Le 23 mai 1919, Halide Edib Adıvar prend la parole au meeting de Sultanahmet, à Istanbul. Son discours contre l’occupation devient l’un des symboles de la résistance. Aujourd’hui, on se souvient d’elle comme d’une romancière, d’une enseignante, d’une combattante de la guerre d’indépendance et d’une députée.
Ce guide répond aux questions que vous posez sur Google : qui était-elle, qu’a-t-elle dit à Sultanahmet et quels livres faut-il connaître ? Si vous traversez Sultanahmet aujourd’hui, vous parcourez les lieux de son discours le plus célèbre.
Qui était Halide Edib Adıvar ?
Halide Edib Adıvar était une écrivaine, enseignante, universitaire et femme politique turque. Elle est née à Beşiktaş, à Istanbul.
Son année de naissance fait débat. La biographie publiée par Anadolu Ajansı indique que certaines sources donnent 1882 et d’autres 1884. Vous trouverez ces deux dates dans les livres et sur Internet. Aucune ne relève d’une simple coquille. Les sources divergent.
Elle a exercé plusieurs activités au cours de sa vie. Elle a écrit des romans et des mémoires. Elle a enseigné et œuvré pour l’éducation des filles. Elle a participé à la lutte pour l’indépendance. Dans les années 1940, elle a créé un département universitaire. Dans les années 1950, elle a siégé au Parlement.
Jeunesse, mariages et premiers écrits
Halide Edib obtient son diplôme du collège américain de jeunes filles d’Üsküdar en 1901. La même année, elle épouse Salih Zeki, professeur de mathématiques. Ils ont deux fils, Ayetullah et Hikmetullah.
Elle commence à écrire très jeune. Sa traduction de Mâder, publiée en 1897, lui vaut de recevoir du sultan Abdülhamid II l’ordre de la Compassion.
En 1908, elle commence à publier des articles dans le journal Tanin sous le nom de Halide Salih. Elle y aborde l’éducation des femmes et leur place dans la société. Elle figure aussi parmi les fondatrices de la Teâlî-i Nisvân Cemiyeti, une association qui œuvre pour l’instruction des femmes et leur participation à la vie publique.
Son roman Handan paraît en 1912. Le récit se construit à travers des lettres et les dialogues intérieurs qu’elles contiennent.
En 1916, elle participe à des activités éducatives en Syrie, à l’invitation de Cemal Pacha. En 1917, elle épouse le docteur Adnan Adıvar.
Le meeting de Sultanahmet : 23 mai 1919
L’occupation de Smyrne (İzmir), le 15 mai 1919, bouleverse sa vie. Dans les jours qui suivent, Halide Edib prend la parole lors de plusieurs meetings. Elle intervient à Fatih le 19 mai, puis à Kadıköy le 22 mai.
Vient ensuite le meeting de Sultanahmet, le 23 mai 1919. Son discours devient l’un des symboles de la résistance à l’occupation.
Une phrase prononcée ce jour-là reste célèbre : « Milletler dostumuz, hükûmetler düşmanımızdır. » En français : « Les nations sont nos amies, les gouvernements sont nos ennemis. »
Selon l’article de l’Encyclopédie Atatürk consacré aux meetings de la Lutte nationale, elle demande aussi à la foule de prêter serment. Les participants doivent jurer de ne pas hésiter à donner leur vie pour le drapeau ottoman et son peuple.
Mesurez la portée de cette scène : une femme se tient devant une foule réunie à Istanbul et lui demande de prêter serment. Les meetings de ces journées font d’elle une figure publique de la résistance.
Après le meeting : le débat sur le mandat américain
Ses positions politiques sont complexes. Dans une lettre datée du 10 août 1919, elle soumet à Mustafa Kemal l’idée d’un mandat américain. Cette proposition est débattue au congrès de Sivas, puis rejetée.
Les historiens discutent de cet épisode. Il montre qu’en 1919, même les proches soutiens du mouvement national s’opposent sur la voie à suivre.
Le départ pour Ankara
Halide Edib quitte Istanbul avec son mari, Adnan Bey. Ils arrivent à Ankara le 2 avril 1920 pour rejoindre la Lutte nationale.
Un lien avec votre quotidien : vous lisez probablement des informations diffusées par Anadolu Ajansı, l’agence Anadolu. Sur la route d’Ankara, en 1920, Halide Edib discute avec Yunus Nadi de l’agence de presse qu’ils projettent de créer. C’est elle qui propose le nom Anadolu Ajansı. Lorsque vous faites défiler un titre de cette agence, vous lisez un nom qu’elle a suggéré.
Elle sert également dans les rangs de l’armée. Pendant la Lutte nationale, elle reçoit le grade de caporal, puis de sergent-major.
En 1921–1922, elle travaille au sein de la Tetkik-i Mezalim Komisyonu, la commission chargée d’enquêter sur les atrocités. Elle rédige des rapports sur les destructions laissées par l’armée grecque lors de son retrait et sur les cruautés subies par les populations locales.
Les livres et les œuvres de Halide Edib Adıvar
Les recherches sur ses livres prennent des formes variées. Voici quelques repères.
Romans. Handan (1912), Ateşten Gömlek, Sinekli Bakkal, Vurun Kahpeye, Zeyno’nun Oğlu, Tatarcık et Sonsuz Panayır figurent parmi ses romans.
Mémoires. Türkün Ateşle İmtihanı paraît en turc en 1962. Mor Salkımlı Ev suit en 1963.
Nouvelles. L’histoire de Mekâreci Mehmet, dans le recueil Dağa Çıkan Kurt, raconte comment un enfant rejoint le front de Gallipoli et devient combattant.
