Empire ottoman · 1299 – 1922

Sélim III : réformes du Nizam-i Cedid et chute du sultan

Sélim III a régné sur l’Empire ottoman de 1789 à 1807 et mené les réformes du Nizam-i Cedid dans l’organisation militaire, les finances, l’enseignement et la diplomatie. Un soulèvement a mis fin à son règne, puis il a été tué en 1808 lors d’une tentative pour le rétablir sur le trône.

9 min de lecture6 sourcesPublié le: 2 novembre 2026Dernière vérification: 2 novembre 2026
La rédaction de Köküne Kadar TVNotre politique en matière de sources
Sélim III : réformes du Nizam-i Cedid et chute du sultan
Joseph Warnia-Zarzecki – Sultan Selim III – Google Art Project.jpg

Qui était Sélim III et quand a-t-il régné ?

Sélim III (III. Selim) était le 28e sultan ottoman. Il a régné du 7 avril 1789 jusqu’à sa destitution, le 29 mai 1807. Son règne est étroitement associé au Nizam-i Cedid (Nizâm-ı Cedîd), un programme de réformes de l’organisation militaire et des institutions civiles. Il prévoyait une nouvelle armée, un trésor distinct, un enseignement technique et une représentation diplomatique permanente.

Il est né au palais de Topkapı (Topkapı Sarayı), à Istanbul (İstanbul), le 24 décembre 1761. Son père était Moustafa III (III. Mustafa) et sa mère Mihrişah Sultan. Il n’a pourtant pas hérité directement du trône de son père. Il est devenu sultan après la mort de son oncle, Abdülhamid Ier (I. Abdülhamid), en 1789.

Si vous visitez le palais de Topkapı, la vie de Sélim vous permet de relier ce lieu à sa naissance comme à sa captivité. Il y est né et y a été détenu après avoir perdu son trône. Sa sépulture se trouve ailleurs à Istanbul, dans le mausolée de la mosquée de Laleli (Laleli Camii), auprès de son père.

Dans quel état se trouvait l’Empire ottoman à l’avènement de Sélim III ?

L’Empire ottoman était déjà en guerre contre la Russie et l’Autriche lorsque Sélim a pris le pouvoir. Le début de son règne a donc été marqué par les combats et les accords de paix. Le traité de Sistova (Ziştovi), signé avec l’Autriche le 4 août 1791, a été suivi d’un traité avec la Russie l’année suivante.

Le traité de Iași (Yaş) a été signé le 9 janvier 1792. Il confirmait la reconnaissance de la Crimée comme territoire russe et fixait la frontière sur le Dniestr. Ces accords datent des premières années du règne de Sélim, avant la création de sa nouvelle organisation militaire en 1793.

En quoi consistaient les réformes du Nizam-i Cedid ?

Le Nizam-i Cedid désigne la période de renouveau de 1792 à 1807. Sa portée dépassait les nouvelles troupes auxquelles on l’associe le plus souvent. Le programme concernait aussi la réorganisation des institutions civiles. Pour préparer les réformes, Sélim a demandé à des hommes d’État de lui remettre des propositions écrites sur les améliorations à apporter aux institutions.

Ces propositions étaient appelées lâyiha. Elles vous donnent un point de départ concret pour comprendre sa démarche : les changements institutionnels passaient par des recommandations écrites autant que par les exercices militaires. L’armée, le trésor et l’école technique constituaient des volets distincts de cette période de réformes.

Créée en 1793, l’armée du Nizam-i Cedid suivait un entraînement et des exercices à l’européenne. Ses soldats ont commencé leurs premiers exercices réguliers à Levend Çiftliği, à Istanbul, sous l’appellation Bostancı Tüfenkçisi. La réforme disposait donc d’un terrain d’entraînement précis et d’une organisation militaire identifiable.

Une structure financière distincte accompagnait ces troupes. En mars 1793, le Trésor de l’İrad-i Cedid et une administration du trésor séparée ont été créés pour couvrir les dépenses de la nouvelle armée. Le programme de réformes traitait ainsi à la fois de l’entraînement des soldats et de son financement.

Vous pouvez rapprocher ce dispositif de la gestion d’un budget au quotidien. Si vous mettez de l’argent de côté pour une dépense régulière, vous retrouvez le principe d’un fonds réservé à un usage précis. Le Trésor de l’İrad-i Cedid de Sélim avait une fonction définie : financer la nouvelle armée. Réformer l’armée signifiait donc aussi organiser la prise en charge de ses coûts.

