Histoire mondiale

Chute de Bagdad en 1258 : la destruction par les Mongols

L’armée mongole de Houlagou a contraint Bagdad à capituler le 10 février 1258, et le massacre qui a suivi a mis fin au califat abbasside établi dans la ville. Le bilan humain reste contesté, tandis que la réparation des écoles et la reprise de la vie savante nuancent les affirmations d’un effondrement culturel définitif.

9 min de lecture6 sourcesPublié le: 2 novembre 2026Dernière vérification: 2 novembre 2026
La rédaction de Köküne Kadar TVNotre politique en matière de sources
Chute de Bagdad en 1258 : la destruction par les Mongols
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Le siège de Bagdad en 1258 : que s’est-il passé ?

Bagdad est tombée aux mains de l’armée mongole de Houlagou le 10 février 1258. La capitale abbasside, située dans l’actuel Irak, subissait un siège commencé le 29 ou le 30 janvier. Son souverain, le calife al-Musta‘sim, a capitulé. Le sac a débuté trois jours plus tard, ouvrant environ une semaine de pillages et de massacres.

La défaite militaire a entraîné une rupture politique. Al-Musta‘sim a été tué le 20 février, mettant fin au califat abbasside établi à Bagdad. Pourtant, l’histoire ultérieure de la ville comprend aussi la remise en état d’institutions et la reprise de l’enseignement. Si vous suivez attentivement les dates, vous distinguerez plusieurs étapes : le siège, la reddition, le massacre et la reconstruction.

Pourquoi les Mongols ont-ils assiégé Bagdad ?

Houlagou commandait la campagne sur ordre du grand khan Möngke. Il était le frère de Möngke et un petit-fils de Gengis Khan (Cengiz Han). Möngke était devenu grand khan en 1251. La défaite de Bagdad s’inscrivait dans cette offensive plus vaste.

L’armée est partie en 1253 et a atteint la Transoxiane en 1255. En 1256, les forces de Houlagou ont pris la plupart des forteresses des ismaéliens nizarites en Iran. Ces opérations ont précédé la marche sur Bagdad et appartenaient à la même campagne vers l’ouest.

Al-Musta‘sim n’avait pas envoyé les troupes demandées pour la campagne contre les nizarites. Ce manquement constituait l’un des motifs de conflit avec Houlagou. Les négociations entre les deux hommes se sont poursuivies tout au long de 1257, sans aboutir à un accord. À la fin de cette année, Houlagou avait ordonné à ses généraux de converger vers Bagdad.

Ces événements expliquent l’enchaînement immédiat qui a conduit à la guerre : une expédition mongole, un différend sur l’aide militaire et l’échec des négociations. Bagdad faisait alors face à une armée dont le commandant avait déjà pris la plupart des forteresses nizarites d’Iran.

Comment les Mongols ont-ils remporté le siège de Bagdad ?

Les défenseurs ont subi une lourde défaite avant le début du siège. Dans la nuit du 16 janvier 1258, les forces de Baïdju (Baycu) ont ouvert des brèches dans les digues du canal de Dujayl. L’eau a inondé le camp de l’armée abbasside. Le 17 janvier, les Mongols ont mis en déroute les troupes qui avaient échappé à l’inondation.

L’eau a donc joué un rôle direct dans la campagne. Bagdad avait aussi connu une grande inondation en 1256. Cette catastrophe antérieure avait submergé les marchés de Dar al-Khilafa et de la Nizamiyya, deux ans avant le siège. La crue naturelle et l’inondation délibérée du camp militaire étaient deux événements distincts.

Pour vous représenter les conséquences sur la vie quotidienne, pensez aux marchés inondés. Imaginez que l’eau envahisse le marché pendant que vous faites vos courses. L’inondation de 1256 a atteint des espaces commerciaux de Bagdad précisément nommés ; en janvier 1258, les soldats mongols ont utilisé des brèches dans les digues d’un canal pour submerger un camp militaire.

Le siège de Bagdad a commencé le 29 ou le 30 janvier. Le 4 février, les troupes mongoles contrôlaient les remparts orientaux. Houlagou a également ordonné la construction de ponts flottants de part et d’autre de la ville pour empêcher toute fuite par le Tigre (Dicle). Le fleuve faisait donc partie du dispositif destiné à enfermer les défenseurs.

