Histoire mondiale

Procès de Galilée : Inquisition et excuses de 1992

En 1633, l’Inquisition romaine condamne Galilée pour avoir défendu la théorie copernicienne selon laquelle la Terre est en mouvement et enfreint une injonction de 1616. En 1992, soit 359 ans plus tard, le pape Jean-Paul II reconnaît l’erreur des théologiens, mais son discours ne contient pas d’excuses formelles.

Ce sujet divise les historiens : l’article distingue les faits établis des interprétations et cite ses sources. Notre politique en matière de sources →

8 min de lecture8 sourcesPublié le: 2 novembre 2026Dernière vérification: 2 novembre 2026
La rédaction de Köküne Kadar TVNotre politique en matière de sources
Procès de Galilée : Inquisition et excuses de 1992
Galileo before the Holy Office – Joseph-Nicolas Robert-Fleury, 1847.png

Galilée (en turc : Galileo Galilei) est condamné par l’Inquisition romaine le 22 juin 1633. On lui reproche d’avoir défendu l’idée que la Terre est en mouvement. Près de quatre siècles plus tard, en 1992, un pape reconnaît que les théologiens de cette époque ont commis une erreur. Entre ces deux dates, 359 ans se sont écoulés.

Vous découvrirez ici qui était Galilée, ce qu’il a observé avec sa lunette, pourquoi ces découvertes ont conduit à un procès et ce que dit — ou ne dit pas — la déclaration de 1992.

Où Galilée est-il né et d’où venait-il ?

Galilée était un astronome, physicien et mathématicien italien. Il est né à Pise le 15 février 1564.

Il étudie à l’université de Pise, mais la quitte sans diplôme. Il devient ensuite professeur de mathématiques. De 1589 à 1592, il occupe la chaire de mathématiques à Pise. Il exerce ensuite des fonctions similaires à l’université de Padoue, jusqu’en 1610.

Les inventions de Galilée : qu’a-t-il vraiment fabriqué ?

On attribue souvent à Galilée l’invention de la lunette astronomique. Ce n’est pas lui qui l’a inventée. Les premières lunettes apparaissent aux Pays-Bas en 1608. Galilée entend parler de cet instrument et en construit un en 1609, avant de l’améliorer.

Ses autres travaux des années passées à Padoue sont moins connus :

  • Il travaille sur un thermoscope, un instrument qui indique les variations de température.
  • Il met au point un compas destiné aux calculs géométriques et militaires.
  • En 1594, il obtient un brevet pour une machine permettant d’élever l’eau.

Pour répondre précisément, Galilée a perfectionné des instruments et leur a trouvé de nouveaux usages. Le plus célèbre d’entre eux reposait au départ sur l’idée de quelqu’un d’autre.

La lunette de Galilée : d’un grossissement de huit à vingt fois

En août 1609, Galilée présente au Sénat de Venise une lunette qui grossit huit fois. À l’automne de la même année, il dirige vers le ciel un instrument dont le grossissement atteint environ vingt fois.

Pensez au zoom de l’appareil photo de votre téléphone. Passer de 8x à 20x, c’est passer d’un panneau que vous apercevez au loin à un panneau que vous pouvez lire. Pour Galilée, ce panneau, c’était le ciel.

Les découvertes de Galilée

Les observations s’enchaînent rapidement.

  • La Lune (fin 1609). Sa surface n’est pas lisse. Galilée montre qu’elle possède des montagnes et des vallées.
  • Les satellites de Jupiter (début 1610). Il découvre quatre lunes en orbite autour de Jupiter. Cela montre que tous les corps célestes ne tournent pas autour de la Terre.
  • Vénus. Il observe ses phases. Celles-ci excluent l’agencement des planètes proposé par Ptolémée. Mais elles sont compatibles avec le système de Copernic comme avec celui de Tycho Brahe. Cette observation ne suffit donc pas, à elle seule, à donner raison à Copernic.

En 1610, Galilée baptise les satellites de Jupiter les « astres médicéens ». Les Médicis sont la famille qui règne sur la Toscane, et il souhaite obtenir leur soutien.

Ces observations ne sont pas rejetées d’emblée. En avril 1611, les mathématiciens jésuites du Collegio Romano, à Rome, confirment la réalité des phénomènes célestes que Galilée rapporte avoir observés avec sa lunette.