L’enseignement technique a lui aussi retenu l’attention. L’École impériale du génie militaire (Mühendishâne-i Berrî-i Hümâyun) a ouvert en 1795, élargissant la formation technique destinée à l’armée de terre. Une imprimerie a commencé à fonctionner dans l’école du génie en 1797. Sélim s’intéressait personnellement aux livres qui devaient y être imprimés.

Comment Sélim III a-t-il changé la diplomatie ottomane ?

La première ambassade ottomane permanente a ouvert à Londres en 1793. Yusuf Agâh Efendi y a été nommé ambassadeur. Cette initiative diplomatique date de la même année que la création de l’armée du Nizam-i Cedid et du trésor destiné à la financer.

La représentation permanente à l’étranger faisait donc partie des changements institutionnels engagés sous Sélim. L’ambassade de Londres offre un parallèle utile avec Levend Çiftliği et l’école du génie. Ensemble, ces institutions montrent l’étendue des changements poursuivis dans la diplomatie, l’entraînement militaire et l’enseignement technique.

Que s’est-il passé entre Sélim III et Napoléon ?

En 1798, Napoléon a envahi l’Égypte, alors sous domination ottomane. Le gouvernement de Sélim a réagi en déclarant la guerre à la France. Le lien direct entre Sélim et Napoléon tient donc à l’invasion d’un territoire ottoman et à la guerre franco-ottomane qui en a résulté.

Si vous associez surtout Sélim à l’entraînement militaire à l’européenne, l’invasion de l’Égypte éclaire un autre aspect de son règne. Son gouvernement poursuivait cet entraînement tout en répondant à l’action militaire française. Les réformes et les conflits extérieurs ont marqué ses années sur le trône.

Pourquoi Sélim III a-t-il été renversé ?

La résistance s’est manifestée lorsque le gouvernement a tenté d’étendre l’organisation du Nizam-i Cedid à la Roumélie (Rumeli). Lors de l’incident d’Andrinople (Edirne) de 1806, des notables locaux, appelés âyân, ont organisé une opposition armée. L’extension de l’organisation rencontrait donc déjà une résistance avant le soulèvement qui a mis fin au règne de Sélim.

Le soulèvement de Kabakçı Mustafa a commencé le 25 mai 1807 par une révolte des troupes de yamak du Bosphore. Les janissaires et les adversaires des réformes ont soutenu le mouvement. Le 29 mai, Sélim a été destitué et le Nizam-i Cedid aboli.

L’enchaînement compte : une résistance armée à l’extension est apparue en 1806, puis le soulèvement et la destitution ont eu lieu en 1807. Leur issue a touché à la fois le souverain et son programme. Sélim a perdu le trône le jour même où l’organisation réformatrice a été abolie.

Qui a succédé à Sélim III ?

Moustafa IV (IV. Mustafa) est devenu sultan le 29 mai 1807. Il était le fils d’Abdülhamid Ier, l’oncle auquel Sélim avait succédé en 1789. Le successeur immédiat de Sélim appartenait donc à la branche familiale de son oncle.

La destitution n’a pas été immédiatement suivie de la mort de Sélim. Il est resté détenu au palais de Topkapı pendant environ 14 mois. Son règne s’est terminé en mai 1807, tandis qu’il a été tué en juillet 1808. Distinguer ces dates permet de mieux suivre les derniers événements de sa vie.

Comment Sélim III est-il mort ?

Sélim a été tué sur ordre de Moustafa IV le 28 juillet 1808. Ce jour-là, Alemdar Mustafa Pacha (Alemdar Mustafa Paşa) est intervenu au palais pour tenter de le rétablir sur le trône. La tentative de restauration et la mort de Sélim appartiennent à la même crise au palais.

Les récits divergent sur la manière précise dont il est mort. Une tradition évoque une strangulation avec une corde. La description du Cevdet Tarihi fait état d’un corps ensanglanté portant des traces de coups, ce qui indique une lutte violente.

Sélim a été inhumé le 29 juillet 1808 dans le mausolée de la mosquée de Laleli, à Istanbul. Sa tombe a été placée auprès de celle de son père, Moustafa III. Si vous suivez les traces de sa vie dans la ville, Laleli est le lieu de sépulture associé à sa mort.

Des détails que vous ne trouverez pas dans les guides

La naissance de Sélim en 1761 a donné lieu à une semaine de célébrations à Istanbul. Bien avant son avènement en 1789, sa venue au monde avait été fêtée dans la ville où il allait régner.

Il écrivait des poèmes sous le nom de plume İlhâmî. Il a aussi étudié le tambour, un instrument à cordes, auprès de Tanbûrî İzak. La poésie et l’apprentissage de la musique font partie de sa biographie, au même titre que les propositions écrites de réformes et les institutions militaires associées à son règne.