Al-Musta‘sim a capitulé le 10 février avec sa famille et environ 3 000 notables. La reddition a mis fin au siège, mais le sac a suivi le 13 février. En distinguant ces dates, vous comprendrez pourquoi la capitulation de la ville n’a pas marqué la fin des violences.

Chronologie

  • 1251 : Möngke devient grand khan.
  • 1253 : L’armée de Houlagou entame sa marche vers l’ouest.
  • 1256 : Les forces mongoles prennent la plupart des forteresses nizarites d’Iran. Une grande inondation frappe également Bagdad cette année-là.
  • 1257 : Les négociations entre Houlagou et al-Musta‘sim échouent.
  • 16–17 janvier 1258 : Le camp de l’armée abbasside est inondé, puis les troupes survivantes sont mises en déroute.
  • 29/30 janvier 1258 : Le siège de Bagdad commence.
  • 4 février 1258 : Les troupes mongoles contrôlent les remparts orientaux.
  • 10 février 1258 : Al-Musta‘sim capitule.
  • 13 février 1258 : Le sac de Bagdad commence.
  • 20 février 1258 : Al-Musta‘sim est tué.
  • 1258–1282 : Des réparations et des travaux de reconstruction ont lieu pendant le gouvernorat d’Ata-Malik Juwayni.

Bagdad en 1258 : un bilan humain contesté

Le sac a commencé le 13 février et a duré environ une semaine. Les violences comprenaient des massacres et des pillages. Il est impossible d’établir un bilan humain précis. Les chiffres associés à la conquête varient fortement selon les récits et les estimations.

Les sources médiévales avancent des bilans allant de 800 000 à deux millions de morts. L’Encyclopédie de l’islam de la TDV cite aussi Chang Te, un voyageur chinois qui a traversé la région en 1259. Son récit évoque des dizaines de milliers de victimes. Ce chiffre diffère considérablement des affirmations médiévales les plus élevées.

La TDV estime le nombre de morts à plus de 100 000. L’article de Wikipédia en anglais consacré au siège indique que le total exact est inconnu. Il faut distinguer ces estimations : une affirmation médiévale, un récit de voyage et une évaluation ultérieure constituent des types de témoignages différents.

L’explication par la peste est elle aussi contestée. Dans une interprétation publiée en 2021, Fancy et Green ont associé la chute de Bagdad à la propagation de la peste par les Mongols. Une étude de Brack, Biran et Amitai publiée en 2024 a soutenu que les textes utilisés ne permettaient pas cette conclusion. La peste doit donc être présentée comme une explication contestée.

Pourquoi le siège de Bagdad a-t-il été si dévastateur pour la culture islamique ?

La conquête a réuni massacres, pillages et destruction du pouvoir abbasside établi à Bagdad. La mort d’al-Musta‘sim, le 20 février, a mis fin à ce califat. L’ampleur des violences et la disparition de l’institution qui gouvernait la capitale expliquent le poids de 1258 dans les récits de l’histoire de l’islam.

La destruction des bibliothèques nourrit également l’idée que la conquête aurait provoqué un effondrement définitif de la civilisation islamique. Cette interprétation demande de la prudence. L’étude de Michal Biran publiée en 2019 sur les bibliothèques, les livres et la transmission du savoir met en évidence un milieu savant actif dans la Bagdad ilkhanide.

Les établissements d’enseignement de la ville apportent des preuves concrètes de cette continuité. Les madrasas Nizamiyya, Mustansiriyya et Bashiriyya ont repris leur enseignement après la conquête mongole. Cette reprise montre que la vie savante de Bagdad s’est poursuivie au-delà du sac, malgré les destructions de 1258.

Pendant le gouvernorat d’Ata-Malik Juwayni, de 1258 à 1282, la Mustansiriyya a été réparée et un nouveau système d’irrigation a été mis en place. Ces chantiers doivent figurer aux côtés du récit de la dévastation. La chute de Bagdad a mis fin au pouvoir abbasside dans la ville, tandis que les réparations ultérieures ont rétabli une partie de ses institutions et de ses infrastructures.

