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Révolution des Roses : la chute de Chevardnadze en Géorgie

En Géorgie, la révolution des Roses est née des manifestations contre les élections législatives de novembre 2003 et s’est achevée par la démission d’Edouard Chevardnadze. Des manifestants portant des roses sont entrés au Parlement, puis des négociations ont conduit à une présidence par intérim et à de nouvelles élections.

9 min de lecture10 sourcesPublié le: 4 novembre 2026Dernière vérification: 4 novembre 2026
La rédaction de Köküne Kadar TVNotre politique en matière de sources
Révolution des Roses : la chute de Chevardnadze en Géorgie
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Qu’est-ce que la révolution des Roses ?

La révolution des Roses (Gül Devrimi) est un mouvement populaire pacifique qui a mis fin au pouvoir d’Edouard Chevardnadze (Eduard Şevardnadze) en Géorgie (Gürcistan) en novembre 2003. Les manifestations ont suivi les élections législatives du 2 novembre. Elles ont culminé avec l’entrée des manifestants au Parlement et la démission du président le 23 novembre. Tbilissi (Tiflis), la capitale géorgienne, a été le principal centre de la confrontation et du transfert du pouvoir.

Le mouvement tire son nom d’une scène précise. Le 22 novembre, Mikheïl Saakachvili (Mihail Saakaşvili) et ses partisans sont entrés au Parlement avec des roses rouges. Chevardnadze s’adressait au nouveau Parlement lorsque les manifestants ont atteint l’hémicycle. Il a interrompu son discours et quitté les lieux avec ses gardes du corps. Le lendemain soir, il a annoncé sa démission après des discussions avec les dirigeants de l’opposition.

Pour comprendre comment le pouvoir de Chevardnadze a pris fin, suivez à la fois les manifestations de rue et la contestation électorale. Les roses ont donné son nom au mouvement. Le scrutin législatif contesté en a été le déclencheur immédiat. Les négociations du 23 novembre ont abouti à la démission qui a marqué le tournant décisif de la confrontation.

Révolution des Roses en Géorgie : qui contestait Chevardnadze ?

Chevardnadze dirigeait la Géorgie depuis 1992 et était devenu président en 1995. En novembre 2003, ses principaux adversaires comptaient d’anciens alliés politiques. Mikheïl Saakachvili, Nino Bourdjanadze (Nino Burcanadze) et Zourab Jvania (Zurab Jvania) sont devenus les principales figures de l’opposition associées à la révolution des Roses. Des personnalités qui avaient travaillé à ses côtés participaient donc à la contestation de son autorité.

Le mouvement de jeunesse Kmara a lui aussi contribué à organiser les manifestations de novembre. Son nom géorgien signifie « Assez ! ». Sa participation a donné aux jeunes une présence organisée dans les cortèges. Dirigeants de l’opposition et jeunes militants ont pris part à cette mobilisation centrée sur Tbilissi.

La télévision a également joué un rôle dans la contestation électorale. La chaîne Rustavi-2, basée à Tbilissi, a diffusé un sondage à la sortie des urnes qui donnait le Mouvement national de Saakachvili en tête. De son côté, le dirigeant de l’Adjarie (Acara), Aslan Abachidze (Aslan Abaşidze), a envoyé des contre-manifestants à Tbilissi pour soutenir Chevardnadze. La capitale est ainsi devenue le point de rencontre des adversaires et des partisans du président.

Pourquoi les élections de novembre 2003 ont-elles déclenché des manifestations ?

Les élections législatives ont eu lieu le 2 novembre 2003. Environ 450 observateurs internationaux venus de 43 pays ont suivi le scrutin. Le 3 novembre, la mission internationale d’observation a déclaré que les élections n’avaient pas respecté plusieurs normes internationales. Elle s’inquiétait notamment de la confusion dans les listes électorales et de retards qui avaient entamé la confiance dans l’administration électorale.

Vous pouvez rapprocher ce problème d’une expérience courante : imaginez que vous consultiez une liste d’inscription et que les informations vous concernant soient confuses ou contestées. Lors des élections géorgiennes, les observateurs ont relevé une confusion dans les listes électorales qui affectait la confiance dans le processus. Ce problème touchait à l’organisation même du vote, avant que le différend sur les résultats soit réglé.

