L’occupation d’Istanbul (İstanbul) commence le 13 novembre 1918, avec l’arrivée de la flotte alliée au large de la capitale ottomane. Une occupation militaire et un blocus s’ensuivent. L’occupation devient officielle le 16 mars 1920. Si vous rencontrez ces deux dates, elles désignent deux étapes d’une même occupation.
La ville devient aussi une base pour la résistance. Pendant la lutte nationale turque de 1919–1922, des organisations clandestines envoient des officiers, des armes et des munitions d’Istanbul vers l’Anatolie (Anadolu). La capitale occupée fait donc partie de cette histoire à double titre : elle est une ville sous contrôle étranger et une source de soutien à la lutte.
Qu’est-ce qui conduit à l’occupation de Constantinople après la Première Guerre mondiale ?
L’armistice de Moudros (Mondros), signé le 30 octobre 1918, marque le retrait de l’Empire ottoman de la Première Guerre mondiale. Il ouvre le processus qui mène à l’occupation d’Istanbul. L’arrivée de la flotte alliée le 13 novembre porte ce processus au cœur de la capitale.
Mustafa Kemal Pacha (Mustafa Kemal Paşa) arrive à Istanbul depuis Adana le même jour. Son arrivée et celle de la flotte alliée ont donc une date commune : le 13 novembre 1918. En rapprochant ces événements, vous pouvez suivre son lien avec la ville occupée, avant les développements parlementaires ultérieurs à Ankara.
Quelles puissances participent à l’occupation alliée de Constantinople ?
Les forces engagées dans l’occupation de 1918–1923 comprennent la Grande-Bretagne, la France, l’Italie et la Grèce. Les expressions « occupation alliée » et « occupation par l’Entente » désignent ici cette occupation de la capitale ottomane. La Grande-Bretagne y joue un rôle majeur, mais plusieurs puissances occupent la ville.
Leurs responsabilités varient aussi selon les quartiers d’Istanbul. Le 10 février 1919, les responsabilités de police sont réparties géographiquement. Les Français reçoivent la péninsule historique. Les Britanniques reçoivent Péra et Galata. Les Italiens reçoivent Kadıköy et Üsküdar. Cette répartition donne à l’occupation une géographie concrète, au-delà de la flotte au large.
Que se passe-t-il à Constantinople occupée en 1919 ?
Le déploiement militaire se poursuit après l’arrivée initiale. Un bataillon italien débarque à Galata le 7 février 1919. Il compte 19 officiers et 740 soldats. Le lendemain, 283 carabiniers supplémentaires arrivent et prennent en charge des missions de police.
La contestation publique marque aussi la ville occupée. Lors du rassemblement de Sultanahmet, le 23 mai 1919, Halide Edip appelle la population à lutter contre l’occupation de Smyrne (İzmir). Ce rassemblement relie des événements survenus ailleurs à l’action politique dans Istanbul occupée.
La présence militaire reste importante plus tard dans l’année. Selon les recherches de Zekeriya Türkmen, les forces d’occupation alliées à Istanbul dépassent 50 000 hommes au 5 novembre 1919. Ce chiffre replace l’arrivée des Italiens et la répartition des responsabilités de police dans un déploiement bien plus vaste.
Comment le Parlement fonctionne-t-il sous l’occupation ?
La dernière Chambre des députés ottomane ouvre le 12 janvier 1920. Istanbul est déjà occupée de fait. L’activité parlementaire se poursuit donc entre l’arrivée de la flotte et l’occupation officielle de mars.
Le 28 janvier 1920, la Chambre adopte le Misak-ı Millî, ou Pacte national, lors d’une séance secrète. Le 17 février, elle décide de communiquer ses résolutions aux parlements étrangers et à la presse. L’adoption et la communication à l’extérieur constituent deux étapes distinctes, à deux dates différentes.
Ces décisions précèdent les arrestations de députés lors de l’occupation officielle du 16 mars. Si vous suivez la chronologie parlementaire, l’ouverture de la Chambre et l’adoption du Pacte national en janvier précèdent l’intervention de mars contre la Chambre.
Que change l’occupation britannique de Constantinople en mars 1920 ?
Le matin du 16 mars 1920, les hauts-commissaires britannique, français et italien remettent une note au grand vizir Salih Pacha (Salih Paşa). Elle annonce qu’Istanbul sera occupée à partir de 10 h ce matin-là. L’occupation de fait devient une occupation officielle.
