Racines des villes

Histoire d’Aydın : origines de la ville et de son nom

Aydın s’est développée à partir de l’antique Tralles et a ensuite porté le nom de Güzelhisar sous la domination turque. Son nom actuel vient de la dynastie des Aydınoğulları, qui régnait au XIVe siècle, et s’est imposé comme seul nom de la ville à la fin du XIXe siècle.

9 min de lecture12 sourcesPublié le: 2 novembre 2026Dernière vérification: 2 novembre 2026
La rédaction de Köküne Kadar TVNotre politique en matière de sources
Histoire d’Aydın : origines de la ville et de son nom
Aydın Büyükşehir Belediyesi binası ve Atatürk heykeli (Aydın, 2020).jpg
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Si vous cherchez à comprendre l’histoire d’Aydın, partez d’un fait simple. La ville a porté plusieurs noms, qui correspondent chacun à une époque. Dans l’Antiquité, elle s’appelait Tralles (Tralleis). Sous la domination turque, son nom historique était Güzelhisar. Son nom actuel renvoie à une dynastie du XIVe siècle.

Cet article retrace l’histoire de ces noms. Il présente aussi les ruines, les mosquées, le chemin de fer et les dates de guerre qui permettent de comprendre le parcours de la ville.

L’histoire d’Aydın en bref

L’histoire urbaine d’Aydın remonte à la cité antique de Tralles. Sous la domination turque, la ville était connue sous le nom de Güzelhisar. Avec le temps, ce nom a cédé la place à Aydın.

Ces différentes époques se lisent facilement sur le terrain. Un vestige romain se dresse tout près du centre. Des bâtiments ottomans du XVIIIe siècle subsistent dans les vieux quartiers. Une voie ferrée des années 1860 relie la ville à Izmir. La province qui l’entoure abrite d’autres sites antiques, dont Aphrodisias (Afrodisias), Nysa et Priène (Priene).

L’origine du nom Aydın

La notice des noms géographiques du Getty Research Institute rattache le nom Aydın aux Aydınoğulları. Cette dynastie régnait sur la région au XIVe siècle. Le nom actuel de la ville ne vient donc ni d’une colline, ni d’une rivière, ni d’un mot grec. Il vient d’une maison régnante.

Le changement a été progressif. Les sources décrivent trois étapes.

  • Güzelhisar. C’était le nom historique de la ville pendant la période turque.
  • Güzelhisâr-ı Aydın. Au XVIIe siècle en particulier, ce nom servait à distinguer la ville d’une localité homonyme située près de Menemen. L’expression signifie « Güzelhisar dans le sandjak d’Aydın ».
  • Aydın. Vers la fin du XIXe siècle, Güzelhisar est tombé en désuétude. Dès lors, la ville a été appelée uniquement Aydın.

La forme du XVIIe siècle montre l’usage concret de ce nom. Deux villes portaient le même nom. L’administration devait pouvoir les distinguer. Elle a ajouté le nom de la circonscription administrative dont la ville dépendait. Ce complément a fini par devenir son seul nom.

Vous connaissez peut-être ce mot à travers l’expression « Aydın sancağı ». Le sandjak était la circonscription dont la ville a ensuite adopté le nom.

Tralles : la cité antique

Tralles se trouve à environ 1 kilomètre au nord du centre-ville actuel. Le site occupe un plateau sur le versant sud des monts Kestane. Si vous le visitez, vous dominerez la ville moderne depuis la cité antique.

Deux atouts ont fait la richesse de Tralles. Le premier était sa plaine fertile. Le second était sa position sur une route reliant les ports d’Éphèse (Efes) et de Milet (Milet) à l’intérieur de l’Anatolie. Les marchandises et les voyageurs qui gagnaient l’intérieur des terres empruntaient ce passage.

En 334 av. J.-C., Alexandre le Grand marcha contre les Perses. Tralles se rendit à lui sans combat.

Le vestige le plus connu aujourd’hui est Üç Gözler, dont le nom signifie « Trois Yeux ». Il s’agit de la partie conservée du gymnase de Tralles, qui date du IIe siècle apr. J.-C. C’est l’un des symboles d’Aydın. Si vous ne deviez prendre qu’une photo de l’Aydın antique, ce serait celle-ci.

Güzelhisar : la ville des registres ottomans

Le recensement foncier ottoman de 1451 montre combien Güzelhisar était alors modeste. C’était une petite ville de sept quartiers. Sa population est estimée à environ 970 personnes.