Des détails que vous ne trouverez pas dans les guides

Les digues du canal de Dujayl ont été percées de nuit, le 16 janvier. L’ordre des événements compte : le camp abbasside a d’abord été inondé, puis les forces mongoles ont vaincu les survivants le 17 janvier. Cet épisode situe un revers militaire décisif avant le début du siège des remparts proprement dit.

Les ponts flottants de Houlagou avaient une fonction précise : empêcher les fuites par le Tigre. Représentez-vous ces ouvrages comme un élément du dispositif d’encerclement de Bagdad. Le fleuve apparaît ici comme une voie de fuite possible que le commandant assiégeant cherchait à fermer.

Certains chrétiens ont bénéficié d’une protection grâce à l’intervention de l’épouse chrétienne de Houlagou, Doqouz Khatoun (Dokuz Hatun). Les personnes protégées ont reçu l’ordre de marquer les portes de leurs maisons. Ce détail montre que des mesures de protection existaient au sein du sac et du massacre généralisés.

Dans l’après-conquête, la Mustansiriyya apparaît comme un établissement remis en état. Sous Juwayni, sa restauration a accompagné la création d’un nouveau système d’irrigation. Avec la reprise de l’enseignement dans les trois madrasas citées, ces mesures montrent que l’histoire de la ville après la conquête se poursuit au-delà de sa destruction.

FAQ

Qui a dirigé le siège mongol de Bagdad ?

Houlagou a dirigé la campagne sur ordre du grand khan Möngke. Il était le frère de Möngke et le petit-fils de Gengis Khan. Le calife al-Musta‘sim était à la tête du pouvoir abbasside qui défendait Bagdad.

Bagdad a-t-elle capitulé avant le massacre ?

Oui. Al-Musta‘sim a capitulé le 10 février 1258 avec sa famille et environ 3 000 notables. Le sac et le massacre ont commencé le 13 février et se sont poursuivis pendant environ une semaine.

Le calife a-t-il été tué pendant les combats sur les remparts ?

Al-Musta‘sim a été tué le 20 février, après sa reddition et après le début du sac. Sa mort a mis fin au califat abbasside établi à Bagdad.

Les écoles de Bagdad ont-elles rouvert après la conquête ?

Oui. Les madrasas Nizamiyya, Mustansiriyya et Bashiriyya ont repris leur enseignement. La Mustansiriyya a également été réparée pendant le gouvernorat de Juwayni, de 1258 à 1282. Cette période a aussi connu d’autres travaux de reconstruction et d’irrigation.

Sources

  1. Vikipedi — Siège de Bagdad (1258)) tr.wikipedia.org
  2. Encyclopédie Iranica — HOULAGOU KHAN iranicaonline.org
  3. Wikipedia — Siège de Bagdad en.wikipedia.org
  4. Encyclopédie de l’islam de la TDV — BAGDAD islamansiklopedisi.org.tr
  5. Medical History — La peste et la conquête mongole de Bagdad (1258) ? Une réévaluation des sources doi.org
  6. Université hébraïque de Jérusalem — Bibliothèques, livres et transmission du savoir dans la Bagdad ilkhanide cris.huji.ac.il

FAQ

Quand les Mongols ont-ils pris Bagdad ?

Le siège s’est déroulé du 29 ou du 30 janvier au 10 février 1258, date de la reddition du calife al-Musta‘sim. Le sac a commencé le 13 février.

Pourquoi les Mongols ont-ils assiégé Bagdad ?

Houlagou avançait vers l’ouest sur ordre du grand khan Möngke. Parmi les différends avec al-Musta‘sim figurait le fait que le calife n’avait pas fourni les troupes demandées pour la campagne contre les ismaéliens nizarites. Les négociations ont échoué au cours de l’année 1257.

Combien de personnes sont mortes à Bagdad en 1258 ?

Le nombre exact est inconnu. Les sources médiévales avancent entre 800 000 et deux millions de morts. L’Encyclopédie de l’islam de la TDV estime le bilan à plus de 100 000 morts et rapporte le témoignage d’un voyageur chinois évoquant des dizaines de milliers de victimes.

La vie savante islamique à Bagdad a-t-elle pris fin en 1258 ?

La conquête a provoqué de graves destructions, mais la vie savante s’est poursuivie sous la domination ilkhanide. Les madrasas ont repris leur enseignement, et les recherches de Michal Biran mettent en évidence un milieu savant actif dans la Bagdad ilkhanide.

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