Concorde (en turc : Concorde) était un avion de ligne supersonique franco-britannique. Entré en service régulier en 1976, il pouvait voler en croisière à Mach 2. La hausse des coûts de maintenance, la baisse de la demande après le crash de 2000 et la crise du transport aérien consécutive aux attentats du 11 septembre ont conduit à son retrait en 2003. Son dernier vol commercial régulier a eu lieu le 24 octobre 2003. Son ultime vol s’est achevé à Filton le 26 novembre 2003.
Ces deux dates concernent des appareils différents : G-BOAG a assuré le dernier vol commercial régulier, tandis que G-BOAF a effectué l’ultime vol. En suivant leur parcours, vous comprendrez mieux la fin de Concorde. Ses débuts éclairent le partenariat, la vitesse et les prouesses techniques qui ont donné toute leur portée à ces derniers voyages.
Qu’était Concorde et que signifie son nom ?
Concorde a été développé par le constructeur français Sud Aviation et le britannique British Aircraft Corporation. Le Royaume-Uni et la France ont signé un accord le 29 novembre 1962 pour partager sa conception, son développement et sa production. L’avion est donc né d’un projet commun aux deux pays.
Son nom vient du mot français « concorde », qui signifie entente ou harmonie. Ce sens convenait à un projet fondé sur la coopération. L’accord portait sur les travaux nécessaires pour transformer un modèle d’avion conçu en commun en un appareil assurant le transport de passagers.
Le prototype français, Concorde 001, a effectué son premier vol à Toulouse le 2 mars 1969. Le prototype britannique, Concorde 002, a décollé de Filton environ un mois plus tard. Ces vols de prototypes ont précédé de plusieurs années l’ouverture des lignes régulières aux passagers.
Au total, vingt Concorde ont été construits. Quatorze étaient destinés au transport commercial de passagers. En distinguant ces deux chiffres, vous faites la différence entre l’ensemble de la production et les appareils construits pour les compagnies aériennes.
À quelle vitesse volait Concorde ?
Les Concorde de British Airways pouvaient voler en croisière à Mach 2, soit environ 2 160 km/h. Ils pouvaient atteindre 60 000 pieds d’altitude, soit environ 18 300 mètres. La vitesse et l’altitude étaient au cœur des performances de l’appareil en exploitation.
Un trajet Londres–New York durait habituellement un peu moins de trois heures et demie. Pour vous représenter cette durée, pensez à la façon dont vous répartissez vos activités entre le matin et l’après-midi. Concorde effectuait cette traversée de l’Atlantique en moins de trois heures et demie.
Sa traversée de l’Atlantique la plus rapide a été encore plus courte. Le 7 février 1996, un vol New York–Londres a duré 2 heures, 52 minutes et 59 secondes. Ce record correspond à une traversée précise. Le trajet habituel Londres–New York restait légèrement inférieur à trois heures et demie.
British Airways avait équipé ses Concorde de 100 sièges passagers. Quarante se trouvaient dans la cabine avant et 60 dans la cabine arrière. Ces chiffres donnent une dimension humaine à la vitesse : l’avion transportait une cabine de passagers bien réelle, au-delà de la seule démonstration de ses performances supersoniques.
Comment fonctionnaient les ailes et le nez de Concorde ?
Concorde était équipé de quatre moteurs Rolls-Royce/SNECMA Olympus 593. Son fuselage mesurait 62,1 mètres de long, pour une envergure de 25,5 mètres. Ce fuselage allongé et cette envergure plus réduite contribuaient à sa silhouette caractéristique.
Son aile delta ogivale exploitait la portance créée par des tourbillons au décollage et à l’atterrissage. Son rôle dépassait donc le seul vol à grande vitesse. Elle contribuait aussi à soutenir l’appareil pendant les phases plus lentes, au début et à la fin de chaque trajet.
Le nez mobile répondait aux besoins de visibilité des pilotes. Il pouvait être abaissé de 5 degrés au décollage et de 12,5 degrés à l’atterrissage. Si vous regardez des photographies où le nez occupe différentes positions, ces angles expliquent pourquoi le même avion peut présenter des profils différents.
Quelles étaient les conséquences du bang supersonique de Concorde ?
Le puissant bang supersonique de Concorde limitait les zones où il pouvait voler à une vitesse supersonique. Selon l’agence aérospatiale japonaise JAXA, ce bang a conduit à limiter les vols supersoniques aux routes au-dessus de la mer. La capacité de l’appareil à voler à Mach 2 s’accompagnait donc d’une contrainte géographique.