L’évaluation finale de l’OSCE/BIDDH a documenté une fraude électorale généralisée et systématique, le jour du scrutin et après celui-ci. Elle désignait en particulier l’Adjarie et la Basse Kartlie (Kvemo Kartli). Ces constats ont établi les irrégularités électorales concrètes à l’origine de la confrontation politique. Le différend portait donc sur des défaillances documentées du processus électoral, ainsi que sur des revendications politiques concurrentes.

Un référendum accompagnait les élections législatives. Les électeurs étaient aussi consultés sur une réduction du nombre de députés, de 235 à 150. Cette question distincte figurait au programme électoral de la même journée, même si les élections législatives ont été le déclencheur immédiat des manifestations.

Que s’est-il passé au Parlement le 22 novembre ?

Le 22 novembre, des manifestants conduits par Saakachvili sont entrés dans l’hémicycle pendant que Chevardnadze parlait. Saakachvili et ses partisans portaient des roses rouges. Cette entrée au Parlement a donné à la révolution des Roses le nom qu’elle a conservé. Elle a aussi placé l’opposition au sein même de l’institution au cœur de la contestation électorale.

Chevardnadze a interrompu son discours et est parti avec ses gardes du corps. Après la prise de contrôle du Parlement par les manifestants, il a décrété l’état d’urgence. Cette déclaration a donc suivi l’action au Parlement. Sa démission est intervenue le lendemain, après une nouvelle intervention et des discussions avec les dirigeants de l’opposition.

Un petit détail rend cette scène au Parlement particulièrement concrète. Selon Columbia Magazine, Saakachvili a bu le thé laissé par Chevardnadze après avoir pris place à la tribune parlementaire. Avec les roses et le discours interrompu, ce thé abandonné fait partie du récit documenté de la confrontation de cette journée.

Comment le pouvoir de Chevardnadze a-t-il pris fin le 23 novembre ?

Le ministre russe des Affaires étrangères, Igor Ivanov, a été envoyé à Tbilissi le 23 novembre pour servir de médiateur entre Chevardnadze et l’opposition. Son arrivée a ouvert une voie diplomatique dans une crise déjà marquée par les manifestations, l’entrée au Parlement et la proclamation de l’état d’urgence.

Ce soir-là, Chevardnadze a rencontré Saakachvili et Jvania à la résidence d’État de Krtsanissi (Krtsanisi). Il a annoncé sa démission après leur rencontre. L’ordre des événements compte : la confrontation au Parlement a eu lieu le 22 novembre, puis les discussions et la démission ont suivi le 23 novembre. Le mouvement est généralement daté du 3 au 23 novembre 2003.

La présidente du Parlement, Nino Bourdjanadze, est alors devenue présidente par intérim. L’élection de Saakachvili à la présidence est venue plus tard. Si vous distinguez la démission de l’élection qui a suivi, vous comprendrez plus facilement le transfert du pouvoir : Chevardnadze a quitté ses fonctions, Bourdjanadze a assuré la présidence par intérim, puis une élection présidentielle anticipée a eu lieu.

Qu’est-ce qui a changé après la révolution des Roses ?

Le 25 novembre, le Parlement élu en 1999 a approuvé la tenue d’une élection présidentielle anticipée le 4 janvier 2004. Saakachvili l’a remportée avec 96,2 % des voix, selon les résultats rapportés par la mission internationale d’observation. Sa victoire électorale a suivi la présidence par intérim mise en place après le départ de Chevardnadze.

Le différend sur les législatives nécessitait lui aussi une réponse électorale. La Cour suprême a annulé le volet du scrutin de novembre organisé à la représentation proportionnelle. Ce volet attribuait 150 des 235 sièges du Parlement. Les résultats des sièges pourvus au scrutin majoritaire sont restés valables. La décision concernait donc une partie des élections législatives, et non l’ensemble des sièges.

Le nouveau scrutin législatif a eu lieu le 28 mars 2004. L’alliance Mouvement national–Démocrates de Saakachvili a remporté 135 des 150 sièges remis en jeu. Les observateurs internationaux ont constaté des progrès lors du scrutin de mars. Ils ont aussi déclaré que le processus démocratique ne pourrait être pleinement mis à l’épreuve que dans un environnement politique plus concurrentiel et pluraliste.

