Ibn al-Haytham était un savant qui étudiait la physique, les mathématiques et l’astronomie. Il est surtout connu pour ses recherches sur la lumière et la vision. Né vers 965 à Bassora, dans l’actuel Irak, il a ensuite travaillé en Égypte. Son ouvrage le plus célèbre, le Kitāb al-Manāẓir, étudie l’optique par les expériences et les mathématiques, en sept livres.
Son explication centrale vous permet d’aborder directement ses travaux : nous voyons lorsque la lumière provenant des objets atteint l’œil. Il s’opposait aux théories selon lesquelles la vision dépendait de rayons émis par les yeux. Ses recherches reliaient cette explication à des expériences sur la propagation de la lumière en ligne droite, la réflexion et les images formées dans une pièce obscure.
Nom complet, lieu de naissance et religion d’Ibn al-Haytham
Son nom complet couramment utilisé est Abū ʿAlī al-Ḥasan ibn al-Ḥasan ibn al-Haytham. Il était originaire de Bassora. Il y exerçait des fonctions administratives avec le titre de vizir sous la domination des Bouyides. Il s’est ensuite tourné vers la recherche scientifique.
Ibn al-Haytham était un savant musulman. L’UNESCO le situe parmi les savants musulmans contemporains d’al-Biruni et d’Avicenne. Ses domaines de recherche comprenaient les mathématiques et l’astronomie, ainsi que les études d’optique qui ont particulièrement marqué sa postérité.
Il s’est ensuite installé en Égypte. Il est mort au Caire vers 1040, mais la date exacte reste incertaine. Lorsque vous consultez une courte biographie, les dates approximatives de sa naissance et de sa mort doivent donc conserver ce caractère approximatif.
Ibn al-Haytham, Alhazen et la prononciation de son nom
Alhazen est le nom européen associé à Ibn al-Haytham. Il dérive d’une forme latinisée d’al-Hasan, qui fait partie de son nom personnel. Les deux noms désignent le même savant historique, dont les travaux d’optique ont circulé en traduction latine.
Si vous cherchez comment prononcer Alhazen, la prononciation anglaise fournie est /ælˈhæzən/. Connaître cet autre nom vous aide aussi à relier les discussions sur le problème d’Alhazen à l’auteur du Kitāb al-Manāẓir.
De Bassora au projet sur le Nil
Le calife fatimide al-Hakim bi-Amr Allah a invité Ibn al-Haytham en Égypte. Celui-ci y a étudié un projet destiné à empêcher les crues du Nil. Après avoir examiné les conditions aux environs d’Assouan, il a conclu qu’il ne pouvait pas le réaliser.
Selon un récit célèbre, il aurait simulé la folie pour se protéger du calife. Dans cette version, il serait resté assigné à résidence jusqu’en 1021. Les récits se contredisent toutefois. MacTutor rapporte aussi une version qui situe cet épisode à Bassora. L’histoire de son assignation à résidence doit donc être abordée avec prudence.
La rédaction de son traité d’optique est parfois rattachée à cette période d’assignation à résidence. Un article d’Annals of Saudi Medicine la situe entre 1011–1021. Un chapitre de Jan Hogendijk et A. I. Sabra propose la période 1020–1030 comme possibilité. Les dates précises de sa rédaction restent débattues.
L’optique d’Ibn al-Haytham : comment fonctionne la vision ?
Avant Ibn al-Haytham, les traditions associées à Euclide et à Ptolémée expliquaient la vision par des rayons partant de l’œil. La tradition aristotélicienne insistait au contraire sur la forme perceptible d’un objet qui parvient à l’œil. Ses travaux s’inscrivaient donc dans un désaccord déjà ancien sur le sens et la nature de la perception visuelle.
Ibn al-Haytham expliquait la vue par la lumière réfléchie par les objets et pénétrant dans l’œil. Pour rapprocher cette idée de votre quotidien, pensez à un objet que vous regardez dans un miroir. Ses recherches vous invitent à suivre la lumière depuis sa source, puis à travers sa réflexion, jusqu’à l’œil de l’observateur.
L’un des fondements de son explication était la propagation de la lumière en ligne droite. Il considérait que chaque point d’un corps lumineux émet de la lumière dans toutes les directions. Il a testé cette propagation rectiligne avec la lumière du Soleil, de la lumière artificielle et de la lumière réfléchie.
