Qu’est-ce que le zoroastrisme ? Définition et origine du nom
Le zoroastrisme est une religion iranienne. Il tire son nom de Zarathoustra, aussi appelé Zoroastre en français et Zoroaster en anglais. Ses fidèles le considèrent comme leur prophète fondateur. Cette religion repose sur les textes de l’Avesta.
Le nom anglais passe par le grec. « Zoroastrianism » vient de Zoroastrēs, une forme hellénisée du nom iranien Zarathustra.
Cette religion possède aussi son propre nom : Mazdayasna. Il signifie « culte d’Ahura Mazda ». Le nom de cette divinité se traduit généralement par « Seigneur sage ».
La définition courte est donc simple. Le zoroastrisme est la foi de ceux qui suivent l’enseignement de Zarathoustra et vénèrent le Seigneur sage.
Qui était Zarathoustra ? Quand et où a-t-il vécu ?
Personne ne peut vous donner sa ville ou son année de naissance. Les deux restent inconnues.
Pour le lieu, les chercheurs partent de la géographie de l’Avesta. Elle les oriente vers le monde iranien oriental et l’Asie centrale (Orta Asya). La ville exacte reste inconnue.
Pour la date, deux hypothèses s’affrontent. L’une situe sa vie vers 1000 av. J.-C. L’autre la situe vers 600 av. J.-C. Ses dates exactes ne sont pas connues.
Gardez cette incertitude en tête lorsque vous lisez des résumés au ton catégorique. Les dates de vie du fondateur d’une grande religion font encore débat parmi les chercheurs.
Les croyances du zoroastrisme : vérité, mensonge et choix
Au cœur de cet enseignement se trouve un choix. Chez Zarathoustra, asha désigne la vérité et l’ordre. Druj désigne le mensonge. Choisir entre les deux constitue un enjeu moral fondamental pour chaque personne.
Aujourd’hui, la plupart des zoroastriens résument leur identité par un triple principe : bonnes pensées, bonnes paroles, bonnes actions. Vous pourriez l’imprimer sur une tasse à café.
Les textes décrivent aussi un jugement après la mort. Ils évoquent récompenses et châtiments. On y trouve également des conceptions du paradis et de l’enfer.
Le dieu du zoroastrisme : un dieu ou deux ?
Le dieu est Ahura Mazda. C’est lui que les zoroastriens vénèrent.
Vous lirez souvent que le zoroastrisme est une « religion à deux dieux ». Cette étiquette est contestée. Certaines interprétations soulignent la suprématie d’Ahura Mazda. D’autres mettent en avant un dualisme cosmique, particulièrement affirmé dans la théologie sassanide (Sasani) tardive. Une étiquette unique et trop simple masque ces différences.
L’Avesta, livre sacré du zoroastrisme
L’Avesta est le recueil sacré. Il contient notamment le Yasna, le Visperad et le Vendidad.
Le Yasna est un rituel en 72 sections. En son centre figurent cinq groupes de Gathas. Ils réunissent 17 hymnes traditionnellement attribués à Zarathoustra lui-même.
La langue de l’Avesta est une langue iranienne ancienne. Les récitations rituelles des prêtres et des fidèles la maintiennent vivante. Lorsqu’un prêtre zoroastrien récite ces textes, il prononce les mots d’une très ancienne langue iranienne.
Les temples du feu : pourquoi le feu n’est pas un dieu
C’est le point que la plupart des visiteurs comprennent mal. Les zoroastriens ne sont pas des « adorateurs du feu ». La British Academy précise qu’ils vénèrent Ahura Mazda. Dans le rituel du Yasna Haptanghaiti, le feu est associé à sa présence visible. L’étiquette est trompeuse.
Pensez à un cierge dans une église ou à une lampe devant un sanctuaire familial. La flamme n’est pas le dieu. Elle représente quelque chose.
Dans la tradition zoroastrienne d’Inde (Hindistan), les feux sacrés sont répartis en trois degrés : Atash Behram, Adaran et Dadgah.
Leur entretien quotidien passe par des gestes concrets. Dans un temple traditionnel, le culte comprend des offrandes de bois sec et de substances odorantes au feu sacré. Le prêtre récite aussi la prière Atash Niyayesh. Cette pratique est liée aux cinq périodes de culte de la journée.
Le Faravahar, symbole du zoroastrisme
L’emblème le plus connu est le Faravahar. Il représente un disque ailé accompagné d’une figure humaine. C’est aujourd’hui l’un des symboles les plus reconnaissables de cette religion.
Son sens originel est moins assuré que sa célébrité. Pour l’époque des Achéménides, les chercheurs proposent plusieurs lectures. Il pourrait représenter Ahura Mazda. Il pourrait représenter un esprit protecteur. Il pourrait aussi représenter le khvarenah, la gloire royale d’un souverain. Ce sont des interprétations concurrentes, pas les éléments d’une même réponse.
Chronologie
- Vers 1000 av. J.-C. ou vers 600 av. J.-C. : Deux datations concurrentes de la vie de Zarathoustra. La date réelle reste inconnue.
- 651 : La conquête arabe de l’Iran est achevée. Un long processus d’islamisation s’ensuit et réduit la population zoroastrienne dans son pays d’origine.