Les vols réguliers ont commencé le 21 janvier 1976. British Airways assurait la liaison Londres–Bahreïn, tandis qu’Air France exploitait la ligne Paris–Dakar–Rio de Janeiro. Ces premières lignes montrent que l’histoire commerciale de Concorde a commencé par d’autres destinations que Londres–New York, trajet étroitement associé à sa vitesse.
Que s’est-il passé lors du crash de Concorde ?
Le 25 juillet 2000, le Concorde d’Air France immatriculé F-BTSC s’est écrasé à Gonesse peu après son décollage de l’aéroport de Paris-Charles-de-Gaulle. Les 100 passagers et les neuf membres d’équipage sont morts. Quatre personnes au sol ont également perdu la vie, portant le bilan à 113 morts.
Le BEA a identifié un enchaînement d’événements commençant par une lamelle métallique provenant d’un DC-10, présente sur la piste. Cette lamelle a endommagé un pneu, déclenchant la suite d’événements décrite dans l’enquête. Mike Bannister, ancien chef pilote Concorde, a également soutenu que des erreurs de maintenance et d’exploitation avaient joué un rôle décisif.
Les vols commerciaux réguliers de Concorde ont été suspendus après le crash. Ils ont repris le 7 novembre 2001. Cette reprise est essentielle pour comprendre la chronologie : l’accident mortel a précédé le retrait de l’appareil, mais les vols commerciaux ont bien redémarré avant la fin du programme.
Pourquoi Concorde a-t-il été retiré du service et quand a eu lieu son dernier vol ?
British Airways et Air France ont annoncé leur décision de retirer Concorde du service en 2003. Elles ont invoqué la hausse des coûts de maintenance, la baisse du nombre de passagers après le crash de 2000 et la crise du transport aérien consécutive aux attentats du 11 septembre. Le retrait de Concorde résultait donc à la fois des coûts d’exploitation et d’une demande en recul.
Le dernier vol commercial régulier a eu lieu le 24 octobre 2003. L’appareil G-BOAG a relié New York-JFK à Londres-Heathrow. Cette date marque la fin du transport commercial régulier de passagers à bord de Concorde.
L’ultime vol de l’avion a eu lieu le 26 novembre 2003. G-BOAF, surnommé Alpha Foxtrot, a atterri à Filton. Lorsque vous trouvez différentes dates pour les adieux de Concorde, la distinction est simple : octobre marque la fin des vols commerciaux réguliers, et novembre celle de tous ses vols.
Chronologie
- 29 novembre 1962 : le Royaume-Uni et la France signent l’accord pour développer Concorde ensemble.
- 2 mars 1969 : Concorde 001 effectue son premier vol à Toulouse.
- Environ un mois plus tard : le prototype britannique Concorde 002 effectue son premier vol au départ de Filton.
- 21 janvier 1976 : British Airways et Air France inaugurent leurs vols réguliers en Concorde.
- 7 février 1996 : une traversée New York–Londres établit un record de 2 heures, 52 minutes et 59 secondes.
- 25 juillet 2000 : le crash du Concorde d’Air France à Gonesse fait 113 morts.
- 7 novembre 2001 : les vols commerciaux réguliers reprennent.
- 2003 : British Airways et Air France annoncent le retrait de Concorde.
- 24 octobre 2003 : G-BOAG assure le dernier vol commercial régulier, de New York à Londres.
- 26 novembre 2003 : G-BOAF atterrit à Filton et achève l’ultime vol de Concorde.
- 2004 : G-BOAA descend la Tamise puis gagne la mer à bord de Terra Marique lors de son transfert vers son musée écossais.
- 2017 : G-BOAF entre dans son hangar d’exposition à Aerospace Bristol.
Les détails que vous ne trouverez pas dans les guides
Le fuselage de Concorde pouvait s’allonger d’environ 15 à 25 centimètres sous l’effet de la chaleur en vol. Les conditions du trajet modifiaient donc les dimensions de l’appareil. Sa longueur annoncée de 62,1 mètres ne rend pas compte à elle seule de cette réalité physique.
Les passagers recevaient des certificats attestant qu’ils avaient franchi le mur du son. Ils conservaient ainsi, en plus du voyage lui-même, une trace de leur vol supersonique. Le certificat reliait les performances de l’appareil à une expérience dont ils pouvaient emporter un souvenir.
Le bang supersonique de Concorde est aussi devenu un sujet de recherche sur l’atmosphère. Une étude publiée dans Science en 1977 décrivait des signaux infrasonores enregistrés à Palisades, dans l’État de New York, à des distances d’environ 165 à 1 000 kilomètres. Ces signaux provenaient des bangs supersoniques de Concorde.
