourd’hui Constanța en Roumanie. La date généralement admise est 8 apr. J.-C.

Ovide est-il revenu à Rome ?

Ovide n’a convaincu ni Auguste ni Tibère de le rappeler. Il est mort à Tomis en 17 ou 18 apr. J.-C.

Image: Ovid by an anonymous sculptor.jpg — Lucasaw, CC BY-SA 4.0

Partager

Une erreur dans cet article ? Signalez-la →

Cet article a été préparé avec l'aide de l'intelligence artificielle. Chaque information a été comparée aux sources et aucune phrase sans source n'a été publiée. Si vous voyez une erreur, écrivez-nous. Notre politique en matière de sources · Écrivez-nous →

Articles connexes