L’annexe de la note précise le contrôle prévu sur les institutions centrales. Elle prévoit l’occupation des ministères de la Guerre et de la Marine, le contrôle des communications et une surveillance stricte de la police. Ces mesures couvrent l’administration militaire, l’information et les activités de police.
Pendant l’occupation, des soldats britanniques mènent un raid contre le poste de police de Şehzadebaşı. Ils pénètrent aussi dans la Chambre des députés et arrêtent certains députés. Ces actions font de l’occupation officielle une intervention directe dans les locaux militaires comme dans l’activité parlementaire.
Dans leur déclaration de mars, les Alliés affirment que l’occupation est temporaire et vise à renforcer le sultanat. Mustafa Kemal Pacha la déclare injuste et nulle. Ces déclarations opposées montrent combien les puissances occupantes et Mustafa Kemal présentent différemment la même action.
Quel lien entre l’occupation d’Istanbul et la lutte nationale turque ?
La Chambre des députés tient sa dernière séance le 18 mars 1920 et suspend ses travaux. Le 19 mars, Mustafa Kemal Pacha publie une circulaire appelant à des élections pour une assemblée dotée de pouvoirs extraordinaires à Ankara. Ces événements suivent immédiatement l’occupation officielle.
La dernière Chambre ottomane est dissoute par un décret du sultan le 11 avril. La Grande Assemblée nationale de Turquie ouvre à Ankara le 23 avril 1920. La suspension, la dissolution et l’ouverture sont des événements distincts dans le déplacement de l’activité parlementaire vers Ankara.
Istanbul poursuit aussi sa contribution par l’intermédiaire d’organisations clandestines. Karakol Cemiyeti, Felah Grubu et Müdafaa-i Milliye Teşkilatı envoient des officiers, des armes et des munitions en Anatolie entre 1919 et 1922. Leurs activités relient la ville occupée à la lutte par des apports en personnel et en matériel militaire.
Des détails que vous ne trouverez pas dans les guides
Le déploiement italien à Galata comprend des soldats et du personnel chargé de missions de police. Le bataillon débarque le 7 février 1919 ; les 283 carabiniers arrivent le lendemain. Leurs missions différentes montrent pourquoi les effectifs ne suffisent pas à comprendre une force d’occupation.
Un télégraphiste nommé Manastırlı Hamdi figure parmi ceux qui informent Mustafa Kemal Pacha de l’occupation le 16 mars 1920. Le lien avec votre quotidien est simple : vous dépendez de messages pour savoir ce qui se passe ailleurs. Ici, un télégraphiste transmet la nouvelle de l’occupation alors que les communications elles-mêmes sont visées par les mesures de contrôle.
Le 21 juillet 1921, des policiers d’Istanbul et des membres du MM Grubu organisent secrètement le transfert d’armes, de munitions et d’équipements militaires depuis la caserne de Rami vers l’Anatolie. Cette opération précise donne une date et un lieu à l’histoire plus large de l’approvisionnement clandestin.
Chronologie
- 30 octobre 1918 : Signature de l’armistice de Moudros.
- 13 novembre 1918 : L’arrivée de la flotte alliée marque le début de l’occupation de fait.
- 7 février 1919 : Un bataillon italien débarque à Galata.
- 10 février 1919 : Les responsabilités de police sont réparties entre des zones française, britannique et italienne.
- 23 mai 1919 : Le rassemblement de Sultanahmet proteste contre l’occupation de Smyrne.
- 12 janvier 1920 : Ouverture de la dernière Chambre des députés ottomane.
- 28 janvier 1920 : La Chambre adopte le Pacte national.
- 17 février 1920 : Les députés décident de communiquer ses résolutions à l’étranger.
- 16 mars 1920 : Début de l’occupation officielle ; les troupes britanniques mènent un raid à Şehzadebaşı et arrêtent des députés.
- 18 mars 1920 : La Chambre suspend ses travaux.
- 19 mars 1920 : Mustafa Kemal appelle à des élections pour une assemblée à Ankara.
- 11 avril 1920 : La Chambre ottomane est dissoute.
- 23 avril 1920 : La Grande Assemblée nationale ouvre à Ankara.
- 21 juillet 1921 : Du matériel militaire est transféré secrètement depuis la caserne de Rami vers l’Anatolie.
- 24 juillet 1923 : Signature du traité de Lausanne.
- 2 octobre 1923 : L’évacuation alliée est achevée, selon l’étude publiée dans Belleten.
- 6 octobre 1923 : Le 3e corps d’armée entre à Istanbul.