Chronologie

  • 1992 : Chevardnadze prend la direction de la Géorgie.
  • 1995 : Chevardnadze devient président.
  • 2 novembre 2003 : Des élections législatives et un référendum sur la réduction du nombre de députés ont lieu.
  • 3 novembre 2003 : Les observateurs internationaux signalent que les élections n’ont pas respecté plusieurs normes internationales.
  • 22 novembre 2003 : Saakachvili et les manifestants entrent au Parlement. Chevardnadze quitte le bâtiment.
  • 23 novembre 2003 : Après une médiation et des discussions, Chevardnadze démissionne. Bourdjanadze devient présidente par intérim.
  • 25 novembre 2003 : Le Parlement approuve la tenue d’une élection présidentielle anticipée le 4 janvier 2004.
  • 4 janvier 2004 : Saakachvili remporte l’élection présidentielle anticipée.
  • 28 mars 2004 : Le volet des élections législatives organisé à la représentation proportionnelle est de nouveau soumis au vote.

Les détails que vous ne trouverez pas dans les guides

Le référendum du 2 novembre proposait de faire passer le Parlement de 235 à 150 membres. Ces mêmes nombres apparaissent dans la décision de justice ultérieure, mais avec un autre rapport. Le scrutin proportionnel annulé concernait 150 sièges au sein d’un Parlement de 235 sièges. La question référendaire et la décision de justice étaient deux événements distincts.

La Cour suprême a maintenu les résultats du scrutin majoritaire tout en annulant le volet proportionnel. Cette distinction explique pourquoi le nouveau scrutin de mars 2004 concernait 150 sièges. L’alliance Mouvement national–Démocrates en a ensuite obtenu 135.

Le rôle de Bourdjanadze permet aussi de mieux comprendre la transition. Elle était à la fois une figure majeure de l’opposition et la présidente du Parlement. Après la démission de Chevardnadze, elle a assuré la présidence par intérim. La victoire présidentielle de Saakachvili est intervenue le 4 janvier 2004, et non le soir du départ du président sortant.

FAQ

Qu’est-ce que la révolution des Roses ?

C’est un mouvement de protestation pacifique survenu en Géorgie en novembre 2003. Il a suivi des élections législatives contestées et s’est achevé par la démission du président Edouard Chevardnadze le 23 novembre.

Dans quel pays la révolution des Roses a-t-elle eu lieu ?

Elle a eu lieu en Géorgie. Tbilissi, la capitale, a été le principal centre des manifestations et du transfert du pouvoir.

Pourquoi parle-t-on de révolution des Roses ?

Ce nom vient des roses rouges que portaient Mikheïl Saakachvili et ses partisans lorsqu’ils sont entrés au Parlement le 22 novembre 2003.

Sources

  1. Vikipedi — Révolution des Roses tr.wikipedia.org
  2. Civil Georgia — Chronologie – 2003 civil.ge
  3. Wikipedia — Révolution des Roses en.wikipedia.org
  4. OSCE/BIDDH — Élections législatives du 2 novembre 2003 odihr.osce.org
  5. OSCE/BIDDH — Les élections législatives géorgiennes entachées par la confusion dans les listes électorales odihr.osce.org
  6. Columbia Magazine — Le révolutionnaire aux roses magazine.columbia.edu
  7. OSCE — Les manifestations en Géorgie après le second tour des élections législatives conduisent à la démission du président osce.org
  8. Civil Georgia — Déclaration préliminaire des observateurs internationaux sur les élections civil.ge
  9. Union interparlementaire — Géorgie : élections de 2004 data.ipu.org
  10. Wikipedia — Place de la Première République en.wikipedia.org

FAQ

Qu’est-ce que la révolution des Roses ?

La révolution des Roses est un mouvement de protestation pacifique survenu en Géorgie en novembre 2003. Elle a suivi des élections législatives contestées et s’est achevée par la démission du président Edouard Chevardnadze le 23 novembre.

Dans quel pays la révolution des Roses a-t-elle eu lieu ?

Elle a eu lieu en Géorgie. La capitale, Tbilissi, a été le principal centre des manifestations et du transfert du pouvoir.

Pourquoi parle-t-on de révolution des Roses ?

Ce nom vient des roses rouges que portaient Mikheïl Saakachvili et ses partisans lorsqu’ils sont entrés au Parlement le 22 novembre 2003.

Image: OP13.JPG — Zaraza, CC BY-SA 3.0

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