Son étude portait aussi sur la perception et les erreurs visuelles. Le deuxième livre du Kitāb al-Manāẓir traite de la perception visuelle. Le troisième examine les conditions d’une bonne vision et les causes des erreurs visuelles. Ces sujets reliaient le comportement de la lumière à l’expérience de l’observateur.
Son modèle de l’œil différait néanmoins de l’explication moderne fondée sur la rétine. À la suite de Galien, il considérait le cristallin comme le principal organe récepteur de la vision. Son explication de la lumière entrant dans l’œil et sa conception historique de l’œil doivent donc être examinées séparément.
Les expériences d’Ibn al-Haytham avec la chambre noire
Ibn al-Haytham utilisait la chambre noire, ou camera obscura, dans ses recherches en optique. Dans ce dispositif, la lumière traverse une petite ouverture pour entrer dans une pièce obscure. Elle forme alors une image sur le mur opposé. Ce montage lui permettait d’étudier la formation d’une image à travers une ouverture de petite taille.
Le présenter comme le seul inventeur de la chambre noire ferait oublier les connaissances antérieures. Son principe était connu dans la Chine antique et avait été discuté par Aristote. Sa place dans cette histoire repose sur les recherches optiques qu’il a menées avec ce dispositif, plutôt que sur une attribution incontestée de sa première invention.
Une observation rend particulièrement clair le rapport entre l’ouverture et l’image. Lors d’une éclipse partielle de Soleil, il a décrit une image en forme de croissant produite par la lumière passant à travers un petit trou rond. L’ouverture était circulaire, mais l’image projetée montrait un croissant.
Les inventions et les contributions d’Ibn al-Haytham
Ses réalisations documentées comprennent des montages expérimentaux, un instrument de mesure de la réflexion et des problèmes mathématiques sur la lumière. Il a décrit la fabrication et l’utilisation d’un instrument en cuivre pour mesurer les réflexions sur des miroirs plans, sphériques, cylindriques et coniques. Cet instrument offre un exemple concret du matériel employé dans ses recherches en optique.
Le problème d’Alhazen figure dans le cinquième livre du Kitāb al-Manāẓir. Étant donné une source lumineuse et un observateur, il consiste à déterminer où la lumière doit frapper un miroir sphérique pour atteindre l’œil de l’observateur après réflexion. Ce problème associe le trajet physique de la lumière à une recherche géométrique.
Sa contribution résidait aussi dans l’association de tests expérimentaux et d’explications mathématiques. Lumière solaire, lumière artificielle, lumière réfléchie et images formées dans une pièce obscure faisaient toutes partie de ses recherches. Son traité en sept livres réunissait ces études dans une analyse approfondie de la lumière et de la vision.
Les livres d’Ibn al-Haytham au-delà de l’optique
Le Kitāb al-Manāẓir est son ouvrage le plus connu. Ses écrits d’optique comprennent aussi des traités sur la lumière, la lumière des étoiles, celle de la Lune, ainsi que les halos et les arcs-en-ciel. Ces sujets montrent la diversité des phénomènes lumineux qui l’occupaient au-delà du fonctionnement de la vision.
Dans al-Shukūk ʿalā Baṭlamyūs, il critiquait les incohérences des explications de Ptolémée en astronomie et en optique. Un autre ouvrage, Fī Hayʾat al-ʿĀlam, cherchait à concilier les modèles astronomiques géométriques avec une description physique des sphères célestes.
Son explication de la taille apparente de la Lune a également évolué. Il a d’abord attribué son apparence plus grande près de l’horizon à la réfraction atmosphérique. Dans le Kitāb al-Manāẓir, il expliquait cet effet principalement par la psychologie de la perception.
Des détails que vous ne trouverez pas dans les guides
Ibn al-Haytham gagnait sa vie en copiant des manuscrits scientifiques. Cette activité apporte un éclairage concret sur sa vie de savant, à côté de ses recherches sur les miroirs, la lumière et l’astronomie.
Si vous vous intéressez à la Turquie, un manuscrit offre un lien précis. Une copie conservée des Coniques d’Apollonios, de la main d’Ibn al-Haytham et datée de 1024, est répertoriée dans la collection Ayasofya sous le numéro 2762. Sa date et son numéro dans la collection permettent d’identifier un document précis lié à son travail de copiste.