Quand l’occupation d’Istanbul prend-elle fin ?
L’accord d’évacuation joint au traité de Lausanne du 24 juillet 1923 impose l’évacuation d’Istanbul dans les six semaines suivant la ratification du traité par la Grande Assemblée nationale. Le retrait suit donc un calendrier convenu, lié à cette ratification.
L’étude de Mücahit Özçelik publiée dans Belleten situe l’évacuation britannique, française et italienne entre le 25 août et le 2 octobre 1923. Wikipédia en anglais donne le 4 octobre pour le départ des dernières troupes alliées. Les dates d’évacuation diffèrent entre ces deux récits ; la date du 2 octobre retenue ici suit l’étude de Belleten.
Le 6 octobre 1923, le 3e corps d’armée commandé par Şükrü Naili Pacha (Şükrü Naili Paşa) entre à Istanbul. Cette date devient le jour de la libération de la ville. Pour suivre la fin de l’occupation, distinguez l’évacuation des forces alliées de l’entrée ultérieure des troupes turques.
FAQ
L’occupation commence-t-elle en 1918 ou en 1920 ?
L’occupation de fait commence le 13 novembre 1918, avec l’arrivée de la flotte alliée. L’occupation officielle commence le 16 mars 1920.
Istanbul est-elle occupée uniquement par la Grande-Bretagne ?
Les forces d’occupation comprennent la Grande-Bretagne, la France, l’Italie et la Grèce. Les autorités françaises, britanniques et italiennes reçoivent des zones de police distinctes en février 1919.
Comment Istanbul occupée soutient-elle la résistance ?
Des groupes clandestins envoient des officiers, des armes et des munitions en Anatolie entre 1919 et 1922. L’opération de la caserne de Rami, le 21 juillet 1921, constitue un exemple précis de transfert de matériel.
Pourquoi le 6 octobre est-il le jour de la libération d’Istanbul ?
Le 3e corps d’armée de Şükrü Naili Pacha entre à Istanbul le 6 octobre 1923. Cette entrée devient l’événement commémoré comme la libération de la ville.
Sources
- Revue du Centre de recherche Atatürk — Zekeriya Türkmen, étude sur l’occupation d’Istanbul atamdergi.gov.tr
- Wikipédia — L’occupation d’Istanbul tr.wikipedia.org
- Ministère de la Défense nationale — Chronologie d’Atatürk ata.msb.gov.tr
- Wikipédia — Occupation de Constantinople en.wikipedia.org
- Encyclopédie Atatürk — Les rassemblements pendant la lutte nationale ataturkansiklopedisi.gov.tr
- Ministère de la Défense nationale — La période de la lutte nationale ata.msb.gov.tr
- Revue du Centre de recherche Atatürk — Ş. Can Erdem, étude sur l’occupation officielle atamdergi.gov.tr
- Académie des sciences de Turquie — Les groupes clandestins à Istanbul pendant la période de l’armistice tuba.gov.tr
- Revue du Centre de recherche Atatürk — La sécurité intérieure et la police turque pendant la lutte nationale atamdergi.gov.tr
- Encyclopédie Atatürk — L’occupation d’Istanbul ataturkansiklopedisi.gov.tr
- Belleten — Mücahit Özçelik, l’évacuation alliée d’Istanbul dans les sources turques belleten.gov.tr
FAQ
Quand l’occupation d’Istanbul a-t-elle commencé ?
L’occupation de fait a commencé avec l’arrivée de la flotte alliée le 13 novembre 1918. L’occupation officielle a suivi le 16 mars 1920.
Quels pays ont participé à l’occupation alliée ?
Les forces d’occupation comprenaient la Grande-Bretagne, la France, l’Italie et la Grèce. En février 1919, les responsabilités de police ont été réparties entre des zones française, britannique et italienne.
Comment Istanbul occupée a-t-elle soutenu la lutte nationale turque ?
Des organisations clandestines, dont Karakol Cemiyeti, Felah Grubu et Müdafaa-i Milliye Teşkilatı, ont envoyé des officiers, des armes et des munitions en Anatolie entre 1919 et 1922.
Pourquoi le 6 octobre est-il célébré comme le jour de la libération d’Istanbul ?
Le 3e corps d’armée, commandé par Şükrü Naili Pacha, est entré à Istanbul le 6 octobre 1923. Cette date est devenue le jour de la libération d’Istanbul.
Image: Occupation of Istanbul Seyhun Binzet Koleksiyonu 2.jpg — Bilinmiyor, Public domain