Pourquoi Galilée a-t-il été jugé ?

Les difficultés viennent des conséquences de ces découvertes. Elles confortent la théorie copernicienne selon laquelle la Terre est en mouvement. En 1614, le dominicain Tommaso Caccini prend la parole en chaire à Santa Maria Novella, à Florence. Il affirme que les idées de Galilée sur le mouvement de la Terre sont proches de l’hérésie.

En 1616, le cardinal Robert Bellarmin adresse un avertissement à Galilée. Il lui est interdit d’adhérer à la doctrine copernicienne ou de la défendre.

Puis vient 1632. Galilée publie à Florence le Dialogue sur les deux grands systèmes du monde. Le livre compare les systèmes de Ptolémée et de Copernic. Mais son argumentation favorise la théorie copernicienne.

C’est pour cela qu’il comparaît devant l’Inquisition en 1633. L’accusation comporte deux volets :

  1. Il a défendu la théorie copernicienne selon laquelle la Terre est en mouvement.
  2. En publiant le Dialogue, il a enfreint l’injonction de 1616.

Le procès de Galilée devant l’Inquisition en 1633

Le 21 juin 1633, pendant son interrogatoire, Galilée est menacé de torture. Le lendemain, 22 juin, l’Inquisition romaine le déclare fortement soupçonné d’hérésie. Elle lui impose de lire et de signer une déclaration par laquelle il renonce à ses idées.

Sa peine de prison est ensuite commuée en assignation à résidence. Il reste soumis à cette restriction jusqu’à la fin de sa vie.

Le 1er décembre 1633, il est autorisé à regagner sa villa Il Gioiello, à Arcetri. Une condition lui est imposée : il ne peut pas recevoir de visiteurs avec lesquels il pourrait discuter de sujets scientifiques.

Des détails que vous ne trouverez pas dans les guides

  • Sept signatures sur dix seulement. Le verdict de 1633 n’est signé que par sept des dix cardinaux juges.
  • Un livre sorti clandestinement. Le livre de Galilée sur la science du mouvement, les Discours concernant deux sciences nouvelles, est sorti clandestinement d’Italie. Il est publié aux Pays-Bas en 1638.
  • Un doigt exposé. Le 12 mars 1737, son corps est transféré dans un tombeau monumental. Anton Francesco Gori prélève le majeur de sa main droite. Celui-ci fait aujourd’hui partie de la collection du Museo Galileo.
  • Le brevet. Le brevet de 1594 pour une machine permettant d’élever l’eau est rarement cité à côté de la lunette. Il montre que Galilée était aussi un inventeur tourné vers les applications pratiques.

« Et pourtant, elle tourne » : Galilée l’a-t-il dit ?

Selon une histoire très répandue, Galilée aurait murmuré après son procès : Eppur si muove, « Et pourtant, elle tourne ». La formule est belle. Les preuves sont faibles.

Les documents de l’époque ne la confirment pas. La plus ancienne trace écrite de cette histoire remonte seulement à environ un siècle après sa mort.

Les chercheurs sont en désaccord. Stillman Drake soutenait que la formule avait été associée très tôt à Galilée. Il s’appuyait sur un tableau daté des années 1640. Les recherches de Mario Livio ont conclu qu’il s’agissait très probablement d’une copie plus tardive d’un tableau de 1837. Considérez donc cette phrase comme une légende, plutôt que comme un propos attesté.

La mort de Galilée

Galilée meurt le 8 janvier 1642 à la villa Il Gioiello, à Arcetri. Il a 77 ans. Son élève Vincenzo Viviani rapporte qu’il a passé ses deux derniers mois avec de la fièvre et des palpitations cardiaques.

Une affirmation courante veut qu’il soit devenu aveugle à force d’observer le Soleil avec sa lunette. Une étude de l’université d’État de San Diego rattache plutôt sa cécité tardive à une maladie oculaire. Elle envisage une cataracte, un glaucome et une maladie inflammatoire comme diagnostics possibles, en précisant qu’aucun n’est confirmé.

