Le Mary Celeste : quel était ce navire ?
Le Mary Celeste (en turc : Mary Celeste) était un brigantin marchand à deux mâts. Construit au Canada, il était immatriculé aux États-Unis. Il avait été lancé sous le nom d’Amazon à Spencers Island, en Nouvelle-Écosse, le 18 mai 1861.
En décembre 1868, Richard W. Haines fit réparer le bâtiment. Il l’immatricula à New York sous le nom de Mary Celeste. En 1872, le navire fut reconstruit et agrandi. Il mesurait alors environ 31 mètres de long et jaugeait 282,28 tonneaux de jauge brute.
C’était un navire de transport de marchandises en activité. Rien ne laissait présager qu’il entrerait dans la légende.
Le départ du voyage
Le 7 novembre 1872, le capitaine Benjamin Briggs quitta New York à destination de Gênes, en Italie. Dix personnes se trouvaient à bord : Briggs, son épouse Sarah, leur fille Sophia, âgée de deux ans, et sept membres d’équipage.
La cargaison comptait 1 701 barils d’alcool industriel.
La dernière entrée du journal de bord date du matin du 25 novembre 1872, à 08 h 00. Elle situait le navire près de l’île de Santa Maria, aux Açores. Après cette ligne, le journal s’interrompt.
Le Mary Celeste, navire fantôme : sa découverte
Le 4 décembre 1872, le Dei Gratia, navire du capitaine David Morehouse, aperçut le Mary Celeste dans l’Atlantique, près des Açores. Il suivait une route erratique.
Oliver Deveau et John Wright, du Dei Gratia, montèrent à bord. Ils n’y trouvèrent personne.
Le navire n’était pas une épave. Ses voiles étaient en partie déployées et une partie de son gréement était endommagée. Il restait pourtant en état de naviguer.
Voilà le cœur de cette histoire de navire fantôme. Un bâtiment en bon état poursuivait sa route. Les personnes qui le menaient avaient disparu.
Où le Mary Celeste a-t-il été retrouvé ?
Il fut retrouvé dans l’Atlantique, près des Açores, le 4 décembre 1872. Cette zone correspond à celle de sa dernière position consignée, près de l’île de Santa Maria.
Les données météorologiques historiques apportent ici un éclairage. Anne MacGregor et l’océanographe Phil Richardson les ont utilisées pour effectuer un calcul. Celui-ci a montré que le navire aurait pu aller de sa dernière position consignée jusqu’au lieu de sa découverte sans équipage.
Le navire pouvait donc parcourir cette distance sans personne à la barre.
Deveau et deux autres marins le conduisirent ensuite à Gibraltar. Ils y arrivèrent le 13 décembre 1872.
Ce que les marins ont découvert à bord
La petite embarcation habituellement posée sur la grande écoutille avait disparu.
L’une des deux pompes était en partie démontée. Une tige de sonde, servant à mesurer la hauteur de liquide, se trouvait à proximité.
Les effets personnels étaient toujours à bord. En revanche, les papiers du navire et les instruments de navigation de Briggs avaient disparu.
Un détail célèbre est faux. Vous avez peut-être lu qu’un repas encore chaud attendait sur la table. Cette histoire vient de détails inventés publiés par le Los Angeles Times en juin 1883.
Les théories sur le Mary Celeste
Plusieurs explications ont été mises à l’épreuve au fil des années. Aucune n’a été prouvée.
Meurtre ou mutinerie
Frederick Solly-Flood, procureur général de Gibraltar, enquêta sur des accusations de meurtre et de mutinerie de l’équipage. L’enquête ne trouva aucune preuve qu’un crime avait été commis.
Une explosion de vapeurs d’alcool
Selon cette théorie, des vapeurs d’alcool auraient explosé et poussé toutes les personnes présentes à quitter le navire sous l’effet de la peur. Au déchargement de la cargaison, neuf barils étaient vides. Ils étaient en chêne rouge, un bois qui laisse le liquide s’infiltrer plus facilement que celui des autres barils.
Anne MacGregor a avancé des arguments contre cette hypothèse. Les marins montés à bord avaient trouvé la grande écoutille fermée. Ils n’avaient signalé aucune odeur de vapeurs d’alcool non plus.
Des expériences ont toutefois entretenu cette piste :
- En 2006, Andrea Sella, chimiste à l’UCL, a construit une maquette et utilisé du butane et du papier. Il a produit une explosion sans traces de brûlure nettes.
- Le 7 avril 2026, Chemistry World a rapporté que Jack Rowbotham et Frank Mair, de l’université de Manchester, avaient de nouveau testé cette théorie. Ils ont utilisé une maquette en bois à l’échelle 1:18 et de l’éthanol.
- L’éthanol froid n’a pas explosé au contact d’une étincelle. Les vapeurs d’éthanol présentes dans la maquette chauffée ont, elles, explosé. Le souffle a projeté le panneau d’écoutille et déformé le pont, sans laisser de traces de brûlure sur le bois.
Les travaux de 2026 étayent la possibilité physique de cette hypothèse. Rowbotham a néanmoins déclaré que Mair et lui ne savaient toujours pas avec certitude ce qui était arrivé aux personnes après une telle explosion.