Sélim a composé un ayin mevlevi dans le makam sûzidilârâ. Cette composition a été interprétée en sa présence lors de la réouverture du couvent mevlevi de Galata (Galata Mevlevîhânesi), dont il avait soutenu la restauration. Elle relie ainsi une œuvre identifiée à une institution précise et à une occasion à laquelle le sultan a assisté.

Son attention personnelle s’étendait aussi à l’imprimerie. Il s’intéressait aux livres destinés à la presse installée dans l’école du génie en 1797. L’enseignement technique et la production de livres se rejoignent donc dans un aspect concret de son activité réformatrice.

Chronologie

  • 24 décembre 1761 : Sélim naît à Istanbul.
  • 7 avril 1789 : Il succède à Abdülhamid Ier comme sultan ottoman.
  • 4 août 1791 : Le traité de Sistova est signé avec l’Autriche.
  • 9 janvier 1792 : Le traité de Iași est signé avec la Russie.
  • 1793 : L’armée du Nizam-i Cedid et le Trésor de l’İrad-i Cedid sont créés. La première ambassade ottomane permanente ouvre à Londres.
  • 1795 : L’École impériale du génie militaire ouvre ses portes.
  • 1797 : L’imprimerie de l’école du génie commence à fonctionner.
  • 1798 : L’invasion de l’Égypte par Napoléon entraîne une guerre contre la France.
  • 1806 : L’extension en Roumélie rencontre une résistance armée lors de l’incident d’Andrinople.
  • 25 mai 1807 : Le soulèvement de Kabakçı Mustafa commence.
  • 29 mai 1807 : Sélim est destitué. Moustafa IV lui succède.
  • 28 juillet 1808 : Sélim est tué au palais.
  • 29 juillet 1808 : Il est inhumé auprès de son père à la mosquée de Laleli.

FAQ

Sélim III a-t-il eu des enfants ?

Sélim III n’a pas eu d’enfants. Moustafa IV, qui lui a succédé, était le fils d’Abdülhamid Ier, l’oncle de Sélim.

Qui étaient les épouses de Sélim III ?

Nefizar Kadın et Afitab Kadın figuraient parmi ses épouses. Après la mort de Nefizar en 1792, Afitab est devenue première épouse.

Sélim III est-il mort pendant son renversement ?

Sélim a été destitué le 29 mai 1807 et tué le 28 juillet 1808. Entre ces deux événements, il est resté détenu au palais de Topkapı pendant environ 14 mois.

Que comprenaient les réformes du Nizam-i Cedid ?

Elles portaient sur la réorganisation militaire et civile. Les mesures concrètes comprenaient la nouvelle armée, le trésor destiné à la financer, le développement de l’enseignement technique et une représentation diplomatique permanente à Londres.

Sources

  1. Vikipedi — III. Selim tr.wikipedia.org
  2. Wikipedia — Selim III en.wikipedia.org
  3. Encyclopédie de l’islam de la TDV — Selim III islamansiklopedisi.org.tr
  4. Encyclopédie de l’islam de la TDV — Nizâm-ı Cedîd islamansiklopedisi.org.tr
  5. Encyclopédie du monde turc — III. Selim turkdunyasiansiklopedisi.gov.tr
  6. Ministère des Affaires étrangères de la République de Türkiye — Histoire du ministère mfa.gov.tr

FAQ

Qui a succédé à Sélim III ?

Moustafa IV a succédé à Sélim III le 29 mai 1807. Il était le fils d’Abdülhamid Ier, l’oncle de Sélim.

Comment Sélim III est-il mort ?

Sélim III a été tué sur ordre de Moustafa IV le 28 juillet 1808. Les récits divergent sur les circonstances précises : l’un évoque une strangulation, tandis qu’un autre décrit des blessures correspondant à une lutte violente.

Sélim III a-t-il eu des enfants ?

Sélim III n’a pas eu d’enfants.

Qui étaient les épouses de Sélim III ?

Nefizar Kadın et Afitab Kadın figuraient parmi ses épouses. Afitab est devenue première épouse après la mort de Nefizar en 1792.

Image: Joseph Warnia-Zarzecki – Sultan Selim III – Google Art Project.jpg — Joseph Warnia-Zarzecki 1850 (French) Born in Nantes, France, Public domain

Cet article a été préparé avec l'aide de l'intelligence artificielle. Chaque information a été comparée aux sources et aucune phrase sans source n'a été publiée. Si vous voyez une erreur, écrivez-nous. Notre politique en matière de sources · Écrivez-nous →

Articles connexes