Baudouin IV (IV. Baudouin) a vaincu Saladin (Selahaddin Eyyubi) à la bataille de Montgisard (Montgisard Muharebesi), le 25 novembre 1177. Son armée, moins nombreuse, a lancé une attaque surprise favorisée par le terrain. Les forces de Saladin s’étaient dispersées avant l’affrontement. Cette situation a aidé le roi de Jérusalem (Kudüs), âgé de 16 ans et atteint de la lèpre, à transformer une position dangereuse en victoire.
La grande question est de comprendre comment Baudouin est passé du refuge derrière les murailles d’Ascalon (Askalan) à une victoire sur Saladin trois jours plus tard. Si vous suivez ses déplacements, la dispersion des troupes et les débats sur les effectifs, l’issue devient plus facile à comprendre. L’incertitude sur le champ de bataille et un tableau beaucoup plus tardif influencent aussi le souvenir de cet affrontement.
Bataille de Montgisard en 1177 : pourquoi Baudouin était-il vulnérable ?
Plus tôt en 1177, Baudouin IV et Philippe d’Alsace avaient prévu d’attaquer l’Égypte (Mısır) avec le soutien des Byzantins. Cette expédition n’a pas eu lieu. La campagne qui a précédé Montgisard s’est donc déroulée après l’abandon de fait d’un projet offensif.
Philippe a plutôt rejoint Raymond III pour l’expédition de Harim, dans le nord de la Syrie (Suriye). Son départ a réduit les forces disponibles pour défendre le royaume de Jérusalem. Ce point compte : Baudouin a affronté Saladin alors qu’une partie des moyens militaires du royaume était engagée ailleurs.
Le 22 novembre 1177, Saladin a atteint Ascalon. Baudouin a replié ses troupes à l’intérieur des murailles. À ce stade, l’armée royale était regroupée derrière des défenses. Saladin pouvait choisir de rester à proximité ou de poursuivre sa marche vers Jérusalem.
Saladin ne jugeait pas la petite armée de Baudouin assez menaçante. Il a laissé Ascalon derrière lui et avancé vers Jérusalem. Cette appréciation a donné à Baudouin l’occasion décisive de la campagne : l’armée que Saladin avait sous-estimée restait capable d’agir.
Comment Baudouin IV a-t-il vaincu Saladin ?
Baudouin a quitté Ascalon après avoir appelé les Templiers de Gaza (Gazze) à le rejoindre. Il a ensuite progressé le long de la côte. Son repli derrière les murailles avait donc été une étape de la campagne. Il n’avait pas mis fin à l’action de son armée.
Pendant ce temps, les attaques dirigées contre Ramla (Remle) et Lydda (Lidda) avaient dispersé les forces de Saladin. Cette dispersion est essentielle pour expliquer l’issue de la bataille. L’effectif total d’une armée pendant une campagne ne dit pas, à lui seul, combien de ses hommes sont regroupés lorsque l’adversaire frappe.
Le succès des croisés à Montgisard s’explique par la surprise et un terrain favorable. Ces facteurs se sont ajoutés à la dispersion des troupes de Saladin. L’armée moins nombreuse de Baudouin a pu attaquer dans des conditions qui compensaient en partie son infériorité numérique.
Vous comprendrez mieux cette victoire en reliant ces éléments. Saladin avait sous-estimé l’armée présente à Ascalon. Baudouin l’a fait sortir et a demandé l’appui des Templiers. Les troupes de Saladin s’étaient éparpillées. L’attaque surprise qui a suivi a bénéficié du terrain.
Les chefs croisés comprenaient Renaud de Châtillon, Baudouin d’Ibelin, Balian, Renaud de Sidon et Josselin. Leur présence élargit un récit souvent réduit à un duel entre Baudouin et Saladin. La victoire du jeune roi a mobilisé une armée comptant plusieurs figures de premier plan.
Effectifs à Montgisard : combien de soldats ont combattu ?
