L’imam Chamil, également appelé cheikh Chamil, a dirigé pendant 25 ans la résistance à l’Empire russe au Daghestan et en Tchétchénie. Son autorité s’est exercée de 1834 à 1859. Il réunissait les pouvoirs religieux, politique et militaire. Son parcours le mène du village de Guimry à la captivité en Russie, puis à son inhumation à Médine.
Si vous croisez son nom en explorant l’histoire liée à la Turquie, commencez par le Daghestan. Chamil y est né le 26 juin 1797. Sa lutte s’est ensuite étendue à la Tchétchénie. Le parcours de sa famille passe aussi par la Russie et Varsovie. Les dates 1834–1859 correspondent à ses années comme imam. Elles constituent la période centrale désignée par les « 25 ans de résistance ».
Qui était l’imam Chamil et où est-il né au Daghestan ?
Chamil était originaire de Guimry, un village du Daghestan. Le premier imam, Ghazi Muhammad, y était également né. L’enfance de Chamil s’inscrit donc dans un lieu associé à plusieurs chefs de la résistance à l’expansion russe.
Sa formation religieuse l’a rapproché des hommes qui ont marqué la suite de son parcours. Avec son ami Mollah Muhammad, il a étudié auprès de Saïd de Harakani et de Djémaleddine de Ghazi-Koumoukh. Ce dernier deviendrait son beau-père. Chamil était un cheikh de la confrérie soufie Naqshbandiyya, au sein de l’islam sunnite.
En 1829, Mollah Muhammad a été choisi pour diriger la résistance. Chamil est devenu l’un de ses principaux adjoints. En 1832, Mollah Muhammad a été tué à Guimry. Chamil a survécu, grièvement blessé. En 1834, après la mort de Hamza Bey, des savants et des notables avars l’ont choisi comme imam.
Quelle était l’origine ethnique de l’imam Chamil ?
Les récits consacrés à l’ascendance de Chamil lui attribuent des origines familiales avares. Une version concurrente lui prête une ascendance koumyke du côté paternel. Ces récits appellent à la prudence lorsqu’on décrit son origine ethnique. L’affirmation selon laquelle Chamil était turc ne peut pas être considérée comme un fait incontestable.
Vous pouvez distinguer son lieu de naissance de la question de ses origines familiales. Il est né à Guimry, au Daghestan. Il a dirigé la résistance au Daghestan et en Tchétchénie. Aucun de ces deux faits ne permet, à lui seul, de trancher entre les versions concurrentes de son ascendance.
Comment l’imam Chamil a-t-il résisté à la Russie pendant 25 ans ?
Les années de Chamil comme imam ont été marquées par des sièges, la guérilla et la réorganisation de la résistance après les défaites. Le siège d’Akhoulgo en 1839 a constitué une crise majeure. La communauté qu’il défendait comptait environ 4 000 personnes. Seules quelque 1 000 d’entre elles étaient des combattants. Ces chiffres rappellent que des familles et d’autres non-combattants se trouvaient aussi au cœur du siège.
Pendant le siège, Chamil a remis son fils Djémaleddine (Cemaleddin) aux Russes comme otage. Akhoulgo est ensuite tombé. Chamil a gagné la Tchétchénie, où il a réorganisé la résistance. La perte de sa position à Akhoulgo n’a donc pas mis fin à son rôle de chef.
En 1845, ses forces ont affronté les troupes russes commandées par Vorontsov dans les forêts de Tchétchénie. Chamil a employé des tactiques d’encerclement et de guérilla contre cette expédition. En 1848, il a envoyé Muhammad Amin en Circassie comme représentant, ou naïb. Ses nominations dépassaient ainsi les territoires les plus étroitement associés à ses propres campagnes.
Pour Chamil, la lutte s’est achevée à Gounib en 1859. Les forces du général Alexandre Bariatinski l’ont encerclé et il s’est rendu. Sa reddition a clos la période de 25 ans ouverte par son élection comme imam en 1834.
Qu’est devenu le fils de l’imam Chamil ?