- 2001 : Le recensement indien dénombre 69 601 parsis/zoroastriens.
- 2011 : Le recensement suivant en dénombre 57 264.
- 2023 : La célébration de Sadeh/Sada est inscrite sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l’UNESCO. Le dossier est présenté conjointement par l’Iran et le Tadjikistan (Tacikistan).
Où vivent les zoroastriens aujourd’hui ?
Cette religion compte deux communautés historiques : les zoroastriens d’Iran et les parsis d’Inde. Des communautés de la diaspora vivent aussi dans d’autres pays.
Comment cette répartition s’est-elle formée ? Après l’achèvement de la conquête de l’Iran en 651, l’islamisation des siècles suivants a réduit la population zoroastrienne dans son pays d’origine. Certains zoroastriens ont quitté l’Iran pour l’Inde. Leurs descendants sont appelés parsis, un nom qui renvoie à la Perse (Pers).
En Inde, cette population est peu nombreuse et diminue. Selon les chiffres publiés par le gouvernement indien, le nombre de parsis/zoroastriens est passé de 69 601 en 2001 à 57 264 en 2011. Cela représente une baisse de 12 337 personnes en dix ans.
En Iran, la ville de Yazd (Yezd) montre comment cette religion cohabite avec d’autres. L’UNESCO relève la présence de temples du feu zoroastriens, de synagogues et de mosquées dans le même tissu urbain historique.
Des détails que vous ne trouverez pas dans les guides
- Un pèlerinage en région désertique. Le sanctuaire de Pir-e Sabz, aussi appelé Chak Chak, se trouve à l’est d’Ardakan, dans la région de Yazd. Il accueille un pèlerinage zoroastrien de plusieurs jours à la mi-juin.
- Des femmes comme assistantes des prêtres. En Iran, des femmes ont été officiellement nommées mobedyar, une fonction d’assistante à l’officiant religieux. Cette évolution fait partie des réformes rituelles modernes.
- Sadeh, la fête du feu des « cent ». Les zoroastriens célèbrent aussi Sadeh/Sada le 30 janvier. Le nom s’explique par le nombre cent : il reste 50 jours et 50 nuits avant le printemps. L’UNESCO reconnaît cette fête comme un patrimoine vivant.
- L’inhumation, et pas seulement l’exposition des corps. La pratique traditionnelle consiste à laisser les morts dans des structures ouvertes, à la disposition des oiseaux et des forces naturelles. Le but est d’éviter de souiller la terre avec des restes humains. Dans les communautés zoroastriennes modernes d’Iran, les réformes ont aussi conduit à remplacer l’exposition des corps par l’inhumation en pleine terre.
Freddie Mercury et la religion des parsis
Voici un lien avec votre quotidien. Si vous écoutez Queen, vous connaissez déjà une histoire familiale parsie.
Freddie Mercury est né sous le nom de Farrokh Bulsara. Sa famille appartenait à la communauté zoroastrienne parsie d’origine indienne, comme le rapporte The World/PRX. Ce lien rattache un chanteur de rock qui remplissait les stades à une foi dont les textes sacrés restent vivants dans une ancienne langue iranienne.
FAQ
Les zoroastriens adorent-ils le feu ?
Non. Ils vénèrent Ahura Mazda. Dans le rituel du Yasna Haptanghaiti, le feu est associé à sa présence visible. L’expression « adorateurs du feu » est donc trompeuse.
Quel est le livre sacré du zoroastrisme ?
L’Avesta. Il comprend notamment le Yasna, le Visperad et le Vendidad.
Quel est le principal symbole du zoroastrisme ?
Le Faravahar, un disque ailé accompagné d’une figure humaine. Sa signification à l’époque achéménide reste débattue.
Où vivent les zoroastriens ?
Principalement en Iran et en Inde, où ils sont appelés parsis. Des communautés de la diaspora vivent aussi ailleurs.
Freddie Mercury était-il zoroastrien ?
Son nom de naissance était Farrokh Bulsara. Sa famille appartenait à la communauté zoroastrienne parsie.
Sources
- Wikipédia — Zoroastrisme en.wikipedia.org
- British Academy — Qui sont les zoroastriens ? thebritishacademy.ac.uk
- Encyclopédie Routledge de philosophie — Zoroastrisme rep.routledge.com
- Encyclopaedia Iranica — Zoroastre iii iranicaonline.org
- Encyclopaedia Iranica — Zoroastrisme i iranicaonline.org
- Encyclopaedia Iranica — Rituels zoroastriens iranicaonline.org
- Wikipédia en turc — Zoroastrisme tr.wikipedia.org
- Gouvernement indien, ministère des Affaires des minorités — Diminution de la population parsie dans le pays pib.gov.in
- UNESCO — Ville historique de Yazd whc.unesco.org
- Associated Press — La célébration de Sadeh chez les zoroastriens d’Iran apnews.com
- UNESCO — Célébration de Sadeh/Sada ich.unesco.org
- The World / PRX — La foi de la famille de Freddie Mercury : le zoroastrisme, une religion ancienne theworld.org
Image: Templo zoroastrista, Yazd, Irán, 2016-09-21, DD 45.jpg — Diego Delso, Public domain