Guillaume de Tyr donne le chiffre de 375 chevaliers croisés. Il ne s’agit pas de l’effectif total de l’armée, car les fantassins ne sont pas inclus. Présenter ces chevaliers comme l’ensemble des combattants accentue l’infériorité numérique de Baudouin au-delà de ce que ce chiffre permet d’établir.
Le grand maître des Templiers, Eudes de Saint-Amand, aurait rejoint la bataille avec environ 80 chevaliers du Temple. Là encore, le chiffre concerne un groupe précis. Gardez cette distinction à l’esprit lorsque vous comparez les récits sur les effectifs.
Les estimations globales restent discutées. Certaines évaluent l’armée croisée à environ 4 500 hommes. D’autres calculs atteignent 7 000 hommes, fantassins compris. Il faut présenter ces totaux comme des estimations, sans les fondre en un effectif unique supposé établi.
Pour l’armée de Saladin, Guillaume de Tyr avançait 26 000 hommes. L’historien W. B. Stevenson jugeait ce chiffre exagéré. L’écart numérique fait partie du récit de la bataille, mais ce total élevé doit toujours être accompagné de cette réserve explicite.
Imaginez que vous comptiez les invités d’une réception : dénombrer un seul groupe ne vous donne pas le nombre total de personnes présentes. Les 375 chevaliers de Guillaume posent le même problème de lecture. Compter les chevaliers et compter tous les combattants, fantassins compris, répond à deux questions différentes, même s’il s’agit de la même armée.
Qui a gagné à Montgisard et quelles ont été les pertes ?
Baudouin IV et le royaume de Jérusalem ont remporté la bataille de Montgisard. L’armée de Saladin a été vaincue malgré sa supériorité numérique. Le roi avait 16 ans et souffrait de la lèpre. Ces faits rendent son rôle particulièrement marquant, sans expliquer à eux seuls le résultat militaire.
La victoire s’est aussi accompagnée de lourdes pertes rapportées dans le camp croisé. Roger de Moulins, grand maître des Hospitaliers, a donné les chiffres de 1 100 morts et de 750 blessés. Ces données ont leur place dans le récit du succès : une même bataille pouvait se solder par une victoire et de lourdes pertes.
Ce bilan doit rester attribué à Roger de Moulins. De même, les différents effectifs avancés doivent conserver leurs réserves. Associer des estimations discutées aux pertes rapportées pour calculer un taux précis donnerait à ces chiffres une certitude qu’ils n’ont pas.
Où s’est déroulée la bataille de Montgisard ? Localisation actuelle et cartes
L’emplacement précis du champ de bataille reste discuté. Tel Gezer est l’une des localisations proposées. Tell es-Safi en est une autre, appuyée par Malcolm Barber et le récit d’Imad al-Din al-Isfahani. Ces hypothèses empêchent d’identifier avec certitude un lieu actuel comme le champ de bataille.
Ramla pose un autre problème cartographique. Dans les récits médiévaux, ce nom pouvait désigner une région plus vaste. On ne peut donc pas simplement considérer le centre de la ville actuelle comme le lieu où Baudouin et Saladin se sont affrontés.
Si vous explorez la campagne sur une carte, distinguez les lieux cités des sites proposés pour la bataille. Ascalon, Gaza, Ramla et Lydda permettent de comprendre les déplacements et la dispersion des forces. Tel Gezer et Tell es-Safi répondent à une autre question : où les combats ont-ils eu lieu ?
Cette distinction compte si vous préparez un itinéraire autour de Montgisard. Un repère placé sur Ramla dans une carte actuelle ne tranche pas le débat. Gardez les deux sites proposés à l’esprit. Ne transformez pas une référence régionale en localisation précise.
Chronologie
- 1177 : l’expédition de Baudouin et Philippe contre l’Égypte, prévue avec le soutien de Byzance (Bizans), n’a pas eu lieu.
- 22 novembre 1177 : Saladin a atteint Ascalon et Baudouin s’est replié à l’intérieur des murailles.
- 25 novembre 1177 : les forces de Baudouin ont vaincu l’armée de Saladin à Montgisard.