La peur de couler
Anne MacGregor a proposé une autre théorie. De la poussière issue d’une précédente cargaison de charbon, mêlée à des débris provenant des réparations, aurait pu obstruer les pompes. Briggs aurait alors mal évalué le danger que représentait l’eau entrant dans le navire.
Cette hypothèse serait compatible avec la pompe en partie démontée et la tige de sonde retrouvée à côté.
Le mystère du Mary Celeste est-il résolu ?
Non, si l’on parle de preuves. Les expériences montrent qu’une explosion aurait pu se produire. La théorie des pompes explique la pompe laissée en partie démontée et la tige retrouvée à proximité. Le calcul météorologique montre que le navire pouvait dériver sans équipage.
Mais personne n’a démontré pourquoi les 10 personnes avaient quitté le bord. Personne n’a établi ce qu’elles étaient devenues non plus. Aucune des 10 personnes embarquées pour ce voyage n’a été revue depuis, ni n’a donné de ses nouvelles, de manière confirmée.
L’affaire reste donc ouverte. Nous disposons d’un ensemble d’explications plausibles, sans verdict.
Où se trouve le Mary Celeste aujourd’hui ?
Le navire reprit le transport de marchandises après 1872. Sa fin n’eut rien de mystérieux.
Le 3 janvier 1885, le capitaine Gilman C. Parker l’échoua volontairement sur le récif de Rochelois, au large d’Haïti. Il cherchait à commettre une fraude à l’assurance.
Le navire devenu légendaire finit ainsi dans une escroquerie.
Le Mary Celeste dans la fiction et au cinéma
Arthur Conan Doyle publia une nouvelle de fiction, J. Habakuk Jephson’s Statement, en janvier 1884. Il y nomma le navire Marie Celeste, ce qui est incorrect.
La fiction gagna aussi le cinéma. Dans The Mystery of the Mary Celeste, film de la Hammer sorti en 1935, Bela Lugosi incarne un marin déséquilibré.
Chronologie
- 18 mai 1861 le navire est lancé sous le nom d’Amazon en Nouvelle-Écosse.
- Décembre 1868 il est immatriculé aux États-Unis sous le nom de Mary Celeste.
- 1872 il est reconstruit et agrandi.
- 7 novembre 1872 il quitte New York pour Gênes avec 10 personnes et 1 701 barils d’alcool.
- 25 novembre 1872 la dernière entrée du journal de bord est consignée près de l’île de Santa Maria.
- 4 décembre 1872 le Dei Gratia le retrouve abandonné.
- 13 décembre 1872 les marins chargés de le ramener arrivent à Gibraltar avec le navire.
- Janvier 1884 la nouvelle de fiction de Conan Doyle est publiée.
- 3 janvier 1885 le navire est volontairement échoué au large d’Haïti dans le cadre d’une fraude à l’assurance.
- 2006 l’expérience sur maquette d’Andrea Sella produit une explosion sans traces de brûlure nettes.
- 7 avril 2026 Chemistry World rapporte un nouvel essai sur maquette utilisant du bois et de l’éthanol.
Des détails que vous ne trouverez pas dans les guides
- Les papiers du navire et les instruments de navigation de Briggs avaient disparu, tandis que les effets personnels étaient restés à bord.
- Les neuf barils vides étaient en chêne rouge. Ce bois laisse passer le liquide plus facilement que celui des autres barils.
- Les données météorologiques montrent que le navire pouvait atteindre le lieu de sa découverte sans personne à bord.
- L’histoire du repas encore chaud sur la table a été inventée. Elle vient du Los Angeles Times de juin 1883.
- Le navire a finalement été échoué volontairement au large d’Haïti, sur ordre du capitaine Gilman C. Parker.
FAQ
Le mystère est-il résolu ?
Non. Les expériences montrent que la théorie de l’explosion est physiquement possible. Elles n’établissent ni pourquoi les personnes ont quitté le navire ni ce qui leur est arrivé.
Pourquoi cette histoire vous concerne-t-elle ?
Elle met à l’épreuve votre façon de lire les preuves. Vous pouvez y voir une hypothèse convaincante devenir une légende, puis examiner quels éléments résistent à l’analyse.
À quoi devez-vous vous fier en lisant cette histoire ?
Fiez-vous à l’entrée du journal de bord du 25 novembre, à la position du navire lors de sa découverte le 4 décembre et à l’absence de la petite embarcation. Considérez les repas chauds et le nom Marie Celeste comme des éléments de fiction.
Sources
- Royal Museums Greenwich, Le mystère du Mary Celeste rmg.co.uk
- Smithsonian Magazine, Un navire abandonné : le Mary Celeste smithsonianmag.com
- Smithsonian Magazine, Un navire marchand abandonné découvert à la dérive dans l’Atlantique en 1872 smithsonianmag.com
- Chemistry World, Des chimistes pensent savoir ce qui s’est passé à bord du Mary Celeste chemistryworld.com
- Wikipedia, Mary Celeste en.wikipedia.org
- Vikipedi, Mary Celeste tr.wikipedia.org
Image: Mary Celeste as Amazon in 1861.jpg — Unconfirmed, possibly Honore Pellegrin (1800–c.1870). This s, Public domain