Le XVIIIe siècle voit se multiplier les constructions. Deux monuments du quartier de Köprülü datent de cette période. Tous deux se visitent encore.

Les monuments ottomans à visiter

Le complexe de Nasuh Pacha (Nasuhpaşa Külliyesi)

Selon l’inscription à l’entrée de son caravansérail, Nasuh Pacha fit construire ce complexe en 1708. Il comprend quatre éléments : un hammam, une médersa, une petite mosquée et un caravansérail.

Le hammam conserve la succession de ses espaces : un vestiaire, une salle tiède, une salle chaude et un réservoir d’eau. Le caravansérail possède un étage et une cour. Il porte aussi le nom de Zincirli Han. La médersa est également connue sous le nom d’Osman Ağa Medresesi.

La mosquée Cihanoğlu (Cihanoğlu Camii)

La mosquée Cihanoğlu se trouve dans le même quartier. L’inscription de son entrée indique que le savant Cihanoğlu Abdülaziz Efendi la fit construire en 1756.

Dans la salle de prière, observez le décor en plâtre. De caractère baroque, il associe des motifs végétaux à des volutes en C et en S. Il montre comment le goût de son siècle s’est diffusé jusque dans une ville de province.

Chemin de fer, guerre et libération

La concession du chemin de fer Izmir–Aydın fut accordée en 1856. La ligne fut achevée en 1866. Pour une ville de la taille d’Aydın, le chemin de fer transforma l’acheminement des marchandises et le déplacement des personnes vers la côte.

La place de cette ligne dans l’histoire ferroviaire fait débat. De nombreux récits la présentent comme la première ligne de chemin de fer mise en service en Anatolie. L’historien Arif Kolay distingue deux questions : quelle ligne a été construite en premier et quelle ligne a été ouverte en premier. Il indique que la ligne Izmir–Kasaba a ouvert le 23 janvier 1866. Selon lui, la totalité de la ligne Izmir–Aydın a ouvert le 1er juillet 1866. Dans cette lecture, la première mise en service revient à une autre ligne, malgré l’ancienneté de la concession.

Le XXe siècle apporte la guerre. Les forces grecques occupent Aydın le 27 mai 1919. Les forces turques la libèrent le 7 septembre 1922. L’occupation dure un peu plus de trois ans.

Aydın aujourd’hui et les sites de sa province

Le nom Aydın désigne aujourd’hui toute une province. Parmi ses sites historiques figurent Aphrodisias à Karacasu, Nysa à Sultanhisar et Priène près de Söke. Sur la côte, Kuşadası se trouve à proximité du parc national de la péninsule de Dilek et du delta du Büyük Menderes. Didim se situe dans le secteur du temple d’Apollon et des ruines de Milet.

Un changement administratif vous concerne directement. En 2012, la loi n° 6360 a remplacé le district central d’Aydın par le district d’Efeler. Le nouveau district conserve les mêmes limites. Si vous consultez une carte ou une page de réservation aujourd’hui, le centre-ville peut donc apparaître sous le nom d’Efeler. Le territoire est le même, mais son nom administratif a changé.

Eski Doğanbey constitue une autre étape, à environ 30 kilomètres de Söke. Ses maisons, ses boutiques, son hôpital et ses fontaines illustrent l’architecture ottomane tardive. Selon le Portail de la culture, l’ancien nom du village, Domatia, signifie « chambres » en grec.

Aphrodisias a été inscrite sur la Liste du patrimoine mondial de l’UNESCO en 2017. Le bien inscrit comprend deux parties : la cité antique et les carrières de marbre situées au nord-est de celle-ci.

Chronologie

  • 334 av. J.-C. : Tralles se rend à Alexandre le Grand sans résistance.
  • IIe siècle apr. J.-C. : Construction du gymnase de Tralles, dont subsistent les vestiges appelés Üç Gözler.
  • Vers 500 apr. J.-C. : Le temple d’Aphrodite à Aphrodisias est transformé en église.
  • XIVe siècle : La dynastie des Aydınoğulları règne sur la région. Aydın lui doit son nom.
  • 1451 : Le recensement ottoman décrit Güzelhisar comme une ville de sept quartiers.
  • XVIIe siècle : Le nom Güzelhisâr-ı Aydın se répand pour distinguer la ville de Güzelhisar près de Menemen.
  • 1708 : Construction du complexe de Nasuh Pacha.
  • 1756 : Construction de la mosquée Cihanoğlu.
  • 1856 : La concession du chemin de fer Izmir–Aydın est accordée.
  • 1866 : Le chemin de fer est achevé.
  • Fin du XIXe siècle : Güzelhisar tombe en désuétude. La ville est appelée uniquement Aydın.
  • 27 mai 1919 : Les forces grecques occupent Aydın.
  • 7 septembre 1922 : Les forces turques libèrent Aydın.
  • 2012 : La loi n° 6360 crée le district d’Efeler.
  • 2017 : Aphrodisias entre sur la Liste du patrimoine mondial de l’UNESCO.