Chronologie
- Vers 965 : Naissance à Bassora, dans l’actuel Irak.
- Sous le règne d’al-Hakim : Invité en Égypte, il travaille sur un projet de régulation du Nil.
- Première moitié du XIe siècle : Rédaction du Kitāb al-Manāẓir en sept livres ; les dates précises de sa composition restent débattues.
- 1021 : Selon le récit de son assignation à résidence, Ibn al-Haytham reste confiné chez lui jusqu’à cette année.
- 1024 : Il copie le manuscrit conservé des Coniques d’Apollonios.
- Vers 1040 : Mort au Caire.
- Fin du XIIe ou début du XIIIe siècle : Son traité d’optique circule en Europe en traduction latine.
- 1572 : Friedrich Risner publie son texte latin dans Opticae thesaurus.
Comment ses travaux d’optique ont atteint les lecteurs des siècles suivants
La traduction latine du Kitāb al-Manāẓir a circulé en Europe à la fin du XIIe ou au début du XIIIe siècle. Friedrich Risner a ensuite publié le texte latin de ses sept livres en 1572, sous le titre Opticae thesaurus.
Les écrits d’optique d’Ibn al-Haytham ont influencé Roger Bacon, John Pecham, Witelo et Johannes Kepler. Leur place dans cette histoire ultérieure relie ses expériences et ses arguments mathématiques aux études d’optique qui ont suivi.
FAQ
Où est né Ibn al-Haytham ?
Il est né vers 965 à Bassora, dans l’actuel Irak. Il s’est ensuite rendu en Égypte et est mort au Caire vers 1040.
Quelle est sa principale contribution à l’optique ?
Il expliquait la vision par la lumière qui parvient à l’œil depuis les objets. Dans le Kitāb al-Manāẓir, il associait expériences et analyse mathématique pour étudier la lumière et la perception visuelle.
A-t-il inventé la chambre noire ?
Il l’utilisait pour étudier la formation des images. Son principe était déjà connu dans la Chine antique et avait été discuté par Aristote. Lui en attribuer seul l’invention fait donc oublier cette histoire antérieure.
Comment prononcer Alhazen ?
La prononciation anglaise est donnée sous la forme /ælˈhæzən/. Ce nom est une forme latinisée d’al-Hasan, qui fait partie du nom personnel d’Ibn al-Haytham.
Sources
- Wikipédia en turc — İbnü’l-Heysem tr.wikipedia.org
- Max Planck ISMI — Y. Tzvi Langermann, Ibn al-Haytham ismi.mpiwg-berlin.mpg.de
- Le Courrier de l’UNESCO — La méthode scientifique d’Ibn al-Haytham courier.unesco.org
- Université de St Andrews, MacTutor — Al-Haytham mathshistory.st-andrews.ac.uk
- TDV Encyclopédie de l’islam — İbnü’l-Heysem islamansiklopedisi.org.tr
- Annales de médecine saoudienne — Ibn Al-Haytham : père de l’optique moderne pmc.ncbi.nlm.nih.gov
- Brill — Jan Hogendijk et A. I. Sabra, Ibn al-Haytham sur la vision brill.com
- Wikipédia en anglais — Ibn al-Haytham en.wikipedia.org
- Nations unies — 1001 inventions et le monde d’Ibn Al-Haytham un.org
FAQ
Où est né Ibn al-Haytham ?
Il est né vers 965 à Bassora, dans l’actuel Irak. Il a ensuite travaillé en Égypte et est mort au Caire vers 1040.
Quelle est la principale contribution d’Ibn al-Haytham à l’optique ?
Il expliquait la vision par la lumière qui parvient à l’œil depuis les objets. Son Kitāb al-Manāẓir, composé de sept livres, associait recherche expérimentale et analyse mathématique.
Ibn al-Haytham a-t-il inventé la chambre noire ?
Il utilisait la chambre noire pour étudier la formation des images. Son principe était déjà connu dans la Chine antique et avait été discuté par Aristote. Le présenter comme son seul inventeur est donc trompeur.
Comment prononcer Alhazen ?
La prononciation anglaise d’Alhazen est donnée sous la forme /ælˈhæzən/. Alhazen est une forme latinisée de son nom al-Hasan.
Image: Alhazen (122459248).jpg — Jan Heweliusz, Public domain