Traduction. En 1954, elle traduit en turc La Ferme des animaux de George Orwell.
Ateşten Gömlek : résumé
Halide Edib écrit Ateşten Gömlek alors que la guerre d’indépendance se poursuit. Le roman paraît en feuilleton dans le journal İkdam en 1922, puis en volume en 1923.
Il suit notamment Ayşe, Peyami et İhsan. Ces personnages gagnent l’Anatolie et participent à la lutte pour l’indépendance. Le manuel de littérature de 10e année du ministère de l’Éducation nationale présente le livre ainsi.
Le titre, qui signifie « chemise de feu », vous donne le ton. Ces personnages ne regardent pas la guerre de loin. Ils s’y engagent.
Sinekli Bakkal
Sinekli Bakkal se déroule à Istanbul sous le règne d’Abdülhamid II. Il remporte le prix du roman du CHP en 1942.
Sa version anglaise, The Clown and His Daughter, paraît en 1935. La version turque suit en 1936. Le texte anglais est donc publié en premier.
Les dernières décennies de sa vie
Halide Edib revient en Turquie en 1939. En 1940, elle est chargée de fonder la chaire de langue et de littérature anglaises de l’université d’Istanbul.
De 1950 à 1954, elle siège à la Grande Assemblée nationale comme députée indépendante d’Izmir, élue sur la liste du Parti démocrate.
Elle meurt à Istanbul le 9 janvier 1964 d’une insuffisance rénale. Elle est inhumée au cimetière de Merkezefendi.
Chronologie
- 1882 ou 1884 : naissance à Istanbul ; les sources donnent des années différentes.
- 1901 : obtient son diplôme du collège américain de jeunes filles d’Üsküdar et épouse Salih Zeki.
- 1908 : commence à écrire dans Tanin sous le nom de Halide Salih.
- 1912 : publication de Handan.
- 1916 : participe à des activités éducatives en Syrie.
- 1917 : épouse Adnan Adıvar.
- 23 mai 1919 : prend la parole contre l’occupation au meeting de Sultanahmet.
- 2 avril 1920 : arrive à Ankara pour rejoindre la Lutte nationale.
- 1922 : publication d’Ateşten Gömlek en feuilleton dans İkdam.
- 1935 : publication de The Clown and His Daughter en anglais.
- 1936 : publication de Sinekli Bakkal en turc.
- 1939 : revient en Turquie.
- 1940 : est chargée de fonder la chaire de langue et de littérature anglaises de l’université d’Istanbul.
- 1942 : Sinekli Bakkal remporte le prix du roman du CHP.
- 1950–1954 : siège comme députée d’Izmir.
- 9 janvier 1964 : meurt à Istanbul.
Des détails que vous ne trouverez pas dans les guides
- Un fils nommé en hommage à un amiral. Ravie de la victoire du Japon sur la Russie, Halide Edib donne aussi à son fils Hikmetullah le nom de l’amiral japonais Togo Heihachiro.
- Une décoration du sultan. Sa traduction de Mâder, publiée en 1897, lui vaut l’ordre de la Compassion, décerné par Abdülhamid II.
- Le nom d’une agence de presse. Sur la route d’Ankara, en 1920, c’est elle qui propose « Anadolu Ajansı » lors d’une conversation avec Yunus Nadi.
- Une édition anglaise en premier. Sinekli Bakkal paraît pour les lecteurs anglophones en 1935, un an avant l’édition turque.
- Orwell en turc. En 1954, elle traduit La Ferme des animaux en turc.
FAQ
Qui était Halide Edib Adıvar ?
Écrivaine, enseignante, universitaire et femme politique turque, elle est née à Beşiktaş, à Istanbul. Elle prend la parole au meeting de Sultanahmet le 23 mai 1919, puis devient députée d’Izmir.
Quand Halide Edib Adıvar est-elle née ?
Les sources hésitent entre 1882 et 1884. Toutes s’accordent sur son lieu de naissance : Beşiktaş.
De quoi parle Ateşten Gömlek ?
Le roman suit Ayşe, Peyami et İhsan, qui gagnent l’Anatolie et rejoignent la lutte pour l’indépendance. Il paraît en feuilleton en 1922, puis en volume en 1923.
Qu’a-t-elle dit à Sultanahmet ?
L’une de ses phrases les plus célèbres est « Milletler dostumuz, hükûmetler düşmanımızdır. » Elle demande aussi à la foule de jurer de donner sa vie pour le drapeau ottoman et son peuple.
Quand est-elle morte ?
Elle meurt à Istanbul le 9 janvier 1964 et repose au cimetière de Merkezefendi.
Sources
- Wikipédia en turc — Halide Edib Adıvar tr.wikipedia.org
- Agence Anadolu — Une femme forte dans les jours de feu : Halide Edip h.aa.com.tr
- Encyclopédie turque de l’éducation — Adıvar, Halide Edip turkmaarifansiklopedisi.org.tr
- Encyclopédie de l’islam de la TDV — Adıvar, Halide Edip islamansiklopedisi.org.tr
- Université Sabahattin Zaim d’Istanbul — Le rôle de Halide Edip Adıvar dans la Lutte nationale openaccess.izu.edu.tr
- Encyclopédie Atatürk — Les meetings pendant la Lutte nationale ataturkansiklopedisi.gov.tr
- Institut de la langue turque — Halide Edip Adıvar tdk.gov.tr
- Ministère de l’Éducation nationale — Langue et littérature turques, 10e année, Ateşten Gömlek ogmmateryal.eba.gov.tr
- Wikipédia en anglais — Halide Edib Adıvar en.wikipedia.org
- Ministère de la Culture et du Tourisme — Adıvar, Halide Edip ktb.gov.tr
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