Le transfert de G-BOAA vers son musée écossais a nécessité la barge spéciale Terra Marique. En 2004, l’appareil a descendu la Tamise puis gagné la mer à son bord dans le cadre de ce transfert.
L’installation du dernier Concorde à avoir volé à Aerospace Bristol a exigé un autre déplacement soigneusement organisé. En 2017, un mur du bâtiment a été retiré pour laisser entrer G-BOAF. Lors de son entrée, moins d’un mètre séparait chaque extrémité d’aile de la structure.
Où se trouvent les Concorde aujourd’hui et où peut-on en voir un ?
Vous pouvez voir G-BOAF à Aerospace Bristol, à Filton. Il s’agit d’Alpha Foxtrot, l’appareil qui a effectué l’ultime vol de Concorde le 26 novembre 2003. Sa présentation relie directement l’avion préservé au dernier atterrissage du programme.
G-BOAG appartient au Museum of Flight de Seattle, aux États-Unis. Il a assuré le dernier vol commercial régulier de Concorde le 24 octobre 2003. L’appareil de Seattle et celui de Filton représentent donc deux fins différentes au sein d’une même histoire.
G-BOAA est exposé au National Museum of Flight, à East Fortune, en Écosse. Son parcours de conservation comprend le voyage de 2004 à bord de Terra Marique. Ces trois appareils vous permettent de découvrir Concorde à travers ses derniers vols et ses transferts ultérieurs vers les musées.
FAQ
À quelle vitesse volait Concorde ?
Les Concorde de British Airways pouvaient voler en croisière à Mach 2, soit environ 2 160 km/h. Un vol Londres–New York durait habituellement un peu moins de trois heures et demie. La traversée de l’Atlantique la plus rapide a duré 2 heures, 52 minutes et 59 secondes.
Pourquoi Concorde a-t-il cessé de voler ?
British Airways et Air France ont annoncé son retrait en 2003, dans un contexte de hausse des coûts de maintenance et de baisse de la demande. Le recul du nombre de passagers après le crash de 2000 et la crise du transport aérien consécutive aux attentats du 11 septembre ont contribué à leurs décisions.
Le dernier vol de Concorde a-t-il eu lieu en octobre ou en novembre 2003 ?
Les deux dates correspondent à des événements différents. G-BOAG a assuré le dernier vol commercial régulier le 24 octobre. G-BOAF a effectué l’ultime vol de Concorde le 26 novembre, avec un atterrissage à Filton.
Où peut-on voir le dernier Concorde à avoir volé ?
Le dernier Concorde à avoir volé, G-BOAF, est exposé à Aerospace Bristol, à Filton. Il est aussi connu sous le nom d’Alpha Foxtrot. L’appareil est entré dans le hangar d’exposition du musée en 2017.
Sources
- Wikipédia en turc — Concorde tr.wikipedia.org
- National Museums Scotland — Concorde : l’histoire du transport supersonique de passagers nms.ac.uk
- Wikipédia en anglais — Concorde en.wikipedia.org
- The Museum of Flight — Concorde museumofflight.org
- British Airways — Hommage à Concorde britishairways.com
- JAXA — Bang supersonique aero.jaxa.jp
- Balachandran, Donn et Rind — Les bangs supersoniques de Concorde comme outil de sondage de l’atmosphère pubmed.ncbi.nlm.nih.gov
- BEA — Accident du Concorde immatriculé F-BTSC à Gonesse bea.aero
- Aerospace Bristol — Concorde achève son dernier voyage aerospacebristol.org
FAQ
À quelle vitesse volait Concorde ?
Les Concorde de British Airways pouvaient voler en croisière à Mach 2, soit environ 2 160 km/h, à une altitude de 60 000 pieds. Un trajet Londres–New York durait habituellement un peu moins de trois heures et demie.
Pourquoi Concorde a-t-il été retiré du service ?
British Airways et Air France ont annoncé son retrait en 2003 en raison de la hausse des coûts de maintenance, de la baisse du nombre de passagers après le crash de 2000 et de la crise du transport aérien consécutive aux attentats du 11 septembre.
Quand a eu lieu le dernier vol de Concorde ?
Le dernier vol commercial régulier a eu lieu le 24 octobre 2003. L’ultime vol de Concorde s’est achevé le 26 novembre 2003, lorsque G-BOAF a atterri à Filton.
Où peut-on voir Concorde ?
Vous pouvez voir G-BOAF à Aerospace Bristol, à Filton. G-BOAG appartient au Museum of Flight de Seattle, et G-BOAA est exposé au National Museum of Flight, à East Fortune, en Écosse.
Image: British Airways Concorde G-BOAC 03.jpg — Eduard Marmet, CC BY-SA 3.0