La déclaration de l’Église, 359 ans plus tard

Le pape Jean-Paul II met en place une commission de travail chargée d’examiner l’affaire Galilée. Elle est créée le 3 juillet 1981. Ses résultats sont présentés le 31 octobre 1992.

Dans son discours de ce jour-là, le pape qualifie d’erreur la position des théologiens de l’époque. Ceux-ci estimaient qu’une lecture littérale de la Bible imposait de placer la Terre au centre.

Le nombre 359 correspond simplement à la soustraction 1992 moins 1633. Quant au mot « excuses », il demande de la précision. Le discours reconnaît des erreurs. Il ne contient aucune formule d’excuses formelles. Parler d’excuses relève donc de l’interprétation, même si celle-ci est courante.

Chronologie

  • 15 février 1564 : Galilée naît à Pise.
  • 1589–1592 : Il occupe la chaire de mathématiques à l’université de Pise.
  • 1592–1610 : Il enseigne les mathématiques à l’université de Padoue.
  • 1594 : Il obtient un brevet pour une machine permettant d’élever l’eau.
  • 1609 : Il améliore la lunette et la dirige vers le ciel.
  • 1610 : Il découvre quatre satellites de Jupiter.
  • Avril 1611 : Les mathématiciens du Collegio Romano confirment les observations faites à la lunette.
  • 1616 : Bellarmin lui interdit d’adhérer à la doctrine copernicienne ou de la défendre.
  • 1632 : Le Dialogue est publié à Florence.
  • 22 juin 1633 : L’Inquisition le condamne et il renonce à ses idées.
  • 1er décembre 1633 : Il est autorisé à regagner sa villa à Arcetri.
  • 1638 : Les Discours concernant deux sciences nouvelles paraissent aux Pays-Bas.
  • 8 janvier 1642 : Il meurt à Arcetri à l’âge de 77 ans.
  • 12 mars 1737 : Son corps est transféré dans un tombeau monumental.
  • 3 juillet 1981 : La commission pontificale sur l’affaire Galilée est créée.
  • 31 octobre 1992 : Jean-Paul II reconnaît les erreurs des théologiens de l’époque.

FAQ

Pourquoi Galilée a-t-il été jugé ?

En 1633, l’Inquisition romaine l’accuse de défendre la théorie copernicienne selon laquelle la Terre est en mouvement. Elle lui reproche aussi d’avoir enfreint, avec son Dialogue publié en 1632, l’injonction reçue en 1616.

Galilée a-t-il vraiment dit « Et pourtant, elle tourne » ?

Probablement pas. Les documents de l’époque ne le confirment pas. La plus ancienne trace écrite date d’environ un siècle après sa mort.

Où Galilée est-il né et où est-il mort ?

Il est né à Pise le 15 février 1564. Il est mort le 8 janvier 1642 à la villa Il Gioiello, à Arcetri, à l’âge de 77 ans.

L’Église a-t-elle présenté ses excuses à Galilée ?

Le 31 octobre 1992, le pape Jean-Paul II qualifie d’erreur l’insistance des théologiens sur une lecture littérale de la Bible. Le discours ne contient aucune formule d’excuses formelles. Parler d’« excuses » relève donc de l’interprétation.

Galilée est-il devenu aveugle en regardant le Soleil ?

Une étude de l’université d’État de San Diego rattache sa cécité tardive à une maladie oculaire. Une cataracte, un glaucome et une maladie inflammatoire sont envisagés comme diagnostics possibles, sans qu’aucun soit confirmé.

Sources

  1. Wikipedia — Galileo Galilei en.wikipedia.org
  2. Encyclopédie de philosophie de Stanford — Galileo Galilei plato.stanford.edu
  3. Museo Galileo — Galileo Galilei catalogue.museogalileo.it
  4. Museo Galileo — Vie museogalileo.it
  5. Bibliothèque du Congrès — Galilée et la lunette loc.gov
  6. Université Rice — Le projet Galilée : la lunette galileo.library.rice.edu
  7. Observatoire du Vatican — Galilée : un bref résumé vaticanobservatory.org
  8. Académie pontificale des sciences — 31 octobre 1992 pas.va

Image: Galileo before the Holy Office – Joseph-Nicolas Robert-Fleury, 1847.png — Joseph-Nicolas Robert-Fleury, Public domain

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