La captivité de Djémaleddine a commencé pendant le siège d’Akhoulgo en 1839. Il a été élevé en Russie. Avant de retrouver son père, il a servi comme officier dans un régiment russe stationné à Varsovie. Sa séparation d’avec Chamil comprend donc une enfance en Russie, puis un service dans l’armée russe.
En juillet 1854, les troupes de Chamil ont mené un raid sur Tsinandali. Des femmes et des enfants de la famille Tchavtchavadzé ont été faits prisonniers. Ces captifs ont ensuite fait partie de l’échange qui a permis à Djémaleddine de retrouver son père en mars 1855.
Cette succession d’événements relie Akhoulgo, Varsovie et Tsinandali à travers la séparation d’une famille. Pour rapprocher cette histoire de la vie quotidienne, imaginez un parent et son enfant vivant loin l’un de l’autre : Djémaleddine a été remis aux Russes en 1839 et est revenu en 1855. Son service dans un régiment russe fait partie de la vie qu’il a menée entre ces deux événements.
Chronologie
- 1797 : Chamil naît à Guimry, au Daghestan, le 26 juin.
- 1829 : Mollah Muhammad devient le chef de la résistance ; Chamil est l’un de ses principaux adjoints.
- 1832 : Mollah Muhammad meurt à Guimry ; Chamil survit à de graves blessures.
- 1834 : Chamil est élu imam après la mort de Hamza Bey.
- 1839 : Akhoulgo est assiégé ; Djémaleddine est remis aux Russes comme otage.
- 1845 : Les forces de Chamil combattent l’expédition de Vorontsov en Tchétchénie.
- 1848 : Muhammad Amin est envoyé en Circassie comme naïb.
- 1854 : Le raid de Tsinandali conduit à la capture de membres de la famille Tchavtchavadzé.
- 1855 : Djémaleddine revient en mars grâce à un échange de prisonniers.
- 1859 : Chamil se rend à Gounib ; Kalouga est ensuite désignée comme son lieu d’exil sous surveillance.
- 1866 : Chamil prête allégeance à la Russie.
- 1868 : Il reçoit l’autorisation de s’installer à Kiev.
- 1869 : Il reçoit l’autorisation d’effectuer le pèlerinage à La Mecque.
- 1871 : Il meurt à Médine le 4 février et est enterré au cimetière d’Al-Baqi.
Existe-t-il une vraie photo de l’imam Chamil ?
Oui. Andreï Denier a photographié Chamil à Saint-Pétersbourg en 1859. La Royal Collection conserve cette photographie sous la référence RCIN 2935078. Le nom du photographe, le lieu, la date et le numéro de collection permettent d’identifier un document photographique précis représentant Chamil.
Si vous souhaitez examiner une véritable photographie, la notice de la Royal Collection vous fournit ce point de repère. Sa date situe aussi la séance de pose dans l’année de sa reddition à Gounib.
Des détails que vous ne trouverez pas dans les guides
Chamil a reçu le prénom Ali à sa naissance. Sa famille l’a changé pendant une maladie survenue dans son enfance. Elle croyait qu’un changement de prénom pouvait aider un enfant à surmonter la maladie. Le nom sous lequel il est devenu célèbre résulte donc d’une décision familiale prise durant son enfance.
La photographie de Denier ne se limite pas à l’image. Son support en carton porte la signature de Chamil et une dédicace en français exprimant son respect pour la reine Victoria. Denier lui a offert la photographie en 1860, l’année suivant la prise de vue.
Un portrait peint constitue un autre témoignage daté. Dmitriev-Mamonov a peint Chamil à Kalouga en 1860. L’œuvre mesure 107 × 85 centimètres. Elle prend pour modèle un portrait antérieur de Wilhelm Timm. Son lieu et sa date de réalisation la rattachent directement à l’exil de Chamil à Kalouga.
Où se trouve la tombe de l’imam Chamil ?
La tombe de Chamil se trouve au cimetière d’Al-Baqi, à Médine. Il est mort dans cette ville le 4 février 1871. Son inhumation a suivi une dernière période marquée par un exil sous surveillance, des déplacements soumis à autorisation et, finalement, la permission d’effectuer le pèlerinage à La Mecque.