- 1179 : Saladin a battu les forces du royaume de Jérusalem à Marj Ayyoun (Mercayun).
- 1187 : Saladin a remporté la bataille de Hattin (Hıttin), puis pris Jérusalem.
- 1842–1844 : Charles-Philippe Larivière a réalisé son tableau de la bataille de Montgisard.
Les détails que vous ne trouverez pas dans les guides
Le chroniqueur Raoul de Dicet décrit Saladin échappant à la capture sur un chameau rapide. Ce détail donne à la retraite une image mémorable. Il faut aussi en conserver l’attribution : c’est le récit que Raoul donne de la fuite de Saladin après sa défaite.
Baudouin a commémoré la victoire en faisant construire un monastère bénédictin sur le champ de bataille. Il était dédié à sainte Catherine (Azize Katerina), dont la fête tombe le 25 novembre. Cette dédicace associait l’anniversaire de la bataille aux célébrations religieuses du monastère.
Charles-Philippe Larivière a peint Montgisard en 1842–1844, plus de six siècles après la bataille. Si vous découvrez ce tableau au fil de vos lectures sur Baudouin, retenez sa date. Il s’agit d’une représentation tardive de la victoire, réalisée bien après la campagne.
L’analyse de la TU Dresden remet en question le reliquaire en forme de coffret représenté dans le tableau. Elle avance plutôt la possibilité d’un contenant en forme de croix, visible de loin. Même ce petit élément visuel demande donc de la prudence lorsqu’on utilise le tableau pour imaginer la bataille.
La bataille de Montgisard au cinéma : apparaît-elle dans Kingdom of Heaven ?
Le film Kingdom of Heaven, sorti en 2005, ne montre pas la bataille de Montgisard. Il évoque toutefois la victoire de Baudouin sur Saladin alors qu’il avait 16 ans.
Montgisard a-t-elle donné à Baudouin une supériorité durable ?
Montgisard n’a pas établi de supériorité durable sur Saladin. En 1179, deux ans après sa défaite, Saladin a battu les forces du royaume de Jérusalem à Marj Ayyoun. Ce résultat ultérieur empêche de voir dans Montgisard un renversement permanent de l’équilibre militaire.
En 1187, Saladin a gagné à Hattin et pris Jérusalem. Montgisard reste une victoire obtenue grâce à la surprise, à un terrain favorable et à une occasion créée par la dispersion des forces adverses. Les événements ultérieurs montrent pourquoi il faut distinguer l’issue d’une bataille de la lutte menée sur la durée.
FAQ
Qui a gagné la bataille de Montgisard ?
L’armée moins nombreuse de Baudouin IV a vaincu Saladin le 25 novembre 1177. Baudouin était roi de Jérusalem. Il avait 16 ans et souffrait de la lèpre.
Combien de soldats ont combattu à Montgisard ?
Les estimations discutées donnent environ 4 500 à 7 000 combattants croisés. Les 375 chevaliers cités par Guillaume de Tyr n’incluent pas les fantassins. W. B. Stevenson jugeait exagéré son chiffre de 26 000 hommes pour Saladin.
Où se trouve aujourd’hui le champ de bataille de Montgisard ?
Tel Gezer et Tell es-Safi sont les localisations proposées. L’usage médiéval du nom Ramla pour désigner une région plus vaste empêche d’identifier simplement le centre-ville actuel au champ de bataille.
Quelles pertes ont été rapportées ?
Roger de Moulins, grand maître des Hospitaliers, a fait état de 1 100 morts et de 750 blessés parmi les croisés. Ces chiffres sont attribués à son témoignage et concernent l’armée victorieuse.
Sources
- Wikipédia — Bataille de Montgisard tr.wikipedia.org
- Wikipédia — Bataille de Montgisard en.wikipedia.org
- TU Dresden — Lexique des Templiers, Montgisard tu-dresden.de
Image: Schlacht von Montgisard 2.jpg — Charles-Philippe Larivière, Public domain