Des détails que vous ne trouverez pas dans les guides

  • Un architecte de Sainte-Sophie était originaire d’ici. Anthémios, l’un des architectes de Sainte-Sophie (Ayasofya), figure parmi les personnalités issues de l’antique Tralles.
  • Une mosquée avec un marché en dessous. La mosquée Cihanoğlu repose sur un haut soubassement. La partie inférieure de ce soubassement servait de marché.
  • Une mosquée utilisée comme entrepôt. Pendant la Première Guerre mondiale, la mosquée Cihanoğlu a servi d’entrepôt.
  • Environ 2 000 inscriptions à Aphrodisias. Elles documentent une société mêlant des composantes grecques, romaines, cariennes, païennes, juives et chrétiennes.
  • Un temple devenu église. Vers 500 apr. J.-C., le temple d’Aphrodite à Aphrodisias a été transformé en église.

FAQ

Comment s’appelait Aydın dans l’Antiquité ?

Son nom antique était Tralles. Sous la domination turque, la ville portait le nom historique de Güzelhisar.

D’où vient le nom Aydın ?

Le Getty Research Institute le rattache à la dynastie des Aydınoğulları, qui régnait sur la région au XIVe siècle.

Quand le nom Güzelhisar a-t-il cessé d’être utilisé ?

Vers la fin du XIXe siècle. La ville a ensuite été appelée uniquement Aydın.

Quand Aydın a-t-elle été occupée et libérée ?

Les forces grecques l’ont occupée le 27 mai 1919. Les forces turques l’ont libérée le 7 septembre 1922.

Où se trouvent les ruines de Tralles ?

À environ 1 kilomètre au nord du centre-ville actuel, sur un plateau du versant sud des monts Kestane.

Sources

  1. Encyclopédie de l’islam de la TDV — Aydın islamansiklopedisi.org.tr
  2. Getty Research Institute — Aydin getty.edu
  3. Direction provinciale de la culture et du tourisme d’Aydın — Tralles aydin.ktb.gov.tr
  4. Direction provinciale de la culture et du tourisme d’Aydın — Mosquée Cihanoğlu aydin.ktb.gov.tr
  5. Portail de la culture — Complexe de Nasuh Pacha kulturportali.gov.tr
  6. Portail de la culture — Mosquée Cihanoğlu kulturportali.gov.tr
  7. Portail de la culture — Village d’Eski Doğanbey kulturportali.gov.tr
  8. Université Süleyman Demirel — Behset Karaca, Les prolongements de la ligne ferroviaire Izmir–Aydın au-delà de Dinar acikerisim.sdu.edu.tr
  9. Université Kütahya Dumlupınar — Explication d’Arif Kolay sur l’histoire ferroviaire haber.dpu.edu.tr
  10. Wikipédia — Province d’Aydın en.wikipedia.org
  11. Centre du patrimoine mondial de l’UNESCO — Aphrodisias whc.unesco.org
  12. Wikipédia — Aydın tr.wikipedia.org

FAQ

Comment s’appelait Aydın dans l’Antiquité ?

Son nom antique était Tralles. Sous la domination turque, la ville portait le nom historique de Güzelhisar.

D’où vient le nom Aydın ?

La notice toponymique du Getty Research Institute rattache ce nom à la dynastie des Aydınoğulları, qui régnait sur la région au XIVe siècle.

Quand le nom Güzelhisar a-t-il cessé d’être utilisé ?

Vers la fin du XIXe siècle, le nom Güzelhisar est tombé en désuétude. La ville a ensuite été appelée uniquement Aydın.

Quand Aydın a-t-elle été occupée et libérée ?

Les forces grecques ont occupé Aydın le 27 mai 1919. Les forces turques l’ont libérée le 7 septembre 1922.

Où se trouvent les ruines de Tralles ?

Elles se trouvent à environ 1 kilomètre au nord du centre-ville actuel, sur un plateau du versant sud des monts Kestane.

Image: Aydın Büyükşehir Belediyesi binası ve Atatürk heykeli (Aydın, 2020).jpg — Dr.Wiki54, CC BY-SA 4.0

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