Après sa reddition, Kalouga a été désignée comme le lieu où il vivrait sous surveillance. Selon le Musée historique d’État de Russie, il a prêté allégeance à la Russie en 1866. Il a reçu l’autorisation de quitter Kalouga pour Kiev en 1868, puis celle d’entreprendre le pèlerinage en 1869.
Quel livre sur l’imam Chamil étudie sa résistance ?
Le livre de Moshe Gammer, Muslim Resistance to the Tsar: Shamil and the Conquest of Chechnia and Daghestan, est paru en 1994. Il étudie Chamil à partir de recherches dans des archives en plusieurs langues. Son sujet associe son rôle de chef à la conquête de la Tchétchénie et du Daghestan.
Pour les étudiants, cet ouvrage propose une étude fondée sur un travail d’archives multilingue. Vous pouvez aussi utiliser la photographie datée et le portrait de Kalouga comme deux documents historiques distincts : la première a été prise à Saint-Pétersbourg en 1859, tandis que le second a été peint pendant l’exil en 1860.
FAQ
Qui était l’imam Chamil ?
Il était le chef religieux, politique et militaire de la résistance à l’Empire russe au Daghestan et en Tchétchénie. Il a exercé la fonction d’imam de 1834 à 1859.
Quelle était l’origine ethnique de l’imam Chamil ?
Les récits lui attribuent des origines familiales avares. Une version concurrente lui prête une ascendance koumyke du côté paternel. Le présenter comme turc sans réserve reviendrait à transformer une affirmation contestée en certitude.
Existe-t-il une photographie authentique de lui ?
Oui. Andreï Denier l’a photographié à Saint-Pétersbourg en 1859. La Royal Collection répertorie cette photographie sous la référence RCIN 2935078.
Son fils est-il revenu de captivité en Russie ?
Oui. Djémaleddine est revenu en mars 1855 grâce à un échange impliquant les otages de la famille Tchavtchavadzé. Il avait été remis aux Russes pendant le siège d’Akhoulgo en 1839.
Où l’imam Chamil a-t-il été enterré ?
Il a été enterré au cimetière d’Al-Baqi, à Médine, après sa mort dans cette ville le 4 février 1871.
Sources
- Encyclopédie du monde turc — Cheikh Chamil-) turkdunyasiansiklopedisi.gov.tr
- Encyclopédie de l’islam de la TDV — Cheikh Chamil islamansiklopedisi.org.tr
- Wikipédia — Imam Chamil en.wikipedia.org
- Wikipédia — Cheikh Chamil tr.wikipedia.org
- Bibliothèque nationale parlementaire de Géorgie — Imam Chamil nplg.gov.ge
- Musée historique d’État de Russie — Portrait de Chamil nav.shm.ru
- Royal Collection Trust — Chamil (1797–1871), Saint-Pétersbourg col-albert-frontend.rct.uk
- Routledge — La résistance musulmane au tsar routledge.com
- Wikipédia — Guimry en.wikipedia.org
FAQ
Qui était l’imam Chamil ?
L’imam Chamil était le chef religieux, politique et militaire de la résistance à l’Empire russe au Daghestan et en Tchétchénie. Il a exercé la fonction d’imam de 1834 à 1859.
Quelle était l’origine ethnique de l’imam Chamil ?
Les récits lui attribuent des origines familiales avares. Une version concurrente lui prête une ascendance koumyke du côté paternel. L’affirmation selon laquelle il était turc ne doit pas être présentée comme un fait incontestable.
Existe-t-il une véritable photographie de l’imam Chamil ?
Oui. Andreï Denier l’a photographié à Saint-Pétersbourg en 1859. La Royal Collection répertorie cette photographie sous la référence RCIN 2935078.
Qu’est devenu Djémaleddine, le fils de l’imam Chamil ?
Djémaleddine a été remis aux Russes comme otage pendant le siège d’Akhoulgo en 1839. Il a retrouvé son père en mars 1855 grâce à un échange impliquant des otages de la famille Tchavtchavadzé.
Où est enterré l’imam Chamil ?
L’imam Chamil est enterré au cimetière d’Al-Baqi, à Médine. Il est mort dans cette ville le 4 février 1871.
Image: Shamil by Denier.jpg — Andrey Denyer, Public domain






